La Lame et le pinceau, David, metteur en scène de la Révolution, spectacle de Benjamin Lazar, direction musicale d’Arnaud Marzorati

L’exposition David  et La Lame et le pinceau, David, metteur en scène de la Révolution, spectacle de Benjamin Lazar, direction musicale d’Arnaud Marzorati

Ce court spectacle a été joué en lien avec l’exposition David. Ce grand peintre (1748-1825) est finalement mal connu et cette grande rétrospective nous fait revivre la personnalité d’un artiste de la Révolution française qui finira sa vie, exilé en Belgique. Nous avons tous vu des reproductions en général assez mauvaises, dans nos livres d’histoire. Jacques-Louis David a su créer des images qui appartiennent depuis longtemps et encore aujourd’hui à notre mémoire collective, celles des grands moments de la Révolution française de 1789, puis du règne de Napoléon  : il y a chez lui à la fois, le peintre d’histoire qu’il a toujours voulu être mais aussi le souci du détail, comme chez un reporter-photo. Et il sait capturer ,un instant, souvent tragique, comme le célèbre et très expressif Marat assassiné…

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Marat vient de mourir grâce aux bons soins de Charlotte Corday. Le corps  appuyé contre la baignoire couverte d’un drap blanc souillé du sang comme au sol, un couteau blanc. Sur un billot de bois, un encrier, une  plume, un assignat et une autre feuille de papier avec ces mots: «Vous donnerez cet assignat à cette mère de  cinq enfants et dont le mari est mort pour la défense de la patrie ».
C’était le 14 juillet 1793 et ce médecin et journaliste, puis homme politique allait connaître, grâce à David une nouvelle vie comme ces autres révolutionnaires : Le Pelletier et Bara avec Mort du jeune Bara (1794), deux tableaux qu’on peut voir au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.  Et il y a un fragment gigantesque et très impressionnant d’une toile blanche préparée  pour Le Serment du Jeu Paume où David fixe des nus, ceux de futurs personnages de cet autre événement historique… Mais la toile restera inachevée

Et il se fera aussi le témoin d’autres moments historiques : Bonaparte franchissant les Alpes, Le Sacre de Napoléon… Proche de Robespierre, il organisa aussi des cérémonies et fêtes révolutionnaires… Sous nos yeux défile toute une époque, sans laquelle pour le pire comme le meilleur, la France ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.
Il y a aussi ses grands tableaux mythologiques et théâtraux, rigoureux et admirablement composés d’une richesse exceptionnelle où il met littéralement en scène par dizaines des personnages remarquablement peints comme L’Enlèvement des Sabines, Le Serment des Horaces, La Douleur d’Andromaque (1783), inspiré d’un épisode de L’Iliade, un tableau la représentant en pleurs devant le corps d’Hector tué par Achille.
Et dans cette rétrospective, figurent aussi les nombreux portraits de toute une société, des personnages très vivants appartenant à la grande bourgeoisie, mais aussi quelques très beaux auto-portraits. 

«Regarder l’œuvre de David, c’est poser la question de l’engagement, qu’il soit profondément sincère sous la Révolution ou opportuniste sous l’Empire, écrivent Sébastien Allard, conservateur général du Patrimoine, directeur du département des Peintures et Côme Fabre, conservateur du Patrimoine, au département des Peintures, au musée du Louvre. On ne peut, en effet, dissocier l’homme de l’œuvre. Guidé par une éthique de l’action -peindre, c’est agir- David conçoit la peinture comme un instrument du changement politique et moral. Son art est d’essence publique et doit avoir un impact sur la société. »
Pour s’adresser à son époque, David fait le choix du classique. En se référant à l’antique, il incarne les aspirations de ses contemporains, qui passent du statut de sujet d’un monarque, à celui de citoyens (…) L’art de David réside dans un projet tant artistique que politique, moral et social, fondé sur sa fervente défense de la liberté.  Député de la Convention, David a mis sa science de l’image au service de la propagande révolutionnaires, dit Benjamin Lazar. Figure de l’artiste engagé, il collabora avec des poètes et des compositeurs, dessina des costumes fit construire des décors.
Une vraiment belle exposition à la fois sur le peintre et sur son époque. Attention, il vous reste à peine deux mois. Comptez une bonne heure mais vous ne serez pas déçu.

