la colonie pénitentiaire

Festival d’Avignon:


La Colonie pénitentiaire
, d’après la nouvelle de Franz Kafka, mise en scène de Laurent Caruana

la colonie pénitentiaire Le texte bien connu de Kafka, écrit en 1916, se prête plus que d’autres de son auteur, à une adaptation théâtrale. Comme L’Ile  du Salut de  Mathias Langhoff ( 1996),  l’opéra de chambre  In the Penal Colony de Phil Glass. Ou  le film de Raoul Ruiz (1970).
Un explorateur de grande renommée,  mais qui n’est pas nommé, se rend dans une île où a été installée la colonie pénitentiaire d’un grand pays (pas non plus nommé). On l’invite à assister à l’exécution d’un condamné au moyen d’une machine inventée par le commandant de l’île, depuis décédé.
La dite machine, grâce à un fonctionnement des plus complexes,  inscrit
le motif de la punition dans la chair du pauvre condamné qui finit par en mourir dans d’atroces souffrances.
L’officier explique à l’explorateur de façon très détaillée,  le mécanisme de l’engin et lui demande de ne pas intervenir auprès du commandant mais l’explorateur fera quand même part de sa répugnance. L’officier n’arrive pas à le convaincre, libère le condamné, et prend sa place.
Mais l’appareil se met à fonctionner trop vite et le décès intervient très rapidement… L’appareil déréglé se détruit alors de lui-même.
Ici, sur le plateau, une lumière blafarde et jaune éclaire, comme sournoisement, un bureau et une sorte de chaise longue. C’est tout. André Salzet endosse les deux rôles
avec précision et une excellente diction, très bien dirigé par Laurent Caruana; il détaille toute la cruauté de cette fable avec  beaucoup d’intelligence et avec un  humour glacé; on retrouve dans cette nouvelle,  le climat du Jardin des délices, le fameux roman d’Octave Mirbeau dont Frans Kafka s’était inspiré.
André Salzet, qui s’est fait un peu une spécialité de l’adaptation au théâtre de textes littéraires (voir Le Théâtre du Blog), possède un solide métier, et malgré le caractère impitoyable du récit, les spectateurs adhèrent tout de suite au propos-même si le spectacle est un peu trop long-et écoutent, dans un rare silence, le récit de cette prophétie philosophique des temps nazis. Kafka, quelque  trente avant, avait tout pressenti de la barbarie à venir …
Victimes, bourreaux? On ne sait plus trop! Les deux hommes-intelligents sont  pris dans l’engrenage d’un système totalitaire où règne la cruauté et  le sado-masochisme. L’un tout à fait incapable d’empêcher quoi que ce soit, et l’autre guère plus lucide;  pris dans une sorte de piège totalitaire où s’efface la notion d’humanité. Un siècle plus tard, (voir toutes   les guerres actuelles et… à venir), cela fait froid dans le dos!
Rodé depuis longtemps, le spectacle donc au point, est, à coup sûr, un des meilleurs solos du off.

Philippe du Vignal


Théâtre au Coin de la lune 24 rue Buffon
jusqu’au 31 juillet  T:  04 90 39 87 29 et  les  28, 29 et 30 novembre  à 20h30 et 1er décembre à 17h00 Théâtre du Passeur – 88, rue de la rivière – 72000 Le Mans  T:02 43 76 65 82; et les  5 et 6 décembre  à 21h00  et 7 décembre à 17h00 et 21h00 Théâtre Portail Sud : 8, cloître Notre Dame – 28000 Chartres T:  02 37 36 33 06


 

Archive de l'auteur

Festival d’Avignon: Exhibit B

Festival d’Avignon : Exhibit B,  conception et mise en scène de Brett Bailey.

Festival d'Avignon: Exhibit B w_exhibit_b__brett_bailey_c_christophe_raynaud_de_lage__festival_davignon_0244

© Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon.

