Les Suppliantes

Les Suppliantes, tragédie grecque d’après Eschyle, texte français, adaptation et mise en scène d’Olivier Py.

  84068unesuppleante.jpgOn a longtemps cru que la pièce datait des début d’Eschyle alors qu’il semblerait plutôt qu’il l’ait écrite à la fin de sa vie. Enfin qu’importe! La pièce n’a sans doute pas les vertus des Perses ni de l’Orestie mais il y a la même écriture, la même force et la même économie de moyens dramatiques qu’admirait tant Victor Hugo qui disait qu’on peut tester les intelligences sur Eschyle. …
Un groupe de femmes arrive de bien au delà des mers: elles ont fui leur patrie parce que leurs cousins ont voulu les épouser de force et conduites par leur père, elle viennent en Grèce demander asile et protection au roi d’Argos. On sait combien l’hospitalité était une loi et un devoir absolus dans la Grèce ancienne, quelques soient les moyens des royaumes. Le roi d’Argos est pris entre deux feux: s’il accepte d’accueillir ces femmes, il prend le risque grave d’une guerre et il a bien conscience d’être le représentant de son peuple qui   doit décider en son nom. Mais s’il refuse de les accueillir, il remet en cause le droit des plus faibles et des plus démunis à être secourus. Ce qui frappe sans doute le plus dans le texte d’Eschyle, c’est le côté « contes et légendes » qu’il ne cherche pas du tout à esquiver, comme pour mieux montrer la force du propos. Vous avez dit distanciation, du Vignal ? Texte grec en main  ( on ne se refait pas) , on y a été voir et l’on peut vous dire que l’adaptation d’Olivier Py est à la fois d’une intelligence et d’une pureté remarquables. Il a eu raison de gommer toutes les allusions mythologiques que de toute façon le public n’aurait pas compris mais en  une heure, tout est dit et bien dit de cette très vieille et lumineuse histoire: il faut simplement se laisser un peu emporter par le verbe magistral du poète. Cela se passe dans l’ancien petit foyer de l’Odéon, rebaptisé salon Roger Blin, avec un praticable au centre et deux rangées de chaises pour 80 spectateurs. Les trois comédiens : Philippe Girard, Frédéric Giroutrou et Mireille Herbstmeyer, habillés de noir, impeccablement dirigés sont exemplaires de force et de sobriété.  Cette histoire d’exilés qui demandent accueil et protection auprès d’un pays étranger ne vous rappellera sans doute rien….
Le spectacle a été conçu comme une « petite forme » pour reprendre les termes de Vitez, ce qui ne veut bien entendu pas dire une forme mineure  et est destinée à des représentations hors les murs , dans des lycées , collèges,et écoles parisiens et de banlieue mais ouvert à tout public.
Il faut  signaler que Jacques Albert-Canque,  monte aussi Les Suppliantes à Bordeaux dont nous vous rendrons compte prochainement.

Philippe du Vignal

Théâtre de l’Odéon jusqu’au 27 février à 18h 30,  et hors les murs: 01-44-85-40-40
Aix-en -Provence : 8 représentations du 2 au 5 mars 2010
Paris Hors les murs : du lundi 8 mars au jeudi 8 avril, relâche les dimanches et lundi de Pâques : 42 représentations prévues.(voir le site: odéon)

 


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Un Tramway, d’après Un Tramway nommé Désir

Un Tramway, d’après Un Tramway nommé Désir de Tennessee Williams, mise en scène de Krzystof Warlikowski.

1832.jpgTrois semaines après la première, puisque l’occasion nous en est donnée, un petit point sur la dernière création du maître, une fois dissipés les déferlements médiatiques, pour ou contre  cette mise en scène. D’abord,  les puristes ont tort: on ne peut accuser le metteur en scène polonais d’avoir triché , puisque l’affiche indique en toutes lettres d’après Un Tramway, donc libre à lui de faire ce qu’il veut avec cette œuvre  datée.
Avec la meilleure volonté du monde, il est en effet difficile de restituer l’atmosphère de ce pauvre logement du Sud tel que l’ a précisément décrit Tennessee Williams dans les didascalies. Donc le metteur en scène a adopté un autre parti pris qu’on ne saurait , de prime abord,  lui reprocher. Et Barbara Petit  a tout a fait raison quand elle préconise de laisser ses préjugés au vestiaire.

