Festival d’Avignon Ce que j’appelle oubli de Laurent Mauvignier, mise en scène de Sophie Langevin

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Ce que j’appelle oubli de Laurent Mauvignier, mise en scène de Sophie Langevin

A la base, un récit de soixante pages, écrit en une seule phrase.et qu’avait créé sur une scène Denis Podalydès en 2011 à la Comédie Française. Cette fiction est inspirée d’un crime à Lyon il y a déjà dix-sept ans… et qui avait créé un beau scandale. quatre vigiles d’un Carrefour à Lyon avaient gravement tabassé dans une réserve où ils avaient trainé Michaël Blaise, un Martiniquais de vingt-cinq ans. Mort le lendemain. Son crime? Avoir  bue une canette de bière, sans passer à la caisse.. « Un homme ne doit pas mourir pour si peu, avait dit le Procureur. Mais, comme le dit Hanah Arendt, que cite le metteur en scène : « Un terrible accroissement de la haine mutuelle et une irascibilité peu à peu universelle de chacun à l’égard de tous. »

© Bohumil Kostohry

© Bohumil Kostohry

Un espace traité de façon minimaliste avec deux rideaux de bande en plastique, comme ceux qui, très laids, séparaient à l’époque, celui de la clientèle et celui des réserves d’un supermarché et que les vigiles ont fait franchir à Michaël Blaise. En fond de scène, la musique de Jorge De Mours, au saxo, à la guitare et aux percussions, fait écho à ce texte.
Sophie Langevin dirige avec une grande précision Luc Schiltz qui joue le Narrateur et qui maîtrise avec une impeccable diction, le texte difficile où Laurent Mauvignier oblige son lecteur et ici le public à se poser une question essentielle : pourquoi des hommes, sans doute pas pires que d’autres, se croient permis de recourir à une telle violence « ayant entraîné la mort sans intention de la donner » ? Avec au moins la tolérance de la Direction de ce super-marché?
Il nous souvient d’avoir été prié par un vigile très remonté d’un Monoprix à Paris, d’attendre vingt minutes qu’un responsable vienne constater que la proche qui était avec moi, souffrait bien d’un grave handicap mental. Ce que je ne cessais de lui répéter. Elle avait mis dans son panier un objet de faible valeur qu’elle avait réellement oublié de passer à la caisse, ce que je n’avait pas vu..
Mais ce spectacle bien réalisé ne nous a pas convaincu… La tendance actuelle qui sévit en particulier dans le off d’Avignon : choisir le texte d’un bon écrivain reconnu et en faire un solo, si possible accompagné par un musicien, ne fait pas nécessairement: théâtre. A vous de voir…

Philippe du Vignal

 Jusqu’au 26 juillet, Le Onze, 11 boulevard Raspail, Avignon. 


Archive pour 21 juillet, 2025

Festival d’Avignon Rinse d’Amrita Hepi, texte et mise en scène de Mish Grigor

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Rinse d’Amrita Hepi, texte et mise en scène de Mish Grigor

C’est la première pièce, dit cette chorégraphe, que j’ai conçue avec une dramaturgie textuelle aussi bien que gestuelle, et de même importance… Je l’ai pensée avec Mish Grigor, en cherchant à être la plus précise possible quant aux sujets évoqués, comme parfois des événements historiques. Les deux langages se complètent en permanence, le corps prenant le relais de ce que le texte ne dit pas et le texte répondant aux sursauts du corps. »

©x

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Mais entre ces louables intentions et ce qui est ici montré… il y a une différence! La chorégraphie oscille entre danse et performance mais la lisibilité n’est pas évidente pour tout le monde. Et certaines de ses réflexions sur le plateau concernent plutôt les spécialistes de l’art chorégraphique. Amrita Hepi, qui a des racines néo-zélandaises, a une présence hypnotique et parle beaucoup.  Et dans son récit autobiographique, elle s’attaque au passé colonialiste de l’Australie : «Au début, il y a des peuples autochtones qui dansent à travers le monde, puis les Blancs arrivent et essayent de nier leurs danses. »

Elle est allée aux États-Unis pour se former et ses mouvements sont inspirés par les écoles qu’elle a fréquentées, entre autres, celle de Martha Graham. Elle estimait à ce moment-là, devoir «sacrifier son corps à la danse ». Un corps qui garde en mémoire l’enseignement de ces danses: « J’ai, dit-elle avec humour, Anne Teresa de Keersmaeker dans mon pied gauche, et Pina Bausch dans mon genou droit. »

Elle interprète aussi des chorégraphies traditionnelles autochtones comme le haka Maori, avec une belle fluidité et une esthétique réussie: sur le plateau nu et blanc, juste quelques cubes et accessoires bleus : un revolver, une petite balle… Amrita Hepi occupe très bien l’espace et cherche parfois notre regard, peut-être pour mieux nous convaincre. Mais, à cette  forme hybride: danses et messages forts, il manque sans doute une réelle émotion. Dommage…

Jean Couturier

Jusqu’au 22 juillet, Gymnase du lycée Mistral, Avignon.

 

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