Cette « exposition » débute en réalité dans le sas d’attente: on impose au  groupe de vingt spectateurs,  silence,  interdiction de toucher les œuvres et entrée individuelle,  afin de mieux réguler le flux de la visite.
Dès le premier tableau, le choc est brutal:  un homme et une femme noirs sud-africains, le corps couvert de terre ocre, sont exposés comme des statues, au milieu d’une dizaine de têtes d’antilopes naturalisées. Ce qui frappe d’emblée, c’est l’interaction visuelle entre le visiteur et « l’objet humain exposé », c’est à ce regard qu’il sera confronté en permanence.
Nous sommes  dans un zoo humain, avec des personnages bien vivants, comme à  la fin du XIX eme siècle et au début du XX ème, dans différents pays d’Europe- dont la France encore coloniale de l’époque-ci,  mais, ici, les tableaux humains sont assez éloignés les uns des autres pour induire un vrai recueillement devant chacun.
Après la découverte du corps de  la célèbre Venus Hottentote, on peut voir Soliman qui nous regarde allongé sur un catafalque. Le corps de ce Nigérien, qui porte le numéro 1721, fut naturalisé et exposé au public, jusqu’en 1840, dans une collection d’histoire naturelle de Vienne…
Nous découvrons ainsi à quel point la caution, dite scientifique, a permis la validation de ce type d’exposition, dans un but anthropomorphique.  « Il n’est pas anodin, dit
Brett Bailey,-un blanc sud-Africain, dont le pays a connu l’apartheid, régime de discrimination systématique des noirs jusqu’en 1994-que les centres de recherche des anciennes puissances coloniales détiennent encore des milliers de squelettes de citoyens de leurs ex-colonies. Ces ossements qui, dans de nombreuses cultures, ont un pouvoir spirituel. Butin macabre résonne comme un symbole mythique de l’équilibre des pouvoirs dans le monde post-colonial ».
Au milieu de l’exposition, son metteur en scène prend parti, et pose la question de l’immigration clandestine; il expose, comme des objets trouvés, un réfugié congolais, un immigrant erythréen et un immigrant somalien attachés par des câble à son siège d’avion!.
Ce travail sur la mémoire de notre belle Europe civilisée est à voir absolument. Dernier tableau bouleversant: dans une cage,  une femme de ménage  en robe à fleurs,  qui porte le numéro 0435766, classée métisse, est assise avec son seau et son balai.  Sur une pancarte est écrit: « Les noirs ont été nourris »; en contrebas, sur une autre pancarte,  à peine visible, indique  la fin de cette belle « exposition »-en harmonie parfaite avec le cadre solennel  de l’église des Célestins. Il y est inscrit la mention:  « The Divisional Council, Whire area », invitant ainsi le visiteur à sortir….

Jean Couturier

Église des Célestins jusqu’au 23 juillet   

Festival d’Avignon: Todo el cielo la tierra

Festival d’Avignon: Todo el cielo la tierra, texte, mis en scène, scénographie et costumes d’Angélica Liddell, musique de Cho Young-Wuk, spectacle en espagnol,traduit par Christilla Vasserot, en  mandarin et norvégien surtitré en français.

 

Festival d'Avignon: Todo el cielo la tierra w_todo_el_cielo_sobre_la_tierra__angelica_liddell_c_christophe_raynault_de_lage__festival_davignon_3571

© Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon.

Sur le grand plateau de la cour du lycée Saint-Joseph,  peu d’accessoires, un  tumulus de terre brune avec des plantes et des arbustes bien verts, quelques tables et chaises tubulaires renversées, une estrade pour dix musiciens d’orchestre avec un beau piano à queue et, au-dessus de la scène, deux gros caïmans face à face et un autre, plus petit au milieu (merci, docteur Freud).
Trois jeunes femmes et deux hommes dont l’un est masqué. Cela commence par quelques vers de  Wordsworth :  « Et si rien ne peut ramener lʼheure / De la splendeur dans lʼherbe, de lʼéclat dans la fleur / Au lieu de pleurer, nous puiserons / Nos forces dans ce qui nʼest plus. »
Suivra un dialogue entre Peter et Wendy, inspiré du roman de James Matthew Narrie, Peter Pan. Et l’évocation de la tragédie de l’île norvégienne d’Utoya en Norvège quand un homme,  
en 80 minutes,  tua un par un, il y a douze ans déjà,  69 jeunes gens…
« Ils avaient, entre 16 et 26 ans », fait dire Angélica Liddell, à un personnage, « lʼâge auquel non seulement le sexe mais aussi lʼamour physique est possible. Dès que nous naissons, notre principal objectif est sexuel. Telle est l’origine de la tristesse humaine ».
Et l’écrivaine/metteuse en scène ajoute:  » Après, nous entrons dans lʼâge du ressentiment et nos maladies, notre laideur, notre insatisfaction ne peuvent être compensées que par le travail ou la reproduction, parfois par le crime. Nous sommes de plus en plus vieux, repoussants et déprimants, mais nous avons malgré tout besoin dʼêtre aimés. »

