Personne n’est ensemble sauf moi, conception et mise en scène de Clea Petrolesi
Personne n’est ensemble sauf moi, conception et mise en scène de Clea Petrolesi
Ils ont la vingtaine, ils sont beaux mais peut-être se croient-ils moches, certains sont comédiens, d’autres pratiquent le théâtre dans les ateliers que Clea Petrolesi anime avec ceux qui sont en situation d’handicap invisible. Elle les a rencontrés.dans le cadre du programme PHARES (Par-delà le Handicap, Avancer et Réussir des Études Supérieures), intégré au centre d’égalité des chances de l’E.S.S.E.C., Cergy, et dont la mission est de favoriser l’accès aux études supérieures pour ces jeunes.
Ils ont juste «un p’tit truc en plus » (selon le titre du film à succès de 2024). Cela fait d’eux des «presque normaux» et à peine «différents». Des guillemets nécessaires, d’abord pour être politiquement correct et respectueux, et parce que ces différences sont juste celles existant entre individus, en fonction de l’écart plus ou moins large qu’elles creusent avec la norme. Le public ne voit qu’une troupe, une et indivisible dans un hémicycle en réduction, Moteur du jeu qui les réunit: d’anciens mythes comme l’histoire de Damoclès, l’homme comblé par l’enviable Denys le tyran (mais avec cette épée suspendue par un simple crin de cheval au-dessus de sa tête)… le talon d’Achille, Crésus, le fleuve Pactole…
Clea Petrolesi va chercher l’universel et réunit ces filles et garçons dans ces histoires où chacun reconnaît quelque chose de soi. Tour à tour, ils viennent offrir au public un exploit : rencontre, danse, histoire, qui construisant un récit et une réflexion autour de cette phrase merveilleuse de l’un d’eux et qui donne son titre au spectacle : « Personne n’est ensemble, sauf moi ». Formule parfaite, évidente et énigmatique.
Qu’est-ce être normal? Etre comme tout le monde ? Mais quel monde ? Celui que je connais ? Être comme moi ? Et là, pris de vertige, on voit clairement que chacun est unique, au centre de son monde et tenté de le prendre pour « le» monde, tenté aussi de croire qu’il est normal d’être unique, différent et central, et donc que la norme, c’est être anormal. Il y a là, le sentiment d’exister à part mais aussi d’avoir besoin d’appartenir à une communauté que sans doute, on s’invente, d’abord sur le plateau et avec le public.
Ces acteurs nous font rire parfois, nous touchent quand ils essayent de nous emmener avec eux: voix harmonieuses aux indispensables dissonances. Autrement dit: Simul et singulis, (Etre ensemble et rester soi-même). C’est la devise de la Comédie-Française, depuis 1.682… On nous demandera de quoi parle le spectacle ? Mais de cela : être seul et ensemble, et c’est beaucoup…
Christine Friedel
Jusqu’au 19 octobre, Théâtre de la Tempête, Cartoucherie de Vincennes, route du Champ de manœuvre. Métro : Château de Vincennes+ navette gratuite.T. : 01 43 28 36 36.
INSA, Lyon ( Rhône) le 20 novembre. La Passerelle, Scène nationale de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), les 27 et 28 novembre.
Théâtre Princesse Grace, Monaco, le 13 janvier.
Le Beffroi, Montrouge ( Hauts-de Seine), le 6 février.
Circa, Auch (Gers) le 10 mars. Odyssud, Blagnac (Gironde), le 13 mars. Scènes croisées de Lozère-Théâtre de Mende ( Lozère), le 17 mars. Théâtre de Saint-Nazaire, Scène nationale ( Loire-Atlantique), les 25 et 26 mars. La Courée, Collégien ( Seine-et Marne) le 28 mars. Scène nationale de Dieppe (Seine-Maritime) le 31 mars
La Rose des vents-Scène nationale de Villeneuve-d’Ascq (Nord) en partenariat avec Le Grand Bleu,Lille, le 12 mai. Théâtre du Passage, Neuchâtel (Suisse) le 21 mai.

