Amphitryon

Amphitryon d’Henrich von Kleist, texte français de Ruth Orthmann et d’Eloi Recoing , mise en scène de Bernard Sobel.

 sanstitre1.jpg Kleist, né en 1805,  a 28 ans  quand il écrit Amphitryon et  se suicide avec son amie cinq ans plus tard . C’est comment dire, d’après le génial scénario écrit par Plaute, une sorte de relecture plus tragique, plus existentielle de la pièce  de Molière . Le Roi de Thèbes est parti pour la guerre, et Jupiter est tombé fol amoureux de son épouse Alcmène ; il descendra donc sur terre pour passer, sans aucun scrupule, une nuit avec Alcmène sous l’apparence d’Amphitryon.
Mais la pièce de Kleist  est davantage centrée sur la destinée d’Alcmène, infidèle à son insu et donc innocente mais qui ne peut évidemment remonter le cours du temps. Et ce qu’elle a vécu a bien eu lieu comme Jupiter  le lui révélera à la fin. Elle aura eu, avec un autre que son mari, l’expérience de la jouissance érotique, et le plaisir d’avoir passé une nuit délicieuse en compagnie d’un homme qu’elle croyait être son mari.
Cela aura été pour eux une expérience douloureuse mais qui aura finalement donné plus de solidité à leur relation de couple . Puisqu’ils continueront à s’aimer mais moins bercés par l’illusion de la possession de l’autre. Dans un choix plus lucide, et réellement consenti, donc plus fort.. Kleist aborde aussi et surtout par le biais de cette fable la question métaphysique du « qu’est- ce que veut dire être moi » dans une mise en abyme  fascinante et vertigineuse du double à la fois pour Amphitryon/ Jupiter, et pour  Sosie/ Mercure. » Nous ne pouvons pas trancher, disait Kleist, « entre ce que nous appelons la vérité et ce qui nous apparaît ainsi ».
Thomas Mann admirait profondément cette pièce  assez peu jouée en France, trop longue mais  dont le thème reste tout à fait passionnant. Bernard Sobel qui a monté de façon remarquable, entre auteurs allemands, Lenz, Lessing ou Grabbe ne pouvait que s’intéresser à cette pièce. Disons tout de suite que rien n’est vraiment dans l’axe dans sa mise en scène. Lucio Fanti, qui a pourtant réalisé d’excellentes et belles scénographies, a conçu une toile où passent des nuages noirs, et où apparaissent deux ombres  d’arbres immenses et noires. La scène est ainsi réduite à une longue bande et,dans la dernière partie seulement, la toile se lèvera pour laisser apparaître la petite maison carrée d’Amphitryon et d’Alcmène, noire aussi évidemment!  Le tout dans une lumière sépulcrale imaginée par  Alain Poisson qu’on a connu mieux inspiré. Et la plupart des costumes sont aussi noirs ou gris sauf Alcmène vêtue d’une robe tunique blanche.
Quant à l’interprétation, on peut se demander pourquoi  Pascal Bongard (Jupiter) ne sait pas bien son texte, à tel point que l’on est obligé par moments de lui souffler ses répliques! Aurore Paris/ Alcmène-et ceci explique peut-être cela-ne semble pas très à l’aise. Il y a quand même une très belle scène entre les deux amants mais pour le reste quel ennui, quelle déception, et le spectacle n’en finit pas de finir ( deux heures vingt sans entracte ! et  le texte aurait pu être élagué sauf le respect que l’on doit à Kleist!). Sobel ne craint même pas d’utiliser des stéréotypes du théâtre contemporain: des courses dans la salle qu’on  éclaire- déjà raccourcie et dont les deux côtés sont vides de public  et le public prié de figurer le peuple de Thèbes…
On veut bien mais quand même… Réveillez vous Bernard Sobel! Alors à voir? Oui si vous avez envie de connaître le texte dont cette représentation ne vous apportera pas grand chose (et on peut le lire sans aller jusqu’à Bobigny… Sinon, ce n’est vraiment pas la peine, la vie est trop courte.

Philippe du Vignal


MC 93 de Bobigny jusqu’au 11 décembr
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Funérailles d’hiver

Funérailles d’hiver d’Hanokh Levin, mise en scène de Laurent Pelly.

