Abigail Spinner McBride, magicienne, prêtresse du feu, musicienne, chanteuse, danseuse et massothérapeute…

Abigail Spinner McBride, magicienne, prêtresse du feu, musicienne, chanteuse, danseuse et massothérapeute…

Une vocation… Premier contact en CE 1 avec Adam, un garçon pour qui elle avait un faible. Il adorait la magie (et l’adore toujours) mais refusait de confier ses secrets à Abigail. «Je lui ai dit que, si j’étais son assistante, il pourrait accepter de les partager avec moi, et qu’ainsi, je l’aiderais… Depuis, la magie est entrée en murmurant dans mes rêves, danses et rituels, bien avant que je ne tienne un morceau de papier « flash ». J’étais déjà plongée dans le théâtre et le mouvement, canalisant les archétypes et racontant des histoires avec mon corps.

Puis, un jour, j’ai vu Jeff McBride faire de tours près d’un feu et son travail a éveillé en moi quelque chose de primitif et a été une révélation : cela pouvait être un art, une initiation, un théâtre sacré et a fait vibrer un diapason en moi. J’ai réalisé que tout ce que j’aimais : le mythe, la transformation, le mystère… pouvait être tissé en un seul langage grâce à un travail de prêtresse.

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Abigail Spinner McBride découvre la magie par la voie de la performance comme musicienne dans le spectacle de Jeff à Atlantic City (New Jersey) vers 1990. Sa formation a commencé sur scène, mais surtout quand elle a rejoint la Magic & Mystery School fondée par Jeff où elle a appris par osmose, en observant, pratiquant, échouant mais en se relevant…« La magie, dit-elle, ne s’apprend pas seulement avec les mains mais pénètre dans nos os, notre souffle, nos rituels. J’ai entraîné mon corps à devenir un instrument d’émerveillement, et mon esprit à rester humble et curieux. Avec le temps, je suis devenue une artiste mais aussi une tisseuse de transformations. J’ai découvert que le véritable apprentissage se poursuit chaque jour sur le plateau, à la fois dans les rituels et les moments intermédiaires.»

Elle a eu la chance d’être entourée par une communauté de mentors, mystiques et compagnons de route. Jeff McBride, bien sûr, à la fois partenaire et guide, Eugene Burger qui a eu une influence considérable sur elle en lui apportant une technique mais aussi une profonde spiritualité. « J’ai été parfois sous-estimée mais j’ai transformé ce rejet en feu et cela m’aidé à revendiquer ma voix et ma vision avec plus de force. J’ai reconstruit chaque porte que je n’ai pas été autorisée à franchir, avec de l’encens, de la poésie, du sang, des paillettes. Et j’ai alors trouvé mon véritable public… celui qui a soif d’authenticité.
Je travaille mieux dans un espace sacré imprégné par la beauté, les rituels… Que je répète, seule, ou que je me produise devant plusieurs centaines de personnes, je trace un cercle, invoque les muses et m’offre comme réceptacle. J’ai besoin de souffle, musique, mouvements et lumière des bougies. La magie, pour moi, est une alchimie, exigeant une préparation intérieure et extérieure du « temple »…Même dans les lieux ordinaires comme les coulisses d’un théâtre ou une salle de bal, j’emporte mon rituel nécessaire: huiles, symboles, petit tissu pour l’autel. L’espace devient sacré dès que je le traite comme tel. Voilà le secret : la magie s’épanouit là où révérence et création se rencontrent.

The Spirit Theater d’Eugene Burger, les masques et la magie de Jeff ont spécialement marqué Abigail Spinner McBride mais aussi Pina Bausch et sa danse-théâtre, les récits lyriques de Laurie Anderson , les artistes de performances et rituels brouillant les frontières entre rêve et réalité. Quand elle voit quelqu’un ouvrir un portail vers l’ineffable, elle en est, dit-elle, marquée à jamais : «Je suis particulièrement touchée par les artistes qui osent travailler sur la vulnérabilité et le mythe. Ils ne se contentent pas de divertir mais nous initient et nous ressortons transformés et légèrement plus hantés. Je recherche une magie qui ressemble à une cérémonie qui ressemblerait à un spectacle. Je ne m’intéresse pas aux énigmes, je recherche la poésie. J’aime la magie visuelle, le travail des masques, le tarot, la transformation et suis profondément attirée par les pièces mythiques, féminines, archétypales, avec un rituel, un voyage, une invitation à franchir les limites. Je suis à la recherche d’un art qui parle à l’âme et ne s’excuse pas de sa profondeur. Les tours de manipulation sont magnifiques mais je m’intéresse plus aux sortilèges et aux actes porteurs d’intention et de sens, à ceux qui posent des questions plutôt qu’à ceux qui apportent des réponses.

