Hôtel Feydeau

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© Thierry Depagne

Hôtel Feydeau d’après Georges Feydeau, mise en scène de Georges Lavaudant

 

Georges Feydeau

Georges Feydeau

Georges Lavaudant avait déjà présenté un remarquable Fil à la patte dans ce même Odéon en 2001 et On Purge bébé quelques années plus tard à Madrid avec la grande actrice Nuria Espert. Cette fois, il s’attaque à un montage de courtes pièces que Georges Feydeau avait écrites à la fin de sa vie, sans doute inspiré par la guerre sans fin qu’avait connu son couple. C’était il y a déjà un siècle, quand, enfin divorcé, il avait élu domicile à l’Hôtel Terminus à Saint-Lazare.

Ces pièces, encore plus que les grandes, ont toutes un dénominateur commun: le corps! Corps mourant malade, constipé ou en proie à l’entérite avec des descriptions anatomiques précises! corps aussi prêt à procréer, et corps à moitié nu qu’il faut à tout prix cacher! Corps de trois femmes et d’un gamin, comme si Georges Feydeau avait voulu épargner son corps à lui, adulte masculin, (il  sombrera dans la folie quelques années plus tard,  en 1920, à cause d’une syphilis).

Le  début de Cent millions  qui tombent, et On purge bébé, Mais n’te  promène pas toute nue, Feu la mère de madame, et Léonie est en avance : quatre pièces  toujours montées et parfois avec bonheur un siècle après leur création, comme par Didier Bezace  (voir Le Théâtre du Blog). Mais ici, elle font l’objet d’un découpage pour le moins curieux avec des fragments tricotés ensemble. « Le plus difficile, remarque Georges Lavaudant a été de veiller à ce que les mécanismes fonctionnent, même quand elles sont amputées de certains rouages (…) Les matériaux ne manquent pour construire une traversée de Feydeau en mode Hellzapopin. La difficulté, c’est de rythmer la folie, tout en préservant la lisibilité de chaque pièce du puzzle ».  Le metteur en scène est lucide quand il en parle… Mais désolé, ici, on ne comprend pas très bien ce qu’il a voulu faire.

Et cela ne fonctionne pas vraiment ! D’abord à cause d’une scénographie- plastiquement très réussie-de son fidèle Jean-Pierre Vergier qui a imaginé un (trop) grand espace blanc avec deux portes et quelques chaises de couleur, ce qui ôte toute intimité à cette série de quatre pièces qui en aurait bien besoin…
Et, comme Georges Lavaudant arrête sec l’action d’une pièce,  cela devient vite frustrant  car il nous prive des meilleurs moments. Pour laisser place à un petit ballet, avec les domestiques et leurs maîtres sur des airs de jazz, chargé de faire la transition… Et en même temps,  le titre Hôtel Feydeau est projeté sur le mur du fond, comme si Georges Lavaudant avait besoin de se persuader lui-même et de nous rappeler qu’il s’agit bien d’un montage…
Quand au rythme général du spectacle, on voit tout de suite qu’il n’arrivera pas à se mettre en place. A la toute fin seulement, un tourbillon de personnages des différentes pièces apporte en quelques minutes, ce souffle de folie et de délire qu’on attendait depuis le début… Dommage.

Comme Georges Lavaudant a toujours eu une redoutable intelligence scénique, il a compris qu’il valait mieux bien s’entourer devant ce casse-gueule programmé, et il a fait appel avec bonheur à ses vieux complices: André Marcon (tout à fait remarquable dans Lucien (Feu la mère de madame) quand il rentre d’un bal costumé en Louis XIV, et dans Chouilloux (On purge bébé), et à Gilles Arbona, (brillant Follavoine dans cette même pièce) et Manuel Lelièvre, tout aussi à l’aise et étonnant que dans le théâtre de Valère Novarina, et qui joue le petit Toto dans On purge bébé, Ventroux dans Ne t’promène pas toute nue, et Toudoux, dans Léonie est en avance. Avec Astrid Bas, aucun doute: c’est bien grâce à eux que le spectacle peut arriver quand même à exister…

Malgré une construction dramaturgique approximative: (à bricoler ainsi les textes, cela se paye!) et malgré aussi une mise en scène qui a le plus grand mal à trouver son rythme, il y a de bons moments, quand Joseph, un valet qui n’est pas du bois dont on fait les flûtes, comprend qu’il a frappé à la mauvais porte pour annoncer le décès de sa patronne… Au grand dam de son gendre qui voit brutalement un héritage lui passer sous le nez. Ou quand le jeune Toto, qui préfigure le Victor de Victor ou les enfants au pouvoir de Roger Vitrac, se révolte contre ses parents.