 funerailles.jpg Hanokh Levin, écrivain israélien plus de dix ans après sa disparition, est encore cordialement détesté dans son pays où ses pièces ont été soit censurées ou interrompues à cause de violentes disputes dans le public.; en France, plusieurs de ses quelque 33 pièces ont été montées en France, depuis Kroum l’ectoplasme en 2000, puis Yacobi et Leindestal, Schitz,… Levin, il faut dire , ne mâche pas ses mots quand il critique , dans nombre de ses pièces, la vie sociale et politique d’Israël, en particulier l’ occupation des territoires palestiniens. Ce qui le rendrait plutôt sympathique. Ses comédies  ont pour thème la vie d’un famille et d’un quartier, reflet de la condition humaine, un peu comme chez Goldoni à qui il fait parfois penser. C’est  tragi-comique, avec une bonne dose d’humour,  et la poésie n’y tarde jamais à rejoindre le quotidien de personnages souvent hauts en couleur,mais mal dans leur peau.  Levin, depuis ses cabarets politiques et foncièrement antimilitaristes ne fait pas dans le théâtralement correct: il dérange, et prend un malin plaisir à déranger et sa parole est souvent provocante, volubile et il n’hésite pas à employer des injures et des mots crus.     Funérailles d’hiver, c’est l’histoire d’une famille que le fils d’une vieille tante vient déranger en pleine nuit pour lui annoncer son décès et son enterrement le lendemain. Alors qu’ils s’apprêtent à fêter le mariage prévu depuis très longtemps de leur fils et de leur belle-fille… Et  toute la famille fera l’impossible pour s’en aller en pleine nuit sur une plage déserte pour échapper à cette malédiction… où bien entendu, le fils finira par les retrouver… La noce aura quand même lieu après mille péripéties. Il y a du Labiche chez Levin, avec une bonne touche d’ Eugène Ionesco, avec un  style bien à lui pour mettre en place le délire d’une famille en dénonçant la bêtise avec férocité. Reste à savoir ce que l’on peut faire avec ce genre de comédie où passent et repassent quatorze personnages, dans un tourbillon infernal,  qui  est mise en scène avec précision par Laurent Pelly.
Cela dit, l’on se demande pourquoi il fait sans arrêt surjouer ses comédiens, en particulier Christine Murillo, dans une scénographie parfois inutile, comme cet escalier du début qui doit servir au maximum une quinzaine de minutes, ou ce long mur de plage. La pièce de Levin a-t-elle besoin de tout cette construction? Sans  doute pas et ,de toute façon, la pièce de Levin aurait été plus solide si l’on avait commencé par retirer une bonne demi-heure de cette histoire qui traîne en longueur et  la seconde partie, en particulier, n’en finit pas. C’est parfois drôle, reconnaissons-le , même quand c’est vulgaire à souhait, et c’est vrai qu’une partie du public rit,  comme ma voisine qui s’esclaffait à chaque réplique, mais le reste de la salle restait de marbre ou presque, comme si elle se sentait finalement peu concernée.
Laurent Pelly dit qu » Hanokh Levin dresse une galerie de portraits formidables, épingle l’individualisme et l’égoïsme absolu » . On veut bien mais ce n’est pas évident , du moins dans sa mise en scène , et cette histoire de famille nous a paru  longuette, et passé le début de ces deux heures, profondément ennuyeuse: les effets se répètent et on a connu Laurent Pelly mieux inspiré et plus novateur. Quant au langage d’Hanokh Levin, il ne nous a pas  semblé d’une si grande drôlerie que cela. Sans doute la grande salle Renaud-Barrault n’est-elle pas non plus  idéale pour ce genre de pièce…
Alors à voir? Si vous êtes un passionné de Levin, peut-être. Sinon, ni la pièce ni la mise en scène ne valent vraiment le déplacement. Même en ce mois de novembre pluvieux et triste…

Philippe du Vignal

Théâtre du Rond-Point jusqu’au 11 décembre.

L’Illusion comique

L’Illusion comique de Pierre Corneille, mise en scène d’Elizabeth Chailloux.

 

