Adieu, Sofia Seirli !

Adieu, Sofia Seirli
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Une figure emblématique du théâtre grec s’est éteinte hier dimanche 10 août, à soixante-dix-sept ans… Cette mort brutale a plongé le monde artistique dans une grande tristesse. Sofia Seirli était en vacances à Fournoi sur l’île d’Ikaria. Selon des témoignages, la célèbre actrice et scénariste a essayé de nager de la plage de Kamari jusqu’à l’îlot Saint-Minas. L’amie qui l’accompagnait, s’est inquiétée quand elle n’est pas revenue et a alerté les autorités. De forts courants l’ont sans doute emportée et elle s’est noyée…

Née à Alexandrie en 1947, elle était diplômée de l’École d’art dramatique du Théâtre National et a très vite collaboré avec des metteurs en scène renommés dans plusieurs théâtres en Grèce et à Chypre. Dont Pantelis Voulgaris, Nikaiti Kontouri, Antonis Kalogridis, Giannis Kakleas, Efi Theodorou, Giannis Rigas, Thodoris Abazis, Michaël Marmarinos, Vassilis Papavasiliou, Nikos Mastorakis, Nikos Hatzopoulos, Dimitris Tarloun Yannis Houvardas…
Au Théâtre Libre, à la Scène Libre, à l’Organisation théâtrale de Chypre, au Théâtre d’Art, au Théâtre Amore…. Elle a interprété de nombreux rôles d’auteurs classiques, contemporains, grecs ou étrangers.  Comme récemment  dans L’Hirondelle de Guillem Cloua, avec Vassilis Mavrogeorgiou, dans la réalisation d’ Eleni Gasouka, Thérèse Raquin, d’après le roman d’Émile Zola, mise en scène par Lilly Meleme, La Reine de beauté de Martin McDonagh, dans une mise en scène d’Eleni Skoti qui a reçu les Prix du public Athinorama,  entre autres, le premier prix de la meilleure représentation et de la meilleure mise en scène. Crime et châtiment,  une adaptation du roman éponyme de Fiodor Dostoïevski, mise en scène de Dimitris Tarloou, Une Maison lumineuse comme le jour  de Tony Küshner, mise en scène par Yannis Moschos.
Parallèlement, elle a écrit des scénarios pour la télévision et a joué dans de nombreuses séries, entre autres des personnages cmme Maro Lykoianni, la mère de Zachos dans Les Abeilles sauvages ou  la Nonne Afxentia dans La Rose noire. Elle a aussi enseigné au Département d’études théâtrales à l’Université de Patras et dans les écoles d’art dramatique. 

Nektarios-Georgios Konstantinidis

Archive pour 11 août, 2025

Festival de Bussang

Festival de Bussang  

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Aller au théâtre du Peuple à Bussang (Vosges), c’est retrouver l’enchantement de ce lieu que nous avions découvert il y a longtemps.  Frédéric Pottecher, alors acteur, scénariste, célèbre chroniqueur judiciaire et écrivain mort en 2001 qui avait une voix que l’on n’oublie pas, était le neveu du créateur de ce lieu emblématique dans la région. Maurice Pottecher, industriel mais aussi poète, auteur et metteur en scène de son épouse Camille, actrice, a créé en 1895, cette grande salle en bois, pour faire partager une émotion théâtrale aux gens du village.  Douze directeurs lui sont succédé… Pierre-Richard Willm, François Rancillac, Philippe Berling, Jean-Claude Berruti, Pierre Guillois, Simon Delétang. Julie Delille, nommée en 2023 est la première femme à diriger ce lieu exceptionnel, construit au fil des ans, et maintenant classé monument historique. Le Théâtre du Peuple se démarque des lieux culturels : le bâtiment est construit tout en bois et en fond de scène, deux portes coulissantes s’ouvrent sur un décor naturel! Celui de la forêt vosgienne. Et l’on se surprend à imaginer, l’apparition furtive d’un animal…. Un cadre magnifique, avec, chaque année, deux créations en alternance dont l’une depuis l’origine du Théâtre du Peuple, avec des artistes professionnels et amateurs. Le Roi nu d’Evgueni Schwartz, mise en scène de Sylvain Maurice L’auteur russe écrit cette pièce en 1934 en s’inspirant des contes d’Andersen: La Princesse et le Porcher, la Princesse au petit pois, Les Habits neufs de l’Empereur. Le protagoniste est un tyran mais aussi un bouffon autoritaire et capricieux. Jamais jouée du vivant d’Evgueni Schwartz, elle a, depuis, connu un triomphe mondial et reste très actuelle. Sylvain Maurice  s’est installé à Bussang en juin pour mettre en scène cette farce grinçante et ludique pour tous: ici, le tyran sature les écrans et les réseaux sociaux… mais finira déchu.  