Bref, comme dans ses grandes pièces, l’humanité ne sort pas grandie de ce constat teinté d’une noirceur et d’une grande amertume où les choses tournent vite au cauchemar : comme chez Eugène Labiche, dont Georges Lavaudant avait monté Un Chapeau de paille d’Italie, la société est un espace de guerre ouverte sur fond d’argent, voire de pouvoir politique, pour les couples mariés mais aussi pour ces faux couples mais bien réels que sont les patrons impitoyables et leurs domestiques obligé d’être roublards pour leur résister: ils ne s’aiment guère et s’affrontent sans cesse, même s’ils ont tous besoin les uns des autres!

 On sourit, on rit aussi parfois, grâce à la précision et la rigueur du jeu des comédiens principaux absolument virtuoses. Mais on s’ennuie aussi un peu. Alors à voir ? A vous de décider: on peut espérer que le spectacle se bonifiera, si Georges Lavaudant resserre d’urgence les boulons mais, pour le moment, le compte n’y est pas tout à fait…

Philippe du Vignal

Odéon-Théâtre de l’Europe, Paris 6ème, jusqu’au 12 février.

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Où les cœurs s’éprennent

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Où les cœurs s’éprennent, d’après les scénarios des films Les Nuits de la pleine lune (1984) et Le Rayon vert (1986) d’Eric Rohmer, mise en scène de Thomas Quillardet.

 

 Après le cycle des Six Contes moraux (1962-1972), Eric  Rohmer tourne la série des Comédies et Proverbes (1981-1987),  où il  porte un regard sur des jeunes gens contemporains et libres, hors de repères moraux passéistes et qui s’égarent en perdant leur cœur, tentant d’accorder désir et amour prétendu aux normes d’une société bourgeoise et ouverte.L’éducation sentimentale de ces amants en herbe, enclins à l’écoute d’un imaginaire prometteur et enthousiaste, fait d’abord l’épreuve d’initiations nouvelles et de vertiges amers, à travers l’exploration de la palette des jeux possibles des passions. Le titre du spectacle est inspiré de ces vers rimbaldiens : « Oisive jeunesse/ A tout asservie/ Par délicatesse/ J’ai perdu ma vie. / Ah ! Que le temps vienne/ Où les cœurs s’éprennent. » (Chanson de la plus haute tour,1872)

Ici, Les Nuits de la pleine lune et Le Rayon vert se succèdent comme pour renverser métaphoriquement les astres, côté lune d’abord puis côté soleil, comme si le grain du cinéma d’Eric Rohmer : délicatesse et justesse émotive des instants vécus et du sentiment existentiel, l’éclat collectif d’un jour ou l’ombre solitaire d’un autre, s’incarne ici à travers le théâtre de corps vivants et furtifs, dans la proximité du public.

Grâce à des acteurs affranchis, jouant la distance et l’ironie amusée. Ame en quête et jeunesse en peine, Louise (Anne-Laure Tondu) vit avec son compagnon architecte à Marne-la-Vallée mais s’autorise des nuits parisiennes en solo pour tester la mesure de son amour. Et Delphine (Marie Rémond), dont les vacances en duo sont annulées au dernier moment, se voit condamnée à l’isolement et confinée à Paris pour l’été…Heureusement, les amis de l’une et de l’autre,bons ou mauvais conseillers, sont là. Cette vision scénique n’en reste pas moins fidèle au rêve baudelairien du vert paradis des amours enfantines, avec chansons, baisers et bouquets.

Mais ici, la comédie sentimentale se confronte avec des accessoires bruts et naïfs : un matériel de dessin pour écoles d’art, selon la scénographie de James Bandily. Puisqu’on rénove un studio, une immense feuille blanche de papier cartonné tient lieu de lais muraux immaculés, et  celle qui recouvre le sol est décollée plus tard, pour  simuler le revers d’un drap de lit  où on se glisse; un morceau de papier déchiré fait l‘affaire pour inscrire un numéro de téléphone.Un parasol désinvolte et un seau de peinture bleue renversée suggère la mer et un autre rempli de sable que l’on déverse évoque la plage des vacances ; quelques tréteaux suffisent pour les tables familiales d’amis où l’on déjeune  ou dîne. Sans parler des boîtes de nuit où l’on danse.

 Les lieux divers et la succession des intrigues se conjuguent gracieusement ; le personnage est à Paris puis à Marne-la-Vallée, un train électrique d’enfant avec son bruit significatif fait office de RER, aller et retour mais la voiture d’un personnage  peut aussi être utilisée pour un trajet circulaire qui cernant un  appartement.

Cette comédie sentimentale  à la conversation douce-amère est jouée par des acteurs limpides avec des dialogues ciselés intimement vécus, au souffle près. Benoît Carré, Florent Cheippe, Guillaume Laloux, Malvina Plégat et Jean-Baptiste Tur apportent la belle couleur de leur personne généreuse, attentive et réceptive. Les filles peuvent être jouées par des garçons, et le tableau n’en est que plus vif … Mais les stratégies amoureuses ne varient guère d’une époque à l’autre et les jeunes gens conserveront d’eux et des autres, une image qui relève de leur propre création.

