Jad, qui êtes-vous ?
Jad, qui êtes-vous ?
Il venait juste du Liban et a découvert la magie à seize ans. en se baladant à Lyon, il entre par curiosité dans la Magic Boutique d’Yves Doumergue. Vite fasciné par le travail de Jean-Philippe Halm. il est reparti avec Techno cartes et Techno pièces de Daniel Rhod. Accroché aux techniques décrites et cette passion ne l’a plus quitté. Jad a ensuite rencontré d’autres magiciens et a suivi des cours particuliers et collectifs. « Un événement majeur, dit-il, a été l’incroyable concept qu’a mis au point Stephan Leyshon : le C.I.F.A.N.M. où il a réuni les illusionnistes les plus forts du monde à Mâcon. Ce m’a permis d’apprendre avec eux. À l’inverse, j’ai connu une phase de ma vie où mon entourage était un frein. Heureusement, maintenant révolue…Longtemps, je me suis sans doute dispersé. J’étais mal pas encadré mais ensuite, j’ai appris la rigueur. Mon niveau d’exigence a beaucoup augmenté ces dernières années et merci à l’équipe de France pour m’avoir guidé dans ce parcours. J’ai aussi beaucoup progressé dans mon jeu sur scène, grâce à Thibaut Martinent avec qui j’adore travailler. Grâce à lui, j’exploite de nouveaux horizons et c’est vraiment enrichissant. Et j’ai la chance d’être soutenu par ma femme Émilie : elle n’est pas de ce milieu mais est devenue une spectatrice avisée. »
Tape Act avec lequel il a gagné, cette année, le titre de Champion de France de magie de scène, est un numéro de manipulation avec des touches d’humour et c’est sans doute sa force ,avec, en plus, l’originalité d’utiliser du scotch : « Dans mes spectacles, je veux qu’il y ait du rythme et de l’humour. J’apprécie aussi beaucoup ces intermèdes qui donnent du liant, du rythme et mettent en valeur ceux qui partagent la scène avec moi. J’ai un grand respect pour les autres artistes. »
À ses débuts, il regardait beaucoup Jeff McBride et Lance Burton, ses références et dans un autre registre, aussi Wally Eastwood, un jongleur. Il aime aussi la folie de Yann Frisch ( vpir Le Théâtre du Blog) la perfection de Yu Hojin, l’humour de Mac King, la révolution qu’a apporté Léa Kyle… « J’aime tous les styles de magie, celle traditionnelle- je respecte les monstres sacrés- mais aussi la moderne et la nouvelle, souvent brillamment portées par des jeunes. Celui qui apporte modernité et originalité, sortira du lot. » Il ne pense pas avoir été particulièrement influencé et, dans son temps libre va voir aussi des humoristes, imitateurs, clowns, grands orateurs, sportifs : « Ce n’est pas toujours suffisant mais il y a beaucoup à apprendre d’autres disciplines. Il faut du travail, être curieux, savoir bien s’entourer et saisir les opportunités. Et dans un parcours, ne jamais baisser les bras quand arrive un échec ,mais s’en servir pour rebondir plus haut. »
Jad trouve la magie actuelle en constante évolution. «Il y a toujours quelque chose à réinventer et je suis sûr que l’avenir nous réservera des numéros magnifiques et il y aura des artistes qui marqueront l’histoire de notre art. Au Liban, les spectateurs ne s’intéressent pas aux mêmes numéros qu’en Europe. Et il y a des différences culturelles même en Europe, :ils ne répondent pas de la même façon à une performance de magie ou d’art en général. »
Sébastien Bazou
Interview réalisée le 30 novembre à Dijon (Côte-d’Or).