  L’Illusion comique fut créée en I638, l’année de la naissance de Molière et de Louix XIV dans un Paris qui fait encore  rêver. L’intitulé de la pièce est déjà plein de saveur:  « A Paris, chez François Targa, au premier pillier de la grand’salle du Palais, devant la Chapelle, au Soleil d’or, MDCXXXIX,  avec privilège du Roy ». Et c’est sans doute la pièce de Corneille que tous les gens de théâtre admirent le plus. Comme le disait l’auteur,: « Voici un étrange monstre… Le premier acte n’est qu’un prologue, les trois suivants sont une comédie imparfaite, le dernier est une tragédie, et tout cela cousu ensemble fait une comédie. Qu’on nomme l’invention bizarre et extravagante tant qu’on voudra, elle est nouvelle » .
Il y a dans ce théâtre dans le théâtre toute la magie de la machinerie du théâtre avec des costumes et des lumières dont on peut user avec le plus grand bonheur, mais surtout, comme le remarque Elizabeth Chailloux un langue  » à la fois étrange et poétique, concrète et poétique qui, presque quatre siècles après, nous est encore, à quelques exceptions près, tout à fait compréhensible. C’est l’histoire très compliquée et impossible à résumer en quelques lignes d’un jeune homme Clindor qui a volé un peu d’argent à son père pour aller vivre sa vie: rien de plus fréquent…
Et Clindor , au milieu de personnages hauts en couleurs comme ce Matamor, ancien combattant, un peu allumé avide de raconter ses illustres combats issus de sa seule imagination, va bien sûr tomber amoureux d’Isabelle , mais n’entend pas pour cela renoncer à d’autres conquêtes féminines. Lyse se sacrifiera pour tenter de la sauver, Rosine, elle  se fait tuer pour l’avoir aimé, tandis qu’Isabelle préfère renoncer à vivre plutôt de de supporter de lui survivre.
Mais tout cela n’est qu’un rêve imaginé et concrétisé par le magicien Alcandre et le père de Clindor retrouvra son fils… devenu comédien. La pièce finit par une belle apologie du théâtre: » Cessez de vous en plaindre, dit Alcandre:  » A présent le théâtre est en un point si haut que chacun l’idolâtre Et ce que votre temps voyait avec mépris/ Est aujourd’hui l’amour de tous les bons esprits ».
La langue de Corneille est baroque et luxuriante  à souhait, dès qu’on sait l’apprivoiser ; il y a une tirade très drôle, presque surréaliste  où une maison est évoquée avec 39 éléments mis bout à bout: ardoises, gouttières, etc.. Et Corneille sait jouer des mots comme personne: Ah! Que je t’aimerais, s’il ne fallait qu’aimer/ Et que tu me plairais, s’il ne fallait que plaire ». Mais il faudrait tout citer:  » Je te donne le choix de trois ou quatre morts », menace Matamore. Et il évoque tout à la fois le Mexique, la Transylvanie, l’Afrique, la Chine, l’Egypte mais aussi l’Islande et Damas.
Reste à savoir comment mettre en scène cette pièce étrange,pas très souvent montée à cause d’une nombreuse distribution dont Strehler avait donné une magnifique interprétation qui est restée dans toutes les mémoires ,Mais ne jouons pas les dinosaures !  Elizabeth Chailloux s’est emparée de la pièce et a plutôt réussi son coup. Un plateau nu avec quelques projections d’images pour figurer la grotte du magicien Alcandre, et des rideaux  coulissants transparents noirs imaginés par Yves Collet qui a aussi créé les lumière: elles,   moins convaincantes que sa scénographie ; elles ont en effet tendance à aller vers la pénombre, ou à créer des zones d’ombre, ce qui ne met guère en valeur les comédiens.
La direction d’acteurs est aussi au rendez-vous et  le rythme est exemplaire: pas de temps mort pas d’esbrouffe: un solide travail d’excellent artisan du théâtre, et le public, très divers quant aux tranches d’âge, était particulièrement élogieux; seul point noir, parfois très noir: nombre de comédiens par ailleurs très justes: en particulier Frédéri Cherbeuf, Jean-Charles Delaume , Malik Faraoun- mais Vitez n’aurait guère apprécié que cela se fasse dans le théâtre qui fut le sien et qui porte désormais son nom- les alexandrins ne  font pas toujours- et ce toujours est un euphémisme- les six pieds requis. C’est vraiment dommage parce que cela nuit à la compréhension , comme à la musicalité du texte de Corneille toujours aussi étonnant de jeunesse…
Alors à voir? Oui, pour le texte et la mise en scène d’Elizabeth Chailloux, malgré ce défaut de diction quand même assez embêtant quand il s’agit du grand Corneille…

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre des Quartiers d’Ivry jusqu’au  1er décembre.

L’Eden Cinéma

L’Eden Cinéma de Marguerite Duras, mise en scène de Jeanne Champagne.