Et la postmodernité ne fait rien à l’affaire : les mêmes drames sont provoqués par les mêmes mensonges, doutes et illusions, erreurs d’interprétation, et confusions entre le monde sensible et l’imaginaire. Saura-t-on jamais qui on est, et qui on aime vraiment ? Un spectacle tout en fraîcheur : émotion, goût de vivre et foi en l’instant.

Véronique Hotte

Théâtre de la Bastille, rue de la Roquette Paris 11 ème  jusqu’au 19 janvier. T : 01 43 57 42 14.

 

Letzlove-Portrait(s) Foucault

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Letzlove-Portrait(s) Foucault, à partir de Vingt ans et après de Thierry Voeltzel, mise en scène de Pierre Maillet

 L’an passé, nous avions assisté, à la Comédie de Caen, à une première étape prometteuse de cette création, tirée d’un livre d’entretiens publié en 1978, et sorti de l’oubli en 2014, par les Editions Verticales (voir Le Théâtre du Blog). Il s’agissait, à l’époque, de réaliser le portrait-type du «garçon de vingt ans » dans les années  soixante-dix. Le jeune homme qui signe Vingt et après, répond aux questions d’un interlocuteur alors anonyme, qui se révèle aujourd’hui être Michel Foucault : « »S’il y a mon nom, on ne lira pas ce que tu dis.“ Michel pensait même qu’il n’était pas nécessaire qu’il y ait le mien non plus. Il aurait bien voulu un livre: Letzlove.» explique Thierry Voeltzel. Cette belle anagramme de son patronyme, proposée par Michel Foucault,  est le titre du spectacle.

Pierre Maillet garde la formule questions/réponses du livre et tient le rôle du philosophe dans cette pièce qui suit la chronologie des enregistrements constituant la matière première de l’ouvrage. Elle s’ordonne en séquences dialoguées, titrées selon les thèmes abordés : homosexualité, politique, conflits familiaux, militance, travail… D’abord intimidé par les questions du maître, le jeune homme (Maurin Olles) réplique avec de plus en plus d’aplomb.

 Le théâtre donne vie à ces personnages que les acteurs interprètent, plus qu’ils n’essayent de les singer. Pierre Maillet ne se grime pas en Michel Foucault, contrairement à sa démarche dans  un autre spectacle, La Cuisine d’Elvis (voir Le Théâtre du Blog). Maurin Olles puise en lui-même l’insouciance de la jeunesse… Et ils mettent surtout en valeur l’humour qui sous-tend cette conversation à bâtons rompus, à la fois sérieuse et qui s’égare avec bonheur.  Ils nous font aussi ressentir l’amitié ambiguë qui se cache derrière les mots. On sent ici l’homme mûr désirant, et le  jeune homme, éludant tout sentimentalisme. Une chronique des années 70, mais aussi celle, plus discrète, d’une relation amoureuse. 

 Mireille Davidovici

Théâtre Monfort 106 Rue Brancion, 75015 Paris. T: 01 56 08 33 88, jusqu’au 21 janvier.  www.lemonfort.fr

Du 28 février au 4 mars, au Centre Dramatique National de Haute Normandie/ Rouen et du 25 au 27 avril,  au Quartz  de Brest

 

Les Liaisons dangereuses

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Les Liaisons dangereuses d’après le roman de Choderlos de Laclos, adaptation et mise en scène de Georges Kimoulis

 Ce roman épistolaire français, publié en 1782, annonce déjà un certain scepticisme concernant les relations de l’homme avec son entourage. Ainsi, Valmont est la fusion de Dom Juan, personnage légendaire espagnol en quête d’une certaine spiritualité, et de Casanova, le fameux Italien, conquérant de femmes, montrant la manière de faire à tous les adeptes d’Epicure.

