Festival d’Avignon Croire aux fauves, d’après le roman de Nastassia Martin, sur une idée de Constance Dollé, mise en scène de Sandrine Raynal

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Croire aux fauves, d’après le roman de Nastassia Martin, sur une idée de Constance Dollé, mise en scène de Sandrine Raynal

En août 2015, l’anthropologue Nastassia Martin se retrouve face à un ours dans les montagnes de Sibérie. De ce combat vécu comme une implosion, elle a tiré cette histoire. Interprétée ici par Constance Dollé, Camille Grandville et Miglen Mirtchev, des comédiens exceptionnels et mise en scène avec une simplicité de moyens que beaucoup de créateurs devraient prendre en exemple…

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Avant de nous raconter cette histoire, Constance Dollé nous invite à couper nos portables, à couper toute interférence et à nous rendre disponibles à l’écoute: « Le silence est en voie d’extinction”. (Ce festival nous l’a prouvé mainte fois!) « Je veux, dit-elle, croire aux fauves, à leur silence et leur retenue. »
L’anthropologue  qu’elle interprète avec vérité est transformée, après avoir attaquée par un ours. Comme une actrice, elle ressent « la possibilité de voir surgir en moi, un autre. » (…) « On peut devenir un ours comme on devient Médée ou Hedda Gabler. »

Elle convoque en voix off,  Simone Signoret évoquant dans un entretien ce que peut être le sentiment de dédoublement pour une actrice. De cette expérience traumatisante, l’agression d’un ours -qui l’a laissé malgré tout vivante- elle tire un changement profond de son être.Pourtant, la société policée avec ses codes sociaux veut la remettre dans le droit chemin. En vaine : elle a maintenant en elle de l’ADN animal et veut retourner la-bas, au contact de cette vie sauvage et violente. Ce qu’elle fera…. »Il y a métamorphose, il y a quelque chose en moi de différent, je veux être au contact de ce qui me dépasse. … Une bête, voilà ce que je suis devenue. » Tout est dit, et bien dit.

Jean Couturier

Le spectacle a été joué jusqu’au 25 juillet à la Scala-Provence, Avignon ( Vaucluse).

nce.


Archive pour 26 juillet, 2026

Festival d’Avignon 1,2,3 Poquelin d’après Molière, adaptation et mise en scène du collectif tg STAN

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1,2,3 Poquelin d’après Molière, adaptation et mise en scène du collectif tg STAN

© Christophe Raynaud de Lage

© Christophe Raynaud de Lage

Ce collectif belge a posé ses tréteaux à la Carrière de Boulbon, lieu exceptionnel de beauté minérale…  Il nous invite ici à un parcours jouissif et décalé de l’œuvre de Molière. La trilogie, commencée en 2003 avec Poquelin I et continuée avec Poquelin II en 2017, s’est clôturée avec Poquelin 1,2,3,  aux Nuits de Fourvières à Lyon, puis à l’Odéon et ici…
Cocktail pimenté, augmenté de quelques trésors peu connus, le troisième volet de cette adaptation comprend à nouveau plusieurs textes ou extraits: du
 Mariage forcé, de L’Avare, du Médecin malgré lui et du Malade imaginaire. Et il y a, juste avant l’entracte, une pièce écrite à partir de fragments de comédies et autres pièces de l’auteur. C’est une sorte de patchwork moliéresque hilarant et d’une théâtralité novatrice. La troupe semble nous inviter au ballet donné en l’honneur et en présence de Jean-Baptiste Poquelin !