Jusqu’au 26 janvier, Musée du Louvre, Paris ( Ier).

 

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Ce court mais intense spectacle rend ainsi hommage à David, qui fut donc aussi un homme de théâtre. Avec un texte de Benjamin Lazar, metteur en scène, d’après des écrits de Jacques-Louis David, Jacques Hébert, Maximilien Robespierre, Jean-Paul Marat, André Chénier, Charlotte Corday et Théroigne de Méricourt.
Sur des musiques, entre autres, de Gluck, Glossec, Grétry, jouées à la harpe, à la clarinette, au serpent et à la trompette par l’ensemble des Lunaisiens. Vers la fin, un beau chœur amateur (alti, ténors et basses) apporte une belle touche lyrique à ces textes.
Ici, David en prison  en Thermidor 1794, donc à la fin de la Terreur,  évoque ses souvenirs à la veille de son procès. Seront évoqués des personnages révolutionnaires comme Charlotte Corday, André Chénier, Robespierre… ou mythiques comme Andromaque, Brutus… Quelques cubes et draperies pour cette création bien dirigée mais parfois statique.

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La Lame et le pinceau est remarquablement prise en charge, avec intelligence, sobriété et impeccable diction par Judith Chemla, Arnaud Marzorati et Thibault Lacroix: mention spéciale à ce dernier pour sa présence, entre autres, quand il est Marat. En fond de scène, défilent, mais trop vite, des fragments de tableaux en vidéo très grand format et c’est dommage., cela écrase les acteurs…
La mise en scène est d’une précision exemplaire et, malgré trop d’éléments en même temps: jeu des acteurs, musique instrumentale, vidéo, puis chant choral, Benjamin Lazar arrive à rendre la vie intense qu’a eu, dans des circonstances difficiles, Jacques-Henri David. 

Philippe du Vignal

Ce spectacle a été présenté les 7,8 et 9 novembre à l’Auditorium du Musée du Louvre.

 


Archive pour 8 décembre, 2025

La Lame et le pinceau, David, metteur en scène de la Révolution, spectacle de Benjamin Lazar, direction musicale d’Arnaud Marzorati

L’exposition David  et La Lame et le pinceau, David, metteur en scène de la Révolution, spectacle de Benjamin Lazar, direction musicale d’Arnaud Marzorati

Ce court spectacle a été joué en lien avec l’exposition David. Ce grand peintre (1748-1825) est finalement mal connu et cette grande rétrospective nous fait revivre la personnalité d’un artiste de la Révolution française qui finira sa vie, exilé en Belgique. Nous avons tous vu des reproductions en général assez mauvaises, dans nos livres d’histoire. Jacques-Louis David a su créer des images qui appartiennent depuis longtemps et encore aujourd’hui à notre mémoire collective, celles des grands moments de la Révolution française de 1789, puis du règne de Napoléon  : il y a chez lui à la fois, le peintre d’histoire qu’il a toujours voulu être mais aussi le souci du détail, comme chez un reporter-photo. Et il sait capturer ,un instant, souvent tragique, comme le célèbre et très expressif Marat assassiné…

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Marat vient de mourir grâce aux bons soins de Charlotte Corday. Le corps  appuyé contre la baignoire couverte d’un drap blanc souillé du sang comme au sol, un couteau blanc. Sur un billot de bois, un encrier, une  plume, un assignat et une autre feuille de papier avec ces mots: «Vous donnerez cet assignat à cette mère de  cinq enfants et dont le mari est mort pour la défense de la patrie ».
C’était le 14 juillet 1793 et ce médecin et journaliste, puis homme politique allait connaître, grâce à David une nouvelle vie comme ces autres révolutionnaires : Le Pelletier et Bara avec Mort du jeune Bara (1794), deux tableaux qu’on peut voir au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.  Et il y a un fragment gigantesque et très impressionnant d’une toile blanche préparée  pour Le Serment du Jeu Paume où David fixe des nus, ceux de futurs personnages de cet autre événement historique… Mais la toile restera inachevée

