Festival Impatience Ce soir j’ai de la fièvre et toi tu meurs de froid, texte et mise en scène de Julien Lewkowicz

Festival Impatience:

Ce soir, j’ai de la fièvre et toi tu meurs de froid, texte et mise en scène de Julien Lewkowicz 

Yaya, la soixantaine, essaye de trier ses affaires et retrouve une vieille et grosse radio-magnétophone rouge à cassettes. Souvenirs, souvenirs : vers 1978, existait une émission Lune de Fiel sur Radio-Fréquence Gaie alors très écoutée où les auditeurs hétéros comme homos, appelaient, anonymement bien sûr, pour parler sans complexe et témoigner de leur vie sexuelle et sentimentale. Nous allons assister à la dernière le 26 septembre 1989.

© Maïa Charbonnier

© Maïa Charbonnier

En un peu plus d’une heure, on retrouve ici ces auditeurs incarnés par cinq jeunes interprètes: deux femmes et trois hommes. Curieux, c’est rarement le contraire. Sur le plateau, face public la grande table ovale d’un studio de radio avec micros, papiers, bouteilles et… gâteau au chocolat pour fêter cette dernière rencontre avec les auditeurs. Deux jeunes actrices et deux jeunes acteurs, casque sur la tête et un cinquième à la console-son.
Les questions et témoignages fusent, toutes ou presque sur le sexe, la pénétration anale, les relations amoureuses entre même sexes ou différents, le triolisme…. Avec en permanence, l’ombre menaçante du sida ou la séropositivité dont certains auditeurs sont atteints : ils racontent leur vie au quotidien, heureux de vivre, même s’ils sont soumis à un régime médicamenteux sévère. Les questions-réponses sont souvent très crues, voire vulgaires, et ici, on appelle les choses par leur nom : cul, bite, vagin, sperme, merde, bander, voire même, envie de chier, comme le dira l’animateur, sous prétexte d’aller faire un tour, de façon à laisser la parole à ses collaboratrices. Bref, le metteur en scène se fait plaisir à rajouter une petite dose de provoc facile.
Côté cour, un fauteuil rouge où à tour de rôle, chacun des interprètes va jouer, micros en main, le rôle d’un auditeur. On entend ici la parole des homosexuels et lesbiennes à revendiquer le droit à vivre leur sexualité ouvertement. A une époque où la première proposition de loi «tendant à créer un contrat de partenariat civil» avait été déposée au Sénat par… Jean-Luc Mélenchon en 90. Le Pacs a été voté neuf ans plus tard avec une modification du Code civil, sous le gouvernement de Lionel Jospin. Il y a trois ans, on notait une différence de seulement moins 25.000 personnes pacsées par rapport à 244.000 mariages.

Faire théâtre à partir d’une émission de radio est un filon qui a déjà été souvent exploité. Julien Lewkowicz, lui,  a travaillé sur les archives sonores de l’émission Lune de Fiel et en a fait un habile montage avec quelques monologues et dialogues qu’il a écrits. Le tout déjà rodé, est plutôt bien joué par Laure Blatter, Valentin Clabault, Guillaume Costanza,  et Raphaëlle Rousseau (en alternance avec Sarah Calcine) et lui-même. Cette équipe issue de l’École du Théâtre National de Bretagne à Rennes a une bonne unité de jeu et comme les acteurs sont tout le temps au micro, on les entend bien. Beaucoup moins, quand ils s’adressent au public sans cette précieuse béquille…
La mise en scène est rigoureuse et Julien Lewkowicz maîtrise remarquablement l’espace, mais beaucoup moins le temps, comme c’est souvent le cas… Il y a une fois de plus, l’habituelle petite dose de fumigène qui sévit partout ! Et des répétitions qui ne font pas sens et deux fausses fins. Bref, encore assez brut de décoffrage, ce spectacle d’une heure et quelque n’a pas encore bien trouvé son rythme et mériterait quelques coupes. Cela vaut-il le coup d’aller voir le travail de ce jeune metteur en scène? Pourquoi pas ? Une compagnie à suivre…

 Philippe du Vignal

Spectacle vu le 15 décembre au Cent-Quatre, 5  rue Curial, Paris (XIX ème). Jusqu’à ce soir mardi 16 décembre. T. : 01 53 35 80 00.