 La scénographie que décrit plus haut  notre consœur et amie (1) est bien un peu encombrante avec cette grande galerie en verre à roulettes qui peut faire penser à ces installations branchouille que l’on a  déjà vues dans les centres d’art contemporain, et chez la metteuse en scène Deborrah Warner. Mais ces fréquents aller-et-retour sur roulettes du fond vers l’avant scène font un tantinet gadget. Comme ce recours systématique et très vite fatiguant au grossissement vidéo du visage d’Isabelle Huppert  qui semble avoir fasciné Warlikowski, au point d’avoir fait de l’actrice le centre de la pièce.
La vidéo règne ici en permanence mais on ne  voit pas bien l’intérêt qu’il y à montrer sans cesse la même image , et verticale et horizontale de son visage..Le metteur en scène s’empare de son joujou favori avec délectation.. Mais ce n’est pas toujours vraiment convaincant, malgré de très belles images qui, on le sait, procurent toujours un certain effet.
C
ela dit, la mise en scène, la direction  et le jeu des comédiens : Isabelle Huppert, Andrzej Chira, Florence Thomassin, Yan Colette, et Cristian Solo ( c’est l’ordre indiqué sur le programme!) sont  impeccables, même si les micros HF inévitables à cause de cette cloison de verre tendent comme d’habitude à uniformiser les voix. Les chansons interprétée par Renate Jeff sont tout aussi admirablement interprétées. Tout cela a dû coûter très très cher, sans véritable nécessité, mais bon, Warlikowki n’est pas un adepte d’un théâtre fait de bouts de ficelle et de vieux pendrillons noirs! Et tant mieux, si l’Odéon et les coproducteurs du spectacle en ont les moyens…
On oubliera aussi les déshabillages et rhabillages successifs de la vedette, ce qui est agaçant; le programme prend bien soin de préciser que (sic)  » Mademoiselle Huppert est habillée par la Maison Yves saint-Laurent et la Maison Christian Dior « . Cela vous  a un air de mauvais théâtre privé..et c’est
assez pathétique, quand il s’agit d’un théâtre national!
tramway1.jpg  Enfin le metteur en scène polonais qui a  enlevé depuis le début des représentations un quart d’heure de son spectacle  aurait pu aussi nous épargner ces ajouts de petits textes  qui vont de La Dame aux camélias, à Coluche, Claude Roy,  pour finir avec un extrait interminable de La Jérusalem délivrée de Torquato Tasso qui se déroule au dessus du cadre de scène..
En fait, tout se passe un peu comme si Warlikowski s’exprimait avec une certaine condescendance: du genre, je choisis une adaptation opérée à la hache par Wajdi Mouawad , je rajoute ce qui me plaît parce que j’en sens la nécessité  personnelle, et que cela m’amuse; au passage ,je me livre à une sorte de petit exorcisme personnel, en choisisssant un acteur polonais pour incarner un émigré…polonais.
Et autrement dit:  » si cela ne vous plait pas, tant pis pour vous et ne parlons pas de travail, moi, j’opère dans la sensibilité et cela dépend de votre degré de compréhension  quant à ce que j’ai voulu faire; et c’est bien fait pour vous si vous n’êtes pas assez malin pour comprendre toute l’intelligence que j’ai pu y mettre.

Mouais, mouais, mouais…L’ennui en effet,  c’est que cela ne fonctionne pas tout à fait- le public est peut-être fait de gens très différents mais ,c’est un des miracles du théâtre, il est loin, très loin même d’être bête et insensible, et avant-hier soir, il semblait n’être pas dupe ! La pièce  de T. Williams , passée à la machine à laver Mouawad, ressort de là  en charpie, et, mis à part les scènes entre les deux soeurs, et entre Blanche et Stanley, le scénario devient  un prétexte à la création de belles images , ( dont certaines déjà vues dans (A)polonnia…).
Le temps parait donc  longuet surtout vers la fin de ces deux heures quarante cinq, et bien rares sont les véritables moments d’émotion. Comme si, par delà la tombe, le cher Tennessee s’était un peu vengé du sort fait à sa pièce….   Mais  c’est bien le metteur en scène qui a été chercher W. Mouawad! En fait,  le système warlikowskien, malgré ses grandes qualités, semble un peu à bout de souffle! Le réalisateur polonais, devenu la véritable coqueluche des festivals  occidentaux, devrait sans doute réviser une copie devenue quelque peu narcissique avec le temps

 Alors à voir? C’est selon: si vous avez envie d’aller voir  Isabelle Huppert  dans quelques scènes cultes du Tramway nommé Désir laissées par bonheur à peu près intactes, et si vous n’avez jamais vu de mise en scène de Warlikowski,  cela pourrait être une occasion, sinon on n’est pas obligé d’être béat devant toute cette sophistication et ce raffinement lumineux et sonore, et l’on peut s’abstenir. Le public en tout cas n’avale pas tout ce que l’on veut, comme le croit sans doute naïvement le metteur en scène, et les rappels ont été du genre plutôt pingre… C’est peut-être une leçon qu’il devrait méditer.
L’équation:  pièce ultra-connue surtout pour son adaptation au cinéma avec des acteurs culte (mais ici bien charcutée) +une comédienne-vedette de cinéma, et des comédiens solides + une scénographie un peu prétentieuse+ de la musique rock et des lumières sophistiquées… Cela ne fonctionne pas à tous les coups… même si c’est admirablement bien réalisé. Il y manque tout simplement un peu d’âme… » L’humilité est le contre-poison de l’orgueil « , disait déjà Voltaire, et cela vaut aussi pour le théâtre contemporain.

