Je voudrais être intelligent, répondre à Ariane Mnouchkine et même avoir des idées…Doit-on parler aux représentants du Rassemblement National?

Je voudrais être intelligent,  répondre à Ariane Mnouchkine et même avoir des idées…

Doit-on parler aux représentants du Rassemblement National?  
Peut-on changer les convictions de nos voisins ?  » Si le théâtre, dit la dramaturge anglaise Sarah Kane (1971-1999), peut changer la vie de quelqu’un, alors, par voie de conséquence, il peut aussi certainement changer la société, puisque nous en faisons partie. »  Je lis un article du Monde sur la bataille culturelle du Rassemblement National, inspirée par la pensée d’Antonio Gramsci, style:  la prise du pouvoir doit être anticipée grâce à un travail de la pensée. Cette bataille idéologique est un cancer qui progresse, attisé par des milliardaires et il y a une véritable prise en otage des cerveaux avec, en France, le « grand remplacement », l’islamisation, la violence des musulmans!

Nos villages sont ravagés par la peur de l’invasion et les gens croient qu’ils ne peuvent plus sortir dans la rue, sans être rançonnés! Mais cela dépasse l’Hexagone. Ce n’est plus la démocratie que l’on réclame: elle est devenue synonyme d’impuissance.  Ils veulent protection, autorité et pensent qu’il faut un homme ou une femme à poigne et ne sont pas indifférents à Trump qui joue au saute-moutons par-dessus les lois.
 Alors, sommes-nous coupables? Je crois avoir suivi la même ligne pendant cinquante-cinq ans et tous les projets que nous avons voulu monter les uns et les autres dans, ou avec, les quartiers,  nous ont toujours été refusés. Dans les favélas de Rio,  une compagnie théâtrale Nos do morro a réussi à pacifier tout un quartier… Cela devrait nous servir de modèle. Mais non, les politiques ne pensent qu’à détruire le tissu associatif!
 En 82, nous avions rassemblé à l’ancien dépôt de locomotives à Trappes (Yvelines), cent personnes: jeunes de quartiers sensibles, lycéens, anciens délinquants, acteurs professionnels. Le résultat a été dingue: on se parlait, on existait ensemble… Nous avons un peu continué  à Montbéliard avec nos Carnavals des ténèbres, mais très vite, les politiques ont eu peur et nous a chassés.

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A Montbéliard en Franche-Comté où nous étions arrivés en 91, peu à peu tous nos dossiers ont été refoulés. Chez nous, Hélène, une de nos élèves de classe A 3, s’est achetée un bus qu’elle a aménagé et avait un don de médiatrice évident. Mais personne n’a porté la moindre attention à ses projets.

 
Nous avons aussi organisé des repas pour cinq-cent personnes dans notre quartier des Champs-Montants, nous avions inventé un système: une  invitation contre un légume et nous allions de porte à porte, les chercher. Nous avions réussi à faire dîner ensemble halals et mangeurs de saucisses de Montbéliard. Mais c’était avant…. Ensuite, le commerce de la drogue s’est imposé comme roue de secours et, dans les familles, l’argent s’est mis alors à abonder. Peu à peu, les mairies ont délaissé les quartiers et les fêtes se faisaient avec quatre sous, puis trois…
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Hervée de Lafond, codirectrice avec moi du Centre d’Art et de Plaisanterie-Scène Nationale de Montbéliard, a rassemblé des mères de familles: très important, la valeur: mère! Encore une des rares qui soient encore respectées mais, pour continuer à faire exister ce groupe d’intervention théâtrale, nous devions trouver de quoi rémunérer une comédienne. Eh! bien, ce n’est pas encore fait, mais pourtant, c’est crucial. Le Rassemblement National a de quoi se réjouir des luttes intestines de la Gauche: elles lui laissent un  boulevard  pour accéder au pouvoir. Sa députée du Doubs nous a écrit une lettre personnelle de reconnaissance pour toutes nos actions. Sans doute bien sûr, une récupération, mais on aurait aimé que d’autres personnalités politiques, de droite, de gauche ou d’extrême gauche du Pays de Montbéliard, en fassent autant et ne laissent pas l’initiative au seul R. N…

 
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Alors, ma chère Ariane Mnouchkine, tu te poses la question de collaborer, ou non, avec une France R.N. Ses députés, démocratiquement élus, vont-ils nous enfermer dans les stades, façon Pinochet au Chili? Vont-ils faire une chasse aux sorcières et offrir la direction des établissement culturels subventionnés à leurs amis. Vont-ils, comme récemment en Italie, couper les aides aux lieux qu’ils estiment être des instruments de propagande de la Gauche.