Depuis l’an passé, Jeanne Champagne est artiste associée et responsable de l’action artistique à Equinoxe, Scène Nationale de Chateauroux, et cette création constitue le point d’orgue d’un parcours Duras:  Ecrire, La Musica, La Maison d’après La Vie matérielle et d’autres textes de l’écrivain. Quant à Eden Cinéma , c’est en fait une adaptation faite par Marguerite Duras elle-même de son roman Barrage contre le Pacifique.
eden.jpgEt comme Jeanne Champagne le fait remarquer, le paradis perdu, celui de l’enfance de Marguerite Duras en Indochine où elle vécut petite avec son père, fonctionnaire du ministère de l’Education nationale et de sa mère institutrice qui, une fois veuve très tôt, vivra seule, pauvrement avec ses deux enfants Suzanne et Joseph,  déjà adultes, isolée dans le brousse, en proie à la fois aux magouilles des représentants de l’Etat français. Là-bas, à un mois de bateau de la France.C’est l’histoire que conte Marguerite Duras.
Une veuve, pas bien riche mais, âpre  au gain, qui  achète avec ses économies durement acquises une propriété  de 200 hectares sans savoir, naïve et proie idéale, que ces terres, gorgées de sel marin , étaient parfaitement inexploitables.Mais, seule contre tous, avec l’aide des paysans,  elle se bat pour construire des digues de terre et contenir la mer. Pari fou, pari intenable, face à une administration coloniale  dont elle s’acharnera à vouloir  se venger en faisant  tuer trois fonctionnaires corrompus mais face aussi à une nature  impossible à vaincre.
Et ce sera le commencement d’une longue et inexorable déchéance de cette mère Courage qui, jeune encore, finira par en mourir,  à la fois haïe et adorée par ses enfants. Il y  aura d’abord le départ de Joseph,  devenu introuvable qui a préféré s’enfuir, et cette espèce d’achat déguisé de sa fille de quinze ans, par M. Jo, ce très riche commerçant étranger, 
, qui vient avec sa belle voiture, et qui , très amoureux,offre un gros diamant à Suzanne, diamant qui se révélera de qualité très inférieure et que la mère aura le plus grand mal à vendre.
L’adaptation théâtrale d’un roman, est toujours chose délicate, et cette pièce n’en est pas vraiment une, à la fois attachante par ses personnages et un peu chaotique vers la fin,  et   foutraque dans sa construction;   de nombreux récits du roman sont transformés en monologues, et  les meilleurs moments sont  paradoxalement mais logiquement ceux où il n’y a guère de texte. Il y a d’abord,  dans la réussite de Jeanne Champagne,  puisque c’est l’alpha et l’oméga de tout spectacle, la première  vision et celle qu’on emportera dans nos souvenirs,  la scénographie exemplaire  de Gérard Didier qui réussit le pari de faire coïncider une pièce  qui est presque du genre intimiste avec le grand plateau de l’Equinoxe. Une étendue de sable blanc avec des passerelles en bois et une petite scène au milieu,ce qui réussit à dire l’espace, celui de la brousse indochinoise et des  étendues lagunaires et, en même temps, à le casser pour dire le refuge d’une « concession » comme on disait où tentent de survivre cette mère et ses deux enfants presque adultes…
Avec, dans le fonds, en arc de cercle l’enseigne de l’Eden Cinéma, aux ampoules de couleurs, symbole de ce paradis perdu cher au cœur deDuras. Jeanne Champagne a bien maîtrisé sa direction d’acteurs et  choisi Agathe Molière pour incarner Suzanne; c’est une comédienne assez exceptionnelle, qu’on  avait pu voir,  entre autres, dans Kliniken  de Lars Noren, et il y a quelques années, dans Guerre de ce même auteur suédois, où elle jouait le rôle d’une jeune femme en état de survie, dont la sœur est prostituée, comme elle dit qu’elle l’est dans la pièce de Duras après la rencontre avec M. Jo: « C’est ma première prostitution » et dont la mère aussi est veuve ( ce qui fait curieusement bien des points communs)… Sur ce grand plateau, Agathe Molière réussit  à dire les choses graves de cette tragédie familiale avec comment dire, une certaine légèreté, presque de l’espièglerie; elle est bien entourée par Tania Torrens ( la Mère) , Sylvain Accart ( son frère Joseph) ,Fabrice Bénard ( M. Jo) et par Sylvain Thirolle qui joue Le caporal, employé de la mère,  rôle muet donc pas facile où il est d’une présence tout à fait convaincante.
L’exercice auquel se livre Agathe Molière est difficile, puisqu’elle doit à la fois, s’emparer de ce long  récit, quand même assez bavard; et incarner cette jeune Suzanne,en proie à un aller et retour permanent entre ce désir d’inconnu et de réussite sociale représenté par l’arrivée de M. Jo pour lequel sa mère n’éprouve aucune sympathie, et la vie dans ce cocon familial où elle a une relation presque incestueuse avec son frère.
Et puis il y a dans cette belle mise en scène trois éléments de poids,:les lumières jaune et ocre, comme celles, si particulières, des crépuscules en Afrique comme en Asie, conçues par Franck Thévenon , l’univers sonore – les bruits de la nuit, en particulier-  que Bernard Valéry a très finement recréé, et enfin, tout fait remarquable, et lancinante, pleine de  nostalgie, la fameuse musique de Carlos d’Alessio que l’on retrouve dans les films de Marguerite Duras, et sans laquelle cet Eden Cinema ne pourrait pas exister.
C’est vraiment bien que les habitants de Chateauroux aient pu voir ce très bon spectacle; il faut espérer maintenant qu’il puisse être repris à Paris…comme ailleurs. En tout cas, n’hésitez pas si vous le croisez sur votre route…

 

Philippe du Vignal

 

Spectacle vu à  L’Equinoxe, scène nationale de Chateauroux le 10 novembre.

Le Professionnel

Le Professionnel de Dusan Kocacevic mis en scène de Philippe  Lanton.

