Festival d’Avignon L’Hors-Présence, texte et mise en scène de Tiphaine Raffier
Festival d’Avignon
L’Hors-Présence, texte et mise en scène de Tiphaine Raffier
A maintenant à quarante et un ans, une autrice et metteuse en. scène reconnue qui avait travaillé comme actrice avec entre autres, Julien Gosselin, Frank Castorf et Jacques Vincey, a créé Dans le nom, France-Fantôme, La Réponse des Hommes, Némésis. (voir Le Théâtre du Blog).
Cela se passe dans un maison isolée où une jeune femme, atteinte d’une cancer gravement malade est protégée par sa sœur et ses deux frères qui. veillent jour et nuit sur elle. Très consciente, elle a voulu organiser ses derniers jours et, entourée des siens, elle leur a indiqué un flacon et le traitement à lui administrer pour abréger ses souffrances et partir doucement. Mais son message est un peu flou et il y a de la crise dans l’air. Et ses proches semblent désemparés devant la situation. Pourtant son médecin traitant et la jeune infirmière qui vient la laver tous les jours font leur possible pour que cette jeune femme souffre le moins possible.
Une scénographie très construite: soit une boîte aux parois vitrées mais qui occupe le seul centre de la grande scène. Mieux vaut ne pas être assis sur les côtés de la salle… dans une grande pièce hyperréaliste: cuisine, une salle à manger-salon avec quelques étagères de livres, un petit canapé et deux fauteuils. A jardin, un haut paravent cache un peu le lit médicalisé où est toujours allongée la jeune femme.
Comment ne pas être partagé? D’un côté, un spectacle réalisé avec une grande rigueur et d’une belle fluidité, joué par des acteurs qui font tous un impeccable. boulot pendant deux heures et demi, comme les nombreux techniciens. Puis, la grande boîte vitrée s’ouvre en deux parties et la jeune femme entame un long monologue face public. Le spectacle commence assez bien mais les dialogues sont vite d’une pauvreté affligeante et le scénario part un peu dans tous les sens. Les frères et la sœur, personnage mal définis crient souvent sans raison. Tiphaine Rafffier, c’est indéniable, a les sens de l’image et maîtrise remarquablement l’espace mais gère mal le temps et ces deux heures trente-cinq qui nous ont paru plus que longuettes…. n’en finissent pas de finir. . Et curieusement, nous n’avons ressenti aucune émotion.
Vieille histoire dans le théâtre contemporain: la metteuse en scène aurait pu nous épargner ces très nombreux gros plans sur grand écran au-dessus du plateau: entre autres, ceux sur les pieds de la jeune femme allongée. Cet effet devenu stéréotype accablant a été introduit par le metteur en scène allemand Frank Castorf avec lequel justement Tiffaine Raffier a travaillé. Il a depuis a envahi de nombreux plateaux de théâtre et tout à fait logiquement écrase et parasite l’action scénique. Comme dans le Maldoror de Julien Gosselin à Cour d’Honneur.: le public est constamment obligé de choisir, ce qu’il doit voir en priorité!
D’autant plus dommage que ce thème intéressant aurait pu être exploité sans ces moyens coûteux et dans un temps beaucoup plus limité. Ce spectacle évoluera sans doute mais pour le moment, impossible de vous le recommander
Spectacle vu le 4 juillet, à la Fabrica, 11 rue Paul Achard, Avignon ( Vaucluse). Jusqu’au 10 juillet.
Puis en tournée, entre autres, à Nanterre.