 

Philippe du Vignal

(1) Un tramway ,voir plus bas dans Le Théâtre du Blog.
Théâtre de l’Odéon jusqu’au 3 avril.

Raymonde Temkine


Adieu Raymonde,

Raymonde Temkine s’est éteinte il y a une semaine. Elle allait avoir bientôt cent ans… Avec Edith Rappoport, nous avions été goûter chez elle un dimanche il y a un an; elle avait eu une attaque cérébrale et nous avions tout de suite pressenti que nous ne nous la reverrions jamais. Edith me rappelait récemment qu’on l’avait qualifiée de nouvelle Raymonde Temkine et que, pour elle,  c’était un bien bel hommage…
En effet, c’était la  plus ancienne critique dramatique d’Europe et sans doute même du monde, la mémoire vivante de près de quatre vingt ans de théâtre. Elle avait vu des milliers de spectacles dont elle se souvenait pour la majeure partie,et elle  allait quand elle le pouvait encore, chaque année au Festival  d’Avignon, et n’hésitait pas à 95 ans à prendre le car pour aller aux Théâtre des Gémeaux de Sceaux..  » Vous ne croyez tout de même pas, disait-elle,  quand on la félicitait pour son énergie, que nous allons passer nos soirées  dans un fauteuil à regarder la télévision!  » Elle avait collaboré à  La Pensée, Révolution et Europe mais on la connaissait aussi pour ses livres: L’ Entreprise Théâtre, et celui qu’elle avait consacré à Jerzy Grotowski qu’elle avait beaucoup contribué à faire connaître en France. C’était une femme intelligente et lucide qui ne mâchait pas ses mots dans la louange comme dans la détestation ; je la revois encore me disant à la sortie d’un spectacle pas très fameux, il y a seulement quelques années: « Ecoutez Philippe,  ce n’est même pas mis en scène, ils se moquent de nous, cela n’a aucun sens, quelle catastrophe!  » Mais elle disait cela  en prenant le temps de choisir ses mots, et en toute indépendance…
Je me souviens aussi qu’elle avait dit à Françoise Morandière, co-directrice du Festival de Blaye: ‘Non, vous voyez, cette année ne je ne viendrai pas: j’attends la naissance de mon arrière-petite fille, et  je ne voudrais pour rien au monde rater cet événement! « . Nous pensons à sa famille et en particulier à Valentin son mari qui l’accompagnait régulièrement au spectacle..
Raymonde Temkine restera pour nous une femme d’une qualité exemplaire.

Philippe du Vignal

Mystere bouffe et fabulages

Mystere bouffe et fabulages de Dario Fo ( version 1) , texte français de Ginette Herry, Claude Perrus, Agnès Gauthier et Valéria Tasca,  mise en scène de Muriel Mayette.

    gprmystere0910.jpgDario Fo, 83 ans mais apparemment toujours en pleine forme et l’œil malin, véritable icône vivante du théâtre européen, qui fut un, sinon le seul, des rares acteurs-metteurs en scène-auteurs à recevoir le prix Nobel; il est sans doute aussi celui qui a été le plus joué à la Comédie-Française, après que son Mystère bouffe ait obtenu un triomphe au Festival d’Avignon.  Cette fois-ci, Dario Fo, consécration suprême, entre officiellement au répertoire du Français. Avec une série de solos mis en scène par Muriel Mayette, administrateur de la Maison, à partir de la trame de Mystère bouffe et en deux versions « pour la seule raison que j’avais envie, dit-elle, qu’on entende beaucoup de cette parole » , versions qui finissent toutes les deux par cette fabuleuse Naissance du Jongleur...
Le spectacle que met en scène Muriel Mayette reprend des moments de la pièce fameuse qui a été déclinée un peu partout en Europe,  et d’autres textes qu’écrivit Dario Fo, à partir des épisodes bibliques que sont les Noces de Cana, l’arrivée des Rois Mages, La fuite en Egypte la Cène, le massacre des Innocents, etc… mais revus et corrigés dans une langue des plus truculentes, savoureuse et populaire, qui ose dire merde et sexe quand il s’agit de merde et de sexe.
« La pièce étant le théâtre de tous les espaces, du tréteau à la cour extérieure, du théâtre à l’italienne à la salle communale, il était donc tout naturel de lui proposer aussi la Salle Richelieu ». Ce n’est pas aussi évident que le prétend M. Mayette… Le spectacle commence plutôt mal avec une espèce de farandole assez kitch, dont ne sait trop si elle appartient au premier ou au second degré, avant que Catherine Hiegel entre, saluée par de longs applaudissements* pour le premier solo. Puis viennent, chacun en pantalon et pull noirs , quelques comédiens dont Hervé Pierre et Christian Hecq,très brillants, pour d’autres solos entre lesquels Muriel Mayette a glissé, comme en contre-point, des scènes de la Passion du Christ qui se déroulent en silence derrière un tulle transparent avec, de temps en temps, un petit gag pour bien indiquer que l’on n’est pas dans l’illustration de texte. Mais il n’y pas un gramme d’émotion qui passe. C’est joué par les les élèves-comédiens de la Comédie-Française qui font évidemment ce que l’on leur a demandé…

