A qui mieux mieux, conception et texte de Renaud Herbin (tout public à partir de trois ans)

A qui mieux mieux, conception et texte de Renaud Herbin (tout public, à partir de trois ans)

Créé en 2022 , c’est une sorte de performance :un homme cherche à s’exprimer, tout à la joie de se sentir vivant. «Un être animé par la nécessité de dire ce à quoi il a survécu, sa propre naissance, dit le marionnettiste Renaud Herbin qui en est le metteur en scène. Mais son engouement est son propre frein. Il engage une sorte de «battle» avec lui-même, surenchère du superlatif. Il se coupe lui-même la parole. Pour avoir le dernier mot.Cet être pensant, qui dit ce qu’il pense, mange ses mots, ogre dévorant, absorbant, déglutissant. Il pense ce qu’il dit comme autant d’hypothèses sur ce qu’il voit et ce qu’il vit. Il philosophe.»
Autant dire une quête métaphysique, proche de celle revendiquée par Antonin Artaud, laquelle n’a jamais vraiment fait bon ménage avec l’expression théâtrale, sauf dans
Hamlet de Shakespeare. Et de façon radicalement opposée chez les frères ennemis polonais Jerzy Grotowski et Tadeusz Kantor…

© Benoît Schupp

© Benoît Schupp

Et sur le plateau? Bruno Amnar, seul, commence à faire quelques exercices physiques. Puis il joue avec un très gros coussin imaginé par Céline Diez. C’est déjà un peu longuet et des spectateurs vont quitter la salle.
Ensuite l’acteur toujours aussi seul face au monde qui l’entoure, c’est à dire ici surtout un public d’enfants, enchaîne des phrases: « Je fais des tas, je fais des tas de moi, je fais des tas de tas, j’aime bien faire des tas ça me fait du bien, les tas» avec
quelques borborygmes et bégaiements… Comme à la recherche d’un langage sonore.
Puis après s’être couché dessus sur le gros sac et joué avec, Bruno Amnar en extrait de gros flocons de laine bleu e(le fameux bleu d’Yves Klein), rouge, marron, grise qui vont couvrir toute la scène. Un bel effet visuel… qui ne semble pas toucher les enfants: ils parlent entre eux, leurs accompagnateurs somnolent et, dans le fond de la salle, un adolescent, visiblement handicapé mental, pousse des cris à intervalles réguliers.
L’acteur fait ce qu’il peut pour donner vie à cette performance qui se voudrait métaphysique mais qui distille un redoutable ennui. Après quarante minutes, fin de cet opus assez prétentieux…
Nous ne sommes sûrement pas tombés sur la bonne matinée mais cette  » histoire de soi, l’histoire de ce combat joyeux le défi de la vie à relever» est loin d’être convaincante, surtout à 10 h du matin dans une salle peu chauffée. Que sauver de ce mini-spectacle? Sans doute les ballots de laine de couleur… qui tiennent plus d’une «installation » dans un musée d’art contemporain.
En tout cas, difficile de conseiller ce spectacle dont on peut se demander comment il est arrivé là.

Philippe du Vignal

Jusqu’au 2 mars, Théâtre Paris Villette, 211 avenue Jean-Jaurès, Paris (XIX ème). T. : 01 40 03 72 23.

 

 

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