Ma Foudre, texte et mise en scène de Laura Mariani

Ma Foudre, texte et mise en scène de Laura Mariani

Cela commence par la fête d’anniversaire d’Olive, une jeune femme d’une trentaine d’années et sur une musique électronique jouée en direct sur un synthé rythmée, tout le monde danse joyeux et une peu ivre.Puis, cela bascule: Olive, qui souffre atrocement du dos,  va faire appel à Simon, un ostéopathe qui, très vite, la soulagera. Alors nait une attirance réciproque. Ils s’embrassent. Oui, mais il est marié et son épouse n’est pas d’accord. pour qu’il suive Olive. Ils ont une petite fille.

© Clémence Demesme

© Clémence Demesme

Simon semble hésitant et jure qu’il n’a eu aucune relation sexuelle avec cette patiente qui selon lui, est, et restera une patiente. Mais on le sent attiré et elle le poursuivra de mails et appels téléphoniques par dizaines et ira même jusqu’à le suivre. L’épouse essayera en vain de déposer une main courante au commissariat où on lui fait remarquer que ce serait plutôt à son mari de le faire.  Olive fera alors  le siège du cabinet de Simon pour le voir, même une minute, puis tentera de négocier en lui demandant de l’embrasser une dernière fois, moyennant quoi, elle arrêtera de lui manifester son amour. Il sera ferme et lui demandera de partir immédiatement! Mais rien ne changera pour Olive, persuadée qu’elle est follement désirée… En termes psychiatriques, il s’agit d’une psychose obsessionnelle; l’érotomanie est définie comme la conviction d’être aimé par un homme ou une femme souvent célèbres, et au statut social reconnu: médecin, avocat, journaliste de télévision, prof de fac, à partir de quelques indices amplifiés: le silence comme la négation formelle de l’intéressé (e), quant à un prétendu amour. Tout chez Olive justifie une conduite délirante et elle imagine ce refus comme un stratagème pour cacher au reste du monde leur supposée liaison. De là, un délire qui vire chez elle au harcèlement et à la jalousie, jusqu’à un sentiment de persécution. Et elle mettra même le feu à la voiture de Simon. Mais elle se projette dans l’avenir et dit qu’elle pourra très bien s’occuper de la petite fille de Simon quand ils vivront ensemble… 

© Clémence Demesme

© Clémence  Demesme


Devant ce délire érotomaniaque, son entourage s’inquiète: une demi-sœur et son partenaire, mais aussi et surtout le frère d’Olive, un médecin qui appellera les urgences pour qu’elle soit hospitalisée. Elle voit même dans le psychiatre qui la soigne, le visage de Simon. Et pour cause, c’est le même acteur. Un peu gros mais efficace…
Et les trois médecins ont des masques semblables très réussis.
Reste à savoir ce qui a mené Olive, jeune femme « normale »,  à de tels troubles psychiques et à une érotomanie galopante: seule indice: elle a perdu son père mort brutalement quand elle avait cinq ans. Une image qui revient souvent. A la fin, on la verra, enroulée dans un grand tissu doré,  en haut d’une montagne… fascinée comme son frère par le phénomènes des éclairs et, si on a bien compris, prête à plonger dans le vide.  Laura Mariani avait déjà traité avec Le jour où j’ai appris que le ciel était bleu de l’autisme  et se elle nous offre à une réflexion sur le réel et l’imaginaire ou l’illusion, avec un texte aux accents pirandelliens.
La scénographie  à deux niveaux avec des châssis coulissants en tôle plastique n’est pas très réussie. Mais bon… Quant au texte, tout à fait intéressant mais inégal, il se termine plus qu’il ne finit et mériterait quelques coupes: cette heure cinquante finit par être longuette… Mais il y a une  très bonne direction d’acteurs. Mention spéciale à Pauline Cassan (Olive) et à celle qui est l’épouse de Simon, toutes les deux absolument crédibles. Le public très jeune – ce qui est rare- a fait une ovation au spectacle.Il faudra suivre cette jeune compagnie soutenue par la D.R.A.C. Grand-Est  et le Département de la Marne.

Philippe du Vignal

Le spectacle avait été joué au 11 au festival d’Avignon et a été repris les 7, 8 et 9 janvier aux 3 T-Théâtre du Troisième Type, Maison de l’émergence théâtrale et musicale, 14 rue Saint-Just, Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). T. : 01 74 40 02 95

 


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