    Cela se passe après la chute du régime communiste dans l’Ex Yougoslavie; Teodor Kraj, autrefois dissident donc suspecté en permanence et évidemment surveillé,  est un écrivain reconnu et  est secrétaire de rédaction dans une maison d’édition. Sa secrétaire lui annonce qu’un inconnu désire le voir.
Habitué aux visites d’écrivains ou du moins qui se prétendent comme tels, a développé toute une stratégie pour se protéger. Mais enfin, il finit  par recevoir cet inconnu venu lui apporter  quatre manuscrits reliés en cuir. Kraj, évidemment a un sourire narquois mais trouve la plaisanterie un peu moins drôle quand cet inconnu- qui est , bien sûr et la ficelle est un peu grosse- un ancien flic en civil, lui annonce que ce sont ses propres œuvres qu’il lui a apportées dans sa grosse serviette à soufflets comme les hommes d’affaires en avaient tous dans les années soixante…
Et il lui annonce aussi qu’il a réalisé toute une série d ‘enregistrements à chaque fois que Kraj prononçait n’importe quelle allocution, puisqu’il le suivait à la trace.  Dusan Kovasevic,  auteur de nombreuses pièces et scénarios,  possède une incontestable maîtrise du dialogue et celui du Professionnel est à la fois intelligent et plein d’humour ravageur, même si la fin – théâtre dans le théâtre- est bien conventionnelle ;  Bernard Bloch, en policier inquiétant puis amaical est absolument crédible comme Luc-Antoine Diquero, et Philippe  Lanton les dirige bien.
Cela dit, le compte n’y est pas tout à fait, et cette œuvrette d’une heure vingt ne fait pas vraiment une soirée. Le public -pas très nombreux- a applaudi poliment mais ne semblait pas non plus très convaincu de la pertinence qu’il y avait à monter ce Professionnel qui est une pièce culte à Belgrade.

Philippe du Vignal

Théâtre de l’Ouest Parisien à Boulogne jusqu’au 9 novembre.

Le tangible

Le tangible, un spectacle de Eid Aziz, Eve Chems de Brouwers , Tale Doven, Boutïna Elfekkak, Liz Kinoshita, Federaica Porello, Rojina Rahmooon, Mokhallad Rasem et Frank Vercruyssen, en arabe, en anglais et en français surtitré en arabe et en français..

webthetangiblescnefoto5.jpgC’est un travail collectif, comme l’indique Frank Vercruyssen sur la région moyen-orientale, non pas sur le fait brut de la guerre israëlo-palestinienne mais comme métaphore pour parler de l’humain en général, sans avoir la prétention, ajoute-t-il d’analyser une situation géopolitique qui échappe déjà en grande partie à des observateurs pourtant sur le terrain depuis de nombreuses années. Avec l’idée bien ancré de révéler à travers ce spectacle multi-media que ce tangible revendiqué est celui de la perte d’un patrimoine, c’est à dire en gros et pour faire court, de la maison qui appartient à chacune de nous et qui disparaît tout d’une coup, à cause d’un bombardement, avec les souvenirs, les objets les plus quotidiens, qui sont sans valeur autre que celle  d’être une parcelle de la réalité qui nous environne et de notre être. Cela revient à nous interroger évidemment sur ce que nous sommes, nous l’humanité, capables finalement d’infliger à d’autres humains c’est à dire aussi à nous-même.
Le Tg Stan est venu à de nombreuses reprises depuis dix ans au Théâtre de la Bastille et au Festival d’Automne , et l’on retrouve cette fois encore cette façon bien à eux de gérer un spectacle où les règles du théâtre traditionnel ont été depuis longtemps abolies, où il n’y pas de costume revendiqué, et l’on  fait appel à l’image comme à la danse, avec une bande son tout à fait originale.
Et ce nouvel opus est conforme aux précédents, qui donne toute sa prééminence au texte et à l’acteur qui le dit. Une jeune femme aux longs cheveux bruns, puis un jeune homme arabe dit sans aucun artifice des poèmes arabes, en particulier ceux de l’immense Mahmoud Marwich, et de Samih al-Qasim, poète palestinien et citoyen israélien,  des fragments de texte de John Berger, etc…
A mesure que défilent sur le grand écran en fond de scène des images de villes orientales avec des immeubles illuminés la nuit mais aussi d’autres visiblement dont il ne reste plus que la carcasse, le reste ayant été soufflé par des bombes; on voit de temps à autre des routes serrées entre des rouleaux de barbelé, et de loin des hommes et des femmes,, dont on devine pourtant le quotidien de l’effroyable tragédie dans une vie où le peur des drones et des hélicoptères Apaches est omni-présente. Il faut avoir entendu dans le ciel le vrombissement d’avions ennemis au-dessus des villes, sans savoir de quoi peut être faite la minute qui va suivre. On sait même quand on est enfant que tout peut basculer d’une minutes à l’autre et que la maison ou l’appartement tant chéris et constituant de l’identité d’une famille peut n’être plus qu’un amas de ruines. En une perte irréversible! Ici, aucun pathos, mais la force du texte, des images, et de la musique en sourdine qui les accompagnent..
Tout n’est sans doute pas de la même intensité mais, avec un art de la litote consommé, le TG Stan sait dire les choses et les dit bien: soit le refus  jamais vraiment avoué d’Israël d’accepter la reconnaissance d’un Etat Palestinien, dont les prémices ont commencé par l’exode forcé de plus de 700.000 d’entre eux dès 1948. Et dans l’étroit territoire , vivent ou plutôt survivent actuellement trois millions de personnes. Avec un encerclement de murs de plus en plus menaçant comme la ville de Qualqiya totalement entourée par 17 kilomètres de murs avec une seule porte de sortie.
Certes le spectacle ne dit pas tout cela, et on ne voit pas bien parfois où il va et l’on a l’impression que ce collage de textes poétiques, de danse et de photos qui tient aussi de la performance, manque singulièrement de construction.
Mais ce spectacle aide au moins à ce que cette gigantesque exclusion de tout un peuple, gérée hypocritement par l’ensemble des nations, ne tombe pas dans l’oubli. Alors à voir? Ce n’est sans doute pas le meilleur de  Tg Stan mais, malgré quelques longueurs, on ne peut y être indifférent.