Et il se fera aussi le témoin d’autres moments historiques : Bonaparte franchissant les Alpes, Le Sacre de Napoléon… Proche de Robespierre, il organisa aussi des cérémonies et fêtes révolutionnaires… Sous nos yeux défile toute une époque, sans laquelle pour le pire comme le meilleur, la France ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.
Il y a aussi ses grands tableaux mythologiques et théâtraux, rigoureux et admirablement composés d’une richesse exceptionnelle où il met littéralement en scène par dizaines des personnages remarquablement peints comme L’Enlèvement des Sabines, Le Serment des Horaces, La Douleur d’Andromaque (1783), inspiré d’un épisode de L’Iliade, un tableau la représentant en pleurs devant le corps d’Hector tué par Achille.
Et dans cette rétrospective, figurent aussi les nombreux portraits de toute une société, des personnages très vivants appartenant à la grande bourgeoisie, mais aussi quelques très beaux auto-portraits. 

«Regarder l’œuvre de David, c’est poser la question de l’engagement, qu’il soit profondément sincère sous la Révolution ou opportuniste sous l’Empire, écrivent Sébastien Allard, conservateur général du Patrimoine, directeur du département des Peintures et Côme Fabre, conservateur du Patrimoine, au département des Peintures, au musée du Louvre. On ne peut, en effet, dissocier l’homme de l’œuvre. Guidé par une éthique de l’action -peindre, c’est agir- David conçoit la peinture comme un instrument du changement politique et moral. Son art est d’essence publique et doit avoir un impact sur la société. »
Pour s’adresser à son époque, David fait le choix du classique. En se référant à l’antique, il incarne les aspirations de ses contemporains, qui passent du statut de sujet d’un monarque, à celui de citoyens (…) L’art de David réside dans un projet tant artistique que politique, moral et social, fondé sur sa fervente défense de la liberté.  Député de la Convention, David a mis sa science de l’image au service de la propagande révolutionnaires, dit Benjamin Lazar. Figure de l’artiste engagé, il collabora avec des poètes et des compositeurs, dessina des costumes fit construire des décors.
Une vraiment belle exposition à la fois sur le peintre et sur son époque. Attention, il vous reste à peine deux mois. Comptez une bonne heure mais vous ne serez pas déçu.

Jusqu’au 26 janvier, Musée du Louvre, Paris ( Ier).

 

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Ce court mais intense spectacle rend ainsi hommage à David, qui fut donc aussi un homme de théâtre. Avec un texte de Benjamin Lazar, metteur en scène, d’après des écrits de Jacques-Louis David, Jacques Hébert, Maximilien Robespierre, Jean-Paul Marat, André Chénier, Charlotte Corday et Théroigne de Méricourt.
Sur des musiques, entre autres, de Gluck, Glossec, Grétry, jouées à la harpe, à la clarinette, au serpent et à la trompette par l’ensemble des Lunaisiens. Vers la fin, un beau chœur amateur (alti, ténors et basses) apporte une belle touche lyrique à ces textes.
Ici, David en prison  en Thermidor 1794, donc à la fin de la Terreur,  évoque ses souvenirs à la veille de son procès. Seront évoqués des personnages révolutionnaires comme Charlotte Corday, André Chénier, Robespierre… ou mythiques comme Andromaque, Brutus… Quelques cubes et draperies pour cette création bien dirigée mais parfois statique.

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La Lame et le pinceau est remarquablement prise en charge, avec intelligence, sobriété et impeccable diction par Judith Chemla, Arnaud Marzorati et Thibault Lacroix: mention spéciale à ce dernier pour sa présence, entre autres, quand il est Marat. En fond de scène, défilent, mais trop vite, des fragments de tableaux en vidéo très grand format et c’est dommage., cela écrase les acteurs…
La mise en scène est d’une précision exemplaire et, malgré trop d’éléments en même temps: jeu des acteurs, musique instrumentale, vidéo, puis chant choral, Benjamin Lazar arrive à rendre la vie intense qu’a eu, dans des circonstances difficiles, Jacques-Henri David. 

Philippe du Vignal

Ce spectacle a été présenté les 7,8 et 9 novembre à l’Auditorium du Musée du Louvre.

 

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