La Stupéfaction, texte et mise en scène de Marie Provence
La Stupéfaction , texte et mise en scène de Marie Provence
Trois personnages dans un lieu qui restera indéterminé, peut-être un hôpital psychiatrique, essayent de survivre tant bien que mal après un traumatisme qui a bouleversé leur vie. Peter (Florent Cheippe) qui travaille dans une entreprise de communication, n’a pas réussi à surmonter le stress permanent qu’on lui impose et a été foudroyé par un AVC. Il veut quand même essayer de s’en sortir.
Fred, très fragile enseignante (Leslie Granger) est en état d’épuisement moral et physique. Et Mathilde (Cristelle Saez) a subi une rupture brutale après douze ans de mariage. Trois vies, trois histoires différentes avec quand même, un certain appétit de vivre, sans doute écrites d’après des expériences réelles. Sur ce grand plateau, juste un châssis pour figurer une cloison vitrée, avec au fond, l’image projetée d’une forêt (scénographie de Claudine Bertomeu)
Peter, Fred et Mathilde nous font partager des bribes de récits de leur vies respectives. Il y a parfois de longs silences.Cela tient d’une thérapie de groupe et d’un théâtre documentaire mais cette fable poétique sur la difficulté à renaître après une expérience personnelle douloureuse, a bien du mal à décoller et l’autrice et metteuse en scène n’arrive pas à créer un lien entre ces trois personnages et le public qui ne semble pas vraiment attentif.
«La Stupéfaction, dit Marie Provence, est une fable sur l’aptitude à faire face au chaos et à retrouver le goût du désir. Un temps suspendu dans un monde imaginaire où des personnages, ébranlés par un drame, tentent de se reconstruire. »
Pourquoi pas? Mais c’est une première pièce et l’autrice peine à donner vie à ses personnages et les courtes scènes se succèdent laborieusement. La mise en scène fait du surplace et les quatre-vingt dix minutes de cette piécette qui se termine plutôt qu’elle ne finit, sont bien longues. La faute à un dialogue vraiment trop léger, proche de mauvaises séries télé et à une direction d’acteurs approximative.
Marie Provence aurait pu aussi nous épargner ces projecteurs aux lumières rouges et violettes poussés par les acteurs et qui ne font pas sens. Cette coproduction du Théâtre Joliette, Scène Conventionnée d’intérêt national Art et Création pour la diversité des écritures contemporaines et le Théâtre National de Marseille-La Criée ne nous a pas vraiment convaincu. Sur un petit plateau comme bientôt celui du Théâtre du Balcon à Avignon et avec un texte resserré, une direction d’acteurs améliorée, le spectacle pourrait davantage faire sens… A suivre.
Philippe du Vignal
Les 30, 31 janvier et 1er février, Théâtre du Balcon, dans le cadre de Fest’hiver, Avignon ( Vaucluse).