Dans cette transposition scénique, Valmont suit la piste de ses futures victimes, quand se prépare la seconde guerre mondiale. Georges Kimoulis a créé une nouvelle partition, à partir de l’instrument totalitaire mis en fonction par Hitler quand il accède au pouvoir. En Europe, plongent dans la misère des poursuites tous ceux qui osent encore rester attachés au «pour qui» et  au «pourquoi», questions qui avaient fondé, au début de l’entre-deux-guerres, un discours de sagesse, propre à l’esprit démocratique et pacifiste. Georges Kimoulis joue un Valmont selon la pensée de la population féminine, ancrée dans l’espace même des changements de tout un continent : il y a ceux qui perdent et il y a ceux qui profitent de la guerre.  Ce Valmont se trouve au milieu mais n’a pas peur de montrer au public la partie qu’il favorise, et son désespoir vient de son moi traumatisé depuis l’enfance. Il est, en vérité, l’enfant d’un passé dérisoire et d’un présent maladif et pourri. Et son avenir… celui d’un d’un revenant qui fait peur! Ce Valmont gnostique a des excuses «psychologiques». Pourtant, son désespoir est sincère, et dans cette histoire, il  goûte pleinement sa solitude, et ressent un manque de compagnon de route: il ne trouve pas madame de Merteuil (Evelina Papoulia) vraiment à la hauteur de ses préoccupations philosophiques.   Ici la Merteuil n’arrive pas à descendre aux tréfonds de la pensée de Valmont et rit sans raison valable, presque à chaque fois qu’elle reçoit une dépêche de son ex-amant. Le reste du temps, elle se promène avec complaisance, loin du personnage imaginé par Choderlos de Laclos.  Anna-Maria Papacharalabous passe aussi une peu inaperçue, loin de la richesse sentimentale de Madame de Tourvel. Au contraire, la jeune Nancy Boucli (Cécile) est  tout à fait intéressante. Mara Darmousli exprime bien la sensualité de Madame de Volanges. Et Maro Kondou, qui, en Grèce, obtient de grands succès au théâtre comme au cinéma, a la personnalité d’une actrice mûrie par l’expérience et est remarquable dans Madame de Rosemonde, la tante de Valmont. Comme Spyros Sarafianos,  (le comte de Gercourt)

 Labros Ktenavos (Danceny) met bien l’accent sur son amour pour Cécile  mais aussi sur les besoins d’argent de ce jeune personnage. Théodoris Bouzikakos dépasse le rôle de simple valet pour devenir une sorte de commandeur de l’espace à travers un véritable masque d’indifférence. Et Chryssa Clouva, (la servante) rappelle, avec justesse, que les jeunes domestiques, obligées de travailler dur, devaient aussi,  au moment choisi par le maître, satisfaire ses appétits sexuels…

Grâce aussi au charme et à l’efficacité esthétique des décors et de l’éclairage de Pawel Dobrzycki, et des vidéos de Georges Kimoulis,  cette création aura sans doute une influence sur le théâtre athénien…

 Nektarios-Georgios Konstantinidis

 Théâtre Alma  15-17, rue Akominatou, Athènes, T. 0030 210 52 20 100

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Mon traître, d’après Mon traître et Retour à Killybegs de Sorj Chalandon

 

Mon traître, d’après Mon traître et Retour à Killybegs de Sorj Chalandon, adaptation et mise en scène d’Emmanuel Meirieu

 

 

(C) Giovanni Cittadini Cesi

(C) Giovanni Cittadini Cesi

Ça commence comme un conte cruel, égrené par une voix off enfantine : il était une fois une princesse dont le château s’écroulait un peu plus, chaque fois qu’elle accouchait,  et qui meurt écrasée par une pierre, et ses enfants, eux, sont devenus des corbeaux… Sous ces sinistres auspices et une pluie battante, dans un cimetière de Belfast en avril 2007, Antoine s’adresse à la dépouille de son ami : un récit « fondé sur des faits réels», annonce un cartouche projeté sur un écran transparent à l’avant-scène où défileront ensuite, entre deux éclairs, images d’actualité et vols de corbeaux.

 Dans un clair-obscur maintenu jusqu’à la fin, on entend, rapportée par trois voix successives, la tragédie d’un homme, traître à la cause de l’armée républicaine irlandaise (IRA), à l’admiration de son fils et à l’amitié d’un jeune militant français. Sorj Chalandon, grand reporter à Libération, a couvert le conflit en Irlande du Nord,  et s’est lié d’amitié avec Denis Donaldson, celui qui, sous sa plume, deviendra Tyrone Meehan, personnage de deux romans et dont il a appris l’assassinat par l’IRA dans la presse. «  C’était un tout petit article, “Un traître au sein de l’IRA“ disait le titre en gras.  L’article disait qu’il avait avoué avoir trahi les républicains pendant vingt-cinq ans (…) » 

 Immobile et face public, l’Antoine de Mon traître, (Laurent Caron), surmonte son chagrin pour dire à Tyrone Meehan combien il l’a admiré en héros de la lutte contre l’occupant britannique, et le choc de la révélation : «Il fallait que Tyrone me parle. Il fallait que je le voie. Il fallait qu’il m’explique. » «Pourquoi tu as fait ça ? Est ce que trahir, ça fait mal ? Est-ce qu’un traître, c’est tout le temps ? » lui demande à son tour son fils, joué par le chanteur Stéphane Balmino.

 Et le traître, revenu d’entre les morts et ressuscité par  Sorj Chalandon dans Retour à Killybegs, raconte son enfance dans l’Ulster assiégée, les humiliations et les violences subies par les Irlandais, la révolte, les années de prison et les circonstances de son acte odieux. Jean-Marc Avocat prend en charge avec conviction ce récit à la première personne qui met à nu le drame d’un homme et révèle un pan peu glorieux et trop vite oublié de l’histoire d’Angleterre : la répression sauvage dans les geôles britanniques, et ces interminables grèves de la faim et de la saleté (dirty protest) de quelque trois cents prisonniers politiques, dans une épouvantable puanteur.

