Foutue Bergerie, texte et mise en scène de Pierre Guillois

Foutue Bergerie, texte et mise en scène de Pierre Guillois

 Cristiana Reali, Marc Bodnar, Anna Fournier, Mathilde Le Borgne, Simon Jacquard, Kevin Perrot et Yanis Chikhaoui interprètent avec une vraie folie plusieurs personnages, y compris un bélier, des brebis et volatiles de basse-cour.  «Je me souviens des fermes au pays Gallo de ma mère où, dit Pierre Guillois, nous, urbains mais dotés d’un jardin, allions acheter du grain pour nos poules. Je me souviens aussi de l’immense table, du banc en bois et de la grande cheminée, des chats nourris exclusivement de souris. J’ignorais que, derrière cette image d’Epinal (qui n’avait rien de ragoûtant pour un enfant – ça sentait fort et on comprenait mal le patois de ces messieurs qui prisaient le tabac et de ces dames toutes sèches qui servaient le petit rouge sur la toile cirée).
On était déjà en marche vers une agriculture productiviste qui poussait à coup d’engins rutilants et produits magiques. Je suppose que nos poules béquetaient de l’insecticide à gogo, et nous, par la même occasion, quand nous gobions nos mouillettes. Mon p
ère et tous ses copains sont morts vers soixante ans. Des gens sobres, balayés par des maladies modernes. Ces décès prématurés ont-ils un rapport avec ce qu’on a mis dans nos assiettes pendant plusieurs décennies au nom de la modernité ? Personne ne le saura jamais. »

© Martin Argyroglo

© Martin Argyroglo

Le metteur en scène introduit nombre de revendications dans cette fable qui, à l’ évidence, le touche. Mais il y a trop de pistes à suivre, trop de thèmes qui s’entrechoquent, trop de longueurs sur ces quatre-vingt dix minutes. Les plus belles scènes sont sans dialogue. Entre autres, celle où un éleveur de moutons votant pour l’Extrême-droite, se bat, seul parmi les bottes de paille, contre un ennemi invisible, symbolisé ici par un drame personnel: son fils qui avait un micropénis à la suite d’une intoxication de produits chimiques utilisés par son père afin d’améliorer la productivité, s’est suicidé…
L’autre scène -d’une grande force- rappelle le récent sacrifice de tout leur cheptel vécus par des éleveurs. Et un animal peut-être un de ces pit-bulls, venus d’une banlieue qui envahissent les champs et les prés, a tué un agneau..
D’autres thèmes sont abordés, parfois avec légèreté, comme la xénophobie supposée entre animaux à poils et bêtes à plumes mais la scène est vraiment peu convaincante. Et parfois avec lourdeur, comme cet amour improbable entre le fermier et Djamel, un jeune stagiaire maghrébin d’une banlieue proche qu’il a fini par accueillir. Le texte est souvent trivial: une fille et un garçon font l’amour dans la paille et «Après, dit une brebis, on va bouffer du foin plein de sa mouille à elle.» Et une autre lui répond: «Je suis jalouse de ses mamelles qui pendent. »
Belle scénographie avec bottes de paille entassées et engagement total des interprètes… Mais cela ne suffit pas à convaincre! Malgré de généreuses intentions, cette Foutue Bergerie est beaucoup trop brouillonne.

Jean Couturier

Nous avons vu aussi ce spectacle: Jean Couturier a tout dit. Mais nous pensons au contraire que ces (fausses) bottes de paille (en fait par sécurité, des filaments de bois) encombrent la scène et parasitent le jeu des acteurs. Comme l’engin tenant suspendu un prsonnage… Et le texte est vraiment trop faible pour être crédible et nous intéresser, même un instant.  Et pourquoi ces inutiles fumigènes et micros H.F. ? Cela fait quand même beaucoup trop d’erreurs… Dommage!  Reste le jeu des acteurs qui se donnent du mal pour donner vie à cette bluette, mais mission impossible! Bref, on aura connu Pierre Guillois mieux inspiré (voir Le Théâtre du Blog) et  on ne peut vous conseiller d’aller voir ce spectacle…

Ph. du V.  

Le spectacle a été joué du 11 au 22 mars, Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, Paris (VIII ème). T. : 01 44 95 98 21.

Les 9 et 10 avril, Les Quinconces, Le Mans ( Sarthe).

Le 7 octobre, Théâtre Escher, Escht-sur-Alzette (Luxembourg). Les 15 et 16 octobre, Maison de la Culture, Bourges (Cher). Les 28 et 29 octobre, Equilibre-Nuithonnie, Villars-sur-Glâne (Suisse).

Les 5 et 6 novembre, MC2-Scène Nationale, Grenoble (Isère). 

