Couples, etc. texte et mise en scène de Susana Lastreto Prieto

Couples, etc. texte et mise en scène de Susana Lastreto Prieto

 Rien de nouveau : on sait bien que le quotidien tue l’amour, comme mal fermer le tube de dentifrice, faire du bruit en avalant son café au lait, ne pas répondre à une question de son conjoint ou pire à côté, tout cela peut détruire la plus belle histoire d’amour. Et pourtant le couple dure, comme dans la chanson des Vieux amants de Jacques Brel ou La Femme cachée,des nouvelles de Colette.  Le couple, ce troisième personnage qui n’est pas l’addition d’Elle et Lui, traverse le temps, à moins qu’il ne craque sur le tard, à la surprise générale.

L’autrice et metteuse en scène a choisi une configuration à cinq: un couple, une adolescente qui les observe sans savoir grand-chose quant à ses propres désirs et cherchant à tout hasard du côté du poly-amour et autres tentations, dont celle exercée par l’Ami (Tibor Radvanyi). Cet homme plus âgé  n’est pas attiré par les jeunes filles et pleure son amour mort durant les années sida. Avec eux, veillant sur tous et dépositaire de leurs secrets, la Vieille dame des plis (Susana Lastreto Prieto).

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La mise en scène, minimale par nécessité et par défi relevé avec panache, est fondée sur l’infatigable et savoureux duo Nathalie Jeannet et François Frappier, un couple aussi ferme qu’élastique, et sur la fraîcheur de Marieva Jaime-Cortez.
La trouvaille: les costumes, tous blancs… Elle gardant au fil du temps sa robe de mariée -eh ! oui, le plus beau jour de la vie, dure toute la vie…Et Lui, en complet dont on tombe la veste dans la vie courante.
L’adolescente, en éternel pyjama, proclame à sa façon qu’elle renâcle à entrer dans la vraie vie, et la robe à plis d’ange gardien pour la vieille dame qui semble récupérer les plumes perdues par les autres. Des anges, vous dis-je, mais très humaines et humains.

La ou le critique, toujours gourmand et en appétit, aurait aimé un peu plus de ceci ou de cela. Mais la compagnie GRRR n’est plus une jeune troupe émergente et n’a pas droit aux aides qui lui donneraient le juste temps de son travail. Et le théâtre de l’Epée de bois ne pourrait les lui offrir. Déjà bien beau: il héberge les compagnies (à quel prix ?) dans ses trois belles salles (ici, au premier étage, le Studio avec ses boiseries, elles-mêmes de précieux décors. «Laisse faire le temps, ta vaillance et ton roi.» disait Don Fernand à Don Rodrigue dans Le Cid de Corneille: aux mains de cette équipe-là, le spectacle se musclera et prendra du mordant au fil des représentations.

Christine Friedel

Jusqu’au 25 mai, Théâtre de l’Epée de bois, Cartoucherie de Vincennes, route du champ de manœuvre. Métro : Château de Vincennes+ navette gratuite.) T. : 01 48 08 39 74

 

 

 

 

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