Requiem Room, d’après l’oeuvre et l’univers de David Lynch, Requiem de Léonid Andreïev, traduction d’André Markowicz et un extrait de Pour en finir avec le jugement de Dieu d’Antonin Artaud, mise en scène de Thomas Fustec

Festival NTA Tremplins jeunes compagnies/ Compagnies émergentes

Requiem Room, mise en scène de Thomas Fustec, d’après l’œuvre et l’univers de David Lynch, Requiem de Léonid Andreïev, traduction d’André Markowicz, et un extrait de Pour en finir avec le jugement de Dieu d’Antonin Artaud 

« C’est un triptyque, dit le metteur en scène qui explore trois formes théâtrales autour des rêves et des cauchemars, où des personnages vacillent, espèrent, mais restent prisonniers dans une boucle sans issue. Conçu comme une déambulation onirique, ce projet rend hommage à la fois au théâtre et à l’univers de David Lynch, plongeant peu à peu dans une quête de sens vaine et absurde. »

Sur le petit plateau, une porte noire qui s’ouvre et se referme, avec des grincements effroyables, un canapé vert et côté cour, un globe terrestre sur pieds à roulettes, dissimulant un carafon de whisky et des verres. Au fond, un arbre de Noël synthétique et des drapés rouges. Il y a abord trois hommes et deux femmes qui racontent- trop  longuement mais avec une très bonne diction- leurs rêves et  cauchemars. Puis, dans un salon avec un poste de télévision pur porc années soixante, diffusant une imitation très kitsch d’un feu de bois, on assiste à une sorte de théâtre boulevardier.

Et enfin, dans un espace absolument vide, deux acteurs et une actrice en costume noir façon XV /XVI ème siècle avec fraise blanche impeccable: soit la énième version du théâtre dans le théâtre, entre imaginaire d’inspiration surréaliste et vie quotidienne. Le tout se référant à David Lynch, grand amoureux de la peinture qui s’inspirait lui-même des tableaux dEdward HopperFrancis Bacon, Henri Rousseau,  Edward Kienholz des images oniriques comme chez ces peintres et avec aussi, une impeccable réalisation sonore les personnages sont en proie à la solitude et à l’angoisse, face à une menace invisible. Entre autres, quand on sonne à la porte mais qu’il n’y a personne. Pas très loin de ceux de Léonid Andreiev (Requiem est le titre de sa dernière pièce) et de Samuel Beckett. Avec la représentation d’une sorte de pièce fantôme dont les acteurs semblent être des ombres. Cela fait penser à cette histoire vécue par une amie : dans un hameau en plein désert de l’Arizona, un mari, très amoureux et admiratif, avait fait construire une salle pour une danseuse âgée en tutu et sur pointes. Le public était peint sur les murs… Et il n’y avait jamais aucun spectateur !

«En travaillant autour de ces auteurs, dit Thomas Fustec, et en croisant les univers oniriques et oppressants de Lynch, et l’angoisse existentielle de chez Andreïev, nous nous intéressons à notre rapport à la violence dans un monde qui se militarise, capitalise et s’endoctrine de jour en jour. » Un voyage aux portes de l’absurde, une expérience…Et proposer ainsi un voyage, peu à peu hypnotique (…)»
Comment ne pas être partagé? D’un côté, une très bonne diction-c’est assez rare pour être signalé-une bonne maîtrise de ce petit espace difficile à gérer, une impeccable réalisation sonore et souvent des images de toute beauté. Comme cette porte noire qui s’ouvre en grinçant horriblement, avec une très bonne scène où un invité-surprise arrive.
  »Suzie :Vous nous apportez un cadeau ? Jane : Oh quelle belle surprise ! Jack : Comme c’est gentil ! L’Invité : Tenez, joyeux Noël !  Suzie : Comme c’est gentil ! Jane : C’est trop… Jack :Il fallait pas vraiment… » Et le cadeau est un gros revolver. Le téléphone sonne. Un coup de feu retentit  et Jane s’écroule couverte de sang.

