Festival d’Avignon Rinse d’Amrita Hepi, texte et mise en scène de Mish Grigor
Festival d’Avignon
Rinse d’Amrita Hepi, texte et mise en scène de Mish Grigor
C’est la première pièce, dit cette chorégraphe, que j’ai conçue avec une dramaturgie textuelle aussi bien que gestuelle, et de même importance… Je l’ai pensée avec Mish Grigor, en cherchant à être la plus précise possible quant aux sujets évoqués, comme parfois des événements historiques. Les deux langages se complètent en permanence, le corps prenant le relais de ce que le texte ne dit pas et le texte répondant aux sursauts du corps. »
Mais entre ces louables intentions et ce qui est ici montré… il y a une différence! La chorégraphie oscille entre danse et performance mais la lisibilité n’est pas évidente pour tout le monde. Et certaines de ses réflexions sur le plateau concernent plutôt les spécialistes de l’art chorégraphique. Amrita Hepi, qui a des racines néo-zélandaises, a une présence hypnotique et parle beaucoup. Et dans son récit autobiographique, elle s’attaque au passé colonialiste de l’Australie : «Au début, il y a des peuples autochtones qui dansent à travers le monde, puis les Blancs arrivent et essayent de nier leurs danses. »
Elle est allée aux États-Unis pour se former et ses mouvements sont inspirés par les écoles qu’elle a fréquentées, entre autres, celle de Martha Graham. Elle estimait à ce moment-là, devoir «sacrifier son corps à la danse ». Un corps qui garde en mémoire l’enseignement de ces danses: « J’ai, dit-elle avec humour, Anne Teresa de Keersmaeker dans mon pied gauche, et Pina Bausch dans mon genou droit. »
Elle interprète aussi des chorégraphies traditionnelles autochtones comme le haka Maori, avec une belle fluidité et une esthétique réussie: sur le plateau nu et blanc, juste quelques cubes et accessoires bleus : un revolver, une petite balle… Amrita Hepi occupe très bien l’espace et cherche parfois notre regard, peut-être pour mieux nous convaincre. Mais, à cette forme hybride: danses et messages forts, il manque sans doute une réelle émotion. Dommage…
Jean Couturier
Jusqu’au 22 juillet, Gymnase du lycée Mistral, Avignon.

