Intervention d’Angélica Lidell à la remise du Prix de la Critique (Théâtre, Musique et Danse) pour la saison 2024-2025.

Intervention d’Angélica Lidell à la remise du Prix de la Critique (Théâtre, Musique et Danse) pour la saison 2024-2025

Dämon, El funeral de Bergman, texte et mise en scène d’Angélica Liddell (Espagne) a obtenu le prix du meilleur spectacle théâtral étranger (ex-aequo avec Quatre murs et un toit, d’après des extraits de Bertolt Brecht, adaptation et mise en scène de Lina Majdalanie et Rabih Mroué (Liban/Allemagne).
Au dernier festival d’Avignon, (voir Le Théâtre du Blog), Angelica Lidell avait cité des extraits de leurs articles pas très élogieux et insulté sur scène nos collègues Fabienne Darge du Monde. Armelle Héliot de France Inter et Stéphane Capron de Scèneweb qui avait porté plainte  et demandé que les insultes soient retirées: elle avait joué sur son nom de famille Capron: “cabrón” (“connard” en espagnol), puis pour faire bonne mesure, l’avait traité d »enculé” et “trou du cul « .
« Une artiste peut dire ce qui lui plaît sur un plateau de théâtre, avait-il remarqué mais il me semble que la limite à la liberté d’expression demeure le respect des autres. Rien ne justifie cette outrance. Je n’ai jamais insulté quiconque en exerçant mon métier.”Tiago Rodrigues, directeur du festival rappela, lui, que « l
es propos portés sur scène dans le cadre d’un projet artistique ne peuvent être considérés comme une position du festival qui n’a pas à interférer avec l’intégrité des œuvres présentées.” Angélica Liddell a visiblement des comptes à régler avec les critiques, avait réaffirmé sa haine envers eux mais  ici, elle a longuement remercié dans une courte  intervention ceux qui étaient présents à cette soixante-deuxième remise de prix…

© Christophe Raynaud de Lage

© Christophe Raynaud de Lage

«Je remercie d’abord les quarante figurants de la partie centrale du spectacle qui a eu lieu dans la Cour d’Honneur, en particulier, ceux âgés en fauteuil roulant avec qui nous avons initié une vraie histoire d’amour. Nous avons tous été unis dans une passion assez complexe.
Je remercie le Syndicat de la critique pour cette reconnaissance qui est la plus belle récompense que Dämon pouvait recevoir. Ce prix redonne de la complexité aux arts: c’est un prix donné à la pensée, à la dialectique, aux conflits, aux passions et à l’adversaire: l’art n’est rien, sans un adversaire.
Je voudrais aussi penser aussi que la beauté a été récompensée. Je viens d’une génération punk. Je viens d’un endroit où il était possible de chanter avec une seringue plantée dans le cou, d’ insulter, cracher et uriner en public. Je viens d’une génération qui voulait détruire le monde et surtout s’autodétruire et où la folie était au cœur de la création. Le beau était violent, et le violent était beau. Je crois que cette liberté , cette sauvagerie esthétique et cet excès ne doivent pas être perdus!
Je suis un samouraï et me battrai jusqu’à la mort qui sera toujours au centre de ma vie. Et c’est inséparable de ma carrière folle dans la défense de l’art. « La culture, a dit Pier Paolo Pasolini, est une résistance à la distraction.» Merci au festival d’Avignon et au théâtre de l’Odéon qui sont mes maisons bien aimées en France. Et merci de m’avoir permis de recueillir les particules d’un génie: je n’ai été qu’une fiancée, sous l’immense influence d’Ingmar Bergman. Je remercie ceux qui, le jour de la première, à Avignon, ont ovationné la pièce debout et m’ont félicitée. Mais je remercie ceux qui, le lendemain, m’ont tourné le dos, ont refusé de me saluer, m’ont refusé la parole, ont changé de trottoir… Ils ont décidé de me nuire, ils m’ont méprisé, en pénalisant un acte artistique. Je les remercie, parce que l’Art défend la liberté de tous. Merci. »

 Jean Couturier

 


Archive pour 25 juin, 2025

Intervention d’Angélica Lidell à la remise du Prix de la Critique (Théâtre, Musique et Danse) pour la saison 2024-2025.

