Le petit Prince d’après Antoine de Saint-Exupéry, mise en scène de Jean Bellorini

Le petit Prince,d’après Antoine de Saint-Exupéry, mise en scène de Jean Bellorini  (spectacle en français et mandarin, surtitré en français)

 Le célèbre conte illustré d’aquarelles de l’écrivain, mort avec son avion en mer; un an après, est dédié à son ami Léon Werth «quand il était petit garçon »: « A toutes les grandes personnes qui ont d’abord été des enfants… Mais peu d’entre elles s’en souviennent. »  D’abord publié en 43 à New York en anglais, puis à Paris quelques jours après, il continue à être édité et a été vendu à plus de deux cents millions d’exemplaires sur la planète. Il l’est encore  avec deux millions chaque année en Chine!  Un phénomène jamais vu:  le livre a été traduit en six cent langues et dialectes, juste après la Bible…

©x

©x

Bien des metteurs en scène ont essayé de l’adapter mais les images et mots de l’auteur restent imprimés dans une sorte de mémoire collective et quand il faut faire incarner ces personnages par des acteurs,  c’est presque mission impossible (voir le récent Petit Prince  à la Scala dans Le Théâtre du Blog).
Plus intelligemment, Jean Bellorini  a pris un chemin de traverse en s’en écartant et en y ajoutant des extraits d’œuvres de grands poètes chinois  comme Du Fu ( VIII ème siècle) pour mieux retrouver ce qui en fait la substantifique moelle… Il a travaillé avec son fidèle François Deblok (Saint-Exupéry), seul interprète français et avec de remarquables chanteurs-acteurs chinois du Yang Hua Theatre, dont  Jin Zhenhe (cinq ans) et Li Yichen (treize ans) qui a bien conscience d’être la vedette très professionnelle du spectacle… Gestuelle impeccable, belles voix,  texte bien dit, il sait déjà comment arriver à séduire un public.

Jean Bellorini avait déjà adapté Les Misérables, le célèbre roman de Victor Hugo avec l’équipe du Yang Hua Theatre à Pékin.  Cela commence par le bien connu: « Dessine-moi un mouton… demande un enfant à l’aviateur dont l’appareil est tombé dans un désert.  Puis Ne me quitte pas, la chanson de Jacques Brel, en chinois et en français .
Cela tient d’un petit opéra avec, pour l’essentiel, chansons, dialogues et récit.  Il y aussi, à l’accordéon Chan Minhua qu’on avait vue dans Les Misérables, mise en scène de Jean Bellorini. Au piano et au synthé, Clément Griffaut qui a coécrit les musiques. Et  Zhong Lifeng, auteur compositeur  folk,  Liu Fanquing et Xiaoliu, chanteuses électro-pop. Sur une grande surface ronde de neige blanche, l’acteur-conteur Xue Fei dit aussi des poèmes chinois des grands écrivains Du Fu et Li Baï (VIII ème siècle).  

C’est une mise en scène très solide et parfaitement rodée: le spectacle a été longtemps joué en Chine et va y être repris. Même si on entre parfois avec difficulté dans l’univers de Saint-Exupéry, le public du T.N.P. avec de nombreux jeunes et enfants, ce qui est rare à Paris, lui, est vite séduit par l’unité de jeu et les images: entre autres, une voiturette tournant cinq ou six fois avec les acteurs dessus qui ont visiblement grand plaisir à jouer. Et ces deux heures, malgré quelques longueurs, passent vite. Très impressionnant, ce public entièrement debout, a longtemps ovationné toute la troupe  et en particulier le le petit acteur-vedette. Il faut espérer que  ce spectacle vraiment populaire soit repris. 

Philippe du Vignal

Spectacle vu au T.N.P. à Villeurbanne (Rhône).


Archive pour 14 juin, 2026

Le petit Prince d’après Antoine de Saint-Exupéry, mise en scène de Jean Bellorini

Le petit Prince,d’après Antoine de Saint-Exupéry, mise en scène de Jean Bellorini  (spectacle en français et mandarin, surtitré en français)

 Le célèbre conte illustré d’aquarelles de l’écrivain, mort avec son avion en mer; un an après, est dédié à son ami Léon Werth «quand il était petit garçon »: « A toutes les grandes personnes qui ont d’abord été des enfants… Mais peu d’entre elles s’en souviennent. »  D’abord publié en 43 à New York en anglais, puis à Paris quelques jours après, il continue à être édité et a été vendu à plus de deux cents millions d’exemplaires sur la planète. Il l’est encore  avec deux millions chaque année en Chine!  Un phénomène jamais vu:  le livre a été traduit en six cent langues et dialectes, juste après la Bible…

©x

©x

Bien des metteurs en scène ont essayé de l’adapter mais les images et mots de l’auteur restent imprimés dans une sorte de mémoire collective et quand il faut faire incarner ces personnages par des acteurs,  c’est presque mission impossible (voir le récent Petit Prince  à la Scala dans Le Théâtre du Blog).
Plus intelligemment, Jean Bellorini  a pris un chemin de traverse en s’en écartant et en y ajoutant des extraits d’œuvres de grands poètes chinois  comme Du Fu ( VIII ème siècle) pour mieux retrouver ce qui en fait la substantifique moelle… Il a travaillé avec son fidèle François Deblok (Saint-Exupéry), seul interprète français et avec de remarquables chanteurs-acteurs chinois du Yang Hua Theatre, dont  Jin Zhenhe (cinq ans) et Li Yichen (treize ans) qui a bien conscience d’être la vedette très professionnelle du spectacle… Gestuelle impeccable, belles voix,  texte bien dit, il sait déjà comment arriver à séduire un public.

Jean Bellorini avait déjà adapté Les Misérables, le célèbre roman de Victor Hugo avec l’équipe du Yang Hua Theatre à Pékin.  Cela commence par le bien connu: « Dessine-moi un mouton… demande un enfant à l’aviateur dont l’appareil est tombé dans un désert.  Puis Ne me quitte pas, la chanson de Jacques Brel, en chinois et en français .
Cela tient d’un petit opéra avec, pour l’essentiel, chansons, dialogues et récit.  Il y aussi, à l’accordéon Chan Minhua qu’on avait vue dans Les Misérables, mise en scène de Jean Bellorini. Au piano et au synthé, Clément Griffaut qui a coécrit les musiques. Et  Zhong Lifeng, auteur compositeur  folk,  Liu Fanquing et Xiaoliu, chanteuses électro-pop. Sur une grande surface ronde de neige blanche, l’acteur-conteur Xue Fei dit aussi des poèmes chinois des grands écrivains Du Fu et Li Baï (VIII ème siècle).  

C’est une mise en scène très solide et parfaitement rodée: le spectacle a été longtemps joué en Chine et va y être repris. Même si on entre parfois avec difficulté dans l’univers de Saint-Exupéry, le public du T.N.P. avec de nombreux jeunes et enfants, ce qui est rare à Paris, lui, est vite séduit par l’unité de jeu et les images: entre autres, une voiturette tournant cinq ou six fois avec les acteurs dessus qui ont visiblement grand plaisir à jouer. Et ces deux heures, malgré quelques longueurs, passent vite. Très impressionnant, ce public entièrement debout, a longtemps ovationné toute la troupe  et en particulier le le petit acteur-vedette. Il faut espérer que  ce spectacle vraiment populaire soit repris. 

Philippe du Vignal

Spectacle vu au T.N.P. à Villeurbanne (Rhône).

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...