L’indiscipline,L’indiscipline par le Three Penny Collective, texte de Michal Vojtech, Pierre-Albert Ollivier, Ariel de la Garza Davidoff, mise en scène d’Ariel de la Garza Davidoff
Mais il n’a jamais trouvé de corrélation anatomique entre l’hystérie, la dépression avec le fonctionnement du cerveau. Gilles de la Tourette, interne et assistant en 1884 de Jean-Martin Charcot à la Salpêtrière, y devint son chef de clinique de 87 à 89. Quelques années après, il a été blessé à la tête par un coup de revolver tiré par Anne Kamper, une de ses anciennes patientes à Sainte-Anne qui prétend avoir été hypnotisée contre son gré.
«C’est toute la question, dit le collectif franco-britannique Threepenny, de savoir ce qu’est la maladie, et particulièrement l’hystérie. C’est une maladie très dure à définir et largement contestée aujourd’hui. C’est justement cela qui nous a beaucoup intéressé: essayer de représenter ce qui est dû, dans le comportement des patientes à l’époque, au conditionnement médical de l’asile, quelle est l’influence que peuvent avoir ces médecins sur toutes ces patientes, et montrer aussi un peu le basculement que cela représente dans l’histoire des idées et de la médecine aussi, puisque, c’est très important pour la psychanalyse qui arrive juste après. Sigmund Freud admirait Charcot, et s’en est beaucoup inspiré. »
Sur la petite scène, un fauteuil en bois, et au milieu, une sorte d’alcôve rectangulaire fermée par un rideau de velours coulissant sur une grosse bar en cuivre.
Nous allons assister à un de ces cours-démonstrations avec ses malades que faisait Charcot pour ses étudiants en médecine et un public assez mondain.
Ce soir-là, Louise, la patiente-vedette, est introuvable et cela perturbe la séance. Avec l’aide de Gilles de la Tourette, Charcot doit alors improviser…
Le thème est intéressant: l’hystérie, les traitements violents, la manipulation psychologique des patients… Mais le texte -paraissant vite écrit- et la mise en scène ne sont pas tout à fait à la hauteur.
Pourquoi ces boucles musicales répétitives composées par Nathan Saudek avec quatre chanteurs et piano surlignant très souvent des dialogues assez bavards et manquant d’unité? Pourquoi faire crier aussi souvent les acteurs (qui, par ailleurs,ont tous une bonne diction et une bonne gestuelle), surtout Raphaël Ruiz (Jean-Martin Charcot) dans un quasi-monologue au début? Cela devient vite assez pénible. Distribution inégale. Sacha Augeard (Anne Kamper) est tout à fait remarquable, comme Clément Jarrige (Men, un Patient). Daniela Hirsh (Marie-Blanche Wittman et Fabio Goutet (Gilles de la Tourette) font le boulot très correctement mais sont moins convaincants. Au moins, pour une fois, il n’y a pas ni micros H.F., ni fumigènes mais, malgré quelques bons moments, nous sommes restés sur notre faim…
Spectacle vu le 10 juin au Studio Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, Paris (IX ème); les 15 et 17 juin. Paris ( XVII ème. T : 01 42 93 13 04.
Festival d’Avignon, du 5 au 25 juillet à 21 h 35 à la Luna.

