Doué.e.s texte et mise en scène de Gabrielle Chalmont-Cavache

Doué.e.s texte et mise en scène de Gabrielle Chalmont-Cavache

Cette autrice et metteuse en scène a fondé il y a dix ans, avec Louise Fafa et Sarah Coulaud, la compagnie, Les Mille Printemps.  Elles ont créé entre autres Mon Olympe, sur les inégalités de genreou Biques sur l’âgisme… Avec un théâtre engagé aux thèmes socio-politiques, elles  questionnent notre monde ultra-connecté, agité, violent mais toujours en recherche d’un horizon plus prometteur et plus créatif pour l’avenir de la condition humaine. Doué.e.s s’inscrit dans ce même objectif.
Quoi de plus captivant et plus complexe que le cerveau! Et avec la présence grandissante de l’intelligence artificielle, qu’en est-il de l’intellect, cette faculté puissante dont est doté l’homme ? La compagnie Les Mille printemps nous offre une exploration étonnante (chorégraphie de Louise Fata) et théâtrale, ciblée sur l’intelligence des femmes. 

© Hugo Lafitte

© Hugo Lafitte

Les costumes de Sarah Coulaud, tous uniques en leur genre mais dans une même tonalité : couleur chair et épousant les formes du corps, créent une unité chez les personnages dans  des situations pourtant différentes. La musique électronique (création de Jeanne Ruff) s’harmonise ou se heurte aux diverses manifestions et récits provoquées par cette multitude de cerveaux !
Angéline Croissant a imaginé une scénographie ingénieuse et poétique, sans cesse en mouvement,  avec un sol parsemé de blocs ou modules semblables à des pierres blanches et grises mais aussi suivant les formes, à des cerveaux. Ces éléments peuvent aussi se modifier en fauteuils, table… ou même devenir une colline ! Les interprètes au rythme de leurs pensées et interrogations, vont et viennent, dansent, chantent … Et ce spectacle ouvre notre esprit et bouleverse nos idées reçues sur les mécanismes de cet «organe» majeur, chef d’orchestre de notre corps humain! Véritable champ d’expériences originales où les émotions s’entrechoquent avec les sciences sociales, les fonctions cognitives et la pop-culture. Pour cette analyse et introspection, sept personnages hauts en couleur et de classes sociale différente. Leur mission : s’interroger en tant que femme, sur leur cerveau pour vivre ensemble et avec soi-même AUTREMENT ! Ne plus se sentir humilié, désemparé par l’intelligence d’autrui. Ne plus douter de soi; après tout chaque être, homme ou femme, est doté d’un cerveau unique! Nous sommes invités à prendre conscience que nous sommes tous DOUÉ.ES. Mais chacune à sa manière…
La pièce foisonnante est un peu longue mais magnifiquement interprétée  avec sincérité et légèreté, par ces comédiennes pour notre plus grand plaisir ! Dans une mise en scène, de temps à autre participative. Avec finesse et humour, ce spectacle, à l’image d’un chantier, ne cesse de construire et/ou déconstruire le rapport que nous avons avec nous-même et avec autrui. 

Elisabeth Naud 

Jusqu’au 23 janvier au Théâtre 13-Bibliothèque, 30 rue du Chevaleret, Paris (XIII ème). T: 01 45 88 62 22.

 


Archive pour 22 janvier, 2026

Le Plaisir, la Peur et le Triomphe de Joaquim Fossi

Le Plaisir, la Peur et le Triomphe  de Joaquim Fossi

© Simon Goselin

© Simon Gosselin

Un jeune homme normal, ou plutôt exceptionnellement normal, discret et l’air de rien, monte sur scène. Matériel pour la séance: un ordinateur et un écran. Le jeu est le suivant: on dirait que je serais un archéologue des années 7000 et que j’aurais trouvé un lot d’images datant des Humains. Nous les verrons à l’écran (les images pour les Humains, il faudra se fier à la parole de notre jeune archéologue).
Constat: pour se protéger de la peur, les Humains font des images. Toutes simples, quelquefois : juste la rencontre, par exemple, entre le signe : et le signe ). On va juste vous dévoiler, que placés dans un rond jaune et dans un certain sens, ils fait l’émoji du sourire. Mais après, on ne vous dira plus rien et vous irez le découvrir dans cette petite salle pentue.

