Los Guardiola, Fantaisie en sept rêves et demi de Marcelo Guardiola, Giorgia Marchiori, mise en scène e Marcelo Guardiola, chorégraphie de Giorgia Marchiori.
Los Guardiola, Fantaisie en sept rêves et demi de Marcelo Guardiola et Giorgia Marchiori, mise en scène de Marcelo Guardiola, chorégraphie de Giorgia Marchiori
Après la défaite cuisante de Pep Guardiola et du Manchester City football Club, face au P.S.G., Los Guardiola, eux, danseurs et mimes argentins font briller ce nom avec ce spectacle éponyme. Un couple, à la ville et sur les planches depuis vingt ans: Marcelo Guardiola, est comédien, danseur, musicien et metteur en scène. Giorgia Marchiori, elle, est danseuse, chorégraphe, actrice et… docteure en philosophie.
Leur spectacle est d’autant plus remarquable qu’il paraît hors du temps, ce qu’ils reconnaissent volontiers. Ils ont mis au point une forme très personnelle de ce qu’ils appellent: tango-théâtre. Un théâtre du silence, s’entend-si on peut dire-inspiré par les thèmes et lyrics de tangos signés de grands poètes que Giorgia Marchiori qualifie de: «nocturnes, maudits ».
De fait, on retrouve ici l’ironie, l’humour et les situations de ces textes ou pré-textes, dans les tableaux de cette comédie musicale, offerte sans le moindre temps mort, par l’un et l’autre, ensemble ou séparément, pendant une heure dix. Leur maîtrise technique en danse et le mime, leur sens ou science du show, la qualité artistique de l’une et de l’autre se retrouvent dans chaque saynète mise en valeur grâce à une scénographie limitée à des images numériques et contrastes de couleur signés Gabriele Smiriglia.
Dans le premier numéro, Marcelo Guardiola porte un chapeau orné d’une fleur comme celui qu’arborait Bip, la créature du mime Marcel Marceau. Il fait semblant de quêter quelque pièces en fixant le public. La pièce est rythmée par des chansons, thèmes musicaux et intertitres où il est question d’aller-simple, garçonnière, nuits d’opéra, fortune, rêve et trahison… Avec, en conclusion: « Qu’est-ce que la vie, sinon un songe ? »
Les Guardiola restent dans le répertoire tanguero et milonguero tradi. Avec quelques morceaux archaïques repiqués dans les disques soixante-dix huit tours du bon vieux temps, comme ce tango Qu’avez-vous fait de mon amour? de Tibor Barczi chanté par Tino Rossi. Tango à l’ancienne et tango revisité par Astor Piazzolla s’opposent et séparent les interprètes dans quelques danses de couple. Interrompues par une version de Libertango passée au crible du reggae par Jean-Paul Goude et chantée par Grace Jones, intitulée I’ve seen that face before.
Ici, comme dans tout le spectacle, l’humour le partage à la tendresse et à la mélancolie. Deux temps forts ponctuent une suite ininterrompue de pantomimes et danses de salon: le solo de La Mort du cygne, créé en 1905 par Fokine pour Anna Pavlova. Ici, interprété sur pointes par Giorgia Marchiori en tutu noir. Elle fait ensuite un numéro au trapèze sur cerceau pivotant symbolisant la lune, et au sol, Marcelo Guardiola joue un Pierrot façon mime Jean-Gaspard Debureau (1796-1846), immortalisé par Jean-Louis Barrault dans Les Enfants du paradis (1945).
Le public d’aficionados, accouru en nombre, a longuement rappelé les artistes.
Nicolas Villodre
Jusqu’au 29 mars, Théâtre des Gémeaux parisiens, 15 rue du Retrait, Paris (XX ème). T. : 01 87 44 61 11.


Merci cher Nicolas Villodre d’écrire sur l’Art de Mime qu’on pouvait croire presque mort , surgissant parfois dans des essais de copies maladroites de Marcel Marceau. L’Art qui donne un signe de vie grâce à ces deux artistes qui apporte un petit souffle de fraicheur dans le monde du Spectacle Visuel avec des éléments de la technique du mime traditionnelle mais, une conception du spectacle bien personnelle en accord avec leur culture. Spectacle interprété avec la finesse, poésie et modernité. Enfin on peut voir quelque chose qui me fait penser que « le Mime Dansé » dans des écrits de Laban et introduit si brillement par Henryk Tomaszewski dans l’univers de l’Art de la Scène, rêvé par Jean Dorcy il y a si longtemps à trouvé des adeptes pleins de talent – Merci Ella Jaroszewicz