Choc et mensonges, création collective du Théâtre du Soleil, en harmonie avec Hélène Cixous, dirigée par Ariane Mnouchkine

Choc et mensonges, création collective du Théâtre du Soleil, en harmonie avec Hélène Cixous, dirigée par Ariane Mnouchkine

Il y a toujours au Soleil la même gentillesse et le même accueil depuis soixante ans… A l’entrée, un grand panneau avec un texte d’Ariane Mnouchkine sur les récents soupçons d’agressions sexuelles dans cette  compagnie qui est reconnue dans le monde entier.  Et un nouveau spectacle du Soleil est toujours un événement  théâtral pour le public et la critique. Après une premier volet:  La Victoire était entre nos mains qui avait pour thème sur l’année 1917, celle de  la révolution russe (voir Le Théâtre du Blog) jusqu’en janvier 18, voici maintenant  le second de cette trilogie qui va  jusqu’en 1934, quand Hitler réussit à prendre le  pouvoir. Le troisième sera signé par Ariane Mnouchkine et le dernier par le metteur en scène Sylvain Creuzevault qu’elle a choisi comme successeur. A suivre, mais d’ici 2028, bien des choses peuvent arriver.

 

© Michèle Laurent

© Michèle Laurent

Choc et mensonges se passe à Moscou, Berlin,Tokyo, Londres, Paris et aux États-Unis…Dans cette grande fresque historique peinte avec une certaine distance, figurent Joseph Staline qui,  avec Trotsky, est à l’origine d’une répression inédite. Il envoya des millions de ses compatriotes mourir dans les camps.  Lénine sur lequel l’Ukrainienne socialiste Fanny Kaplan en 1918 tira un coup de feu sur Lénine. En 23, il est très malade et mourra l’année suivante. Il préférait Trotsky pour lui succéder. On le voit ici discutant avec Staline qui réussira malgré tout à  prendre le pouvoir.
Trotsky contrôlait l’armée, Zinoviev dirigeait le Parti de Léningrad et Kamenev, le Parti de Moscou. Mais ils ne résisteront pas à Staline qui les écartera au besoin avec une petite dose de prison. Trotsky sera exilé en U.R.S.S., puis ira vivre en Norvège et, en 40, à Mexico, où il sera tué par un agent de Staline.

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©Michèle Laurent

Il y aussi Adolf Hitler qui, bien aidé par Goebbels, a déjà une haine absolue des Juifs: « Choc et mensonges: tels sont les deux piliers sur lesquels repose une propagande parfaite. » Ou le mensonge comme arme politique… Rien de neuf sous le soleil!  Mais aussi Henry Ford dont l’ouvrage Le Juif international inspira Hitler et son trop fameux Mein Kampf, Neville Chamberlain, Premier ministre anglais de 37 à 40 qui avait essayé de jouer le carte de l’apaisement… ce qui aboutira aux accords de Munich! Léon Blum qui prononça un long discours  au Congrès du Parti Socialiste à Tours… Et le révolutionnaire anarchiste ukrainien Nestor Makhno.
A la fin, Winston Churchill sera la voix de la résistance au nazisme: « La mauvaiseté des méchants se trouvant renforcée par la faiblesse des vertueux, les vainqueurs vécurent d’expédients, au jour le jour, d’une élection à l’autre, jusqu’à ce que soit abandonnée l’ultime sauvegarde d’une paix durable. Les crimes des vaincus trouvèrent ainsi, non leurs excuses, mais leur origine et leur explication dans les folies des vainqueurs. » Même si dans un premier temps, il ne faut pas oublier qu’il avait  qualifié Mussolini de « plus grand législateur vivant». Ce qu’on ne dit pas ici.

 

©Michèle Laurent

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Tous les acteurs sauf celui qui joue Henry Ford, ont un masque. Ce sont de véritables chefs-d’œuvre conçus et réalisés par le grand créateur Ehrard Stiefel, hélas, disparu en janvier dernier. « Le masque nous éloigne, dit justement Ariane Mnouchkine, mais c’est aussi une loupe sur l’âme du personnage. C’est une façon de nous rappeler que nous sommes au théâtre, c’est-à-dire qu’on joue une vérité. »
Au début, et ensuite par moments, trois femmes (qui font penser aux sorcières de Macbeth, autrefois montée par Ariane Mnouchkine) introduisent en quelques phrases ce long récit. Il y a aussi,  dans une petite fosse devant la scène,  Cornélia, la metteuse en scène qui apparaissait souvent dans le premier volet mais moins dans celui-ci… Comment ne pas être partagé? Ariane Mnouchkine a eu, et a toujours à quatre-vingt huit ans, une maîtrise exceptionnelle du plateau, quand elle dirige comme ici, trente interprètes. Ils y entrent et en ressortent avec une absolue précision, côté jardin, côté cour, ou dans le fond, souvent sur des praticables à roulettes poussés par leurs camarades en combinaison noire. Rien n’est laissé au hasard, le moindre accessoire est posé à l’endroit exact où il doit être, les surtitrages arrivent en accord parfait avec les voix en playback dans la langue originale des nombreux protagonistes. Tous en costumes soignés.  Et les -trop- courtes scènes se succèdent avec une remarquable fluidité. Et de belles images, projetées sur un rideau en fond de scène, évoquent les lieux emblématiques de grandes capitales citées plus haut. De grands tissus légers figurent un sol neigeux, la mer, etc. Pris en charge par quelques acteurs, ils apparaissent et disparaissent en quelques secondes, une fois la scène terminée.

