Ça tourne pas rond, de et par Cathy Hérouard et Mélissa Martinez

Ça tourne pas rond, de et par Cathy Hérouard et Mélissa Martinez

Des jumelles, ou une seule danseuse? Elles apparaissent et disparaissent. Une, deux, quatre jambes et quatre bras, la même, l’autre ? Elles s’emmêlent et se démêlent en un mouvement… qui tourne bien rond. Ce qui ne va pas bien, c’est la Nature,  le monde. L’angoisse écologique est inévitablement présente, mais ici, du bon côté. Elles puisent leur gestuelle dans une nature menacée et bien vivante. Inspirées par les bêtes des bois, insectes, rongeurs et carnassiers furtifs, elles passent de la reptation, au saut, en une danse à la fois sobre, presque naïve (au meilleur sens du terme) et puissante. Un beau plissé de tissu noir évoquant la menace d’une inondation ou d’une marée noire, les prend au piège, jusqu’à entraver la rencontre entre le globe terrestre et la sphère céleste… Mais les corps s’en tirent toujours. Les gestes sont étirés, bondissants, parfois arrêtés qui repartent aussitôt dans un même élan.

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Elles sont jambes nues -la peau humaine attrape bien la lumière-  et un boxer-short noir et une chemise  vert nature, leur laisse toute liberté de mouvement: leur devise, leur mot d’ordre, sans lasser en un juste équilibre entre le sens à suggérer le vert et une neutralité qui leur permet d’inventer librement les mondes et les espaces. En commençant par l’occupation du  volume du plateau, ici pris en compte avec justesse. Appuis, envols, elles s’en donnent à cœur joie… Leur danse est juste là où elles l’ont voulue, entre une angoisse écologique qu’on ne peut ignorer et l’espérance physique, la joie inépuisable de corps libres et experts avec la danse (nous avons presque envie de mettre une majuscule!). A voir pour retrouver le moral, si, par hasard, on l’avait perdu! Et pour embrasser l’image vivace d’une Nature qu’on ne veut pas perdre et qui nous sauve.

Ce spectacle de quarante-cinq minutes -bien remplies et dynamiques- est joué au Théâtre de la Croisée des chemins. N’hésitez pas à sonner: il faut sonner à la porte de ce lieu trop discret (sa banderole d’accueil aurait besoin d’un coup de neuf) qui donne sur une agréable cour arborée. Vous y trouverez cette danse qui fait du bien.  Il y a aussi plusieurs autres spectacles au fil de la semaine.

 Christine Friedel

Les samedi et dimanche à 17 h,  Théâtre de la Croisée des chemins, 120 bis rue du Haxo, Paris (XIX ème). T.: 01 42 19 93 63. 

 

 


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