Les Ier et 2 décembre, Château-Rouge, Scène conventionnée, Annemasse (Haute-Savoie)


Archive pour 24 mars, 2026

Foutue Bergerie, texte et mise en scène de Pierre Guillois

Foutue Bergerie, texte et mise en scène de Pierre Guillois

 Cristiana Reali, Marc Bodnar, Anna Fournier, Mathilde Le Borgne, Simon Jacquard, Kevin Perrot et Yanis Chikhaoui interprètent avec une vraie folie plusieurs personnages, y compris un bélier, des brebis et volatiles de basse-cour.  «Je me souviens des fermes au pays Gallo de ma mère où, dit Pierre Guillois, nous, urbains mais dotés d’un jardin, allions acheter du grain pour nos poules. Je me souviens aussi de l’immense table, du banc en bois et de la grande cheminée, des chats nourris exclusivement de souris. J’ignorais que, derrière cette image d’Epinal (qui n’avait rien de ragoûtant pour un enfant – ça sentait fort et on comprenait mal le patois de ces messieurs qui prisaient le tabac et de ces dames toutes sèches qui servaient le petit rouge sur la toile cirée).
On était déjà en marche vers une agriculture productiviste qui poussait à coup d’engins rutilants et produits magiques. Je suppose que nos poules béquetaient de l’insecticide à gogo, et nous, par la même occasion, quand nous gobions nos mouillettes. Mon p
ère et tous ses copains sont morts vers soixante ans. Des gens sobres, balayés par des maladies modernes. Ces décès prématurés ont-ils un rapport avec ce qu’on a mis dans nos assiettes pendant plusieurs décennies au nom de la modernité ? Personne ne le saura jamais. »

© Martin Argyroglo

© Martin Argyroglo

Le metteur en scène introduit nombre de revendications dans cette fable qui, à l’ évidence, le touche. Mais il y a trop de pistes à suivre, trop de thèmes qui s’entrechoquent, trop de longueurs sur ces quatre-vingt dix minutes. Les plus belles scènes sont sans dialogue. Entre autres, celle où un éleveur de moutons votant pour l’Extrême-droite, se bat, seul parmi les bottes de paille, contre un ennemi invisible, symbolisé ici par un drame personnel: son fils qui avait un micropénis à la suite d’une intoxication de produits chimiques utilisés par son père afin d’améliorer la productivité, s’est suicidé…
L’autre scène -d’une grande force- rappelle le récent sacrifice de tout leur cheptel vécus par des éleveurs. Et un animal peut-être un de ces pit-bulls, venus d’une banlieue qui envahissent les champs et les prés, a tué un agneau..
D’autres thèmes sont abordés, parfois avec légèreté, comme la xénophobie supposée entre animaux à poils et bêtes à plumes mais la scène est vraiment peu convaincante. Et parfois avec lourdeur, comme cet amour improbable entre le fermier et Djamel, un jeune stagiaire maghrébin d’une banlieue proche qu’il a fini par accueillir. Le texte est souvent trivial: une fille et un garçon font l’amour dans la paille et «Après, dit une brebis, on va bouffer du foin plein de sa mouille à elle.» Et une autre lui répond: «Je suis jalouse de ses mamelles qui pendent. »
Belle scénographie avec bottes de paille entassées et engagement total des interprètes… Mais cela ne suffit pas à convaincre! Malgré de généreuses intentions, cette Foutue Bergerie est beaucoup trop brouillonne.

Jean Couturier

Nous avons vu aussi ce spectacle: Jean Couturier a tout dit. Mais nous pensons au contraire que ces (fausses) bottes de paille (en fait par sécurité, des filaments de bois) encombrent la scène et parasitent le jeu des acteurs. Comme l’engin tenant suspendu un prsonnage… Et le texte est vraiment trop faible pour être crédible et nous intéresser, même un instant.  Et pourquoi ces inutiles fumigènes et micros H.F. ? Cela fait quand même beaucoup trop d’erreurs… Dommage!  Reste le jeu des acteurs qui se donnent du mal pour donner vie à cette bluette, mais mission impossible! Bref, on aura connu Pierre Guillois mieux inspiré (voir Le Théâtre du Blog) et  on ne peut vous conseiller d’aller voir ce spectacle…

Ph. du V.  

Le spectacle a été joué du 11 au 22 mars, Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, Paris (VIII ème). T. : 01 44 95 98 21.

Les 9 et 10 avril, Les Quinconces, Le Mans ( Sarthe).

Le 7 octobre, Théâtre Escher, Escht-sur-Alzette (Luxembourg). Les 15 et 16 octobre, Maison de la Culture, Bourges (Cher). Les 28 et 29 octobre, Equilibre-Nuithonnie, Villars-sur-Glâne (Suisse).

Les 5 et 6 novembre, MC2-Scène Nationale, Grenoble (Isère). 

Les Ier et 2 décembre, Château-Rouge, Scène conventionnée, Annemasse (Haute-Savoie)

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