Tous les comédiens en solo font un travail gestuel et vocal de premier ordre mais le spectacle reste un peu guindé, que ce soit dans la mise en scène ou dans la dramaturgie-les meilleurs textes sont au début du spectacle les dieux savent pourquoi-et il y a un côté répétitif: chaque comédien fait son solo, puis on a droit à une petite ration d’images ( rassurez-vous, bon peuple de France, vous aurez  votre petite louche de vidéo ( nuages qui passent puis petits  cochons à la fin!) , puis un autre comédien lui succède,etc… ce qui provoque un  certain engourdissement. Sans doute et surtout, à cause d’un  formatage et d’un manque de rythme patents, et une longueur(deux heures) inadaptée.
C’est du vieux théâtre , sans doute propre sur soi  et comme toujours servi par une  technique impeccable, mais finalement pas intéressant du tout. Une fois de plus, on a confondu l’efficacité et l’apparence de l’efficacité, défaut qui est bien dans l’air du temps, et pas seulement au théâtre… L’immense Dario Fo méritait mieux,tant pis…
   Alors à voir? Si vous tenez à entendre la merveilleuse langue de Dario Fo mais il existe  de nombreux enregistrements, sinon… n’y emmenez surtout pas des adolescents, il risquent de ne pas l’oublier…et surtout de ne jamais retourner au théâtre.

* Rappelons que Catherine Hiegel, comme Isabelle Gardien, Yves Gasq et Pierre Vial, ont été priés de devenir sociétaires honoraires lors du dernier comité. Sans commentaires …ou plutôt si: c’est ce genre de décisions stupides et graves qui ne fait pas très bien dans le tableau, et c’est un euphémisme. Quant  au Ministre, il est prudemment resté silencieux, alors qu’il est dans ses pouvoirs d’intervenir. ( Voir le Théâtre du Blog de janvier).

Philippe du Vignal

Comédie-Française, Salle Richelieu, en alternance jusqu’au 19 juin.
Le prochain Nouveau Cahier de la Comédie-Française, consacré à Dario Fo, paraître en mars prochain.

Le Bruit des os qui craquent

Le Bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau, mise en scène d’Anne-Laure Liégeois.

 

C’est le récit de la vie d’une très jeune fille Elikia; elle a 13 ans mais elle vit dans un pays en proie à la guerre civile … Enlevée à ses parents, elle est incorporée de force comme soldat et se comportera donc comme un soldat, c’est à dire plus comme un bourreau sans pitié que comme la victime qu’elle était auparavant, même si elle essaye de donner un sens à sa vie… qui basculera encore une fois quand elle sera victime du sida et en mourra à quinze ans. L’écriture de Suzanne Lebeau est à la fois précise et d’une belle poésie mais ne fait pas vraiment sens sur un plateau de théâtre.
Anne-Laure Liégeois, qui, à la suite d’une commande de Muriel Mayette, a réalisé la mise en scène, s’est inspirée des livres qui traitent de la pauvre vie de ces enfants soldats et des images terrifiantes d’Afrique que nous avons tous vues un peu partout. Mais cette réalisation où les lumières restent jusqu’au bout des plus parcimonieuses et où ces bons comédiens que sont Isabelle Gardien, Benjamin Jungers, et Suliane Brahim- sont immobiles, debout la plupart du temps, est décevante, sauf à la fin quand des photos d’ enfants défilent en silence. Et ces soixante minutes presque dans le noir paraissent durer une éternité… mais c’était sans doute déjà un fausse bonne idée que de porter cette histoire d’ enfants soldats à la scène….
A voir? Si vous y tenez, mais on vous aura prévenu!

 

Philippe du Vignal

 


Studio de la Comédie-Française jusqu’au 21 février.

La Mélancolie des dragons

La Mélancolie des dragons

 