 

Philippe du Vignal

 

Spectacle créé à Bergen ( Norvège) en avril dernier. Théâtre de la Bastille/ festival d’Automne jusqu’au 14 novembre.

Déshabillez Mots


Déshabillez Mots  de et avec Léonore Chaix et Flor Lurienne, d’après les chroniques réalisées et produites par France Inter, mise en scène de Marina Tomé.

82559deshabillezune.jpg  Cela a été pendant trois étés un court rendez-vous ( trois minutes!   à 9 heures 30 les samedi et dimanche matin ) que les deux complices ont eu avec les auditeurs de France Inter. Léonor Chaix et Flor Lurienne , à l’invitation de Julien Bassouls, le directeur du Théâtre des  Trois Baudets, ont décidé d’adapter à la scène cette rencontre avec les mots.
Avec, à chaque représentation, un invité surprise soliste ou chanteur.
Hier soir, c’était impeccablement raté: un certain Tony Truand  dont on  entendait à peine la voix sourde à cause d’une très mauvaise  balance avec l’ampli de sa guitare électrique. Après deux réglages successifs par le technicien son, le résultat était toujours aussi déplorable, passons…
Ensuite,( nous sommes  dans un studio d’enregistrement avec deux fauteuils rouges et une table ronde), les deux  comédiennes s’interviewent à tour de rôle, en convoquant des mots incarnés par l’une ou l’autre. Il y a comme cela: la Légèreté, la Colère, l’Infidélité, L’Elégance, le Mensonge, la Paresse mais aussi la Décision, La Virilité (tiens pourquoi ce féminin? La langue française a de ces fantaisies! ) mais aussi La Pusillanimité, et pour finir l’Onanisme. C’est un procédé ancien que l’allégorie: chez Virgile déjà,  mais aussi dans l’art roman, le théâtre du Moyen-Age, et plus près de nous dans L’Ode à la joie de Schiller mis en musique dans la neuvième de Beethoven) mais que les deux jeunes femmes rajeunissent avec un humour provocateur et une volonté d’en découdre tout à fait exemplaires.
Après tout, et c’est bien ainsi, c’est toujours dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures daubes ( proverbe du Sud-Cantalien).
Tous les sketches ne sont pas à la même hauteur mais qu’importe, c’est un petit spectacle bourré d’intelligence et de fantaisie , où la poésie rencontre l’absurde, le délirant et le verbe bien cru. Il y a  à la fois du  Desnos, de l’Alphonse Allais, du Raymond Devos, une pointe de François Rabelais , de Roland Dubillard et de Ghérasim Luca: chacun y reconnaîtra les siens mais ce cocktail où elles questionnent et mettent en abyme le langage et l’expression orale -comme , entre autres ,ce rapport entre « ennuyant »et « ennuyeux »-est vraiment jubilatoire.
Et, comme les deux comédiennes ont à la fois un diction et une gestuelle  impeccable, on essaye d’oublier une mise en scène pour le moins approximative ( à revoir de toute urgence: la prestation initiale en première partie d’un chanteur qui n’a rien à faire là, des éléments de décor faiblards, des  costumes un peu vulgaires, un éclairage parfois violent et des plus douteux, des liaisons entre les sketches mal ficelées, deux fausses fins et  un manque de rythme dans la toute dernière partie).

 Mais le spectacle, même s’il est encore brut de décoffrage, revu et corrigé, devrait avoir un beau parcours.En tout cas, Léonore Chaix et Flor Lurienne le méritent.