 Mais, si le R.N. arrive au pouvoir, nous entrerons en résistance et nous nous battrons! Il ne faudra pas lui laisser la place et peut-être alors certains lieux infléchiront leur politique en respectant les droits culturels. Là où je vis, je suis entouré à 70% d’électeurs R.N. ! Pas des nazis mais des habitants qui se sentent mal aimés par les pouvoirs politiques actuels. Et ils ont peur, méprisent les sur-diplômés, sont obsédés par tout ce qui est arabe, trouvent Marine Le Pen et Jordan Bardella, bien sympathiques. Oui, ce texte est décousu et je pense en l’écrivant, que, demain, je ne serai plus en accord avec ce que j’ai écrit. Mais au moins, j’essaye de comprendre…

Jacques Livchine, ancien codirecteur avec Hervée de Lafond,  du Théâtre de l’Unité à Audincourt (Doubs).

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Archive pour 15 février, 2026

Ronya, fille de brigand, adaptation du roman éponyme d’Astrid Lingren, mise en scène de Strile Ingland Bjordall

Ronya, fille de brigand, adaptation du roman éponyme d’Astrid Lingren, mise en scène de Strile Ingland Bjordall  (tout public)

Cette romancière et scénariste suédoise (1907-2002), auteure de livres pour enfants, est mondialement connue  pour avoir créé les célèbres personnages de Fifi Brindacier et de Zozo la tornade. Astrid Lindgren avait pris l’habitude de raconter des histoires à ses enfants et quand  sa fille fut atteinte d’une pneumonie, elle crée en 45 le personnage de Pippi Långstrump (Pippi longues-chaussettes:Fifi Brindacier en français, avec des illustrations d’Ingrid Vang Nyman. Mais elle avait déjà publié un livre pour petites filles ,Britt-Mari lättar sitt hjärta (Britt-Mari soulage son cœur). Succès et bonnes critiques font  qu’elle gagnera vite plusieurs prix littéraires.

Dans Barnen i Bullerbyn (Nous, les enfants du village Boucan) et Vi på Saltkråkan (Nous, à Saltkråkan), elle raconte la vie d’enfants et adultes dans la campagne. Saltkråkan symbolisant le rêve suédois d’une communauté écologique habitant un archipel. Et elle en a tiré le scénario d’une série en treize  épisodes: Les Enfants de l’archipel. Elle a aussi écrit des romans comme Karlsson på taket (Karlsson sur le toit) qui se passe à Stockholm vers 1950. Et elle conte aussi dans Ronya fille de brigand, l’aventure de Ronya et Rik, des amis qui ne devraient pas l’être et dont est issu un film réalisé en 84 par Tage Danielsson  et qui eut un grand succès… Mais il y eut  aussi des adaptations théâtrales en Suède ou en Norvège comme celle-ci. .Mais pas à notre connaissance en France.

Dans Mio, min Mio (Mio, mon Mio) et Bröderna Lejonhjärta (Les Frères Cœur de Lion),  parle de pays imaginaires et du bien et du mal, maisd aussi de l’amitié. En 1923, elle parle de Zozo la grosse tête (Emil i Lönneberga). Ce petit garçon turbulent et farceur mais au bon cœur , grandit dans une ferme à la fin du XIX ème siècle. L’écrivaine reçut le Prix en Or en 1950 et le Right Livelihood Award (pour les droits des enfants) en 94 et depuis 67, le prix Astrid Lindgren d’environ… 550.000 €! récompense chaque année un auteur suédois de littérature jeunesse.