Il faut saluer la parfaite réalisation technique de ce projet ambitieux où, par fragments, le Théâtre du Soleil écrit la naissance de la seconde guerre mondiale, en résonance, bien sûr, avec les événements actuels. Oui, mais! On aimerait savoir qui a fait quoi? Création collective (ce qui est toujours assez flou!…) En harmonie avec Hélène Cixous (ce qui est encore plus flou!) Harmonie: selon le dictionnaire Littré: » Être en harmonie avec, être d’accord avec, ne pas faire de disparate. » Le spectacle étant « dirigé par Ariane Mnouchkine ». Elle en serait aussi la metteuse en scène? En tout cas, elle dirige ses interprètes avec une rigueur absolue et on sent qu’il y a eu un travail important sur le plateau.

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Là où cela va beaucoup moins bien: pourquoi au début et ensuite, d’incessants jets de fumigène, comme partout: trois sur quatre des spectacles que nous avons vu cette semaine! Comment la grande Ariane Mnouchkine et/ou le Théâtre du Soleil peuvent-ils utiliser des procédés aussi usés et vulgaires? Et pourquoi cette longue, très longue série de quelque trente très courtes scènes, avec, à chaque fois, la mise en place d’éléments de décor, comme dans le premier volet? Cela casse le rythme! Et avec, en fond de scène, sont projetés sur le paysage ad hoc, la date et le lieu où l’action se passe.
Nous avons eu du mal à accrocher à ce texte écrit à partir de discours, documents… et constitué de monologues, plus que de dialogues. Et cette idée de faire parler ces personnages historiques dans leur langue apporte une certaine véracité mais cela se paye en voix playback monotones et, en sur-titrages permanents, ce qui devient lassant! » .. Lesquels sur-titrages ne sont pas bien lisibles pour les spectateurs sur les gradins du haut. A l’entracte et même ensuite il y a eu des défections, ce qui est bien rare au Soleil!

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Pour faire bref, même s’il y a de belles images, le texte -non crédité- n’a ni la force ni la saveur de celui des immenses spectacles historiques que furent 1789 ou 1793. Nous en avons souvent passé, et encore récemment, des extraits lors de conférences. Et les élèves-comédiens regardaient avec joie et admiration, ces créations théâtrales restées exemplaires. Et quand nous leur demandions (sans bien entendu dire qui en étaient les auteurs)  à quelle date, c’était, selon eux, la réponse était quasi-unanime: depuis au moins quelques années… Et certains ajoutaient: sinon on l’aurait su. Et alors, nous leur disions: pour le premier à Milan en 1970, au lendemain de la mort de de Gaulle. Et le second, deux ans plus tard, à la Cartoucherie de Vincennes. « M. du Vignal, m’avait  dit une jeune fille, vous êtes sûr de  ne pas vous tromper de date?  Merveilleux…
Mais pas sûr que ce Choc et mensonges ait la même faveur du public. C’était mieux avant? Oui et à ce spectacle  pas toujours attentif, il a semblé applaudir surtout le travail des actrices et acteurs.
 «Le public doit sortir grandi, nourri de beauté, dit Ariane Mnouchkine, mieux informé de la complexité de l’Histoire, plus exigeant, plus bienveillant, plus résistant à toute propagande idéologique, d’où qu’elle vienne. » Nous n’avons pas été du tout convaincu mais que cela ne vous empêche pas d’y aller voir, au risque pourtant d’être déçu.