Wendy arrive ensuite à Shanghai, où un policier lui demande pourquoi elle y est venue seule. On ne comprend pas bien la relation entre ces deux univers, même si Angélica Liddell a vécu quelque temps en Chine… La mise en scène a quelque chose d’un peu poussif, comme si elle n’arrivait pas tout à fait à donner une unité de ton à  ce scénario plutôt mal foutu. Même si on retrouve cette fureur et cette irrésistible envie qu’elle a, encore à 47 ans,  de régler ses comptes  avec la société mais aussi avec ses proches.
Et  la belle Angélica qui joue dans le spectacle,  dit les choses souvent de façon très crue et sans aucun état d’âme. En fait, tout au long de la pièce, et on le comprend très vite, c’est d’elle et de son corps qu’elle a envie de parler,  avec des mots précis, et dans une langue remarquable:  » Le plus terrible, dans la solitude, c’est qu’on ne peut pas éradiquer le désir d’être aimé. On veut être seul mais on a besoin d’être aimé. On déteste l’humanité mais on a besoin d’être aimé ». (…) « As-tu eu des rapports sexuels avec des hommes chinois? Est-il vrai qu’on t’a proposé de travailler comme prostituée à Shangai? »
w_todo_el_cielo_sobre_la_tierra__angelica_liddell_c_christophe_raynault_de_lage__festival_davignon_3522On retrouve ici, mais avec parfois les thèmes des précédentes pièces d’Angélica Liddell ( voir Le théâtre du Blog), la solitude, le manque et le besoin d’amour, les relations sexuelles, l’obsession de la mort, la haine féroce des géniteurs, l’acceptation de la souffrance. Mais dans toute la première partie du spectacle,  le texte, comme la  mise en scène,  n’a pas toujours la même virulence. On s’ennuie un peu.
Il y a ensuite l’entrée d’un orchestre classique qui va jouer une suite de sept valses de Cho Young-Wu,  compositeur sud-coréen de musiques des films de Park Chan-Wook. La valse des bicyclette Forever, La Valse de la splendeur de l’herbe, La Valse de l’origine de la tristesse de l’origine de la tristesse humaine, etc… dont la metteuse en scène dit qu’elle a en eu besoin pour créer toute une dramaturgie et pour que la musique jouée par  un orchestre, transforme lʼaction,  et l’action transforme la musique ».
On veut bien, mais tout se passe comme si ces sept valses semblaient être un concert dans le spectacle. Du coup, le fil rouge de la pièce déjà ténu disparaît. Mais cette succession de valses, avec notamment, un danseur et une danseuse chinoise,  est longue comme un jour sans pain et le  public manifeste  quelques signes d’impatience…
Puis, on change de registre, Angélica Liddell, reste seule, en petite robe noire et  armée d’ un micro, se lance dans un performance où on la sent  beaucoup plus à l’aise , criant à la face du monde ses angoisses
et ses douleurs existentielles. On sent que le public, qui, peut-être, la voit pour la première fois, est fasciné par cette boule de sensibilité et d’intelligence qui déboule sur le plateau…
Le catalogue de la grande dame espagnole est fourni: coups de fatigue insurmontables, désespoirs passagers et envie de mourir, manque d’énergie pour les actes quotidiens de la vie, incapacité à être heureuse,  soulagement d’être étrangère dans un pays qui n’est pas le sien, ce qui l’aide, dit-elle,  à supporter le sentiment de non-appartenance à la vie, amer constat de ne plus connaître que des gens aussi âgés  que soi, irréversible pourriture des relations, impossibilité pour elle de penser si on se met en même temps à aimer les gens, arrogance des soi-disant humbles et  des soi-disant généreux,  supplément de dignité des mères et des bigotes…
Elle se console,  comme elle peut,  avec « l’immense bonheur, dit-elle, de ne pas acheter de jouets à ses enfants pour Noël, de ne pas avoir leurs horribles dessins, et  la satisfaction de préférer être seule, de pas avoir d’amis, de  ne supporter personne et que personne ne la supporte.