© Christophe Raynaud de Lage

© Christophe Raynaud de Lage

Même en plein air, le rideau rouge est bien là, en fond de scène, avec deux grands lustres en métal doré, style vaguement Louis XIV. Il y a aussi un canapé affaissé, les fauteuils rafistolés et des ustensiles en tout genre.
Et les coups de bâton sont donnés avec des frites de piscine! Tout cela laisse présager une rencontre peu traditionnelle avec le monstre du théâtre du XVII ème siècle.
Quant à l
espace de jeu, il fait aussi penser à un ring  et nous avons assisté à un véritable marathon de quatre heure trente, dune force dramatique et à la fois, sensuelle, comique et féroce. Le tg Stan avec cette mise en scène excentrique, intensifie et actualise le théâtre classique aux trois unités: temps, lieu et action .
Les costumes composites d’
Inge Büscher et An d’Huys, sont en tissu usé aux couleurs bigarrées.  Les chaussures argent, tenues de sport, T-shirts, robes sexy ou féériques… renforcent avec une complicité esthétique, le jeu à la fois précis, inventif et déjanté de Robbie Cleiren, Jolente De Keersmaeker, Damiaan De Schrijver, Els Dottermans, Tine Embrechts, Bert Haelvoet, Willy Thomas et Stijn Van Opstal. Tous s’emparent avec un plaisir évident de Molière.
Leur accent flamand est un atout de drôlerie supplémentaire, même si ce n’est pas évident pour eux, de saisir cette langue théâtrale en prose ou en vers. «On dit des choses et on ne comprend pas ce qu
on dit! »: trouvaille formidable, cette intervention inattendue et cocasse du souffleur (Damiaan De Schrijver) sur la scène, est un moment merveilleux !
Il y a, ici, une grande liberté dans l’interprétation et un échange très communicatif avec le public, en regard de cette désopilante galerie de portraits. Et l
esprit, l’œil et la parole dramatique aiguisés de Molière sur les travers de la condition humaine,  ses lâchetés, l’hypocrisie des règles et convenances sociales, sont à la fête ! Devant cette originalité pertinente et cette folie joyeuse, les spectateurs, surpris, émus, rient comme s’ils découvraient pour la première fois, le théâtre de Molière.

 Elisabeth Naud

 Spectacle vu le 22 juillet à la Carrière de Boulbon (Bouches-du-Rhône).

Théâtres en Dracénie, Draguignan, le 4 octobre. Comédie de Caen-Centre Dramatique National (Calvados), du 8 au 10 octobre. Théâtre de la Cité-Centre Dramatique National de Toulouse Occitanie, avec le Théâtre Garonne (Haute-Garonne) du 14 au 17 octobre.

Le Quartz-Scène nationale de Brest (Finistère), du 4 au 6 novembre. Le Manège-Scène nationale transfrontalière, Maubeuge ( Nord) le 13 novembre

Théâtre du Rond-Point, Paris ( VIII ème), du 3 au 6 décembre.

 

Le Silence de Claire Lagrange, texte et mise en scène de de Céline Delbecq

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Le  Silence de Claire Lagrange, texte et mise en scène de Céline Delbecq (à partir de quinze ans)

Cela se passe dans une clinique psychiatrique près d’une grande forêt… Depuis une crise de démence au tribunal où elle plaidait, l’avocate Claire Lagrange y a été internés et a sombré dans  un profond mutisme. Mais elle peint des gouaches.  Il y a là,  aussi hospitalisés,  Jean un homme qui écrit à un pupitre et Sylvia, sa femme, assise sur un canapé.
La directrice de cette clinique, suroccupée qui essaye de jongler avec les chiffres et les plans de travail et la mère de Claire parlent d’elle et de sa maladie. Cette mère désemparée ne comprend pas ce qui a pu arriver à sa fille: guérira-t-elle et  retrouvera-t-elle la parole ? 

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Céline Delbecq, artiste belge, presque tout le temps assise au dos public, devant une photo de Claire Lagrange. Elle joue la  narratrice,  les nombreux autres personnages et dit aussi les didascalies.
Isabelle Darras (en alternance avec Louison De Leu), elle, manipule  des Playmobils dans un petit décor qu’une caméra filme et  les images sont simultanément transmises sur grand écran en fond de scène.  Un procédé usé mais bon… 
Thème intéressant, réalisation honnête mais le scénario, comme les dialogues assez incompréhensibles, nous ont laissé sur notre faim et nous n’avons pas compris pourquoi Céline Delbecq avait mis en scène ces Playmobil.
On connait, créées  en 74 par les fabricants allemands de jouets Hans Beck et Horst Brandstätter en 74, ces figurines en plastique à la tête deux fois plus grosse que nature et aux membres articulés de 7,5 cm de hauteur. ( Plus de 2,3 milliards de figurines ont été fabriquées et environ 3.000 personnages créés!) Mais déjà laids, ils le sont encore plus quand on les voit ici à l’écran.
Résultat garanti: ils cassent la vie même des personnages que Céline Delbecq veut représenter et très vite, nous avons décroché. Une mienne amie s’est une peu endormie devant ce spectacle où l’animation de ces fausses marionnettes ne peut fonctionner. Et l’ensemble reste sec, sans poésie, sans  humour. A la sortie,
 public, lui, semblait très partagé, entre admiration pour certains, et ennui pour les autres…

Philippe du Vignal

Spectacle joué du 4 au 25 juillet, au Théâtre des Doms, 1 bis rue des escaliers Sainte-Anne, Avignon (Vaucluse).

 

 

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