lamelancoliedesdragonsphilippequesne443.jpg   Philippe Quesne, issu de l’Ecole Nationale des Arts Déco, était surtout connu pour ses nombreuses scénographies de théâtre et d’opéra; il a réuni autour lui quelques comédiens, musiciens et peintres, ainsi qu’un beau chien noir Hermès et a fondé sa compagnie le Vivarium Studio avec lequel il aborde le théâtre plutôt comme un peintre et un auteur de performances.
Après plusieurs spectacles dont Nature et L’Effet de Serge, il avait remporté un beau succès au Festival d’Avignon l’an passé avec cette Mélancolie des Dragons qui est repris au Rond-Point et en tournée. Dans un belle clairière enneigée, aux arbres couvert de givre, il y a, cette nuit-là,  un vieux break  Citröen AX  blanc qui remorque une sorte de boutique pour forains mais d’un curieux format, presque carrée et assez haute. Dans la voiture, sans doute en panne, on peut apercevoir quatre jeunes gens aux cheveux très longs et un chien noir, qui grignotent des chips et boivent des bières en écoutant du hard rock.
Cela dure plusieurs minutes où il ne se passe rigoureusement rien. Puis une jeune femme arrive à vélo derrière les arbres. Elle va les voir, ils s’embrassent puis elle entreprend de soulever le capot de la voiture et de regarder le moteur dont s’ échappe tout d’un coup une épaisse fumée. Elle téléphone pour demander une tête de delco à un garagiste… Tout est singulièrement banal( vêtements , bribes de dialogues , attitudes des jeunes gens, et en même temps, il y e une réelle poésie qui naît de l’indicible: qui sont ces gens, que vient faire cette jeune femme, quel est ce parc d’attractions que ces hommes aux cheveux longs doivent bientôt mettre en place et dont la remorque blanche constitue l’un des éléments ? L ‘on n’est pas loin des premiers et merveilleux spectacles de Bob Wilson, comme le célébrissime Regard du sourd.
Ils proposent à la jeune femme de lui montrer plusieurs de ces attractions: le dialogue est d’un sérieux affligeant, comme seul peuvent en concocter certaines revues d’art et Philippe Quesne n’est pas sorti des Arts Déco pour rien: il sait s’exprimer et se livre à une descente en flèche de l’art contemporain: c’est à la fois impitoyable et drôle. Mais aussi loufoque, faussement naïf que crédible. Et les images sont de toute beauté; le metteur en scène s’est sans doute souvenu des coussins d’air créés en 1968 par Andy Warhol pour Rain Forest, ballet de Merce Cunningham, et ses complices se mettent à gonfler d’abord un gros coussin blanc  qu’ils placent sur  leur voiture et sur lequel ils projettent plusieurs graphismes différents pour indiquer leur Parc d’attractions: c’est dérisoire et drôle, parce que là aussi, argumenté avec le plus grand sérieux, et soutenu par de la musique classique, façon publicité ringarde.
Il y a aussi leur attraction préférée: une présentation de perruques accrochées à un fil nylon au plafond de la fameuse remorque qui se balancent grâce au souffle d’un ventilateur , éclairées par des projecteurs rouges.Et ils expliquent, tous serrés debout dans la remorque en prenant leur temps qu’il y a même des micros de façon à diffuser le son à l’extérieur…. Ils montrent aussi à Isabelle la jeune femme les merveilles que peut créer une machine à faire des bulles ou un petit canon à neige, comme de grands enfant émerveillés qu’ils doivent être un peu restés, le tout sur dond de hard rock ou de musique classique. Philippe Quesne rejette toute dramaturgie classique: mais le spectacle est impeccablement élaboré et construit, même s ‘il y a sur la fin  une petite baisse de rythme. Et une dernière image admirable pour la route :les comédiens gonflent de grands coussins noirs de plusieurs mètres de hauteur qui viennent envahir la clairière enneigée…Vraiment rare et encore une fois wilsonien. Comme en plus, c’est bien joué, en particulier par Isabelle Angottti, plus vraie que nature, on se laisse vite prendre par la poésie du Vivarium Studio. Alors à voir? Pas du tout, si vous n’aimez que le théâtre de texte pur et dur (quelques spectateurs s’enfuient un peu affolés) mais à voir absolument, si vous avez envie de rêver à un spectacle court (75 minutes) qui participe du geste pictural et de l’installation plastique au meilleur sens du terme. Le public, pour une fois assez jeune, a longuement applaudi les comédiens: c’est un signe qui, en général, qui ne trompe pas…

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre du Rond-Point jusqu’au 21 février

 


Les Autres ( Michu, Les Vacances, Rixe)

Les Autres ( Michu, Les Vacances, Rixe) de Jean-Claude Grumberg, mise en scène de Daniel Colas.

  Le spectacle créé en septembre dernier fêtait hier soir sa 150 ème, ce qui est du genre rare, à l’heure actuelle, que ce soit dans le théâtre privé ou public. Cela se passe au Théâtres Mathurins, celui des Pitoëff, où il y  a encore dans le hall l’ affiche de la saison 1937, avec la création de Six personnages en quête d’auteur , et d’Hamlet… Les deux dernières de ces trois petites pièces de Grumberg avaient été créées à la Comédie-Française :  Les Vacances , en 84 que jouent de nombreuses troupe d’amateurs et Rixe en 70, trois ans après son écriture. Henri,la cinquantaine est accueilli chaque soir par son épouse,  quand il rentre, épuisé par les remarques de son collègue de bureau. Mais, de jour en jour, elle le voit changer…