Le théâtre, tout en restant sobre, apporte un supplément de chair et d’émotion à ces romans déjà chargés de vécu. «Meirieu a fait des choix dans ces textes. Coupes franches, disparitions de répliques, de personnages. Le théâtre est une autre aventure (…) C’est une histoire d’Irlande qu’Emmanuel Meirieu nous raconte », approuve Sorj Chalendon. La mise en scène, en effet, respecte l’esprit de ce diptyque, tout en lui donnant, par la magie des éclairages, vidéos et musiques d’une extrême discrétion, une densité propice à des prises de parole directes. Seul en scène, chaque acteur, immobile devant le micro, s’adresse au spectateur, et lui fait d’autant plus saisir les nuances d’une écriture ciselée, à fleur de peau.

 Mireille Davidovici

 Théâtre du Rond-Point, 2 bis Avenue Franklin Delano Roosevelt, 75008 Paris. T: 01 44 95 98 00,  jusqu’au 29 janvier.
www.theatredurondpoint.fr

 Le 7 février, Le Salmanazar, Epernay (51) ; les 14 et 15 février, Maison de la culture de Tournai (Belgique) ;  le 28 février, Quai des Arts, Argentan (61) ; le 2 mars,  Centre d’art et de culture de Meudon (92) ; le  10 mars, Châteauvallon (83) ; le 14 mars, Le Liburnia ,Libourne (33) ;  le 17 mars, Théâtre de Vénissieux (69) ;  le 23 mars La Piscine- Atelier Culture, Dunkerque (59) ; le 28 mars, Le Passage, Fécamp (76) ; le 31 mars ;  Le Vallon ,Landivisiau (29).

Mon traître et Retour à Killybegs sont publiés aux éditions Grasset. 

La Nuit juste avant les forêts de Bernard-Marie Koltès

 La Nuit juste avant les forêts de Bernard-Marie Koltès, mise en scène de Jean-Pierre Garnier

 

« Je ne dis pas qu’il faille empêcher les mères d’aimer leurs petits. Je dis simplement qu’il vaut mieux que les mères aient encore quelqu’un d’autre à aimer », écrit Romain Gary dans La Promesse de l’Aube. Le narrateur et l’anti-héros du soliloque de Bernard Marie- Koltès (1977), ne formule pas les choses autrement quand il répertorie les groupes qui composent notre humanité.

Gagner sa vie, travailler et rester autonome est chose difficile, surtout quand on ne trouve plus l’amour adulte qui remplacerait le premier. Le jeune sans-abri vient dans la nuit noire et sous la pluie d’aborder un autre lui-même, pour lui  parler, attiré par sa manière de bouger les épaules qui ne trompe pas quant à l’authenticité  et la qualité existentielle d’un être.

Le narrateur se dit «étranger» mais reconnaît immédiatement «cette nervosité-là, qu’on ne peut pas cacher – parce que tout cela qui est la nervosité, cela vient de la mère, tout droit, et leur mère, les loulous, ils ne peuvent pas la planquer, quoi qu’ils fassent… » Ainsi, vont les hommes dans un indescriptible chaos : loulous, et exécuteurs, comme son père et peut-être lui-même, «les loubards sapés qui font la chasse aux ratons », «les raqués qui font la manche», les flics, les soldats, les politiques, tous font partie de «ce bordel» qui se réduit à un désert mental et moral extrême, surtout quand on ne veut pas travailler en usine et que les autres fils à maman, les décideurs, vous poussent toujours plus loin.

 Il rêve d’un syndicat international efficace car les «cons»-les êtres sans défense-vont, par exemple, jusqu’à débarquer au Nicaragua, alors que le travail se trouve toujours ailleurs : «Tu es toujours plus étranger, tu es de moins en moins chez toi, on te pousse toujours plus loin que tu ne saches pas où tu vas… » Comment vivre et survivre dans le désert d’une telle existence ? La vision de Bernard-Marie Koltès est prémonitoire des flux de migrants actuels.

 Eugène Marcuse, dirigé, Jean-Pierre Garnier qui a conçu une belle mise en scène, à la fois sobre et aiguisée, donne toute son énergie à ce  personnage dévastateur. Courant à bout de souffle ou bien s’arrêtant net auprès des servantes aux  ampoules nues, il ne cesse d’arpenter la scène, collant son visage au faisceau lumineux, ou préférant l’ombre, évitant de se regarder dans le moindre miroir, alors que des morceaux de miroiterie scintillants jonchent  le sol.