Ses racines plongent dans le théâtre sacré, le mythe et la danse et elle puise dans les traditions ancestrales des prêtresses, le tarot, la poésie extatique de Rumi et Mary Oliver. « Mes influences, dit-elle, sont à la fois ésotériques et incarnées : Isadora Duncan, Anaïs Nin, Joseph Campbell, Dion Fortune, et bien sûr, les femmes puissantes qui m’ont précédée et qui ont osé transformer les cendres en beauté. Je me nourris également de textes mystiques et de traditions populaires du monde entier. Je crois que l’artiste est un oracle vivant : nous traduisons en formes, des forces invisibles. Je me nourris donc de beauté, de symboles, rituels et histoires, comme d’autres boivent du café. »

Des conseils aux débutants ? « Apprendre le métier, oui, mais ne pas se perdre dans la technique. La magie réside dans le sens. Commencez par l’émerveillement. Laissez vos mains apprendre les tours mais votre cœur guider l’histoire. Et n’oubliez jamais que vous ne jouez pas seulement devant un public mais que vous faites de la magie avec lui. C’est un échange sacré. Demandez-vous : pourquoi fais-je ce numéro et qu’est-ce que je dis vraiment ? N’ayez pas peur d’être étrange, brut ou beau. Le monde a besoin non de copies mais de magiciens qui soient pleinement eux-mêmes et de flammes originales. Je vous conseille aussi de trouver un professeur, un guide capable de vous transmettre sa sagesse et de vous enseigner ses techniques. Vous pouvez aussi nous rejoindre en ligne ou en personne, à la Magic & Mystery School !

« Nous vivons une renaissance palpitante et chaotique, dit aussi Abigail Spinner McBride. Les anciennes voix s’effondrent et de nouvelles s’élèvent : femmes, magiciens queer, personnes de couleur, chercheurs spirituels, éco-magiciens…. Il existe une soif de véritable profondeur enveloppée d’enchantement. Mais dans un monde de spectacle, on risque de perdre l’âme de l’art.
Pourtant de nombreux magiciens veulent donner un sens à leur travail et cela me laisse espérer que la magie peut être un antidote au cynisme et au désespoir. Elle a le pouvoir de nous rappeler que nous avons une capacité d’agir mais aussi notre mystère comme notre interdépendance. La prochaine génération pourrait bien être celle de guérisseurs spirituels qui soient aussi à la base, des artistes.
La Culture est un pont entre le visible et l’invisible, entre le passé et le présent, l’intime et le collectif. Nous devons connaître les mythes de notre peuple, honorer les terres où nous nous trouvons, et parler de l’instant présent. La Culture façonne nos symboles, histoires, sortilèges… L’ignorer rendrait la magie vaine. L’accepter, transforme notre travail en actes vivants de souvenirs et résistances. Cela peut être aussi un moyen de se réapproprier la sagesse ancestrale et d’imaginer l’avenir.

Prêtresse du feu, cette artiste danse souvent, surtout autour des flammes et chante, écrit des poèmes au parfum d’encens et au goût de miel : « J’organise des cérémonies et rassemble des femmes en cercle sacré. J’adore cuisiner des mets délicieux (et j’espère enchanteurs. Je marche dans le désert et écoute les pierres. Tout ce que je fais est, d’une certaine manière : « magique ». Je fabrique aussi des autels avec du bois flotté et des os, je recueille la lumière de la lune dans un bol et murmure des sorts. Je crois que le repos est un acte révolutionnaire : je prends le temps de m’arrêter, de rêver. Ma vie est un écosystème d’enchantement, pas seulement un travail. »

 Sébastien Bazou

 Interview réalisée le 30 août, à Dijon (Côte-d’Or).


