Olympe Audouard, première femme journaliste de François de Mazières, d’après les écrits d’Olympe Audouard, de Victor Hugo et d’Alexandre Dumas, mise en scène de Martin Loizillon,
Première femme journaliste française, née en 1832 à Marseille et morte à Nice en 1890, Olympe Félicité de Jouval a été aussi une grande voyageuse, aventurière pourrait-on dire, qui a traversé de manière épique, le XIX ème siècle. Arrivée à Paris, proche de Théophile Gautier et d’Alexandre Dumas, elle fréquente les cercles littéraires où elle rencontre Joseph Mery, Jules Janin, Alphonse de Lamartine…. mais aussi Victor Hugo. Ces écrivains la soutiendront dans son ambition: devenir une femme de presse.
Grâce à un tel parrainage, elle devient une journaliste renommée et fonda en 1851, Le Papillon, bimensuel mondain et humoristique et la revue Cosmopolite qui tiendra seulement quelques mois.Puis Le Fantaisiste en 1862, Littérature, Arts, Causeries de salons, Chronique du Palais, Histoire, Revue bibliographique. Enfin Revue Cosmopolite en 1867 et la Revue des Deux Mondes illustrés qui publie des récits de voyages en 1879. Après le dernier numéro de la Revue des Deux Mondes en 81, elle lancera une revue qui reprend le nom : Le Papillon.
Grâce à sa plume, elle intervient dans le débat public et souhaite transformer cette revue en organe politique. Mais cela lui sera refusé par le ministre de l’Intérieur, au prétexte qu’elle n’est pas un « Français » jouissant de ses droits civils et politiques… D’où, en 1867, sa fameuse Lettre aux Députés: « En réclamant pour la Française, la jouissance de ses droits civils et politiques, que pouvez-vous craindre? Qu’elle soit électrice et éligible? Quel préjudice, cela porterait-il à la grandeur de la France et à la sécurité du pays? Craindriez-vous, par hasard, messieurs les députés, que votre dignité et celle de la Chambre puissent être compromises, si les femmes venaient y siéger à côté de vous, rien de plus, mais aussi rien de moins. Tout est préférable à une exclusion systématique, aussi blessante qu’humiliante pour notre sexe. »Ce spectacle tout en nuances mais haut en couleurs, bien interprété par Gwenaël Ravaux et Nicolas Rigas, retrace la vie d’Olympe Audouard et ses inimitiés entre autres avec le baron Haussmann, préfet de la Seine auquel elle s’oppose quand il a le projet de prolonger la rue Caulaincourt, ce qui nécessiterait le déplacement de deux cent tombes, entre autres, celle de son fils. L’opinion publique s’y opposera aussi; le projet fut donc modifié et un pont surplombera le cimetière Montmartre…
François de Mazières nous fait redécouvrir cette femme singulière et audacieuse qui voyagea à travers le monde et participa à la Commune de Paris. Elle aura été une figure majeure du féminisme français à une époque en pleine transition socio-politique. « C’était une femme au tempérament libre qui tenait tête aux institutions de l’époque, dit Martin Loizillon. Elle est très théâtrale, c’est une Provençale avec quelque chose de très sanguin et il était intéressant de pouvoir travailler ce personnage. « Un beau portrait, bien interprété par Gwenaël Ravaux et Nicolas Rigas
Théâtre du Petit Louvre, Avignon, du 3 au 26 juillet.




