Le Prix du Brigadier 2025

Le Prix du Brigadier 2025

L’une des plus anciennes récompenses pour le théâtre en France. Créée en 1960 par l’Association de la Régie Théâtrale, actuellement présidée par Pascal Monge, elle couronne un événement théâtral marquant de la saison et récompense les professionnels qui y ont le plus contribué: un auteur, une ou un interprète, une ou un metteur en scène, une ou un  scénographe. De nature corporative, ce prix est un hommage rendu à un artiste par ses pairs.

Depuis 1960, entre théâtre privé et théâtre public, ont été récompensés les plus grands, entre autres: Maria Casarès, Pierre Brasseur, Marcel Marceau, Jeanne Moreau, Robert Hirsch, Raymond Devos, Michel Aumont, Suzanne Flon, François Périer, Ludmilla Michael, Jean-Paul Belmondo, Didier Sandre, Judith Magre, Michel Bouquet, Catherine Hiegel, Dominique Valadié, Michel Lonsdale, Roland Bertin, Niels Arestrup, Marina Hands….
Côté auteurs, Jean Anouilh, Eugène Ionesco, Florian Zeller. Et côté metteurs en scène : Peter Brook, Ariane Mnouchkine, Christian Schiaretti, Anne Delbée, Jorge Lavelli… Des choix bien ciblés… On ne peut recevoir qu’une seule fois ce prix qui jouit d’un grand respect dans la profession. Pour Jean Anouilh, lauréat en 71, qui refusait toujours les honneurs officiels, c’était la seule récompense valable. Dans le jury cette année, des acteurs comme Judith Magre, Michel Fau,  Catherine Salviat, Anne Delbée mais aussi les metteurs en scène Hans-Peter Claus,  Robin Renucci, Didier Long…

©x Michel Galabru en 2011

©x Michel Galabru en 2011

Ce brigadier désigne un gros bâton avec, en haut, une pièce de velours rouge fixée avec des clous ronds de tapissier. Avant la représentation, le régisseur frappait autrefois (avec des variantes) d’abord neuf coups pour avertir techniciens et acteurs, puis trois coups pour s’assurer que tout allait bien. Le premier pour les machinistes des cintres, le second pour ceux des dessous, et le troisième pour ceux de la coulisse. A chaque fois, un autre en réponse pour dire que tout allait bien. Chacun étant alors à son poste, le régisseur pouvait ouvrir le rideau de scène. C’était l’ancêtre des casques-micros…

 

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Et le mot: brigadier? Les machinistes travaillaient en équipe ou brigade. Généralement, ce bâton était issu de perches en bois où étaient accrochées les toiles peintes et les rideaux sur le plateau. De plus en plus rares, le fer et l’alu ayant remplacé le bois pour les fabriquer… La remise des prix a eu lieu cette année au Théâtre Montparnasse à Paris et le jury a choisi Léa Drucker, actrice très remarquée pour son rôle dans La Séparation de Claude Simon, mise en scène d’Alain Françon, au Théâtre des Bouffes-Parisiens.


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Et pour Art de Yasmina Reza au Théâtre Montparnasse, François Morel. Il y joue Marc, un homme plein de bon sens face aux œuvres de l’art contemporain adulé par des snobs. Avec ses compères de longue date, Olivier Saladin et Olivier Broche. Il y a eu  dans ses remerciements écrits en vers, ce même second degré, cet humour cinglant, voire cynique et l’usage du subjonctif.  Et toujours avec une diction des plus ciselées.

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Ensuite un prix du Brigadier des Arts de la Scène a été remis à Nils Zachariasen, régisseur général et décorateur, qui a été récompensé pour l’ensemble de sa carrière. Formé au Conservatoire d’art dramatique à Rouen, puis à l’ENSAT, encore rue Blanche à Paris (XIX ème). Depuis 74, il a collaboré comme scénographe ou accessoiriste avec, entre autres, Jean-Louis Barrault, Stéphane Hillel, Didier Long, Jean-Luc Moreau, François Morel, Alain Sachs, Laurent Terzieff… Il a remis, lui, avec une grande élégance à chacun des autres lauréats – un prix dans le prix- un Brigadier de poche, fabriqué, bien sûr, de ses mains…

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Pour également l’ensemble de sa carrière, un Brigadier d’honneur a été remis à 
Danièle Lebrun, sociétaire de la Comédie-Française. A quatre-vingt huit ans, elle est merveilleuse d’humour et de générosité, quand elle  évoque des moments de sa riche carrière.
Elle a en effet joué tous les classiques: Shakespeare, Molière, Goldoni,  Marivaux, Labiche, Feydeau, Tchekhov… Mais aussi des auteurs modernes et contemporains: Wilde, Anouilh, Ionesco, Mishima, Durenmatt, Mrozek, Lagarce, Noren… Et dans de nombreux films, entre autres de Berri, Rohmer,  Guédiguian. Danièle Lebrun a été chaleureusement applaudie.

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Enfin, Jean-Claude Grumberg, dramaturge, a été récompensé pour l’ensemble de son œuvre. Il a évoqué avec son humour bien à lui, ses débuts  au théâtre quand il était régisseur et qu’on lui a demandé aussi de remplacer sans aucune répétition un acteur absent. Drôle et émouvant, il a été comme Danièle Lebrun, très  applaudi. Sa nouvelle pièce Dans le couloir, mise en scène par Charles Tordjman, avec Christine Murillo et Jean-Pierre Darroussin, sera créée au Théâtre Hébertot en janvier.

Le Prix du Brigadier est vraiment une  belle cérémonie… 

 Philippe du Vignal 

Le Prix du Brigadier a été remis le 11 décembre au Théâtre Montparnasse, 31 rue de la Gaieté, Paris (XIV ème).

 

 


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