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Il y a aussi un beau moment quand des acteurs au visage maquillé de blanc et en costume Renaissance noir et blanc, tout à fait crédibles, regardent arriver par la salle, un formidable grand lapin en longue robe noire, avec à la main, une canne à pommeau qu’il ne quittera jamais… Des images que David Lynch emporté par des abus de tabac en janvier dernier, aurait sans doute bien aimées…
Là où cela va nettement moins bien: un texte trop long, peu convaincant et sans unité avec, au début, cette série de monologues, où chacun parle de ses cauchemars et qui mériterait un bon coup de ciseaux. Et là, STOP ! : la pure connerie avec, sans raison d’abondants jets de fumigène par trois fois… Quelle facilité! Surtout dans une salle aussi petite où cela fait tousser le public. Pour dire quoi ? Le mystère ? L’angoisse ?
Ce jeune metteur en scène ferait bien d’aller plus souvent au théâtre… Il verrait que ce stéréotype a la vue dure et nous est servi presque chaque jour et sans aucune raison.
Bref, ce spectacle est encore au stade de l’ébauche : malgré des qualités poétiques évidentes, il y a encore beaucoup de travail, si
Thomas Fustec veut arriver à un résultat plus convaincant. Donc, à suivre.
Une pensée pour Antonin Artaud qui dormait avec sa belle Génica Athanassiou dans le grenier du Théâtre de l’Atelier où il jouait, donc à quelques mètres de ce plateau.

Philippe du Vignal

Jusqu’au 21 novembre, Nouveau Théâtre de l’Atalante, 10 place Charles Dullin, Paris ( XVIII ème). T.: 06 47 81 61 68. 

Festival Prix du Théâtre 13 du 26 au 28 novembre.

T 3 Saint- Denis, du 12 au 15 mars.

Le festival NTA se poursuit jusqu’au 19 décembre.


Archive pour 20 novembre, 2025

Requiem Room, d’après l’oeuvre et l’univers de David Lynch, Requiem de Léonid Andreïev, traduction d’André Markowicz et un extrait de Pour en finir avec le jugement de Dieu d’Antonin Artaud, mise en scène de Thomas Fustec

Festival NTA Tremplins jeunes compagnies/ Compagnies émergentes

Requiem Room, mise en scène de Thomas Fustec, d’après l’œuvre et l’univers de David Lynch, Requiem de Léonid Andreïev, traduction d’André Markowicz, et un extrait de Pour en finir avec le jugement de Dieu d’Antonin Artaud 

« C’est un triptyque, dit le metteur en scène qui explore trois formes théâtrales autour des rêves et des cauchemars, où des personnages vacillent, espèrent, mais restent prisonniers dans une boucle sans issue. Conçu comme une déambulation onirique, ce projet rend hommage à la fois au théâtre et à l’univers de David Lynch, plongeant peu à peu dans une quête de sens vaine et absurde. »

Sur le petit plateau, une porte noire qui s’ouvre et se referme, avec des grincements effroyables, un canapé vert et côté cour, un globe terrestre sur pieds à roulettes, dissimulant un carafon de whisky et des verres. Au fond, un arbre de Noël synthétique et des drapés rouges. Il y a abord trois hommes et deux femmes qui racontent- trop  longuement mais avec une très bonne diction- leurs rêves et  cauchemars. Puis, dans un salon avec un poste de télévision pur porc années soixante, diffusant une imitation très kitsch d’un feu de bois, on assiste à une sorte de théâtre boulevardier.