Donc, des images contre la peur et de plus en plus d’images. Voyez vos/nos propres téléphones, voyez ce qu’est pour vous/nous, le tourisme : on a regardé les belles images d’un pays lointain, on prend l’avion, on va sur place, on prend son téléphone pour faire des photos moches, et voilà. Bon, cessons de « spoiler», et rions sans peur et avec plaisir  (pas jusqu’au triomphe, n’exagérons rien), du jeu fin, de la drôlerie délicate, gracieuse et pointue de Joaquim Fossi, un acteur et auteur à suivre. Nous l’avions déjà vu jouer mais au second plan. Le voici en pleine lumière -discrète- il n’y a plus qu’à aller le voir en direct.

 Christine Friedel

 Jusqu’au 30 janvier, Théâtre de la Bastille, 76 rue de la Roquette, Paris (XI ème). T. : 01 43 57 42 14.

 

 

Dis-moi sur quel pied tu danses, écriture et réalisation de Philippe Ménard

Dis-moi sur quel pied tu danses, écriture et réalisation de Philippe Ménard 

C’est (sic) le « premier long-métrage chorégraphico-documentaire-inclassable » de Philippe Ménard et cela se passe dans la grande communauté que sont ou ont été les patients, médecins, chirurgiens, prothésistes, infirmiers, kinésithérapeutes, administratifs… du service des Amputés et Appareillage, au Centre de Réadaptation de Coubert-U.G.E.C.A.M. (Seine-et-Marne). Avec vingt portraits-témoignages, danses et moments poétiques dans la nature proche, ce film a, pour fil rouge, la fabrication d’une prothèse, maintenant devenue une petite merveille de technologie. Alors que nous avons connu les anciens blessés de 14-18, pouvant tout juste compter le reste de leur vie, sur un pilon en bois, quand ils avaient perdu une jambe. Et à une manche repliée sur un moignon, quand un de leur bras avait été arraché par une grenade.

© Ph. Ménard

© Ph. Ménard

Ici, l’amputation d’une main, d’une jambe et/ou d’un bras, voire comme ce jeune Africain: des deux mains et des deux pieds est, médicalement, le seul choix possible. Une terrible épreuve pour le corps et l’esprit de ceux qui ont dû la subir, et pour leur famille. Et la réadaptation n’est pas non plus une mince affaire: il faut faire travailler cette prothèse électronique d’une jambe fabriquée avec très grand soin, et adaptée à chaque patient.
Philippe Ménard a passé plusieurs mois dans cet établissement: « De cette expérience, est né ce Dis-moi sur quel pied tu danses, un film que j’ai voulu sensible et ouvert. (…) Pour moi, ici, la perte d’un membre est une réalité tangible. Le membre manquant devient l’incarnation physique d’une absence, mais le manque, dans ce film, n’est pas ce qui ferait défaut au corps : il désigne l’espace à partir duquel le désir se met en mouvement. (…) Pour les uns, le membre manquant ouvre un horizon de projection: celui d’un appui possible, d’une autonomie à inventer, d’un élan à retrouver ou à transformer. Pour les autres -soignants et prothésistes- il engage un travail à la fois technique et humain: accompagner, fabriquer, ajuster, soutenir. (…) Le processus de fabrication d’une prothèse, que j’ai choisi comme fil rouge du film, donne une forme concrète à cette dynamique: un chemin qui traverse tout le parcours de réadaptation -de la cicatrisation à la confection de la prothèse, jusqu’à son appropriation- où l’absence est travaillée, déplacée, reconfigurée-et où chacun trouve, dans ce qui est là, des ressources pour continuer. »

© Ph. Ménard

© Ph. Ménard

Les spécialistes de cet établissement exemplaire font part de leur expérience, avec précision et générosité. Philippe Ménard nous emmène dans les ateliers où sont fabriquées ces prothèses, petits bijoux de technologie. Il nous fait aussi entendre la voix de ces femmes et hommes résignés à être handicapés à vie! Et dont on admire le courage et la ténacité! Ils ont tous une sacrée soif de vivre le plus heureux possible…
Mais ce « documentaire » intéressant, souffre -et c’est dommage- de la pollution de nombreuses images soi-disant lyriques qui n’ont rien à faire là, comme ces danses le long de couloirs vides et blancs ou dans les ateliers, ou cette femme jetant un bouquet de tulipes sur l’herbe verte ou encore cet homme en fauteuil roulant enfermé dans une bulle en plastique! Tous aux abris! Cela casse le rythme et cette heure quinze passe bien lentement…

Philippe du Vignal

A partit du 8  février, séances uniques à Paris, Toulouse, Bordeaux, Rennes… mais aussi dans de plus petites villes.

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