Archive pour 16 décembre, 2025

Le Banquet de Platon, conception de Nicolas Liautard et Magalie Nadaud

Le Banquet de Platon, conception de Nicolas Liautard et Magalie Nadaud

Tò sumpósion: en grec ancien signifiait la réception traduit depuis longtemps en français par Le Banquet. Une œuvre écrite par Platon vers 380 avant J.C. Le jeune dramaturge Agathon qui a obtenu le premier prix au concours des grandes Dionysies de 416 av. J.-C avec ses amis, Apollodore, Phèdre, jeune Athénien, brillant et riche, Socrate le philosophe, Aristodème son disciple, Aristophane, écrivain de pièces comiques, Pausanias, amant d’Agathon qui fait l’éloge de l’homosexualité et Eryximaque, un médecin, vont essayer ensemble de définir la nature de l’Amour. Mais ils ont décidé de boire légèrement pour rester lucides. Alcibiade jeune et riche Athénien qui lui n’ pas été invité mais viendra à la fin. 

Pour Phèdre, l’amour est le meilleur guide dans l’existence: Alceste meurt pour son mari et, récompensée par les Dieux, ressuscite. Pausanias fait remarquer qu’il a plusieurs types d’amour, surtout celui entre hommes à la fois du corps et surtout de l’esprit. Eryximaque pense que l’Amour caractérise les rapports de tous les êtres, qu’il rassemble, comme la musique qui recherche l’harmonie et le rythme..
Aristophane, dans un texte devenu célèbre, recherche  l’origine de l’amour. qui nous pousse à nous unir à quelqu’un d’autre ? A l’origine, les hommes, selon lui étaient à la fois  homme et femme. Mais ils voulaient devenir égaux aux dieux! Alors  Zeus les punit et coupa chacun en deux: l’une mâle et l’autre femelle. Mais chacun, regretta l’unité chercha à rejoindre sa moitié.
Socrate, lui, pense qu’il faut ne pas chercher à donner à l’Amour toutes les qualités, mais le louer pour les qualités qu’il a, et il interroge Agathon (le fameux dialogue socratique) et montre qu’on désire ce qu’on n’a pas et que l’amour désire le Beau.  Et le philosophe dit qu’il « faut commencer par les beautés de notre monde pour s’orienter vers cette beauté-là, en s’élevant toujours comme et en s’appuyant sur des échelons, passant d’un seul beau corps à deux, et puis de deux corps à tous les corps, ensuite des beaux corps aux belles occupations et des belles occupations aux belles sciences, jusqu’à ce que, en se fondant sur les sciences, on parvienne enfin à cette science unique qui n’est le savoir d’aucune autre beauté que cette beauté unique et qu’on connaisse, en arrivant au terme, ce qu’est en soi le Beau. »
Quand arrive Alcibiade, une jeune aristocrate athénien :
il n’a pas été invité! Vexé, jaloux et inquiet qu’Agathon puisse séduire Socrate, il arrive assez imbibé et fera un éloge du célèbre philosophe. Mais c’est déjà l’aube et tous auront alors beaucoup bu. Agathon, Aristophane et Socrate restent encore debout.

