Pedro Lacerda Machado
Pedro Lacerda Machado
Son père était officier dans l’armée portugaise mais avait la magie pour sa passion. Pedro avait sept ans, quand il est mort et il n’a gardé que de vagues souvenirs de lui. Mais sa mère avait conservé tous ses livres et accessoires. Puis, un jour, vers à treize ans, il les a découverts et a été immédiatement séduit.
Cette mère avait aussi gardé le contact avec les amis de son père et elle l’a mis en relation avec Saiur, un illusionniste réputé et qui est devenu son premier maître.
Grâce à cela, sous l’influence d’Arturo de Ascanio, il s’est intéressé à la magie des cartes qui est devenue sa spécialité. A seize ans, il s’est été ensuite engagé dans la création de l’Associação Portuguesa de Ilusionismo.
Aujourd’hui, l’A.P.I. est l’association nationale qui compte le plus grand nombre de membres et est affiliée à la Fédération Internationale. Et Pedro Lacerda Machado a été un des organisateurs de la F.I.S.M. 2000 à Lisbonne.
« Après que cette l’organisation de la F.ISM 2000 ait été votée trois ans auparavant à Dresde, dit-il, des membres de l’A.P.I. ont préparé ce congrès. Trois personnes ont été chargées de concrétiser cet événement mondial et j’étais responsable du secteur commercial, Luis de Matos, du secteur artistique et Fernando Marques Vidal est devenu président de cette F.I.S.M. » Pedro Lacerda Machado a souvent fait partie du jury des principaux concours organisés au Portugal; selon lui, ils ont joué un rôle majeur dans le développement de la magie: l’innovation étant un élément-clé de son progrès.
Son livre The Finest Magic of Pedro Lacerda est aussi un hommage à Arturo de Ascanio. « Au fil du temps, dit-il, j’ai disséminé ma magie à travers des articles, notes de cours… J’ai eu le privilège de me rapprocher aussi de Francisco Mousinho, l’un des jeunes artistes les plus talentueux du Portugal. Il savait que mes écrits étaient éparpillés mais il a entrepris d’écrire « mon livre », et, en plus des informations sur mon parcours, il a rassemblé la quasi-totalité de l’historique de mon répertoire et de mes techniques. A cette époque, cela faisait vingt-cinq ans qu’Ascanio était décédé. Il m’avait cité comme l’un de ses fils spirituels et avait été d’une grande générosité envers moi. Alors, aux côtés de Roberto Giobbi, Aurelio Paviato, Joaquin Navajas et Carlos Vaquera, Francisco Mousinho a jugé que le moment était venu d’écrire ce livre, en hommage à mon maître. »
Ce magicien a donc aussi écrit des articles et cours qui ont étayé les nombreuses conférences qu’il a données, notamment pendant l’Euro tour organisé par son ami Jean-Yves Prost: un voyage en Amérique du Sud, au Japon… Et plus tard, au Magic Castle, à Hollywood. Les artistes qui l’ont le plus marqué sont Ascanio et ceux de la Spanish magic School, comme Tamariz, Camilo Vasquez, Antonio Ferragut, Toni Cachadiña. Et le Suisse Roberto Giobbi et le Néerlandais Tommy Wonder.
Il aime toutes les formes de magie: grandes illusions, manipulation, mentalisme… Que recommanderait-il à une débutante ou à un débutant? « Dans un premier temps, dit-il, apprenez et assimilez un maximum d’informations. Puis, vous rejetterez ce qui ne vous convient pas et adopterez les techniques qui vous ont mis en confiance. Cela vous permettra d’atteindre un art plus abouti. En maîtrisant la présentation et en allant vers une performance technique « naturelle », vous créerez ce qu’Ascanio appelait «l’atmosphère magique» et vous serez aux frontières de l’Art.
Quant à la magie actuelle, on voit que des illusionnistes talentueux émergent de nombreuses régions du monde et je suis convaincu que nous avons un avenir radieux. Et, si vous enrichissez votre culture générale et développez d’autres centres d’intérêt personnels, vous deviendrez bien meilleur dans votre spécialité. Ceci est, bien sûr, valable pour tous les arts. »
Sébastien Bazou
Interview réalisée le 11 juin à Dijon (Côte-d’Or).