L’acteur déclame, vocifère, tremble, met à nu sa fragilité et son obstination, et sa capacité nous interpeller. Il se souvient de Mama sur le pont qui l’a aimé toute une nuit avant de disparaître à jamais, et de cette jeune blonde pas trop blonde et pas trop bouclée, si belle et à la fois si brutalement félonne, raciste et fasciste. Eugène Marcuse bataille et lutte en personnage koltésien pour sa dignité.

Véronique Hotte

Le Théâtre de Poche-Montparnasse. 75 Boulevard du Montparnasse, 75006 Paris. T : 01 45 44 50 21,  jusqu’au 7 janvier.

Chotto Desh, d’après Desh, chorégraphie d’Akram Khan

 

Chotto Desh,  d’après Desh, chorégraphie d’Akram Khan, mise en scène et adaptation de Sue Buckmaster.

©Richard Haughton

©Richard Haughton

Une belle reprise de ce solo à succès, Desh, créé en 2012, destinée ici au jeune public et dansée en alternance par Dennis Alamanos et Nicolas Ricchini.

Chotto Desh (petite patrie), pleine de poésie visuelle, nous transporte dans la jeunesse du chorégraphe jusqu’à ses seize ans… C’est d’abord son père, originaire du Bengladesh, cuisinier talentueux,  qu’il évoque en voix off et dans une astucieuse pantomime dansée. Puis on entend sa mère, venue, elle, des Philippines, qui raconte une histoire à son fils Akram, où il est question, pêle-mêle, d’un boa, d’un éléphant, d’un petit garçon courant dans la mangrove, des pluies de la mousson et de l’irruption d’un tigre invisible rugissant…

Grâce à un subtil jeu de danse et à un dessin animé projeté, les enfants, comme les adultes, adhèrent pleinement au propos. Une heure durant, nous revivons les appréhensions et les envies de danse du jeune Akram qui, selon son père, «a toujours eu la bougeotte». L’enfant lui répond : «Je veux danser papa, je veux danser, danser»; il finira par trouver son propre chemin qui l’a guidé pour la première fois, dans ce même théâtre, en novembre 2002, avec son premier spectacle Polaroïd Feet.

 Nicolas Ricchini, seul en scène, a une présence et une mobilité formidables : il court, saute, traverse le plateau, joue avec deux chaises; une frénésie s’empare de son corps, comme elle a colonisé celui du chorégraphe qui nous fait, bien sûr, découvrir une gestuelle proche de la danse kathak qu’il a beaucoup pratiquée depuis son plus jeune âge.

Un voyage romancé dans la mémoire d’Akram Khan très réussi, et qui remporte un succès mérité.

 Jean Couturier.

Théâtre des Abbesses 75018 Paris jusqu’au 6 janvier.

Theatredelaville-paris.com           

 


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La Cucina dell’Arte des frères Ronaldo

 La Cucina dell’Arte des frères Ronaldo

213-Bennydegrove_lusterRegrets sur quoi l’enfer se fonde, écrivait Guillaume Apollinaire dans La Chanson du mal-aimé. Donc pour nous éviter des regrets en ce dernier jour de 2016, nous ne voulons pas passer l’occasion de vous parler de cette Cucina dell’Arte  (voir Le Théâtre du blog).

Nous n’avons pu voir ce deuxième spectacle des Ronaldo pour cause d’arrivée tardive dans le chapiteau où au contraire de qui avait nous été dit au téléphone, nous n’avons pu avoir le droit d’entrer.

Mais nous avons finalement vu une partie de cette Cuccina en vidéo et pour ne pas laisser l’année finir sans en parler, voici quelques lignes sur ce très beau spectacle.  Sous le petit chapiteau, un lustre à bougies suspendu au chapiteau qui éclaire quelques tables d’une pizzeria nappées de rouge, une sorte charrette qui tient de l’orgue de barbarie, du four à pizza et d’un bar-orchestre mécanique où des verres font de la musique…

Dans le noir,  sur une petite table, en équilibre sur une pyramide d’assiettes qu’il a cassées Dany  essaye d’allumer les bougies du lustre  mais se retrouve pendu au dit lustre, sans espoir d’en descendre, pendant que le chef dresse les tables. Pas de dialogue autre qu’un gromelot aux bribes de mots dans un italien très approximatif. Le chef insupportable et arrogant (David) donne ses ordres au pauvre Dany, émouvant dans ses maladresses à répétition, mais qui sait aussi aplatir la pâte à pizza, debout sur une planche posée sur un gros rouleau à pâtisserie, puis qui jongle en virtuose avec un disque de pâte au bout d’un doigt.

