Casse-Noisette ou Le Royaume de la nuit, librement inspiré du conte d’E.T.A Hoffmann, adaptation de Johanna Boyé et Élisabeth Ventura, mise en scène de Johanna Boyé

Casse-Noisette ou Le Royaume de la nuit, librement inspiré du conte d’E.T.A Hoffmann, adaptation de Johanna Boyé et Élisabeth Ventura, mise en scène de Johanna Boyé (tout public)

D’abord merci à ses réalisatrices d’avoir rendu lisible ce conte, que même les amateurs avertis ne comprennent pas toujours: ils se satisfont du bel écrin musical de Piotr Ilitch Tchaïkovski et des performances dansées chères aux chorégraphes qui ont adapté cette histoire. Une telle création, bien utile, nous rend plus vif d’esprit: il faut ne pas perdre le fil de ce spectacle de quatre-vingt dix minutes ! « Notre travail d’écriture a été alimenté, disent les autrices, par trois grands axes dramaturgiques : notre Casse-Noisette est une fable sur la réparation, une histoire fantastique et enfin, un conte musical. »

© Vincent Pontet

© Vincent Pontet

Dans la famille Silverhaus, la jeune Clara, à la suite d’un accident, est handicapée de la jambe gauche et refuse de sortir de la maison, pour ne pas se montrer. Seule manière d’intégrer ce handicap : donner chaque année un prénom à sa nouvelle prothèse. Les parents, totalement dépassés n’assument rien et, seul, son parrain Drosselmeyer cherche à la faire fuir de sa condition. Le soir de Noël, il lui offre un jouet : un casse-Noisette, mi-objet, mi-humain, fracturé lui aussi, ( on le retrouve souvent pendu aux branches du sapin sous forme de petite poupée).
Il emportera Clara pour qu’elle échappe à dame Mauserink, reine des souris qui la terrifie! Ils se faufilent par une porte dérobée et découvrent le royaume de la Nuit et des rêves, celui des Pirlipates. Clara dira à Casse-Noisette: « Quand je t’ai rencontré, tu m’as fait découvrir ton monde.” Ils se retrouvent parmi des personnages un peu cabossés, eux aussi : un Roi, une Reine, des brigadiers, des marmitons : tous en conflit avec à la Reine des souris.
Le Roi nomme alors Clara, ministre des Solutions; elle appellera Casse-Noisette pour l’aider à résoudre ce conflit. Puis, ils interprèteront tous ensemble la Chanson des fêlés, dans l’esprit comme chaque année, de la rituelle Chanson des Enfoirés.
Pirlipatine, fille du roi, est blessée au visage mais, entre elle et Casse-Noisette, naît l’amour, ce qui ranime la colère du roi. Ils devront revenir dans la vie réelle où, heureusement, ils croisent la fée Dragée, égarée. Elle les aide à prendre conscience de leurs différences : «Il faut s’adapter plutôt que s’opposer. » Et «Quand quelque chose est cassé, on le répare. »

Ils feront la paix avec Mauserink, redevenue une mignonne souris, regagnera le grenier. Casse-Noisette rejoindra Pirlipatine. Clara assumera enfin totalement son handicap et acceptera de sortir dehors. La mise en scène, celle d’une revue musicale, est gaie et iconoclaste. Tous les interprètes chantent, dansent avec entrain et invitent souvent le public à briser le quatrième mur, en venant à son contact.
L’intrigue, surtout quand on arrive chez les Pirlipates, n’est pas toujours facile à suivre mais l’énergie communicatrice des acteurs, devenus ici artistes de cabaret, compense… Et ce Casse-Noisette, revu et corrigé, distille aussi un petit message politique: la ministre des Solutions deviendra ministre de la Dissolution… Et le Roi, parodié dans son isolement, n’écoute plus personne. Mais, de la rue, parvient un menaçant: «Aujourd’hui, le peuple se réveille. »
La créatrice costumes Marion Rebmann et la scénographe Caroline Mexme savent nous introduire dans un univers à la David Lynch ou à la Tim Burton. Et tous remarquablement engagés: Véronique Vella, Coraly Zahonero, Yoann Gasiorowski, Nicolas Chupin, Baptiste Chabauty, Mélissa Polonie et Charlotte Van Bervesselès reprennent, avec joie et en chœur, la significative Chanson des fêlés, mise en musique par Medhi Bourayou : “La chanson des fêlés, des abimés, des cabossés, des tout-cassés en mille morceaux; toutes nos brisures, toutes nos fêlures, elles nous forgent une allure, une sacrée carrure. Quand tu es fêlé, tu peux rêver et dans la vie, tu mets de la magie. Vive la tendresse, la maladresse, vive nos faiblesses”. Tout est dit !