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L’histoire : Henri, modeste gardien de cochons et Henriette, une belle princesse, tombent amoureux. Mais le père d’Henriette lui a choisi pour mari, le Roi le plus terrible qui fait régner la terreur sur ses sujets et sur  sa Cour. Henri, bien que banni, accompagné  par son ami Christian, va déployer intelligence et énergie pour retrouver son Henriette. A l’issue d’un stratagème, il mettra à nu le tyran, rendu ainsi ridicule aux yeux de tous, s’enfuira, laissant enfin le peuple recouvrer ses droits. Il croyait être le plus intelligent mais sera puni par sa bêtise…

 Sylvain Maurice a confié le rôle du Roi à Manuel Le Lièvre, magnifique comédien… Dès qu’il apparaît en haut d’un escalier blanc, il emporte tout sur son passage, de la caricature à la fragilité, avec les pires excès d’autoritarisme et de vantardise.  Il est ce Roi, enfant gâté à qui personne ne résiste et tel une rock-star,  il emmène le public et tous ses camarades  dont Maël Besnard, jeune comédien tout en nuances (Henri et son ami Christian le tisserand), prétendant habiller le roi d’un vêtement visible aux seuls yeux des personnes intelligentes, Nadine Berland (Ministre des Tendres Sentiments), Hugues Dufrannois (Le poète de la Cour) et Jacques Courtot (Le Premier Ministre) de la troupe amateur. Une farce jubilatoire au vitriol avec de remarquables costumes, est jouée avec deux musiciens sur scène et elle résonne encore très bien aujourd’hui. On pense à certaines personnalités… Un grand moment d’actualité.
 
Je suis la bête, adaptation du roman d’Anne Sibran, mise en scène et interprétation de Julie Delille

Abandonnée dans un placard, une enfant grandira dans la forêt, élevée par un animal qui va lui apprendre la vie sauvage et la langue des bêtes. Méline est ce monstre enfanté par la violence du monde civilisé, recroquevillé, entre ombre et lumière. « Nous, c’est le silence qui raconte, les hommes il leur faut une voix.» Anne Sibran raconte l’histoire d’une métamorphose de notre espace mental, d’une renaissance par l’entremise des mots et des silences.

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Ce solo est mis en scène et interprété par Julie Delille dans un dispositif sonore immersif… Nous parviennent ainsi des mots enfouis dans la mémoire, des bruits et odeurs jaillissant des entrailles de la terre. Une adaptation d’un texte de grande intensité, a été créée il y a sept ans à Nanterre-Amandiers et s’inscrit dans la nouvelle programmation de Bussang.  Les spectateurs peuvent tenter une expérience en immersion totale avec, comme seuls guides, leurs sens et leur instinct. Un moment sombre et poétique… à condition d’y entrer.

Solange Barbizier

Jusqu’au 30 août, Le  Roi Nu et Je suis la bête, au Théâtre du peuple, Bussang (Vosges). Réservations @theatredupeuple.com T. : 03 29 61 50 48

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