Madame de Sévigné Lettres parisiennes au musée d’Histoirede Paris-Carnavalet

Madame de Sévigné Lettres parisiennes au musée d’Histoire de Paris-Carnavalet


Une exposition élégante et intelligente, consacrée à l’une des figures  célèbres de la littérature française. Il y a quatre siècles, Marie de Rabutin-Chantal (1626-1696) naissait dans l’hôtel particulier de ses grands-parents, place Royale devenue place des Vosges, un quartier fréquenté par les aristocrates et écrivains. Elle bénéficia d’une éducation privilégiée pour l’époque et se maria avec Henri de Sévigné, dont elle eut deux enfants : Françoise-Marguerite et Charles. Tué en duel, ce gentilhomme breton la laissera veuve à vingt-cinq ans!  Mais elle s’impliqua alors très vite dans la vie culturelle et politique en France.


© x Portarat de Madame de Sévigné par Jean Locret

© x Portait de Madame de Sévigné par Jean Locret

Elle fréquente des cercles intellectuels d’exception, notamment de femmes de lettres, où s’élaborait une nouvelle esthétique de la galanterie. Ce sont de véritables foyers d’invention littéraire et sociale où  émerge une parole féminine influente, dans un monde largement dominé par les hommes. Elle y côtoie, entre autres, mademoiselle de Montpensier, une cousine de Louis XIV. Et elle prend activement part aux combats de la Fronde contre les troupes royales. Elle rencontre aussi madame de Rambouillet, Madeleine de Scudéry… 

Madame de Sévigné, bonne observatrice, participe aussi à l’actualité. Ses lettres révèlent un talent de chroniqueuse quand elle dépeint l’envers du décor de la vie politique, à travers celle des courtisans et aussi des affaires marquantes comme le procès de Nicolas Fouquet, ou celle restée fameuse et dite : des Poisons.
Elle aimait fréquenter les cercles amicaux mais recevait souvent aussi chez elle ses amis et connaissances, dont tout particulièrement le duc de la Rochefoucauld et Madame de la Fayette, une femme politiquement puissante qui avait accès aux cercles fermés de la Royauté.
 
©Musée Carnavalet  Hendrik Mommers, Vue de Paris et de la Seine depuis le Pont-Neuf, (vers 1665)

© Musée Carnavalet Vue de Paris et de la Seine depuis le Pont-Neuf, d’Hendrik Mommers (vers 1665)

 

Elle rencontre Blaise Pascal et s’enthousiasme pour Les Provinciales qu’elle compare aux Dialogues de Platon, mais s’oppose absolument à ce qu’il préconise dans ses Pensées :  le divertissement détournerait l’homme de sa condition et l’empêcherait de regarder vers Dieu. Ce dont Madame de Sévigné est incapable… Sa demeure pendant vingt-cinq ans, l’hôtel Carnavalet, surnommé par elle-même, la Carnavalette, donne à cette lecture, une résonance sur la ville.  Les lettres à sa fille qui vit à Grignan (Drôme) prennent une autre dimension, quand elle décrit au quotidien la vie parisienne, au gré de ses promenades et rencontres. Cette  Correspondance éditée reste un document essentiel pour la connaissance de l’histoire des idées, mœurs et événements de notre pays qu’elle a connus et dont elle a été un témoin direct .

©x Gobelet et soucoupe

©x Gobelet et soucoupe

C’est un beau parcours dont la commissaire est Valérie Guillaume, conservatrice générale et directrice du musée Carnavalet-Histoire de Paris. On peut ainsi voir plusieurs beaux portraits et des lettres originales de madame de Sévigné. Et deux cent œuvres: entre autres, des manuscrits, portraits, dessins, objets, meubles, instruments de musique, faïences… du musée Carnavalet ou provenant de collections publiques françaises et étrangères ou de  particulières réunies à cette occasion.
Un voyage assez rare permettant de découvrir les lieux, personnages et événements de Paris au XVII ème siècle qui est encore un peu le nôtre…
A noter: une lecture de lettres de madame de Sévigné par Dominique Blanc.


Solange Barbizier

Jusqu’au 23 août, musée Carnavalet-Histoire de Paris, 14 rue Payenne, Paris (III ème). Tous les jours de 10 h à 18 h.
15€ . Tarif réduit : 13€ et gratuité pour les moins de dix-huit  ans.

Le 21 mai, à 19 h, conférence-projection: Les lettres ordinaires  avec Adrianna Wallis, Orangerie du musée.

Journées d’études les 3 et 4 juin: Présence des femmes dans l’espace public parisien au XVII ème siècle. Organisées en partenariat avec le Comité d’Histoire de la Ville de Paris, elles réuniront des spécialistes pour évoquer la question des femmes dans la Capitale, à cette époque.

 Le  6 juin de 11 h à 17 h ,performance:  Les Liseurs d’Adrianna Wallis, galerie Choiseul du musée. Le 7 juin à 16 h, lecture d’un choix de lettres de madame de Sévigné par Dominique Blanc, sociétaire de la Comédie-Française.

Le 18 juin à 19 h, soirée-concert, en partenariat avec le Conservatoire à rayonnement régional de Paris-Ida Rubinstein. Le 25 juin à 19 h, master-class de Jennifer Tamas, professeure à l’Université de Stanford. En dialogue avec Mélanie Traversier, historienne et comédienne, professeure d’histoire moderne à l’Université de Lille.Le 2 juillet à 19 h, soirée-spectacle : conférence dansée d’Hubert Hazebroucq. 

 

 

 

 


Répondre

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...