Festival d’Avignon Le Procès Pelicot, Hommage à Gisèle Pelicot, écriture et recherche de Servane Dècle, mise en scène de Milo Rau (Récits difficiles (violences sexuelles)

Festival d’Avignon

Le Procès Pelicot, Hommage à Gisèle Pelicot,  écriture et recherche de Servane Dècle, mise en scène de Milo Rau (récits difficiles : violences sexuelles)

En Autriche, le verdict: vingt ans de réclusion criminelle pour l’ex-mari Dominique de Gisèle Pelicot et les peines de prison pour les autres cinquante accusés, avaient vite été retransmis… Et une première version de cette lecture sur ce procès ( sept heures en allemand), a été présentée dans une église avec trente acteurs au festival de Vienne.
Une seconde version- cette fois en plus de trois heures et demi quand même- a été donnée avec des interprètes de cette soixante-dix neuvième édition et des invités. Le procès aux Assises d’Avignon fin 2024, avait attiré les médias du monde entier. Avec ces mots vite devenus célèbres: « »La honte doit changer de camp » et en refusant le huis-clos, Gisèle Pelicot (soixante-douze ans) est devenue un symbole de la lutte contre la banalisation du viol et des violences faites aux femmes. Elle a été décorée de l’Ordre national de la Légion d’Honneur…
Ces viols ont eu lieu à Mazan, petite ville du Vaucluse où des hommes (tout âge et toute classe sociale confondus) après avoir pris rendez-vous par internet, n’hésitaient pas à aller la violer chez elle, chimiquement droguée par son mari à l’époque… Dominique Pelicot ( soixante-et-onze ans ans) sa reconnu avoir proposé des rapports sexuels avec sa femme Gisèle mais  en a rejeté la responsabilité sur les autres accusés…

 

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La dramaturge Servane Dècle et le metteur en scène suisse Milo Rau ont travaillé avec les avocats de la famille Pelicot, les membres du tribunal, des experts psychologiques, chroniqueurs judiciaires, témoins, membres d’associations féministes pour raconter le procès du patriarcat, avec interrogatoires, plaidoyers et commentaires de cette action en justice. Mais Gisèle Pelicot a choisi de ne pas être là. Et, à évènement exceptionnel, conditions exceptionnelles d’entrée : gratuite! Ce qui est rare dans ce festival mais dans la limite d’un billet par personne présente et distribué la veille seulement, à 21 h devant le palais des Papes.
Sur la scène mythique du cloître des Carmes, des bancs en bois où sont assis la victime de ces viols (représentée successivement par Ariane Ascaride, Marie Vialle et Marie-Christine Barrault, Philippe  Torreton (Dominique Pelicot, le mari de Gisèle)  et d’autres acteurs pour représenter les avocats et les autres accusés.. Mais aussi la metteuse en scène Eva Doumbia, Anne Lassalle, avocate spécialiste des violences sexistes, Marie Coquille-Chambel, lanceuse d’alerte de MeTooThéâtre, Camille Étienne, militante écologiste, Laurent Layet, expert psychiatre au procès. Et Françoise Nyssen, ancienne ministre de la Culture et membre du conseil d’administration du festival…
Cette lecture a aussi été diffusée dans plusieurs cafés de la ville et sur le site du festival… mais était difficilement accessible. Le procès, sous une forme ou une autre, a été, depuis celui d’Oreste dans Les Erynies,le dernier volet de la célèbre trilogie d’Eschyle, à la naissance du théâtre occidental…  Depuis, il y en a eu des milliers et Jean Racine, on l’oublie souvent, a écrit une petite comédie Les Plaideurs. Cette lecture, juste quelques mois après le procès,  serait-elle un prélude à un véritable spectacle, ou souvent comme toute lecture,en restera-t-on là?
Ce que nous avons pu en voir, nous a semblé intéressant mais trop statique et trop long! Les protagonistes pas toujours aussi cernés comme on l’aurait souhaité dans une véritable pièce. Milo Rau avec des acteurs, metteurs en scène et membres de la société civile concernés, a réussi, malgré tout,  à faire faire entendre la voix de celles qui continuent à être victimes d’un système sociétal, et pour une seule fois. « En rendant le procès public, Gisèle Pelicot  a réussi à opérer un basculement incroyable, dit Servane Dècle: elle a fait « changer la honte de camp en forçant les accusés à répondre de leurs actes. » (…) Le patriarcat ne reste évidemment pas confiné au foyer. Il agit, dans le monde et à l’intérieur de soi.( … ) Aujourd’hui masculinisme et néo-fascime avancent main dans la main. (…) En tant qu’artiste, militante et femme, je pense que le procès Pelicot porte un enjeu fondamental de notre époque.  » (…) Gisèle Pelicot  n’est pas seulement une victime mais aussi une survivante de la violence patriarcale. « 
Cette lecture de documents, préparée par Servane Dècle a été mise en scène par Milo Rau qui a souvent travaillé au théâtre sur des affaires judiciaires. « L’histoire, dit-elle, nous appartient à toutes et à tous, en même temps à aucun d’entre nous. »  Dans la ville où, précisément, a eu lieu ce procès historique, pas très loin du Cloître des Carmes… 

Philippe du Vignal

Lecture  au Cloître des Carmes, Avignon, le 18 juillet et retransmise sur festival-avignon.com

 