Archive pour 11 septembre, 2025

Abigail Spinner McBride, magicienne, prêtresse du feu, musicienne, chanteuse, danseuse et massothérapeute…

Abigail Spinner McBride, magicienne, prêtresse du feu, musicienne, chanteuse, danseuse et massothérapeute…

Une vocation… Premier contact en CE 1 avec Adam, un garçon pour qui elle avait un faible. Il adorait la magie (et l’adore toujours) mais refusait de confier ses secrets à Abigail. «Je lui ai dit que, si j’étais son assistante, il pourrait accepter de les partager avec moi, et qu’ainsi, je l’aiderais… Depuis, la magie est entrée en murmurant dans mes rêves, danses et rituels, bien avant que je ne tienne un morceau de papier « flash ». J’étais déjà plongée dans le théâtre et le mouvement, canalisant les archétypes et racontant des histoires avec mon corps.

Puis, un jour, j’ai vu Jeff McBride faire de tours près d’un feu et son travail a éveillé en moi quelque chose de primitif et a été une révélation : cela pouvait être un art, une initiation, un théâtre sacré et a fait vibrer un diapason en moi. J’ai réalisé que tout ce que j’aimais : le mythe, la transformation, le mystère… pouvait être tissé en un seul langage grâce à un travail de prêtresse.

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Abigail Spinner McBride découvre la magie par la voie de la performance comme musicienne dans le spectacle de Jeff à Atlantic City (New Jersey) vers 1990. Sa formation a commencé sur scène, mais surtout quand elle a rejoint la Magic & Mystery School fondée par Jeff où elle a appris par osmose, en observant, pratiquant, échouant mais en se relevant…« La magie, dit-elle, ne s’apprend pas seulement avec les mains mais pénètre dans nos os, notre souffle, nos rituels. J’ai entraîné mon corps à devenir un instrument d’émerveillement, et mon esprit à rester humble et curieux. Avec le temps, je suis devenue une artiste mais aussi une tisseuse de transformations. J’ai découvert que le véritable apprentissage se poursuit chaque jour sur le plateau, à la fois dans les rituels et les moments intermédiaires.»

Elle a eu la chance d’être entourée par une communauté de mentors, mystiques et compagnons de route. Jeff McBride, bien sûr, à la fois partenaire et guide, Eugene Burger qui a eu une influence considérable sur elle en lui apportant une technique mais aussi une profonde spiritualité. « J’ai été parfois sous-estimée mais j’ai transformé ce rejet en feu et cela m’aidé à revendiquer ma voix et ma vision avec plus de force. J’ai reconstruit chaque porte que je n’ai pas été autorisée à franchir, avec de l’encens, de la poésie, du sang, des paillettes. Et j’ai alors trouvé mon véritable public… celui qui a soif d’authenticité.
Je travaille mieux dans un espace sacré imprégné par la beauté, les rituels… Que je répète, seule, ou que je me produise devant plusieurs centaines de personnes, je trace un cercle, invoque les muses et m’offre comme réceptacle. J’ai besoin de souffle, musique, mouvements et lumière des bougies. La magie, pour moi, est une alchimie, exigeant une préparation intérieure et extérieure du « temple »…Même dans les lieux ordinaires comme les coulisses d’un théâtre ou une salle de bal, j’emporte mon rituel nécessaire: huiles, symboles, petit tissu pour l’autel. L’espace devient sacré dès que je le traite comme tel. Voilà le secret : la magie s’épanouit là où révérence et création se rencontrent.

The Spirit Theater d’Eugene Burger, les masques et la magie de Jeff ont spécialement marqué Abigail Spinner McBride mais aussi Pina Bausch et sa danse-théâtre, les récits lyriques de Laurie Anderson , les artistes de performances et rituels brouillant les frontières entre rêve et réalité. Quand elle voit quelqu’un ouvrir un portail vers l’ineffable, elle en est, dit-elle, marquée à jamais : «Je suis particulièrement touchée par les artistes qui osent travailler sur la vulnérabilité et le mythe. Ils ne se contentent pas de divertir mais nous initient et nous ressortons transformés et légèrement plus hantés. Je recherche une magie qui ressemble à une cérémonie qui ressemblerait à un spectacle. Je ne m’intéresse pas aux énigmes, je recherche la poésie. J’aime la magie visuelle, le travail des masques, le tarot, la transformation et suis profondément attirée par les pièces mythiques, féminines, archétypales, avec un rituel, un voyage, une invitation à franchir les limites. Je suis à la recherche d’un art qui parle à l’âme et ne s’excuse pas de sa profondeur. Les tours de manipulation sont magnifiques mais je m’intéresse plus aux sortilèges et aux actes porteurs d’intention et de sens, à ceux qui posent des questions plutôt qu’à ceux qui apportent des réponses.