Et, comme Angélica Liddell n’en est pas à une contradiction près, après avoir hurlé:  »   Fuck You! Mother!    » , elle avoue  se rendre compte qu’elle a « seulement la capacité d’aimer ». Après un dernière rasade de bière bue au goulot, et avant de revenir une nouvelle fois à  ses vieux exorcismes contre la souffrance et la mort grâce au sexe:  » Je m’engouffre dans les toilettes d’un grand  magasin, pour me masturber, pour me faire jouir, ça me soulage, ça me fait passer la peur de la mort ».   » Je ne veux pas être une de ces dames pleines d’espoir qui rêvent, qui puent la pisse mais qui gardent  l’espoir, qui se frottent le vagin à la première queue venue mais qui dans le fond nourrissent d’autres espoirs,  des secondes  chances et autre saloperies ». Après une dernière vision  obsédante des corps inertes  de l’île d’Utoya , elle constate que son « corps vivant était presque mort ». Angélica Liddel dit les choses crûment, comme rarement sur une scène européenne, et avec un formidable présence. Le public est fasciné.
C’est finalement, quand elle est seule sur le plateau qu’elle réussit, enfin délivrée d’une mise en scène souvent trop approximative, à dire le mieux cette perte de la jeunesse qui l’obsède et  qu’elle semble  tant redouter.
Alors, à voir?  Oui, malgré ces réserves (le spectacle de quelques 2h 40 sans entracte), malgré de  belles images, est vraiment  trop long et il faudrait qu’Angélica Liddell resserre d’urgence les boulons de toute la première partie. Mais, malgré une mauvaise sonorisation, la  fin, où elle est seule en scène, est vraiment excellent; seulement voilà…Il faut la mériter.

Philippe du Vignal

Le spectacle donné du 6 au 11 juillet dans la cour du lycée Saint-Joseph, sera repris au Théâtre de l’Odéon à la rentrée et au Parvis Scène Nationale Tarbes-Pyrénées.
Texte est édité aux Solitaires intempestifs.

 

Festival d’Avignon: Les mangeurs de lapin « remettent le couvert »

Festival d’Avignon: Les Mangeurs de lapin, conception et direction artistique de Sigrid La Chapelle, mise en scène d’Alain Gautré.

Festival d'Avignon: Les mangeurs de lapin Un rideau de velours rouge à paillettes en fond de scène, et sur le côté cour, un musicien( David Benadon qui a aussi composé la musique) au piano-synthé et à la batterie. Ils sont trois complices: Sigrid La Chapelle en complet noir de maître de cérémonie, Jean-Philippe Buzaud, clown filiforme  en  collant argent, grosse cravate blanche, chaussettes à damier noir et blanc et chaussures très très pointues, et Dominic Baird-Smith en kilt qui a quelque chose de Jacques Tati, sans aucun doute le meilleur des trois.
Le spectacle est une succession de sketches où il y a de tout du meilleur comme ces numéros de jonglage aussi  étonnants que remarquables de précision de Dominic Baird-Smith,  avec six ou sept raquettes de tennis  ou cette  pomme lancée  à partir d’une planche à bascule, qu’il  rattrape avec un couteau pointu accroché sur sa tête. Ou ces faux éléphants admirables de vie.
Il y a, revendiquée,  l’influence de Keaton, des Marx Brothers et de Laurel et Hardy mais aussi  du grand maître Lecoq, et un peu de Jérôme Deschamps.. Sigrid La Chapelle fait feu de tout bois et, dit-il, ce qui l’intéresse dans ce jeu collectif,  c’est de mettre au point  » un burlesque qui est un langage de maniaque, orgueilleux, mathématique et musical. (…) L’écriture burlesque exige un tempo très précis. Un quart de seconde plus ou moins, et vous passez à côté de l’effet. le burlesque ne supporte ni l’à-peu-près ni la médiocrité. »
Les numéros  se succèdent sans trop d’unité mais avec un réel savoir-faire de chacun, accompagnés de musique. La mise en scène d’Alain Gautré n’est pas du bois dont on fait les flûtes! Rythme cahin- caha et longueurs,  surjeu, numéros qui se répètent sans que l’on sache bien pourquoi, deuxième,  voire troisième degré et théâtre dans le théâtre: procédé maintenant usé jusqu’à la corde, et utilisation de micros  HF insupportables qui sont devenus un impératif catégorique que ce soit dans le in ou dans le off. Même, comme ici, dans un salle comme ici d’une centaine de places. Comme la musique est aussi sonorisée, au bout de dix minutes, c’est fatiguant et à la limite du supportable.
La plaquette  indique sans fausse modestie aucune que ces Mangeurs de lapin  » se révèlent d’authentiques virtuoses du rire et de l’absurde ».  Pas moins! C’est vrai que l’on rit parfois, mais le spectacle,  tel qu’il est actuellement, est un peu  prétentieux, manque d’unité  et est surtout  beaucoup trop long.  La maîtrise du temps n’est pas au rendez-vous et c’est un euphémisme. Dans un spectacle qui se veut comique, c’est plutôt ennuyeux .
« Utiliser le langage burlesque pour rendre un hommage au cirque et au music-hall « n’était sans doute pas une priorité absolue. Bergson avait bien raison quand il disait que  » les attitudes, gestes et mouvements du corps humain sont risibles dans l’exacte mesure où ce corps nous fait penser à une simple mécanique ». Ce qui manque en effet  à ce spectacle, c’est, comme souvent,  un rythme et cette  » simple mécanique », conçue comme véritable dramaturgie,  telle qu’elle existe chez les maîtres du cinéma comique. Et là, on est loin du compte.
On a parfois l’impression d’avoir affaire à un trio de copains qui s’exerce à huis-clos et à coup d’impros pour un futur spectacle, ce qui n’est  sûrement pas le but! 
Cela dit, le public, qui est, comme toujours dans le off, plutôt indulgent, semblait souvent content et riait de bon cœur,  nous beaucoup moins.  Ce n’était peut-être pas le bon jour…  Vous pouvez  donc tenter votre chance mais on vous aura prévenus.