Intervention d’Angélica Lidell à la remise du Prix de la Critique (Théâtre, Musique et Danse) pour la saison 2024-2025

Dämon, El funeral de Bergman, texte et mise en scène d’Angélica Liddell (Espagne) a obtenu le prix du meilleur spectacle théâtral étranger (ex-aequo avec Quatre murs et un toit, d’après des extraits de Bertolt Brecht, adaptation et mise en scène de Lina Majdalanie et Rabih Mroué (Liban/Allemagne).
Au dernier festival d’Avignon, (voir Le Théâtre du Blog), Angelica Lidell avait cité des extraits de leurs articles pas très élogieux et insulté sur scène nos collègues Fabienne Darge du Monde. Armelle Héliot de France Inter et Stéphane Capron de Scèneweb qui avait porté plainte  et demandé que les insultes soient retirées: elle avait joué sur son nom de famille Capron: “cabrón” (“connard” en espagnol), puis pour faire bonne mesure, l’avait traité d »enculé” et “trou du cul « .
« Une artiste peut dire ce qui lui plaît sur un plateau de théâtre, avait-il remarqué mais il me semble que la limite à la liberté d’expression demeure le respect des autres. Rien ne justifie cette outrance. Je n’ai jamais insulté quiconque en exerçant mon métier.”Tiago Rodrigues, directeur du festival rappela, lui, que « l
es propos portés sur scène dans le cadre d’un projet artistique ne peuvent être considérés comme une position du festival qui n’a pas à interférer avec l’intégrité des œuvres présentées.” Angélica Liddell a visiblement des comptes à régler avec les critiques, avait réaffirmé sa haine envers eux mais  ici, elle a longuement remercié dans une courte  intervention ceux qui étaient présents à cette soixante-deuxième remise de prix…

© Christophe Raynaud de Lage

© Christophe Raynaud de Lage

«Je remercie d’abord les quarante figurants de la partie centrale du spectacle qui a eu lieu dans la Cour d’Honneur, en particulier, ceux âgés en fauteuil roulant avec qui nous avons initié une vraie histoire d’amour. Nous avons tous été unis dans une passion assez complexe.
Je remercie le Syndicat de la critique pour cette reconnaissance qui est la plus belle récompense que Dämon pouvait recevoir. Ce prix redonne de la complexité aux arts: c’est un prix donné à la pensée, à la dialectique, aux conflits, aux passions et à l’adversaire: l’art n’est rien, sans un adversaire.
Je voudrais aussi penser aussi que la beauté a été récompensée. Je viens d’une génération punk. Je viens d’un endroit où il était possible de chanter avec une seringue plantée dans le cou, d’ insulter, cracher et uriner en public. Je viens d’une génération qui voulait détruire le monde et surtout s’autodétruire et où la folie était au cœur de la création. Le beau était violent, et le violent était beau. Je crois que cette liberté , cette sauvagerie esthétique et cet excès ne doivent pas être perdus!
Je suis un samouraï et me battrai jusqu’à la mort qui sera toujours au centre de ma vie. Et c’est inséparable de ma carrière folle dans la défense de l’art. « La culture, a dit Pier Paolo Pasolini, est une résistance à la distraction.» Merci au festival d’Avignon et au théâtre de l’Odéon qui sont mes maisons bien aimées en France. Et merci de m’avoir permis de recueillir les particules d’un génie: je n’ai été qu’une fiancée, sous l’immense influence d’Ingmar Bergman. Je remercie ceux qui, le jour de la première, à Avignon, ont ovationné la pièce debout et m’ont félicitée. Mais je remercie ceux qui, le lendemain, m’ont tourné le dos, ont refusé de me saluer, m’ont refusé la parole, ont changé de trottoir… Ils ont décidé de me nuire, ils m’ont méprisé, en pénalisant un acte artistique. Je les remercie, parce que l’Art défend la liberté de tous. Merci. »

 Jean Couturier

 

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...