Ensuite, catastrophe absolue, la pizza mise à cuire va vite dégager une odeur de brûlé dans un nuage de fumée. Un livreur de Pizza Hut viendra heureusement apporter une pizza impeccable que Dany servira à un couple de spectateurs invités sur la piste. En attendant, il se livre à un numéro des plus virtuoses, en faisant tourner des assiettes sur une dizaine d’axes. Il y a ici à la fois du Buster Keaton et du Lapin-Chasseur (1990), ce spectacle-culte de Macha Makeieff et Jérôme Deschamps où l’on voyait à tour de rôle la cuisine et la salle d’un minable restaurant…

Aucun doute : Dany sait établir une formidable complicité avec le public, adultes comme enfants, emportés par le rire. Le spectacle, si l’on en juge par cette vidéo, n’a peut-être pas tout à fait la même poésie que le précédent (voir Le Théâtre du Blog) mais quelle élégance, quelle maîtrise du corps et quel savoir-faire pour déclencher  les gags ! Bref, des denrées plutôt rares dans le théâtre contemporain.

Décidément le cirque, depuis quelques années et sous les aspects les plus divers, n’en déplaise à M. Laurent Wauquiez qui n’aime guère les écoles de cirque, aura acquis ses lettres de noblesse…La Cucina dell’arte passera bientôt à la Villette. Ne ratez surtout pas ce spectacle fait d’un mélange savoureux  de jonglerie, de gags comiques mais aussi d’acrobatie.

 Philippe du Vignal

 Spectacle vu sur une vidéo et qui s’est joué en décembre à l’Espace-Cirque d’Antony (Hauts-de-Seine) et sera repris à La Villette, Paris  du 22 février au 12 mars.

 

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Terabak de Kyiv

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Terabak de Kyiv, mise en scène de Stéphane Ricordel, composition musicale de Vlad Troitsky  et des Dakh Daughters

 

C’est une création composite avec les Dakh Daughters, six formidables jeunes musiciennes, chanteuses et  actrices ukrainiennes qui jouaient une sorte de chœur dans Antigone à la Comédie de Caen. (voir Le Théâtre du Blog). A coup de morceaux de rock et chants traditionnels, avec violoncelles, violons, synthé…  Ruslana Khazipova, Tanya Havrylyuk, Solomia Melnyk, Anna Nikitina, Natalia Halanevych et Zo, qui avaient été révélées au Monfort Théâtre en 2014, accompagnent ici des numéros de cirque et de magie.

Installé sous un petit chapiteau jouxtant le Monfort, le spectacle a quelque chose du cabaret et on peut, à prix doux,  grignoter salade, fromages, borch, ou boire bière ou un café, en regardant le spectacle.
Mais ici rien de bobo; grâce en soit rendue à leurs directeurs, Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel, cofondateur des Arts Sauts, metteur en scène et codirecteur du Monfort qui a mis en scène cet étonnant spectacle. Ils ont su attirer dans ce lieu à l’architecture signée Claude Parent qui n’a rien de sublime, un public jeune, de plus en plus local et fidèle, avec un programme de qualité. 
Les Dakh Daughters, héritières au look déjanté mais grandes professionnelles du Dakh, créé il y a plus de  vingt ans par Vlad Troitsky, producteur, mécène et réalisateur à Kiev qui a voulu mettre l’accent sur ce que l’on pourrait appeler un certain théâtre total.Il y a d’abord un Monsieur Loyal qui en fait parfois un peu trop mais qui est aussi  et surtout champion du monde 2012 de magie… Le grand Yann Frisch que nous avions découvert en 2015 au festival de Briare ( voir Le Théâtre du Blog) fait preuve ici, avec quelques jeux de cartes à jouer, en close-up retransmis sur grand écran, de la même virtuosité  avec des numéros aussi incompréhensibles que brillantissimes.  Comme si notre rapport à l’objet en devenait, d’un seul coup, profondément modifié.

Côté acrobatie, ce n’est pas mal non plus!, Il y a d’abord Julieta Martin au mât chinois puis Benoît Charp remarquable sur un monocycle et il sait prendre de sacrés risques- sur une  trampoline ! Oscar Nova de la Fuente, les jambes repliées, essaye de nous faire croire à sa condition d’homme-tronc, mais on est un peu mal l’aise; il est plus convaincant ensuite  aux sangles ; il y a surtout Matias Pilet qui, à partir d’une sorte de passerelle, tombe égaré sur une trampoline pour rebondir après quelque sauts périlleux sur cette même passerelle. Il a quelque chose du grand Buster Keaton dans son impassibilité.  Et enfin, un sublime duo de cadre aérien, Daniel Ortiz & Josefina Castro, lui, porteur et elle, voltigeuse. Quelle beauté! Quelle intelligence du corps et quelle exemplaire solidarité !

Un spectacle intelligent et fin, parfois légèrement répétitif mais d’une rare qualité. Loin des variations wilsoniennes esthétisantes ; on sort vraiment heureux de ces quatre vingt dix minutes où les gens n’hésitent pas à se parler sous ce petit chapiteau. Vous avez dit populaire ?