Philippe du Vignal

Théâtre des trois Baudets 64 Boulevard de Clichy 75018. Métro Pigalle ou Blanche, Attention: c’est uniquement  les mardis et mercredi à 21 heures

Méliès, cabaret magique

Méliès, cabaret magique, texte, mis en scène, commentaires,  accordéon: Anne Quésemand.

  georgesmelies4.jpgCela se passe dans la petite scène du Théâtre de la Vieille Grille  où le Théâtre à Bretelles d’Anne Quésemand et Laurent Berman nous  invitent  à venir redécouvrir les petits films du génial Méliès.  
Né en 1861, il apprit la prestidigitation et l’illusionnisme en  Grande- Bretagne puis reprit le Théâtre Robert Houdin pour y  présenter des spectacles.  Puis, quand il découvrit le cinéma, il  entreprit alors  de réaliser de petits films, dont une bonne partie est  fondée sur des trucages tout à fait inventifs et merveilleux pour  l’époque.
Comme le dit Anne Quésemand dans le spectacle, c’est 
Griffith qui disait: « Je lui doits tout  » et Chaplin précisait:  « Méliès est l’alchimiste de la lumière. Mais ce véritable génie du  cinéma et du trucage , sans doute pas très doué pour les affaires, se fit rouler par des grosses firmes américaines et finira dans les années 30 comme boutiquier à la Gare Montparnasse ;  ce sont les surréalistes qui lui donneront une véritable postérité et  le grand Langlois , directeur de la Cinémathèque qui retrouvera  et restaurera une grande partie de  ses  films.
  Les courtes bandes présentées sont à la fois étonnantes  d’invention et de savantes mises au point dans les trucage  ( disparitions subites, transformations, effets spéciaux: Méliès  avait déjà tout inventé il y a plus d’un siècle dont le célèbre   L’Affaire Dreyfus qui fut censuré pendant cinquante ans et le non  moins célèbre  Voyage dans la lune (1902)-  avec une musique au piano  de Laurent Grynzpan; il y a aussi, en, alternance les tours de magie de Paul Maz, ( en alternance avec Sylvain Solustri , chacun avec ses tours évidemment)  d’autant plus remarquables qu’il les réalise devant  nous à deux mètres à peine: journal déchiré en bande qui reprend sa forme initiale trente secondes après, cordon coupé  qui revient  en cercle fermé,  œuf en plastique métamorphosé en vrai. C’est à la fois simple et du domaine de l’enchantement. Anne Quésemand et Laurent Berman,  sagement assis sur le côté, commentent l’action et font les bruitages  nécessaires.  Un travail  rigoureux, sans aucune  prétention mais  avec tout le savoir-faire et la sensibilité propres  au Théâtre à Bretelles.
  Aucune restriction: vous pouvez y aller :  c’est du cousu main:  la scène et la salle ne sont  pas bien grandes  mais cela donne justement une belle complicité entre comédiens/  musiciens et spectateurs, et les enfants qui étaient là prenaient  autant de plaisir au spectacle que leurs parents.

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre de la Vieille Grille 1 rue du Puits de l’Ermite 75005 Paris à  
une minute  du Métro Place Monge;
( attention: le spectacle ne se joue pas tous les jours: 01-47-07-22-11)
 

La Noce

La Noce d’Anton Tchekov, mis en scène de Vladimir Pankov.

lanoce1.jpgVladimir Pankov dirige un collectif d’acteurs et de musiciens  à Moscou depuis une dizaine d’années ; il a  réinventé cette petite pièce de Tchekhov écrite en  1888  donc contemporaine d’ Ivanov et de L’Esprit des Bois qui préfigura Oncle Vania) qui est assez souvent montée en France, et inspirée par Le Mariage que Nicolas Gogol écrivit quelque cinquante ans auparavant, et dont le thème sera repris plus tard par Brecht.
C’est comme  un rituel musical et chorégraphique d’une fête  de mariage où sont convoqués:  vertige verbal, fascination sexuelle, mensonges de toute sorte  et personnages aussi ridicules que hauts en couleur: ce qui est à l’origine l’officialisation d’une relation très intime entre deux  êtres, devient alors une fête monstrueuse,où la vodka coule à flots : la moitié au moins des invités  ne connaît pas l’autre moitié, mais il y a aura quand même quelques belles rencontres qui finiront elles-mêmes par d’autres mariages,  comme dans tous les pays du monde. Dans la même euphorie alcoolisée et la même bêtise collective…

   Vladimir Pankov a associé les acteurs/ musiciens  russes de son collectif SounDrama à l’ensemble de la troupe plus traditionnelle du Théâtre biélo-russe  Ianka Koupala de Minsk.Le fiancé est donc un acteur moscovite, mais la fiancée et sa famille sont biélo-russes. Et il y a parfois quelques personnages répliques qui sont dédoublés.
Qu’importe si on se perd parfois un peu dans le sur-titrage, on reste fasciné par cette comédie musicale qui n’en est pas une et où la petite pièce de Tchekov sert en fait de prétexte à une fantaisie théâtro-musicale…

