Un Songe de Mathieu Buscatto, mise en scène de Carine Montag

Un Songe de Mathieu Buscatto, mise en scène de Carine Montaga

C’est l’histoire d’Ernest Cucchero qui fit un rêve. Ce dramaturge (Mathieu Buscatto) n’a rien publié depuis dix ans et aucune de ses pièces n’est plus jouée. Cela commence par une scène où il arrive à l’entrée d’un musée d’art contemporain. Il demande à la secrétaire qui est aussi à l’accueil (Chloé Renaud) de voir le directeur. Elle lui explique que c’est impossible et qu’il doit absolument prendre rendez-vous. Il lui précise que c’est très urgent et que les œuvres du peintre actuellement exposées sont nulles et doivent être retirées au plus vite des cimaises. Le ton monte mais ils arrivent enfin à se parler. ( Sinon, il n’y urait plus  pièce!). Elle lui dit que son amoureux est mort. Lui précise que sa femme est aussi décédée.

 

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©Guy Chappellier

Puis cela se passe dans le bureau d’Ernest Cucchero. Comme en sens contraire, cette fois, une  certaine  Sarah Bellagio (la même actrice Chloé Renaud) frappe à sa porte. Elle lui dit qu’elle a vingt-cinq ans et qu’étudiante, elle veut faire un master sur son œuvre. Cela tombe bien, lui a rêvé d’elle et accepte finalement de la recevoir. Ils parlent beaucoup et visiblement, elle sait beaucoup de choses de sa vie passée quand il vivait avec une femme et était très ami avec Saïd qui allait être l’amant de cette femme. Sarah le persuade d’écrire sur cette période de son existence qu’elle trouve très intéressante. Mais lui hésite et on va découvrir qu’elle est peut-être sa fille; enfin tout est fait pour que le public ne sache pas trop où se situe la vérité ou le rêve…

« Lorsque j’ai lu cette pièce, dit Carine Montag, j’ai découvert un thriller haletant, psychologique, traité d’une manière totalement originale. Ces histoires qui s’entrecroisent, ces rêves étranges et prémonitoires, ces personnages forts et touchants. (…) On nage totalement sur le fil subtil qui relie comédie et tragédie.  Le spectateur découvre au début de l’acte II qu’il vient de vivre un premier rêve, mais il est, comme Ernest, persuadé d’être désormais dans la réalité. Ce n’est qu’à la fin de la pièce qu’il comprendra qu’il s’agissait d’un rêve dans un rêve. » 
Bon, mais cette piécette en une heure quinze où on ne voit pas bien la relation entre les deux actes, n’a rien d’un « thriller haletant et psychologique » comme dit la metteuse en scène. Il n’y a rien ici de bien original et il manque une écriture véritablement théâtrale.
Cela dit, Matthieu Buscatto qui joue Ernest Zucchero et Chloé Renaud dans deux rôles, ont un jeu clair et précis et, bien dirigés, sont crédibles. Mais nous n’avons pas été convaincus par ce dialogue et cette histoire d’une vie passée avec fantômes qui ressurgissent grâce à un coup de baguette magique… justement à un moment où un auteur voudrait se remettre à écrire. Même sur fond de sauce imaginé il y a un siècle par Luigi Pirandello, ces deux personnages restent en quête d’auteur! Enfin, les spectateurs du off à Avignon, souvent généreux, y trouveront sans doute leur compte…

Philippe du Vignal

 Spectacle vu en avant-première le 19 juin, au Théâtre de Belleville, Paris (XX ème)

Festival d’Avignon off, du 3 au 21 juillet, à 13 h 20, Théâtre des Corps Saints, 76 place des Corps Saints

 

 

 


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