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©Christophe Battarel

Un dispositif bi-frontal rectangulaire en contre-plaqué avec quelques chaises en bois, une dizaine de verres à pied avec des bouteilles de vin rouge (pas très bien imité : il n’y a pas de de détails! dit notre collaboratrice et amie Christine Friedel). Côté jardin, une petite estrade avec de grosses bougies et un santour-basse,  sorte de cithare  moyen-orientale sur table de soixante-douze à cent cordes (bonjour l’accordage!) frappées par deux petits marteaux et dont jouera Mahdokht Karampour… quand elle n’est pas sur scène avec les cinq autres jeunes actrices et un jeune acteur (une curieuse distribution, assez rare pour être signalée). Avant la représentation, ils commencent à jouer au ping-pong (histoire de dire que la philo est comme le ping-pong est un échange! Ah! Ah! Ah!)  Ils se relayent et de temps à autre et choisissent comme adversaire, une spectatrice ou un spectateur. Histoire de faire participer le public?
Bref, cela commence mal et ces jeunes actrices, toutes aux cheveux longs,  sont en socquettes, jeans, T-Shirt… Des costumes actuels et bien ternes pour des gens qui vont à une réception! «Si c’est pour voir sur un plateau, disait le grand Jérôme Savary, ce qu’on voit dans la rue, cela ne m’intéresse vraiment pas.»

Pendant deux longues… très longues heures, nous allons avoir droit d’abord à un rappel des circonstances historiques. Pour quoi pas? Platon, vers 380 avant J.C., écrivit ce fameux Banquet Sparte régnait alors sur  la Grèce et, après la guerre du Péloponnèse, Athènes connaît une relative stabilité. Les tragédies d’Eschyle, Sophocle et Euripide ont illuminé le V ème siècle. Aristote (384-322 ), lui crée au  siècle suivant  le Lycée (une l’école de philo) et Platon  fondera l’Académie à Athènes. Sa disciple Axiothée de Phlionte (oui, un femme!) est citée parmi les 999 femmes du Dinner Party (pas un banquet), une œuvre de Judy Chicago (1979).
Ce Banquet est surtout une série de quasi-monologues: Sarah Brannens joue Socrate en minaudant et gesticulant sans arrêt! C’est assez fatiguant! Jade Fortineau (Agathon) et Célia Rosich  (Apollodore, Aristodème et Pausanias) font le boulot. En revanche, mention tout à fait spéciale à Maïa Foucault : remarquable (présence, diction est gestuelle) en Aristophane et à Emilien Diard-Detoeuf qui joue les faire-valoir de ses camarades en toute humilité  et qui, à la toute fin, s’impose en Alcibiade.
Quant à la mise en scène, on a du mal à en comprendre les intentions de ses concepteurs et dans une salle pas très pleine, ce spectacle a du mal à convaincre. Pourquoi cette distribution féminine? Pourquoi ces lumières violentes et très blanches éclairant la salle presque en permanence? Pourquoi ce dispositif bi-frontal? Pourquoi faire jouer ces jeunes actrices souvent à un bout ou à un autre du plateau… Tant pis pour les spectateurs assis de l’autre côté!  Pourquoi entend-t-on si peu les belles sonorités du santour basse? Ce qui aurait permis  quelques aérations dans ce texte
Et encore une fois, la distribution est trop inégale et la personnalité de Socrate, d’Aristophane ou des autres invités à cette soirée philosophique, bien floue. Ce Banquet, faute d’une solide adaptation et d’une mise en scène efficace, traîne en longueur et n’a rien d’un spectacle attachant. Dommage!
Pourtant le texte bien connu, a déjà été mis en scène et peut « faire théâtre ». Nous nous souvenons, entre autres, d’une simple mais brillante réalisation signée Dominique Paquet. Il y a ici trop d’erreurs pour vous conseiller d’aller jusqu’à la Cartoucherie. Nous avons connu autrefois Nicolas Liautard mieux inspiré quand, directeur du Théâtre de Nogent-sur-Marne, il montait 
Amerika, d’après Franz Kafka, ou Le Nez, d’après Nicolas Gogol… 

Philippe du Vignal 

Jusqu’au 21 décembre, Théâtre de la Tempête, Cartoucherie de Vincennes, route du Champ de Manœuvre, Vincennes (Val-de-Marne). Métro: Château de Vincennes + navette gratuite. T. : 01 43 28 36 36.