  Les Vacances raconte l’épopée d’une famille de  Français dans un pays méditerranéen ensoleillé: Henri et Aimée Laurent, et leurs deux adolescents attendent dans un petit restaurant au bord d’une plage. Le père déverse des bordées d’injures xénophobes sur le pays,se plaint  de tout:  du climat trop chaud, de sa femme,  de la nourriture immonde en général , et du  restaurant en particulier, dont le patron, c’est sûr, va les rouler; quant à la mère- absolument idiote- elle se plaint aussi, et les deux garçons se font engueuler sans arrêt et  copieusement  par le père…  ne comprend pas la modicité de l’addition et croit bon d’insulter en français le patron de l’auberge qui le saluera… en français. Michu est plus un sketch qui offre peu d’intérêt et Les Vacances un autre sketch un peu étiré qui mériterait d’être élagué, même s’il y a quelques bons moments où l’on rit devant ce torrent de bêtise.
De ces trois petites pièces,  c’est Rixe qui est la plus drôle,  la plus intéressante, et qui déjà au Panthéon des oeuvres théâtrales contemporaines: cela se passe toujours chez Henri et Aimée Laurent, dans leur appartement de la  banlieue parisienne, où Henri raconte à Aimée un banal accrochage dont il a été l’auteur. Et c’est un déluge d’insultes racistes,de mauvaise foi totale, de chauvinisme approuvé par son épouse. Et Henri part en vrille, dans une  parano soutenue à grands coup de verres de vin. Jusqu’au moment où croyant reconnaître le propriétaire arabe de la voiture qu’il a accroché et qui serait venu jusqu’au pied de  son immeuble pour l’agresser, il prend un fusil et tire par le fenêtre…
Le texte est d’une virulence et d’une précision dans le dialogue qui  nous étonne encore chez un auteur qui n’avait que 28 ans à l’époque. C’est solidement mis en scène par Daniel Colas, avec,  en bonus, pendant  les changements de décor et de costumes, quelques extraits d’actualité de cinéma de l’époque avec en vrac: de Gaulle , Pompidou, Brigitte Bardot à Cannes, la voix chaude de Barbara qui commençait à être bien connue, et celle de Dutronc qui chante: « Et moi, et moi », la première et immense catastrophe écologique avec le naufrage du Torrey Canyon, André Malraux, ministre de la Culture visitant l’exposition de Touthankamon: bref,  c’était hier et autrefois, et pour beaucoup , le Moyen-Age ou presque…
Et puis, il y a surtout l’ étonnant personnage que Daniel Russo a réussi à construire. Gestuelle et jeu impeccable: il n’y pas un faux pli, pas une hésitation ou un léger défaut de concentration: une vraie performance après 150 représentations. Et Evelyne Buyle possède une intelligence remarquable de la scène et du texte pour jouer une telle idiote: un  travail exemplaire de comédienne qui ne cherche jamais à en faire trop: admirables tous les deux.
Alors à voir? C’est selon ce que vous y cherchez: les deux premières pièces servent de complément à Rixe dont le propos n’a malheureusement pas vieilli, même si le texte , assez conformiste, ne fait pas dans la nuance et caresse le public dans le sens du poil. Mais reste, de toute façon, la  grande et belle leçon de théâtre donnée par Daniel Russo et Evelyne Buyle…

Philippe du Vignal

Théâtre des Mathurins.

Le Legs et Les Acteurs de bonne foi

  Le  Legs et Les Acteurs de bonne foi de Marivaux, mise en scène de David Géry.