Jean Couturier

Jusqu’au 4 janvier, Comédie-Française, Théâtre du Vieux-Colombier, 21 rue du Vieux-Colombier, Paris (VI ème). T. : 01 44 58 15 15.


Archive pour 9 décembre, 2025

Jad, qui êtes-vous ?

Jad, qui êtes-vous ?

 Il venait juste du Liban et a découvert la magie à seize ans. en se baladant à Lyon, il entre par curiosité dans la Magic Boutique d’Yves Doumergue. Vite fasciné par le travail de Jean-Philippe Halm. il est reparti avec Techno cartes et Techno pièces de Daniel Rhod. Accroché aux techniques décrites et cette passion ne l’a plus quitté. Jad a ensuite rencontré d’autres magiciens et a suivi des cours particuliers et collectifs. « Un événement majeur, dit-il, a été l’incroyable concept qu’a mis au point Stephan Leyshon : le C.I.F.A.N.M. où il a réuni les illusionnistes les plus forts du monde à Mâcon. Ce m’a permis d’apprendre avec eux. À l’inverse, j’ai connu une phase de ma vie où mon entourage était un frein. Heureusement, maintenant révolue…Longtemps, je me suis sans doute dispersé. J’étais mal pas encadré mais ensuite, j’ai appris la rigueur. Mon niveau d’exigence a beaucoup augmenté ces dernières années et merci à l’équipe de France pour m’avoir guidé dans ce parcours. J’ai aussi beaucoup progressé dans mon jeu sur scène, grâce à Thibaut Martinent avec qui j’adore travailler. Grâce à lui, j’exploite de nouveaux horizons et c’est vraiment enrichissant. Et j’ai la chance d’être soutenu par ma femme Émilie : elle n’est pas de ce milieu mais est devenue une spectatrice avisée. »

©Edouard Boulanger

© Edouard Boulanger

Tape Act avec lequel il a gagné, cette année, le titre de Champion de France de magie de scène, est un numéro de manipulation avec des touches d’humour et c’est sans doute sa force ,avec, en plus, l’originalité d’utiliser du scotch : « Dans mes spectacles, je veux qu’il y ait du rythme et de l’humour. J’apprécie aussi beaucoup ces intermèdes qui donnent du liant, du rythme et mettent en valeur ceux qui partagent la scène avec moi. J’ai un grand respect pour les autres artistes. »

À ses débuts, il regardait beaucoup Jeff McBride et Lance Burton, ses références et dans un autre registre, aussi Wally Eastwood, un jongleur. Il aime aussi la folie de Yann Frisch ( vpir Le Théâtre du Blog) la perfection de Yu Hojin, l’humour de Mac King, la révolution qu’a apporté Léa Kyle… « J’aime tous les styles de magie, celle traditionnelle- je respecte les monstres sacrés- mais aussi la moderne et la nouvelle, souvent brillamment portées par des jeunes. Celui qui apporte modernité et originalité, sortira du lot. » Il ne pense pas avoir été particulièrement influencé et, dans son temps libre va voir aussi des humoristes, imitateurs, clowns, grands orateurs, sportifs : « Ce n’est pas toujours suffisant mais il y a beaucoup à apprendre d’autres disciplines. Il faut du travail, être curieux, savoir bien s’entourer et saisir les opportunités. Et dans un parcours, ne jamais baisser les bras quand arrive un échec ,mais s’en servir pour rebondir plus haut. »
Jad trouve la magie actuelle en constante évolution. «Il y a toujours quelque chose à réinventer et je suis sûr que l’avenir nous réservera des numéros magnifiques et il y aura des artistes qui marqueront l’histoire de notre art. Au Liban, les spectateurs ne s’intéressent pas aux mêmes numéros qu’en Europe. Et il y a des différences culturelles même en Europe, :ils ne répondent pas de la même façon à une performance de magie ou d’art en général. »

Sébastien Bazou

Interview réalisée le 30 novembre à Dijon (Côte-d’Or).

 

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...