Festival d’Avignon: Mami, création et mise en scène de Mario Banushi

Festival d’Avignon

Mami, création et mise en scène de Mario Banushi

Une pièce sans paroles d’une heure dix. Enfant, Mario Banushi a grandi avec plus d’une mère. Il avait à peine un an quand il a été confié à sa grand-mère qui l’a élevé jusqu’à ses treize ans. Puis il a déménagé avec sa mère à Athènes et a grandi au-dessus de la boulangerie où elle travaillait, entouré de femmes de toute générations. C’est à elles-une figure maternelle aux mille visages-que Mami veut rendre hommage. “J’ai d’abord partagé avec mes artistes, des souvenirs personnels. Je leur ai expliqué pourquoi je voulais créer cette pièce et ce qu’elle représentait pour moi. Je leur ai raconté les images que j’avais de ma mère, sage-femme en Albanie. (…) A quoi ressemble le moment de l’accouchement? Que ressent-on, en entendant le premier cri ? J’ai grandi entouré de ces histoires. Mami parle de la naissance et de la vie ; dans mes autres pièces, il était question de douleur et deuil. A mes interprètes, j’ai raconté comment j’ai été élevé, la déchirure qu’a été mon départ d’Albanie.”

 

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Ce spectacle tourne autour de la figure maternelle, d’abord cette sage-femme qui travaillera ensuite dans une boulangerie à Athènes. On découvre ici un théâtre d’images fortes: un bonheur pour un photographe… Un no man’s land traversée par un chemin de terre avec juste un lampadaire et une cabane rudimentaire en briques: scénographie de Sotiris Melanos très réussie. Plusieurs tableaux de grande qualité vont se succéder avec comme dénominateur commun, des images de la femme. Une qui accouche, une âgée à la dérive, une jeune amoureuse… La nudité très présente n’est jamais vulgaire ni gratuite. n retiendra de belles images comme cette femme âgée dépendante nettoyée par un jeune homme, ou cette union pudique sous un voile transparent d’un corps féminin avec un corps masculin, et ensuite avec douceur, un autre corps masculin.
Un femme nue plonge la tête dans un grand bocal d’eau et nous interroge du regard. Bruits et lumières d’un feu d’artifice: nous avons aussitôt l’impression d’appartenir à une fête un peu triste mais à chacun d’interpréter ce récit. Ce metteur en scène de vingt-cinq ans sait maîtriser les outils théâtraux et ses interprètes sont très engagés dans ce théâtre d’images. Mais manque ici une véritable émotion et nous sommes restés un peu extérieur à cette histoire, même si certaines images rappellent celles de Romeo Castelluci. Il faudra suivre le travail de Mario Banuschi..

Jean Couturier

Jusqu’au 18 juillet, gymnase du lycée Aubanel, Avignon.

 

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