Philippe du Vignal 

Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, route du Champ de manœuvre. Métro: Château de Vincennes+navette gratuite. T. : 33 (0)1 43 74 24 08 pour individuels  (tous les jours de 11 h à 18 h).
Et 33 (0)1 43 74 88 50  pour les collectivités :  (du mardi au vendredi de 11 h à 18 h)

 

Archive pour 23 mars, 2026

Choc et mensonges, création collective du Théâtre du Soleil, en harmonie avec Hélène Cixous, dirigée par Ariane Mnouchkine

Choc et mensonges, création collective du Théâtre du Soleil, en harmonie avec Hélène Cixous, dirigée par Ariane Mnouchkine

Il y a toujours au Soleil la même gentillesse et le même accueil depuis soixante ans… A l’entrée, un grand panneau avec un texte d’Ariane Mnouchkine sur les récents soupçons d’agressions sexuelles dans cette  compagnie qui est reconnue dans le monde entier.  Et un nouveau spectacle du Soleil est toujours un événement  théâtral pour le public et la critique. Après une premier volet:  La Victoire était entre nos mains qui avait pour thème sur l’année 1917, celle de  la révolution russe (voir Le Théâtre du Blog) jusqu’en janvier 18, voici maintenant  le second de cette trilogie qui va  jusqu’en 1934, quand Hitler réussit à prendre le  pouvoir. Le troisième sera signé par Ariane Mnouchkine et le dernier par le metteur en scène Sylvain Creuzevault qu’elle a choisi comme successeur. A suivre, mais d’ici 2028, bien des choses peuvent arriver.

 

© Michèle Laurent

© Michèle Laurent

Choc et mensonges se passe à Moscou, Berlin,Tokyo, Londres, Paris et aux États-Unis…Dans cette grande fresque historique peinte avec une certaine distance, figurent Joseph Staline qui,  avec Trotsky, est à l’origine d’une répression inédite. Il envoya des millions de ses compatriotes mourir dans les camps.  Lénine sur lequel l’Ukrainienne socialiste Fanny Kaplan en 1918 tira un coup de feu sur Lénine. En 23, il est très malade et mourra l’année suivante. Il préférait Trotsky pour lui succéder. On le voit ici discutant avec Staline qui réussira malgré tout à  prendre le pouvoir.
Trotsky contrôlait l’armée, Zinoviev dirigeait le Parti de Léningrad et Kamenev, le Parti de Moscou. Mais ils ne résisteront pas à Staline qui les écartera au besoin avec une petite dose de prison. Trotsky sera exilé en U.R.S.S., puis ira vivre en Norvège et, en 40, à Mexico, où il sera tué par un agent de Staline.

©x

©Michèle Laurent

Il y aussi Adolf Hitler qui, bien aidé par Goebbels, a déjà une haine absolue des Juifs: « Choc et mensonges: tels sont les deux piliers sur lesquels repose une propagande parfaite. » Ou le mensonge comme arme politique… Rien de neuf sous le soleil!  Mais aussi Henry Ford dont l’ouvrage Le Juif international inspira Hitler et son trop fameux Mein Kampf, Neville Chamberlain, Premier ministre anglais de 37 à 40 qui avait essayé de jouer le carte de l’apaisement… ce qui aboutira aux accords de Munich! Léon Blum qui prononça un long discours  au Congrès du Parti Socialiste à Tours… Et le révolutionnaire anarchiste ukrainien Nestor Makhno.
A la fin, Winston Churchill sera la voix de la résistance au nazisme: « La mauvaiseté des méchants se trouvant renforcée par la faiblesse des vertueux, les vainqueurs vécurent d’expédients, au jour le jour, d’une élection à l’autre, jusqu’à ce que soit abandonnée l’ultime sauvegarde d’une paix durable. Les crimes des vaincus trouvèrent ainsi, non leurs excuses, mais leur origine et leur explication dans les folies des vainqueurs. » Même si dans un premier temps, il ne faut pas oublier qu’il avait  qualifié Mussolini de « plus grand législateur vivant». Ce qu’on ne dit pas ici.

 

©Michèle Laurent

©Michèle Laurent

Tous les acteurs sauf celui qui joue Henry Ford, ont un masque. Ce sont de véritables chefs-d’œuvre conçus et réalisés par le grand créateur Ehrard Stiefel, hélas, disparu en janvier dernier. « Le masque nous éloigne, dit justement Ariane Mnouchkine, mais c’est aussi une loupe sur l’âme du personnage. C’est une façon de nous rappeler que nous sommes au théâtre, c’est-à-dire qu’on joue une vérité. »
Au début, et ensuite par moments, trois femmes (qui font penser aux sorcières de Macbeth, autrefois montée par Ariane Mnouchkine) introduisent en quelques phrases ce long récit. Il y a aussi,  dans une petite fosse devant la scène,  Cornélia, la metteuse en scène qui apparaissait souvent dans le premier volet mais moins dans celui-ci… Comment ne pas être partagé? Ariane Mnouchkine a eu, et a toujours à quatre-vingt huit ans, une maîtrise exceptionnelle du plateau, quand elle dirige comme ici, trente interprètes. Ils y entrent et en ressortent avec une absolue précision, côté jardin, côté cour, ou dans le fond, souvent sur des praticables à roulettes poussés par leurs camarades en combinaison noire. Rien n’est laissé au hasard, le moindre accessoire est posé à l’endroit exact où il doit être, les surtitrages arrivent en accord parfait avec les voix en playback dans la langue originale des nombreux protagonistes. Tous en costumes soignés.  Et les -trop- courtes scènes se succèdent avec une remarquable fluidité. Et de belles images, projetées sur un rideau en fond de scène, évoquent les lieux emblématiques de grandes capitales citées plus haut. De grands tissus légers figurent un sol neigeux, la mer, etc. Pris en charge par quelques acteurs, ils apparaissent et disparaissent en quelques secondes, une fois la scène terminée.

