Singulis : Pour en finir avec le football, texte, conception et interprétation de Clément Bresson

Singulis :

Pour en finir avec le football, texte, conception et interprétation de Clément Bresson


Un titre paradoxal pour ce solo… Ce comédien nous parle au début de foot et nous emporte progressivement dans une magnifique déclaration d’amour au théâtre: «J’ai choisi ce thème parce que j’ai eu une expérience intense avec ce sport qui a fait partie de ma vie pendant dix ans, jusqu’à être envahissante.” Il a ainsi participé à Reims au championnat national des moins de dix-sept ans. Mais, à vingt-et un, il est entré dans le monde du théâtre… à la place d’un ami qui s’était inscrit au C.R.O.U.S Théâtre pour séduire la même jeune femme. Mais ce n’était pas si simple: «Tu dois passer, lui disait-on, plus de temps que les autres, sur les textes”.

©  Jean-Louis Fernandez ( photo de répétition)

© Jean-Louis Fernandez
( photo de répétition)


La passion du théâtre et le plaisir à lire des pièces ont alors remplacé dans sa vie l’univers du foot. Pourtant ici, il nous parle d’abord avec enthousiasme de ce “référentiel bondissant, qui nous offre à tous la chance de nous élever”. Il fait même participer le public à un jonglage sans ballon ! « Je vous laisse travailler cinq minutes, c’est la grande kermesse de la Culture.”
Il incarne ici un entraîneur, son père et lui-même, un avatar prénommé Paul-Émile. “Il me fallait l’écrire, je ne voulais pas rompre le fil ténu qui me relie encore au monde”.
Ces mots de Jean-Philippe Toussaint résument bien sa démarche, son abandon du foot pout aller vers le monde du théâtre qu’il nous fait partager avec délectation.

Amoureux des mots, il part dans de belles envolées verbales quelquefois accompagnées par des airs de musique : «Le théâtre, c’est l’endroit des rêves “. Quand il était jeune, son entraîneur lui conseillait de « courir”. Et pour y arriver, il va courir. Clément Bresson déclame alors avec vigueur et passion, une émouvante anaphore : « J’ai couru”. Il cite plusieurs villes aux terrains de foot mythiques où il a pensé courir, et ensuite comment il a basculé dans sa nouvelle passion : «J’ai couru en récitant mes textes, j’ai couru pour rattraper mes rêves, j’ai couru comme pour détourner le jeu, pour prendre de la distance.”
Le foot et le théâtre ont le jeu en commun ! Avec les autres spectateurs, nous avons été conquis.

Jean Couturier

Jusqu’au 15 décembre, Studio-Théâtre de la Comédie-Française, galerie du Carrousel du Louvre, 99 rue de Rivoli, Paris (I er). T : 01 44 58 15 15.

 


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