Philippe du Vignal

Collège de la Salle, Théâtre du Gymnase, Place Pasteur  à 20h45 jusqu’au 31 juillet.

http://www.dailymotion.com/video/x121qt1

Festival d’Avignon: Le désir de l’humain.

Festival d'Avignon: Le désir de l'humain.  le-desir-de-l-humain_article_popin

 

 

Festival d’AvignonLe Désir de l’humain, spectacle poétique et musical, d’après des textes d’Eugène Durif. Chef de troupe :  Jean-Louis Hourdin, composition de Karine Quintana.

Titre à deux entrées, pour un spectacle modeste : le désir de l’humain, c’est celui que ressent l’être humain, et aussi le besoin exprimé que l’homme soit humain, enfin. Sous la jolie abside de la chapelle du Théâtre des Halles, deux hommes et deux femmes, ou, si l’on veut, trois musiciens et un poète. Ils ne prétendent pas représenter,  à eux seuls,  toute l’humanité ; c’est déjà difficile d’être soi.
On pourra dire qu’Eugène Durif est « le poète de service »: il se met au service de la quête modeste de chacun, à commencer par lui-même. Au fil des années, à force de monter sur scène et de dire ses textes ou ceux des autres auxquels il tient- ce n’est pas son genre de dire n’importe quoi-il a trouvé sa voix. Le bonheur? Insolent ou mensonger. Mettons prudemment notre mouchoir par-dessus. La vie ? À prendre pour ce qu’elle est, très fugace, très précieuse, avec de minuscules merveilles. Influencés par le vocabulaire des supermarchés, nous aurions tendance à dire: à saisir . Il faut être plus juste: à caresser, à aimer.
On rit et l’on sourit, on respire et on se demande pourquoi avec si peu de théâtre –les quatre en question sans effets ni décors- on a tant de théâtre. La réponse est dans la qualité du travail de ces quatre.
Eugène Durif ose être un « aède », qui écrit comme on parle quand on est heureux ou malheureux, entre amis, du fond du cœur, et nous parle pour de vrai. Sans exhibition de virtuosité, les trois musiciens sont de super-pointures. On le devine, on le ressent à leur extraordinaire précision et  à leur justesse. C’est ça, la qualité : du travail bien fait, au sens où il est bien pensé, bien vécu et, mieux encore, juste.

Quand le souffle de la trompettiste Nathalie Goutailler lui permet d’être comédienne avec la même justesse, la même force (et la même douceur) qu’elle donne à son instrument. Quand ils chantent ensemble, ils atteignent la même vérité, parce qu’ils savent ce qu’ils ont à dire, dans le respect de leur art et du public. Et de leurs différences : le contrebassiste-chanteur Bruno Martins pourrait monter sur une scène lyrique, la compositrice-accordéoniste-chanteuse Karine Quintana a fait tourner des bals, ils sont chacun a sa vraie place, dans le même Désir de l’humain .
Voilà un spectacle réconfortant sans triche ni illusions, complètement contemporain. Du théâtre d’art, en ce que les fins et les moyens se collent à la peau. Total respect, et grande et saine respiration. On en redemande.