Il faut saluer la parfaite réalisation technique de ce projet ambitieux où, par fragments, le Théâtre du Soleil écrit la naissance de la seconde guerre mondiale, en résonance, bien sûr, avec les événements actuels. Oui, mais! On aimerait savoir qui a fait quoi? Création collective (ce qui est toujours assez flou!…) En harmonie avec Hélène Cixous (ce qui est encore plus flou!) Harmonie: selon le dictionnaire Littré: » Être en harmonie avec, être d’accord avec, ne pas faire de disparate. » Le spectacle étant « dirigé par Ariane Mnouchkine ». Elle en serait aussi la metteuse en scène? En tout cas, elle dirige ses interprètes avec une rigueur absolue et on sent qu’il y a eu un travail important sur le plateau.

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Là où cela va beaucoup moins bien: pourquoi au début et ensuite, d’incessants jets de fumigène, comme partout: trois sur quatre des spectacles que nous avons vu cette semaine! Comment la grande Ariane Mnouchkine et/ou le Théâtre du Soleil peuvent-ils utiliser des procédés aussi usés et vulgaires? Et pourquoi cette longue, très longue série de quelque trente très courtes scènes, avec, à chaque fois, la mise en place d’éléments de décor, comme dans le premier volet? Cela casse le rythme! Et avec, en fond de scène, sont projetés sur le paysage ad hoc, la date et le lieu où l’action se passe.
Nous avons eu du mal à accrocher à ce texte écrit à partir de discours, documents… et constitué de monologues, plus que de dialogues. Et cette idée de faire parler ces personnages historiques dans leur langue apporte une certaine véracité mais cela se paye en voix playback monotones et, en sur-titrages permanents, ce qui devient lassant! » .. Lesquels sur-titrages ne sont pas bien lisibles pour les spectateurs sur les gradins du haut. A l’entracte et même ensuite il y a eu des défections, ce qui est bien rare au Soleil!

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Pour faire bref, même s’il y a de belles images, le texte -non crédité- n’a ni la force ni la saveur de celui des immenses spectacles historiques que furent 1789 ou 1793. Nous en avons souvent passé, et encore récemment, des extraits lors de conférences. Et les élèves-comédiens regardaient avec joie et admiration, ces créations théâtrales restées exemplaires. Et quand nous leur demandions (sans bien entendu dire qui en étaient les auteurs)  à quelle date, c’était, selon eux, la réponse était quasi-unanime: depuis au moins quelques années… Et certains ajoutaient: sinon on l’aurait su. Et alors, nous leur disions: pour le premier à Milan en 1970, au lendemain de la mort de de Gaulle. Et le second, deux ans plus tard, à la Cartoucherie de Vincennes. « M. du Vignal, m’avait  dit une jeune fille, vous êtes sûr de  ne pas vous tromper de date?  Merveilleux…
Mais pas sûr que ce Choc et mensonges ait la même faveur du public. C’était mieux avant? Oui et à ce spectacle  pas toujours attentif, il a semblé applaudir surtout le travail des actrices et acteurs.
 «Le public doit sortir grandi, nourri de beauté, dit Ariane Mnouchkine, mieux informé de la complexité de l’Histoire, plus exigeant, plus bienveillant, plus résistant à toute propagande idéologique, d’où qu’elle vienne. » Nous n’avons pas été du tout convaincu mais que cela ne vous empêche pas d’y aller voir, au risque pourtant d’être déçu.

Philippe du Vignal 

Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, route du Champ de manœuvre. Métro: Château de Vincennes+navette gratuite. T. : 33 (0)1 43 74 24 08 pour individuels  (tous les jours de 11 h à 18 h).
Et 33 (0)1 43 74 88 50  pour les collectivités :  (du mardi au vendredi de 11 h à 18 h)

 

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