Et enfin, dans un espace absolument vide, deux acteurs et une actrice en costume noir façon XV /XVI ème siècle avec fraise blanche impeccable: soit la énième version du théâtre dans le théâtre, entre imaginaire d’inspiration surréaliste et vie quotidienne. Le tout se référant à David Lynch, grand amoureux de la peinture qui s’inspirait lui-même des tableaux dEdward HopperFrancis Bacon, Henri Rousseau,  Edward Kienholz des images oniriques comme chez ces peintres et avec aussi, une impeccable réalisation sonore les personnages sont en proie à la solitude et à l’angoisse, face à une menace invisible. Entre autres, quand on sonne à la porte mais qu’il n’y a personne. Pas très loin de ceux de Léonid Andreiev (Requiem est le titre de sa dernière pièce) et de Samuel Beckett. Avec la représentation d’une sorte de pièce fantôme dont les acteurs semblent être des ombres. Cela fait penser à cette histoire vécue par une amie : dans un hameau en plein désert de l’Arizona, un mari, très amoureux et admiratif, avait fait construire une salle pour une danseuse âgée en tutu et sur pointes. Le public était peint sur les murs… Et il n’y avait jamais aucun spectateur !

«En travaillant autour de ces auteurs, dit Thomas Fustec, et en croisant les univers oniriques et oppressants de Lynch, et l’angoisse existentielle de chez Andreïev, nous nous intéressons à notre rapport à la violence dans un monde qui se militarise, capitalise et s’endoctrine de jour en jour. » Un voyage aux portes de l’absurde, une expérience…Et proposer ainsi un voyage, peu à peu hypnotique (…)»
Comment ne pas être partagé? D’un côté, une très bonne diction-c’est assez rare pour être signalé-une bonne maîtrise de ce petit espace difficile à gérer, une impeccable réalisation sonore et souvent des images de toute beauté. Comme cette porte noire qui s’ouvre en grinçant horriblement, avec une très bonne scène où un invité-surprise arrive.
  »Suzie :Vous nous apportez un cadeau ? Jane : Oh quelle belle surprise ! Jack : Comme c’est gentil ! L’Invité : Tenez, joyeux Noël !  Suzie : Comme c’est gentil ! Jane : C’est trop… Jack :Il fallait pas vraiment… » Et le cadeau est un gros revolver. Le téléphone sonne. Un coup de feu retentit  et Jane s’écroule couverte de sang.

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Il y a aussi un beau moment quand des acteurs au visage maquillé de blanc et en costume Renaissance noir et blanc, tout à fait crédibles, regardent arriver par la salle, un formidable grand lapin en longue robe noire, avec à la main, une canne à pommeau qu’il ne quittera jamais… Des images que David Lynch emporté par des abus de tabac en janvier dernier, aurait sans doute bien aimées…
Là où cela va nettement moins bien: un texte trop long, peu convaincant et sans unité avec, au début, cette série de monologues, où chacun parle de ses cauchemars et qui mériterait un bon coup de ciseaux. Et là, STOP ! : la pure connerie avec, sans raison d’abondants jets de fumigène par trois fois… Quelle facilité! Surtout dans une salle aussi petite où cela fait tousser le public. Pour dire quoi ? Le mystère ? L’angoisse ?
Ce jeune metteur en scène ferait bien d’aller plus souvent au théâtre… Il verrait que ce stéréotype a la vue dure et nous est servi presque chaque jour et sans aucune raison.
Bref, ce spectacle est encore au stade de l’ébauche : malgré des qualités poétiques évidentes, il y a encore beaucoup de travail, si
Thomas Fustec veut arriver à un résultat plus convaincant. Donc, à suivre.
Une pensée pour Antonin Artaud qui dormait avec sa belle Génica Athanassiou dans le grenier du Théâtre de l’Atelier où il jouait, donc à quelques mètres de ce plateau.

Philippe du Vignal

Jusqu’au 21 novembre, Nouveau Théâtre de l’Atalante, 10 place Charles Dullin, Paris ( XVIII ème). T.: 06 47 81 61 68. 

Festival Prix du Théâtre 13 du 26 au 28 novembre.

T 3 Saint- Denis, du 12 au 15 mars.

Le festival NTA se poursuit jusqu’au 19 décembre.

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