legs.jpgLe Legs  est une courte pièce qui dans la vie de Marivaux -il avait déjà 48 ans- est proche de ses plus grandes pièces. Comme l’indique le titre, il s’agit d’une somme d’argent( 200.000 francs: ce qui n’a rien d’anodin, sans doute plusieurs dizaines de milliers d’euros) dont un Marquis et sa cousine Hortense doivent hériter.
Mais, il y aune clause suspensive comme disent les notaires: si le Marquis n’épouse pas Hortense, ,il devra lui verser sa part. Même chose pour Hortense…. C’est une déclinaison de plus dans l’œuvre de Marivaux d’un thème qui lui est cher: l’argent et le mariage… Dans ce jeu compliqué, il y a une comtesse qui aime le Marquis et  sait que le Marquis l’aime, sans que ce dernier  le sache., et surtout veuille l’avouer… Et Marivaux sait tisser un dialogue des plus subtils entre les maîtres d’abord , et les domestiques qui ,sans  l’air d’y toucher, savent mener le grand bal des sentiments chez leurs maîtres quand ils y trouvent, bien entendu leur intérêt…
Et là, les choses sont très embrouillées.  Même si  la société a bien changé, cela pourrait se passer en 2010, à quelques modifications, tous les notaires savent cela. Le Marquis finit par avouer son amour à la Comtesse et accepte de payer les 200.000 francs. La morale, ou du moins une certaine morale , est sauve: l’argent auquel on renonce ouvre la porte au bonheur ou ,du moins ,à l’amour et au mariage.   » Fierté, raisons, richesse , il faut que tout se rende. Quand l’amour parle, il est le maître », disait  aussi Marivaux, dans Les fausses Confidences.
David Géry s’est emparé de la pièce avec beaucoup d’intelligence et de finesse, et dirige ses comédiens tous très crédibles-dont l’immense Daniel Martin-avec un remarquable sens des nuances. Mais, comme il n’y a aucun  décor et que l’acoustique de  cette ancienne  salle des fêtes  reste des plus défectueuses, beaucoup de répliques échappent à la plupart des spectateurs: c’est plutôt ennuyeux dans le cas de Marivaux….
Les Acteurs de bonne foi que Marivaux écrivit peu de temps avant sa mort est une pièce où fleurit le théâtre dans le théâtre  avec un  dialogue étincelant  mais qui est un peu mince ( trente minutes). Ces acteurs sont en fait   des domestiques qui jouent une comédie le jour du mariage d’Angélique et d’Eraste. Situations réelles et situations jouées: la confusion devient  rapidement ingérable pour les personnages.. et c’est parfois  drôle, parfois seulement. .David Géry s’est servi du même décor  et a employé aussi les même  acteurs que pour Le Legs, et quelques autres,  et s’est servi du même décor : un plan incliné représentant une table de jeu de casino mais dont ,cette fois , quelques uns des éléments de plancher ont été enlevés, sans doute pour signifier cette mise en abyme?
Cela ne semble  pas tellement  réjouir les comédiens , souvent peu rassurés dans leurs  déplacements, quand il leur faut contourner ces trappes béantes. Et David Géry a cru bon- mais c’était sans doute la fausse bonne idée du siècle- de travestir Geoffroy Carey, Philippe Fretun et Daniel Martin pour les trois rôles féminins principaux, mais la pièce vire alors à la farce.
Si le metteur en scène a dû  s’amuser, le public lui reste un peu indifférent à cette mise en scène aussi bien réglée que la précédente mais beaucoup moins convaincante! Alors à voir?  Oui, si vous voulez à tout prix voir ces deux petites pièces  de Marivaux rarement jouées, sinon… ce n’est  pas une priorité Et cette salle n’est pas  le meilleur endroit pour les découvrir… La  ville de Boulogne-Billancourt  possède une remarquable médiathèque mais on attend encore qu’elle ait un théâtre digne de ce nom. Qu’en pense M. Fourcade?

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre de l’Ouest Parisien à Boulogne jusqu’au  21 février.

 

 

Ceux qui viennent

Ceux qui viennent, texte et mise en scène d’Elisa Ghertman.

  15351372049226.jpgCela se passe dans une friche industrielle reconvertie; oui, Madame, la scène est vaste et silencieuse, même si ce n’est pas le grand confort dans la salle: les sièges « coque » rouges sont prêts pour un musée du design; oui, Madame, il fallait prendre un métro jusqu’à Gennevilliers , puis un bus ( mais on est venu nous chercher en voiture)… C’est là qu’Elisa Ghertman proposait une version plus longue d’un texte qu’elle avait déjà présenté il y a quelques années. Ceux qui viennent , c’est comme une sorte d’exorcisme personnel que prennent à bras le corps quatre jeunes comédiens. Parfois pour le meilleur mais pas toujours… ll y a surtout des monologues, quelques moments de rencontre entre des êtres, et une sorte de patchwork pas mal cousu de théâtre, de rap mais aussi de chant et parfois de danse pendant une petite heure. Le spectacle est très inégal, avec un moment sublime comme ce monologue d’une femme enceinte: Marion Amiaud a, par moments, des faux airs de Zouc, cette comédienne suisse qui fit un tabac dans les années 70. Petite, les cheveux ébouriffés, les yeux brillants ,elle a une gestuelle très élaborée et elle réussit en quelques minutes à construire un personnage et à mettre, comme on dit, le public dans sa poche, avec un texte qu’elle possède de façon absolue. Elle possède un métier solide et une personnalité vraiment étonnante. Et il y a aussi David Lelièvre, un comédien qui a une belle présence et que l’on avait déjà vu comme Marion Amiaud , dans le précédent spectacle d’Elisa Ghertman qui, c’est incontestable, sait diriger ses quatre comédiens. Le rappeur Haimess n’est malheureusement pas un comédien , ne joue pas du tout avec les autres, et cela plombe le spectacle Dommage… Si, donc, la direction d’acteurs, la mise en scène et les éclairages sont d’une remarquable qualité, il faudrait qu’ Elisa Ghertman, au delà des belles images qu’elle sait créer, abandonne son magasin personnel et s’oriente vers de grands textes:  » J’essaye de toucher, ce qui, en étant le plus personnel possible, est aussi ce qui nous appartient à tous et nous lie ». On veut bien, mais la jeune metteuse en scène a du mal à en construire la dramaturgie; et la fabrication de la fiction, à partir du poème dramatique, ne fonctionne pas vraiment. Elisa Ghertman, après ses premières expériences, devra renoncer à certains choix . Cela peut faire grincer les dents mais c’est la condition sine qua non de toute avancée théâtrale. Elisa Ghertman, qui disposait sans doute pour la première fois d’un vrai et beau plateau montre qu’elle possède une solide maîtrise de la  » plastique scénique  » , pour reprendre les mots de Denis Bablet, qu’elle peut mettre, avec beaucoup d’efficacité au service d’un univers dramatique…

Philippe du Vignal

Le spectacle a été créé, après une résidence à l’espace 89 de Villeneuve-la-Garenne le 5 février.