Une belle réussite pour toute l’équipe du Monfort. N’hésitez pas surtout pas. Et on ne vous le dira pas deux fois ni trois fois: dans la pénurie ou la vulgarité de spectacles en cette période de maudites fêtes, ce cabaret vaut le déplacement.
Vous pouvez y emmener sans risques votre vieille nounou mais aussi vos enfants mais pas M. Laurent Wauquiez qui, de toute façon, n’aimerait sans doute pas cela. Il a sans aucune doute d’autres chats à fouetter: « « Si jamais, quand vous tombez malade, cela n’a aucun impact sur votre indemnité et votre salaire, ce n’est pas très responsabilisant. Du coup, on a un peu l’impression que la Sécurité sociale est quelque chose sur lequel on peut tirer sans qu’il y ait un impact . »

Philippe du Vignal

Le Monfort  106 Rue Brancion, 75015 Paris. T : 01 56 08 33 88 jusqu’au 14 janvier.

 

 

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Molly S., d’après Molly Sweeney de Brian Friel

Molly S., d’après Molly Sweeney de Brian Friel, adaptation et mise en scène de Julie Brochen

 

molly-s-julie-brochen-crc3a9dit-franck-beloncle-7 La metteuse en scène a fait ici le choix d’une adaptation musicale de la pièce qui avait été mise en scène par Jorge Lavelli. On connait surtout ce remarquable auteur irlandais (1929-2015) par cette autre pièce, absolument fabuleuse, Danser à la Lughnasa (voir Le Théâtre du Blog). «Nous avons travaillé, dit Julie Brochen, à élaborer une partition musicale à trois voix avec Olivier Dumait, ténor, Ronan Nédélec, baryton, et  NikolaTakov, pianiste».

 Côté cour, quelques chaises alignées dos à dos, et, en fond de scène, un petit rectangle blanc sur fond gris mauve, tel un écran vide ou une feuille vierge. Dans un des tableaux suivants, des bouteilles envahissent le plateau, disposées au sol les unes derrière les autres : leur présence provoque un effet dramatique, et un espace de haute tension visuelle et psychique.  Elles entrent en résonance avec l’état mental du personnage de Molly mais aussi avec son corps qui semble danser, parfois dialoguer avec elles qui peuvent aussi figurer le jardin, dont elle, petite fille aveugle, faisait le tour avec son père à l’haleine chargée de whisky, comme un souvenir chéri de cette promenade rituelle… Ici l’éclairage habile de Louise Gibaud renforce la souffrance qui s’installe au fur et à mesure en faisant passer le plateau du noir à la lumière, et de la pénombre à des couleurs chaudes.

Le point de départ de cette fable, pouvait laisser prévoir une évolution plus heureuse et libératrice. Molly S. raconte sous forme de monologues, le destin d’une femme tombée aveugle à dix mois et qui retrouve la vue. Non par miracle mais grâce au progrès et à un chirurgien, le docteur Rice, et au désir de Frank, son mari. Mais pas d’elle! Molly vit en effet cette réparation comme un traumatisme profond. «Perdue, dit-elle, dans le monde des voyants», elle aurait simplement souhaité aller dans «le pays de la vision» puis «ensuite rentrer chez moi». Et, si elle retrouve la vue, son rapport au monde et aux autres, eux, perdent pied : «Comment peuvent-ils savoir ce qu’ils m’enlèvent ?».

  Julie Brochen a elle-même vécu un choc physique violent, en perdant pendant plus d’un mois l’usage de l’oreille gauche. Sous le choc, elle s’est mise à écrire un texte, J’entends plus rien à gauche. Et les travaux d’Olivier Sacks, neurologue et écrivain l’ont poussé à faire cette création. Brian Friel, lui-même, s’était aussi inspiré de To See and not see d’Olivier Sacks. Orchestration du texte avec la musique, chants de toute beauté, voix et  jeu dramatique d’Olivier Dumait et Ronan Nédélec cette mise en scène est remarquable. Et Julie Brochen qui joue Molly, réussit à nous faire ressentir à quel point «Tout cela était terrifiant, c’était un monde étranger» «Apprendre à voir, ce n’est pas comme apprendre une nouvelle langue. C’est comme apprendre le langage pour la première fois », écrivait Diderot. Molly, en se pliant au désir de son mari, espérait, en fait, trouver «un monde enthousiasmant ».

Un hymne à l’imaginaire, à la puissance de la poésie et à la liberté de choisir la différence, pour entrer en communion avec le monde et les êtres. On se sent à la sortie, comme rempli d’une grande émotion mais aussi d’une certaine force…

Elisabeth Naud

Théâtre Trévise, 14, rue de Trévise, 75009 Paris, jusqu’au 31 décembre. T : 01 45 23 35 45.
Molly S. a été traduite par Alain Delahaye à L’Avant-scène théâtre (2009).

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