Archive pour 4 août, 2025

Festival d’Avignon Le Procès Pelicot, Hommage à Gisèle Pelicot, écriture et recherche de Servane Dècle, mise en scène de Milo Rau (Récits difficiles (violences sexuelles)

Festival d’Avignon

Le Procès Pelicot, Hommage à Gisèle Pelicot,  écriture et recherche de Servane Dècle, mise en scène de Milo Rau (récits difficiles : violences sexuelles)

En Autriche, le verdict: vingt ans de réclusion criminelle pour l’ex-mari Dominique de Gisèle Pelicot et les peines de prison pour les autres cinquante accusés, avaient vite été retransmis… Et une première version de cette lecture sur ce procès ( sept heures en allemand), a été présentée dans une église avec trente acteurs au festival de Vienne.
Une seconde version- cette fois en plus de trois heures et demi quand même- a été donnée avec des interprètes de cette soixante-dix neuvième édition et des invités. Le procès aux Assises d’Avignon fin 2024, avait attiré les médias du monde entier. Avec ces mots vite devenus célèbres: « »La honte doit changer de camp » et en refusant le huis-clos, Gisèle Pelicot (soixante-douze ans) est devenue un symbole de la lutte contre la banalisation du viol et des violences faites aux femmes. Elle a été décorée de l’Ordre national de la Légion d’Honneur…
Ces viols ont eu lieu à Mazan, petite ville du Vaucluse où des hommes (tout âge et toute classe sociale confondus) après avoir pris rendez-vous par internet, n’hésitaient pas à aller la violer chez elle, chimiquement droguée par son mari à l’époque… Dominique Pelicot ( soixante-et-onze ans ans) sa reconnu avoir proposé des rapports sexuels avec sa femme Gisèle mais  en a rejeté la responsabilité sur les autres accusés…

 

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La dramaturge Servane Dècle et le metteur en scène suisse Milo Rau ont travaillé avec les avocats de la famille Pelicot, les membres du tribunal, des experts psychologiques, chroniqueurs judiciaires, témoins, membres d’associations féministes pour raconter le procès du patriarcat, avec interrogatoires, plaidoyers et commentaires de cette action en justice. Mais Gisèle Pelicot a choisi de ne pas être là. Et, à évènement exceptionnel, conditions exceptionnelles d’entrée : gratuite! Ce qui est rare dans ce festival mais dans la limite d’un billet par personne présente et distribué la veille seulement, à 21 h devant le palais des Papes.
Sur la scène mythique du cloître des Carmes, des bancs en bois où sont assis la victime de ces viols (représentée successivement par Ariane Ascaride, Marie Vialle et Marie-Christine Barrault, Philippe  Torreton (Dominique Pelicot, le mari de Gisèle)  et d’autres acteurs pour représenter les avocats et les autres accusés.. Mais aussi la metteuse en scène Eva Doumbia, Anne Lassalle, avocate spécialiste des violences sexistes, Marie Coquille-Chambel, lanceuse d’alerte de MeTooThéâtre, Camille Étienne, militante écologiste, Laurent Layet, expert psychiatre au procès. Et Françoise Nyssen, ancienne ministre de la Culture et membre du conseil d’administration du festival…
Cette lecture a aussi été diffusée dans plusieurs cafés de la ville et sur le site du festival… mais était difficilement accessible. Le procès, sous une forme ou une autre, a été, depuis celui d’Oreste dans Les Erynies,le dernier volet de la célèbre trilogie d’Eschyle, à la naissance du théâtre occidental…  Depuis, il y en a eu des milliers et Jean Racine, on l’oublie souvent, a écrit une petite comédie Les Plaideurs. Cette lecture, juste quelques mois après le procès,  serait-elle un prélude à un véritable spectacle, ou souvent comme toute lecture,en restera-t-on là?
Ce que nous avons pu en voir, nous a semblé intéressant mais trop statique et trop long! Les protagonistes pas toujours aussi cernés comme on l’aurait souhaité dans une véritable pièce. Milo Rau avec des acteurs, metteurs en scène et membres de la société civile concernés, a réussi, malgré tout,  à faire faire entendre la voix de celles qui continuent à être victimes d’un système sociétal, et pour une seule fois. « En rendant le procès public, Gisèle Pelicot  a réussi à opérer un basculement incroyable, dit Servane Dècle: elle a fait « changer la honte de camp en forçant les accusés à répondre de leurs actes. » (…) Le patriarcat ne reste évidemment pas confiné au foyer. Il agit, dans le monde et à l’intérieur de soi.( … ) Aujourd’hui masculinisme et néo-fascime avancent main dans la main. (…) En tant qu’artiste, militante et femme, je pense que le procès Pelicot porte un enjeu fondamental de notre époque.  » (…) Gisèle Pelicot  n’est pas seulement une victime mais aussi une survivante de la violence patriarcale. « 
Cette lecture de documents, préparée par Servane Dècle a été mise en scène par Milo Rau qui a souvent travaillé au théâtre sur des affaires judiciaires. « L’histoire, dit-elle, nous appartient à toutes et à tous, en même temps à aucun d’entre nous. »  Dans la ville où, précisément, a eu lieu ce procès historique, pas très loin du Cloître des Carmes… 

Philippe du Vignal

Lecture  au Cloître des Carmes, Avignon, le 18 juillet et retransmise sur festival-avignon.com

 

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