Christine Friedel

 Théâtre des Halles, 14h, jusqu’au 28 juillet. Bruno Martins chante aussi le matin à 11h au Petit Louvre les chansons d’Alain Leprest. Ça s’appelle Je hais les gosses.

 

 

Festival d’Avignon: Lettres de l’intérieur.

Festival d’Avignon : Lettres de l’intérieur, de John Mardsen, adaptation et mise en scène Marie Dupleix.

Festival d'Avignon: Lettres de l'intérieur.  lettresUn jour, Mandy, quinze ans, décide de répondre à l’annonce de Tracy, quinze ans elle aussi, qui cherche une correspondante. Petites histoires de filles, de chiens et de chats, de lycée, joies du basket… Mandy est joyeusement éblouie par la famille  » idéale » de sa correspondante, jusqu’au jour où elle s’aperçoit que finalement, elle ne sait rien d’elle.
La vérité apparaît : Tracy écrit d’une prison pour mineurs, et, apparemment, elle n’est pas là pour avoir pris le bus sans ticket. De l’autre côté, ce n’est pas rose non plus : le frère de Mandy accumule des signes de violence extrêmement inquiétants, que les parents refusent de voir.
L’auteur distille les indices avec une extrême habileté, installant un suspense d’autant plus efficace qu’il est fondé à la fois sur la vérité de la société australienne (qui ressemble beaucoup à ce que nous savons des Etats-Unis) et sur la justesse de ton des deux adolescentes qui  y vont,  à fond les ballons, que ce soit dans le rose ou dans le noir. Exigeantes, extrêmes, obstinées, elles ont la radicalité de leur âge, la peur au ventre, parfois, le rire aux dents. Elles se lancent dans l’absolu de l’amitié malgré le mensonge et les fuites de Tracy, jusqu’à en être profondément changées.

John Mardsen est pessimiste pour ses personnages et optimiste pour l’humanité : oui, l’amitié, l’amour peuvent changer les êtres;  oui, cela aide les adolescents à devenir adultes et à dessiner un monde où la violence n’aurait plus sa place.
La compagnie des Mistons partage cet optimisme en travaillant–comme l’indique son nom , emprunté à Truffaut- pour le jeune public. Mais celui du off,  à onze heures du matin, a plutôt l’âge des grands-parents: un conseil, réveillez vos ados, et emmenez-les voir Lettres de l’intérieur, ils vous en remercieront (ce qui n’est pas facile pour un ado). Comme vous, ils auront ri, pleuré, devant deux comédiennes épatantes et une scénographie juste est efficace.

Christine Friedel

Théâtre Arto, jusqu’au 31 juillet.

Le Pouvoir des folies théâtrales de Jan fabre

Le Pouvoir des folies théâtrales de Jan fabre de-macht.-2012-1

 

Festival d’Avignon: Le pouvoir des folies théâtrales conception, mise en scène, scénographie, chorégraphie et lumière de  Jan Fabre.

 