Ses racines plongent dans le théâtre sacré, le mythe et la danse et elle puise dans les traditions ancestrales des prêtresses, le tarot, la poésie extatique de Rumi et Mary Oliver. « Mes influences, dit-elle, sont à la fois ésotériques et incarnées : Isadora Duncan, Anaïs Nin, Joseph Campbell, Dion Fortune, et bien sûr, les femmes puissantes qui m’ont précédée et qui ont osé transformer les cendres en beauté. Je me nourris également de textes mystiques et de traditions populaires du monde entier. Je crois que l’artiste est un oracle vivant : nous traduisons en formes, des forces invisibles. Je me nourris donc de beauté, de symboles, rituels et histoires, comme d’autres boivent du café. »

Des conseils aux débutants ? « Apprendre le métier, oui, mais ne pas se perdre dans la technique. La magie réside dans le sens. Commencez par l’émerveillement. Laissez vos mains apprendre les tours mais votre cœur guider l’histoire. Et n’oubliez jamais que vous ne jouez pas seulement devant un public mais que vous faites de la magie avec lui. C’est un échange sacré. Demandez-vous : pourquoi fais-je ce numéro et qu’est-ce que je dis vraiment ? N’ayez pas peur d’être étrange, brut ou beau. Le monde a besoin non de copies mais de magiciens qui soient pleinement eux-mêmes et de flammes originales. Je vous conseille aussi de trouver un professeur, un guide capable de vous transmettre sa sagesse et de vous enseigner ses techniques. Vous pouvez aussi nous rejoindre en ligne ou en personne, à la Magic & Mystery School !

« Nous vivons une renaissance palpitante et chaotique, dit aussi Abigail Spinner McBride. Les anciennes voix s’effondrent et de nouvelles s’élèvent : femmes, magiciens queer, personnes de couleur, chercheurs spirituels, éco-magiciens…. Il existe une soif de véritable profondeur enveloppée d’enchantement. Mais dans un monde de spectacle, on risque de perdre l’âme de l’art.
Pourtant de nombreux magiciens veulent donner un sens à leur travail et cela me laisse espérer que la magie peut être un antidote au cynisme et au désespoir. Elle a le pouvoir de nous rappeler que nous avons une capacité d’agir mais aussi notre mystère comme notre interdépendance. La prochaine génération pourrait bien être celle de guérisseurs spirituels qui soient aussi à la base, des artistes.
La Culture est un pont entre le visible et l’invisible, entre le passé et le présent, l’intime et le collectif. Nous devons connaître les mythes de notre peuple, honorer les terres où nous nous trouvons, et parler de l’instant présent. La Culture façonne nos symboles, histoires, sortilèges… L’ignorer rendrait la magie vaine. L’accepter, transforme notre travail en actes vivants de souvenirs et résistances. Cela peut être aussi un moyen de se réapproprier la sagesse ancestrale et d’imaginer l’avenir.

Prêtresse du feu, cette artiste danse souvent, surtout autour des flammes et chante, écrit des poèmes au parfum d’encens et au goût de miel : « J’organise des cérémonies et rassemble des femmes en cercle sacré. J’adore cuisiner des mets délicieux (et j’espère enchanteurs. Je marche dans le désert et écoute les pierres. Tout ce que je fais est, d’une certaine manière : « magique ». Je fabrique aussi des autels avec du bois flotté et des os, je recueille la lumière de la lune dans un bol et murmure des sorts. Je crois que le repos est un acte révolutionnaire : je prends le temps de m’arrêter, de rêver. Ma vie est un écosystème d’enchantement, pas seulement un travail. »

 Sébastien Bazou

 Interview réalisée le 30 août, à Dijon (Côte-d’Or).

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