    On est, comme le remarque Béatrice Picon Vallin, dans le réalisme grotesque, où la moindre scène frise le délire et l’absurde, et déraille allègrement! Vladimir Pankov a l’audace d’installer un foutoir total …mais parfaitement maîtrisé où il dirige impeccablement vingt-huit interprètes, et il n’y a pas tellement de metteurs en scène français capables d’une pareille prouesse, à part sans doute Jérôme Savary. Pas vraiment de décor mais une scénographie de tables que l’on place selon les besoins, et qui servent aussi de praticables où l’on peut danser, avec une référence évidente à la grande Pina Bausch.
   Il y a, bien sûr, beaucoup de musique (servie par six musiciens (violon, contrebasse, cor, accordéon, balalaïka et petite guitare hawaïenne) dans un savant cocktail d’airs folkloriques, de chansons de cabaret mais aussi d’extraits de Svadebki  d’Igor Stravinski, et de danses collectives.  Avec une impeccable chorégraphie d’Elena Bogadanovitch, toute d’invention et d’intelligence,  impeccable. 
    Le plus fascinant dans cette succession de tableaux: le savoir-faire remarquable de Vladimir Pankov,  dès qu’il appuie sur la touche départ. Tout parait normal, évident, alors que, sur scène, règne un incroyable va-et-vient, et que tout est réglé avec une précision d’horloger. On pense à ce que devaient être les spectacles de Meyerhold. Rigueur de la direction d’acteurs, même si tous ne sont pas au même niveau et uunité absolue à laquelle parvient Vladilmir Pankov, ceux atouts majeurs  mais sans aucun doute acquis au prix d’un travail à la fois exigeant et raffiné.
  Au chapitre des bémols: sans doute un peu trop de virtuosité démonstrative et  quelque vingt minutes de trop! Mais quand même, quel bonheur, quel moment de partage dans la grisaille théâtrale parisienne ( Nous ne visons personne mais suivez notre regard jusqu’au métro Palais-Royal) et quel enseignement pour le théâtre français!

Philippe du Vignal

Le spectacle a été joué  seulement cinq fois  du 19 au 23 octobre au Théâtre des Abbesses.

Don Juan

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Peu montée,  cette adaptation du célèbre Don Juan a été écrite par  Brecht en 1953 soit trois ans avant sa mort, avec la collaboration de  Beno Besson d’Elizabeth Hauptamann et fut jouée en 54 au Berliner  Ensemble. C’est, comment dire, une sorte de Don Juan de poche où le  héros n’a plus grand chose à voir avec le grand séducteur : il a perdu  bien de son panache et ressemble un peu à Sgnarelle son valet. Don Juan  a abandonné son orgueil mais  non sa rouerie. En fait, Brecht a beaucoup élagué mais a su garder les grandes lignes de la  pièce. Et une heure et demi,  la messe est dite  et bien dite.
Mais nous sommes dans le farcesque, dans le spectacle de bateleurs, et ce sont les personnages – de  pauvres pêcheurs au lieu des paysans imaginés par Molière qui vont  être aussi  les conteurs/ acteurs de cette histoire. Dans la superbe mise en scène de Jean-Michel Vier, pas de décor,  seuls quelques accessoires indispensables, des costumes simplifiés  dont on change à vue, sans aucune prétention: cela pourrait se jouer sur n’importe quelle petite place de village.
Et les comédiens jouent plusieurs personnages, que figurent aussi quelques grandes  marionnettes maniées à vue. Le texte coule sans aucun accroc, avec beaucoup d’élégance,  à la fois dans le dialogue comme dans la gestuelle sur le petit plateau du Lucernaire; les  acteurs qui ne sont pas dans la scène restent toujours visibles formant  souvent un chœur qui commente l’action. C’est d’une intelligence scénique , d’un vrai métier ,  et d’une unité de jeu  incomparables.  Côté mise en scène et  direction  d’acteurs: zéro défaut, zéro tracas: tous les interprètes sont à la  fois humbles et impeccables dans chaque rôle , ce qui n’est pas si fréquent ( suivez  mon regard, madame Mayette, metteuse en scène d’Andromaque) : Valérie Alane (Elvire),  Syvain Katan ( Sganarelle), Pierre Val ( Don Juan), Pascale  Cousteix ( Mathurine), Guy Ségalen ( le Père) et Cédric Villenave  ( le Choeur) .
Et le public , pour une fois assez jeune ,ne boudait pas son  plaisir.  Cela faisait du bien de  retrouver un théâtre à la fois bourré de finesse et accessible à  tous, comme on aimerait en trouver plus souvent. Populaire, oui, populaire, osons le mot; on pense à cette photo mythique de  Jacques Copeau mettant en scène , de façon prophétique,Les Fourberies de Scapin sur quelques praticables place Saint-Sulpice, il y a quelque cent ans déjà…   Alors à voir? Quelle question!

Philippe du Vignal

Théâtre du Lucernaire à 21 heures 30

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