Je n’aime pas les succès…

Je n’aime pas les succès

Je n’ai jamais aimé les succès, c’est bizarre! Mais je vais essayer de m’expliquer: les succès sont toujours usurpés, jamais mérités. Je n’aime pas les saluts de triomphe. A chaque fois, je pense à la phrase de Louis Jouvet qui s’adressait à un jeune comédien : « Petit, quand tu te baisses pour saluer, n’oublie pas que ce n’est pas pour recevoir des fleurs, mais pour demander pardon au public. » 
Eh! Oui, quand on regarde les compagnies qui “cartonnent” comme on dit, ce sont rarement les meilleures, mais les plus consensuelles. Alexis Michalik  triomphe dans plusieurs théâtres à Paris et j’ai vu son  Edmond, un spectacle bien réalisé, sympathique mais fait pour plaire. J’ai envie de lui envoyer la sentence d’Emile Cioran: “J’ai connu toutes sortes de déchéances, y compris le succès.” Peter Brook avait analysé ce phénomène et, pour lui, les plus grands succès parisiens étaient le plus souvent, des pièces mortifères. ll disait: « C’est un « deadly theater. »

 

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© Agence Enguerrand Le faux salut de Terezin

 Le vrai succès, selon moi, c’est la rémanence: quand dix ans après que nous ayons joué un spectacle du Théâtre de l’Unité, quelqu’un vient nous dire: « Vous m’avez bouleversé,vous avez changé ma vie. Ah! alors, là, oui! Mais le soir même, les: « Merci, c’était super”,  je ne les écoute plus jamais. Le pire: le cabotinage de compagnies avec saluts sur de la musique! Les acteurs ressortent et attendent que le public les  réclame et, dès que baissent  les applaudissements, ils reviennent en courant. Pour moi, c’est la honte… même s’il nous est arrivé de le faire!

Nous avons donc toujours rêvé de ne pas terminer par un salut. C’est arrivé pour une seule pièce, Terezin qui avait pour thème,  les camps de la mort. Nous sommes restés figés de profil et regardions le public: cinq minutes d’une force inimaginable. Un par un, les spectateurs ont quitté la salle en silence….

Jacques Livchine, co-directeur avec Hervée de Lafond, du Théâtre de l’Unité, à Audincourt (Doubs).

La Jalousie de Sacha Guitry, mise en scène de Michel Fau

La Jalousie de Sacha Guitry, mise en scène de Michel Fau

Une pièce créée au théâtre des Bouffes-Parisiens le 8 avril 1915.  Soit huit mois après le début de la première guerre mondiale. Et avec Sacha Guitry (1887-1957) qui a signé cent-vingt-quatre pièces dont beaucoup jouées avec grand succès. Il en fait aussi la mise en scène et y joue… le rôle principal. Il réalisa aussi trente-six films…
Il interprète ici Albert Blondel et parlait de la nécessité du théâtre : «Oui, j’ai pensé que, puisque je ne pouvais pas faire ce que font actuellement les hommes de mon âge, j’avais le droit et le devoir de faire mon métier -je veux dire faire exactement mon métier. La direction du théâtre des Bouffes et moi, nous avons décidé de verser à des œuvres de bienfaisance aux blessés, aux malades, aux pauvres, le bénéfice de nos représentations. A ce sujet, je veux vous dire quelque chose. En agissant ainsi, ce n’est pas une excuse que nous avons cherchée, car cela serait injurieux pour vous et pour nous. Vous n’avez pas besoin d’un prétexte pour faire l’aumône, et nous n’avons pas besoin d’un prétexte pour exercer notre métier. Nous sentons bien aujourd’hui que le bonheur, le vrai bonheur, la joie, la tranquillité, la liberté d’esprit, tout cela ne dépend plus de nous et ne peut nous être rendu que, morceau par morceau, département par département. »

