Posté dans 10 décembre, 2025 dans actualites.
Titania, je t’appelle. Où es tu? D’habitude tu es toujours avec moi. Mais où est ta joie, ton énergie du matin, tes jeux ? Je t’appelle en vain, mais pourquoi ne guettes-tu pas à la fenêtre, pour voir si Brigitte arrive pour la promenade ?
Mais où es-tu? Pourquoi tu ne réponds plus? Pourquoi ton panier reste vide ? J’adorais te regarder, tu venais sur mes genoux pour un câlin et, avec tes yeux, tu parlais, tu disais : « Toi, tu es mon Jacques. « Je te disais : « Non, pas la langue. »

© Jacques Livchine
Tu revenais toute crottée de la promenade, tu avais un grand copain avec qui tu faisais la course, et vous vous chicaniez, tu te jetais dans la rivière avec lui. Dimanche, on est monté sur le Lomont, on a marché, marché, mais jamais tu n’étais jamais fatiguée. Alors je t’ai dit: tu vas courir jusque là-bas derrière la voiture.
C’était le dimanche 7 décembre 2025 à 12 h 46. J’ai accéléré pour te distancer, tu aimais tant courir comme une folle. Mais j’ai entendu un bruit sourd, j’ai cru que c’était un trou, et puis tu n’étais plus là.
Je suis revenu en arrière. Tu gisais à dix mètres de la route: « Titania, je criais. » Et tu m’as regardé, comme si tu me disais: tu as fait une belle connerie. Mais tu étais encore vivante. Avec Brigitte, on t’a mis dans une couverture; je me dis, il y a juste une trace de sang sur ton petit museau et tu vas te réveiller. On est entré dans le village comme d’habitude et le dimanche 7 décembre, tu as eu trois ans et trois mois, et moi, comme un idiot, les yeux pleins de larmes, je crois que tu vas revenir. J’ai plus que honte! Je suis plus sensible à la mort de mon chien, qu’à celle de 50.000 humains. Mais, c’est comme ça, je n’y peux rien.
Jacques Livchine, co-directeur avec Hervée de Lafond, du Théâtre de l’Unité, Audincourt (Doubs).