Cercles/ Fictions

 Cercles / Fictions, texte et mise en scène de Joël Pommerat.

  La nouvelle création de Joël Pommerat , que Peter Brook a invité il y a deux ans à venir travailler au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris,  est fondée sur un nouveau rapport au public; en effet  Joël Pommerat n’avait jusque là,  dit-il, envisagé que la seule scène frontale . Mais , cette fois ,il a imaginé, avec l’aide de son scénographe Eric Soyer,  de transformer le théâtre en fermant totalement le cercle du public comme dans un cirque. Si la proposition  est parfois dangereuse pour des comédiens débutants, elle peut aussi être d’une grand apport et d’un grand enrichissement pour ceux- tous formidables de métier et de vérité-de la Compagnie Louis Brouillard.
  La seconde proposition de travail de Pomerat qui n’est pas sans lien avec la précédente, pose la question, non pas de la fiction en général mais de la représentation de cette fiction, puisque, dit-il, tous les personnages  de la pièce, à l’exception d’un seul,  sont, comme les situations authentiques, le concernent lui directement et cercle.jpg sont partie prenantes de ce qu’il est aujourd’hui.
  Ce sont de courtes scènes, même parfois presque muettes, et elles se jouent au centre de ce plateau rond séparé du public par un muret de contre-plaqué noir. Peu de lumière: des éclairages  surtout latéraux et zénithaux absolument sublimes signés Eric Soyer , pour donner naissance à des images faites de trois fois rien mais d’une beauté incontestable.
Sa
ns doute les petits scènes qui se succèdent pendant plus de deux heures sont de qualité inégale-il y a quelques longueurs- mais la plupart sont d’une vérité et d’une émotion étonnantes: un grand bourgeois qui explique à ses domestiques les nouvelles règles appliquer qu’il entend , le licenciement par son épouse de la nourrice, des histoires de guerre traumatisantes  le dialogue surréaliste  d’un cadre d’une sorte de Pôle-Emploi avec des demandeurs d’emploi, la  rencontre dans un parking souterrain d’un directeur commercial avec deux jeunes femmes S.D.F. ..

  Il faut parfois suivre Joël Pommerat dans les méandres du conte qu’il veut nous faire entendre mais les images sont tellement fortes et belles,  et soutenues par une bande son et des compositions musicales tout à fait remarquables de François, Antonin et Grégoire Leymarie qu’on se laisse emporter…
D’autant plus que tous les acteurs,impeccablement dirigés , et dont beaucoup ont déjà travaillé avec le metteur en scène sont  tous d’un niveau exceptionnel: Jacob Ahrend, Saadia Bentaïeb, Agnès Berthon, Gilbert Beugniat, Serge Larivière, Frédéric Laurent, Ruth Olaizola, Dominique Tack. Et grâce aux micros HF, pour une fois  justifiés, ils nous sont tout à fait proches, et  la moindre nuance, le moindre chuchotement est aussitôt perceptible, ce qui change aussi de façon radicale la relation avec le public.

  Pas un à-coup dans la mise en place , où chaque scène s’enchaîne à l’autre comme par miracle, alors que les comédiens entrent et sortent dans un noir presque absolu. C’est un vrai travail d’orfèvre, d’une incomparable précision et en même temps d’une géniale poésie.Il y a sans doute , on l’a dit, quelques longueurs mais la puissance des images comparable- comme celle de la fabuleuse et dernière scène( on vous laisse la surprise)- à celle du Wilson d’autrefois (désolé, on a chacun nos petites nostalgies!) et la solidité à toute épreuve de l’interprétation en font un spectacle peut-être difficile à appréhender au début mais où il y a des moments que l’on ne peut trouver nulle part ailleurs dans le théâtre actuel.
  Alors à voir? Oui, à condition de faire un petit effort pour entrer dans la dramaturgie parfois un peu compliquée de Pommerat mais, comme dirait Céline, tout se paye dans la vie, le bien comme le mal, mais le bien, c’est plus cher….Et croyez-nous, on ne ressort pas de là indemne et les images continueront à vous poursuivre bien après que vous aurez quitté les Bouffes du Nord.

 

Philippe du Vignal

Jusqu’au 6 mars et ensuite au Manège de Maubeuge le 13 et 14 mars; à la Scène nationale de Cavaillon du 31 mars au 2 avril, et Théâtre de la Communauté française de Belgique à Bruxelles du 20 au 24 avril.
 

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