© Marcel Hartmann

© Marcel Hartmann

L’Histoire semble bégayer… Michel Fau met en scène cette pièce dans un théâtre voisin, celui de la Michodière qui a fêté en 2025, ses cent ans d’existence, à un moment aussi délicat où l’ordre du monde est encore menacé! Sacha Guitry avait poussé la perversion du sentiment amoureux jusqu’à créer La Jalousie avec sa première épouse: Charlotte Lysès, ex-amante de son père, l’acteur Lucien Guitry. Puis à la reprise, quinze ans plus tard, il jouera la pièce avec Yvonne Printemps, sa seconde femme.
Directrice de la Michodière, elle y installera son amant l’acteur Pierre Fresnay, alors qu’elle venait de quitter Sacha Guitry: lui qui disait: “Il y a des femmes dont l’infidélité est le seul lien qui les attache encore à leur mari.” Marié cinq fois: “Le mariage c’est résoudre à deux les problèmes qu’on n’aurait pas eus tout seul.” , il eut de nombreuses liaisons, entre autres, avec la comédienne Arletty, qui refusa de l’épouser: « J’allais pas épouser Sacha Guitry, il s’était épousé lui-même ! « 
 On sait moins qu’il fut aussi un remarquable lanceur de talents: Louis de Funès, Darry Cowl, Michel Serrault, Raimu, Fernandel…
Jean Meyer qui a fait une mise en scène de La Jalousie à la Comédie-Française en 59, disait qu’il fallait jouer les pièces de Sacha Guitry: mais “telles qu’elles sont, simplement et en s’efforçant d’y apporter de la légèreté, de la rapidité, de l’humeur. Cela dépend beaucoup des acteurs”. La pièce est fondée sur le fameux trio : le mari, la femme et l’amant. Mais ici les rapports sont inversés. Albert Blondel tombe subitement jaloux de Marthe, sa femme, alors qu’il vient de la tromper. Et elle finit par le tromper aussi.. parce qu’elle en assez qu’il ait des soupçons- infondés- sur un de ses amis: Marcelin Lézignan.

Les indications de Jean Meyer correspondent bien à la mise en scène de Michel Fau et son  Albert Blondel est sobre et presque victime de ce quiproquo. Gwendoline Hamon est une délicieuse Marthe pleine de fougue et de charme qui saura se venger. Alexis Moncorgé est Lézignan. Et une belle surprise attend les fidèles de la Comédie-Française: la mère de Marthe, incarnée avec une remarquable vérité par la rayonnante Geneviève Casile (quatre-vingt huit ans) ancienne sociétaire de la maison de Molière qui a joué encore récemment au festival d’Avignon (voir Le Théâtre du Blog)…
Très beaux costumes de David Belugou en parfait accord avec le décor volontairement kitch imaginé par Nicolas Delas. Michel Fau nous invite à un voyage dans le temps, loin d’être poussiéreux. Et il sait mettre en valeur la langue de Sacha Guitry qui fait toujours mouche sur le public… Il y a ainsi au début un savoureux monologue d’Albert Blondel, prenant le public à témoin: «Il faut être aussi bête qu’un homme pour se demander d’une femme qu’on ramasse dans la rue: «Qu’est-ce que ça doit être que cette petite femme-là? Ça ne peut jamais être qu’une grue, voyons ! Après, on s’en rend bien compte… Mais, avant, on aime à se faire certaines illusions. On n’est pas éloigné de s’imaginer qu’on a fait une conquête, et c’est seulement en lui donnant les vingt-cinq louis qu’elle vous demande, qu’on s’aperçoit que c’est elle qui vous a emmené, et non pas vous qui l’avez reconduite !”

Jean Couturier

Théâtre de la Michodière, 4 bis rue de la Michodière, Paris (II ème). T. : 01 86 47 68 62.

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