Illusions d’Ivan Viripaev, mise en scène Yordan Goldwater

Illusions d’Ivan Viripaev, mise en scène de Yordan Goldwaser


Le bonheur, un rêve: cinquante-quatre ans de fidélité conjugale sans un accroc et pour finir un long dernier soupir avec une déclaration d’amour à l’autre. Dennis, le premier, par la voix d’une jeune comédienne, édifie la pure et haute tour de son amour pour, avec, de, en, Sandra. Et réciproquement. N’y a-t-il d’amour que réciproque? Là est la question, la petite pierre de trop qui fait s’effondrer l’édifice. Une pierre dans l’eau, qui fait des cercles infinis de doutes et renversements, une pierre dans le jardin des romantiques idéalistes.

©x

©x

On reconstruit la tour qui s’écroule à nouveau, mais apparemment et avec tous ses tourments, l’amour subsiste, renaît, distribué de toutes les façons possibles: ils ne sont pas un couple, mais deux aux amours interchangeables, n’est-ce pas, Margaret et Albert ? Donc, chacun à son tour produit sa vérité qui n’en est pas une, mais une petite pièce de l’édifice, un instant qui déséquilibre tout, une plaisanterie, à égalité avec un coup de couteau dans le cœur… Enfin, n’exagérons rien, un coup d’épingle dans un ballon. Quoique…

Pas d’inquiétude : aussi bien Ivan Viriapev, que son metteur en scène Yordan Goldwaser et Pierre Devérines, Jeanne Lepers, Barthélémy Meridjen, Julie Moutier font preuve d’un bel humour, sec et souriant. Tous «épatants », vieil adjectif convenant à ce jeu très moderne, entre énergie, distance et  naturel… Les récits, drôles, émouvants, se permettent aussi d’être touchants. Et, dirons-nous: plus profonds qu’ils n’en ont l’air. Ce n’est pas « à chacun sa vérité », mais la vérité traversée, en miettes, rebâtie, écroulée…  La conscience secouée de ce qu’on a vécu : l’ai-je vraiment vécu, ou bien c’est ce que je me suis raconté ou ce qu’on m’a raconté ?
Voilà. Nous  n’avons pas envie d’en dire plus, sinon vous inviter à aller voir ce drôle de vertige. Et à chercher aussi dans les  autres pièces  de l’auteur : Les Enivrés , Insoutenables longues étreintes, Les Guêpes de l’été nous piquent encore en Novembre*…

 Christine Friedel

 Jusqu’au 21 juin, Théâtre de la Tempête, Cartoucherie de Vincennes, route du champ de manœuvre, Vincennes. Métro: Château de Vincennes + navette gratuite.  T. : 01 43 28 36 36.
*Ces pièces sont publiées aux éditions Les Solitaires intempestifs.

 

 


Répondre

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...