Festival d’AvignonY’a plus qu’à, texte et mise en scène de Julien Guyomard
Festival d’Avignon
Y’a plus qu’à, texte et mise en scène de Julien Guyomard
Au bout, à l’extrémité du :«Y’a qu’à », reste le: «Y a plus qu’à», le stade ultime… On y est presque et l’utopie est atteinte. Eh! Bien non. Ce reste, infranchissable, fait l’objet de cette pièce jouée par Magaly Godenaire, Julien Cigana, Damien Houssier, Renaud Triffault et Elodie Vom Hofe.
On nous explique que nous souffrons de solastalgie, «sentiment de détresse et d’angoisse ressenti par certains individus face aux transformations (négatives) subies par l’environnement». Nous assisterons d’abord à un essai de conférence interrompu par un complice (bien sûr) et coupée par un moment de théâtre figuratif… Les acteurs sont costumés pour nous faire comprendre tout de suite quel discours, ils défendent sur le futur de la planète, mis de côté pour faire place à une réunion de «scientifiques en colère », après, ou avant une tentative (on s’y perd) d’organisation de la réunion.
Laquelle phagocyte (on est entre savants et activistes politiques) l’objet de la dite réunion qui se passera finalement comme d’habitude! Chacun prenant la parole quand cela lui chante, et mordicus. Nous aurons appris quelque chose sur les blocages et biais cognitifs, mais aussi à se poser les bonnes questions…Tout cela n’a rien d’une fantaisie. Elodie Vom Hofe, Damien Houssier et Julien Guyomard ont rencontré de nombreux chercheurs en sciences, « tous prospectivistes travaillant de manière transversale sur la question du futur». Rappel: la prospective n’est pas la prédiction et il s’agit de regarder en avant pour se représenter sur des bases sérieuses, les grandes lignes de ce que peut être le futur. Et voilà, Y’a plus qu’à... Vous aurez compris que ce spectacle est plus sérieux qu’il n’y paraît, mais aussi plus enlevé, drôle et pessimiste (c’est compatible), qu’on s’y attendrait.
Christine Friedel
Jusqu’au 24 juillet à 18 h 45, Théâtre du Train Bleu, 40, rue Paul Saïn, Avignon.