© -Nettside-Med-innhold

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Ici, Ronya est la fille du chef de parents brigands qui font des ravages dans la forêt de Mattis, près  d’un vieux château moyenâgeux qui a été coupé en deux par la foudre et où vit aussi une autre bande ennemie. Née par une terrible nuit d’orage -c’est un avertissement qui ne trompe pas- Ronya veut  être absolument indépendante et donc vaincre la peur qui la menace constamment. Dans la forêt dangereuse, elle rencontre Rik au bord d’un gouffre Rik.
C’est le fils unique de l’autre bande ennemie de brigands.. D’abord amis, puis bien entendu, vite très amoureux  Ronya et Rik,  après s’être sauvés la vie l’un l’autre, vont vivre ensemble dans cette forêt, loin de leurs parents respectifs dont ils ne supportent plus la guerre permanente entre eux. On vous la fait brève car nos connaissance en norvégien sont   assez faibles…

 

Il y a ici à la fois les éléments d’un conte populaire qui se passe au Moyen-Age dans un  grand château mythique en ruines où a lieu une histoire de brigands- cela marche à tous les coups et l’autrice est très rusée et visiblement pleine d’humour.Mais c’est aussi un roman d’initiation où les héros vivent une histoire d’amour genre Roméo et Juliette suédois aux multiples aventures.Astrid Lindgren traite aussi en filigrane de thèmes comme la lutte entre le bien et le mal, la vie et la mort, la guerre et la paix…

Cette adaptation se joue au Fyllingsdalen Teater dans un quartier périphérique de Bergen (Norvège). Une curieuse salle pas vraiment rectangulaire d’environ cent cinquante places avec une belle scène dotée d’une tournette… bien utile: l’action se situe à la fois dans un vieux château à moitié en ruines ,et dans les prés verdoyants, près d’immenses forêts.  Le scénographe en a  habilement traduit le climat grâce à des vidéos en fond de plateau et le metteur en scène maîtrise bien le jeu de son équipe de douze interprètes et de dix jeunes figurants. Tous circulent avec efficacité sur ce plateau tournant et il réussit la plupart du temps  à garder la poésie de cette saga romanesque avec une réalisation au cordeau avec des éclairages efficaces. Ici, Il y a aussi quelques remarquables chants choraux. Le tout rodé depuis longtemps, bien réalisé. même si les acteurs manquent expérience et ne semblent pas tous vraiment professionnels.
Au chapitre des bémols: on ne comprend pas bien (sinon pour permettre aux enfants d’aller aux toilettes) la nécessité d’un entracte, ce qui casse l’action qui ne fait pas toujours dans la nuance -et pas toujours très claire- et rend le spectacle un peu long (quatre-vingt dix minutes). Et le metteur en scène aurait pu nous épargner ces fréquents jets de fumigènes: ce procédé bien parisien et archi-usé est aussi arrivé jusque en  Norvège! On aurait aussi aimé que le recours à la tournette et aux micros H.F. soit plus discret. Et qu’il y ait moins de criailleries

A ces réserves près, cette adaptation d’un roman en théâtre populaire fonctionne bien mais exige des moyens avec, au moins une dizaine d’interprètes… Vu les restrictions actuelles, on voit mal comment  un metteur en scène arriverait à disposer des moyens suffisants, sauf à la Comédie-Française.  Donc, nous sommes condamnés à rêver sur une possible adaptation de ce roman dans l’Hexagone. Tiens, une idée, pourquoi ne pas faire venir ce Ronya, fille de brigand dans un festival français. Il mériterait bien d’être invité et y aurait toute sa place: nos amis norvégiens investissent avec succès dans ce type de spectacle tout public, avec différents niveaux d’interprétation,  notamment pour les enfants… 

Philippe du Vignal

 Spectacle vu le 14 février au Stiftelsen Nye Fyllingsdalen Teater, Folke Bernadottes vei 2 . Bergen (Norvège). Jusqu’au 29 mars

Le livre est édité en français chez  Biblio Monde, Le Livre de poche, collection Jeunesse, traduit du suédois par Agneta Ségol, Brigitte Duval et Jeanne Bouniort, (2002). Première édition: 1996.

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