  Jan Fabre, qui fut « artiste associé »du festival en 2005, revient avec une pièce qui date de… 1984: créateur polymorphe, formé à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers, il s’est défini comme «un guerrier de la beauté». Il est connu pour ses multiples provocations artistiques-dont l’érection de sa propre statue dorée qui avait beaucoup irrité les habitants d’Avignon, au point d’être plusieurs fois endommagée, (elle est aujourd’hui à l’abri à l’Ecole d’Art).
Il reprend ici  une de ses créations-marathon de 4 h 30 qui est  sans  doute  la plus ambitieuse et la plus emblématique de son œuvre. La salle  à l’italienne de l’Opéra-Théâtre convient à merveille à Jan Fabre qui veut dénoncer ici les fastes et les dorures du théâtre bourgeois du XIXème siècle. Il évoque l’histoire du théâtre avec la création en 1876 de L’Anneau du Nibelung de Wagner qui,  pour la première fois, fit éteindre la lumière de la salle durant une représentation, donnant alors à l’objet scénique  une vraie dimension esthétique.
  Il évoque aussi Les Habits neufs de l’empereur, un conte d’Andersen qui y dénonçait le mensonge du paraître au travers d’un personnage nu mais détenteur du pouvoir. Ultime référence historique- mentionnée à la fin comme au début du spectacle : une femme, fessée violemment,  énonce : «1982 , c’est du théâtre comme c’est à espérer et à prévoir». 1982, c’était aussi  l’année  de la première création scénique majeure de Jan Fabre à Bruxelles…
Pour lui,  «faire du théâtre,  c’est faire de l’expérimentation sur scène». Il choisit donc de  créer de l’art et de la beauté selon ses propres critères, en mêlant  nudité et cruauté, grotesque et beauté.
Durant ces longues heures,
Jan fabre multiplie les références  musicales: Richard Wagner, Richard Strauss ou Wim Mertens, ou picturales avec de  nombreuses toiles peintes-dont, à la fin, Le Verrou de Fragonard- qui sont projetées en fond de scène. Ses danseurs,  ou plutôt ses performeurs,  qu’il a collectionné  au cours de ses différentes créations,  sont les véritables moteurs visuels de cette succession de tableaux.
 C’est grâce à eux que cette reprise du spectacle maintient le public en éveil…mais difficilement ! De nombreux spectateurs n’ont  pas résisté en effet à cette succession de scènes, qui évoquent les  grandes œuvres de la danse ou du théâtre., et se sont enfuis discrètement après deux heures de spectacle…
 Mais Jan Fabre a ses partisans,  et la partie du public qui restée jusqu’au bout était  comme hypnotisée par le pouvoir de ses images. Celui qui se définit comme un mystique contemporain,  nous montre à quel point la beauté est fragile. Pour lui,  « c’est comme un papillon,  quand vous le touchez , vous le détruisez». Reste à savoir si, durant sa carrière , il n’a pas détruit aussi quelques-uns de ses danseurs,  symboles de beauté !  

Jean Couturier

Opéra-Théâtre, spectacle joué les 15 et 16 juillet.


Image de prévisualisation YouTube


Festival d’Avignon: Je suis/Tu es/Calamity Jane

Festival d’Avignon: Je suis/ Tu es/ Calamity Jane, texte et mise en scène de  Nadia Xerri-L.

 

Festival d'Avignon: Je suis/Tu es/Calamity Jane 82-img_4484Une jeune fille un peu seule et réfugiée dans ses livres se passionne pour Calamity Jane. Elle se met sur son chemin  et stoppe la route de Calamity qui fendait l’air au volant de sa petite autobianchi rouge figée sur la scène et qui  nous regarde de ses deux phares. Calamity Jane, chapeau vissé sur les yeux, revient pour mourir, et n’a donc  aucune envie de faire la conversation et d’alimenter les délires d’une  fan .
Elle se montre bourrue et peu encline 
à accueillir la jeune fille. Elles font quand même un bout de route ensemble. Quand la jeune fille tourne la radio qui diffusait de la country et qu’elle tombe sur le tube italien guimauve La Solitudine, elles se mettent à chanter toutes les deux à tue-tête. C’est là le début d’un rapprochement… qui ne se fera pas facilement.
 Road movie théâtral donc fixe, impliquant un espace restreint où les deux femmes vont cohabiter et  apprendre à se connaître, cela se passe  dans une ambiance sonore de  cigales et de chouettes, quand ce ne sont pas des  coyotes ou des loups.
Leçon de tir au revolver, initiation au poker, Calamity Jane endosse finalement le rôle de la mère, ou du moins de celle qui  va transmettre ce qu’elle sait de la vie. Elle commence par se livrer un peu et nous apprend que sa vie à elle,  rêvée par  la jeune fille, est loin d’être enviable  et truffée de mensonges peu glorieux.
Avec ce spectacle qui peut jouer quasiment partout, Nadia Xerri-L revendique la construction en deux volets de chacune de ses  créations : une pièce qui se joue sur un plateau  de théâtre et «une petite forme attenante jouée  sur les territoires ». Auteur de ses textes, elle s’applique à ce que chaque forme puisse  fonctionner indépendamment de l’autre. La  petite forme existe donc par elle-même et  pas seulement  en avant-goût  qui aurait pour but de nous convaincre de voir la grande.
Vanille Fiaux -la jeune fille- et Clara Pirali-Calamity, sont très convaincantes malgré  l’espace  réduit où elles évoluent (dans et autour de la voiture). On est pourtant avec elles le long des grandes plaines américaines et on imagine bien les néons crépitants des motels au bord des routes. La mise  en scène, calme subtile,  nous permet de nous plonger dans cet univers féminin empreint de non-dits et de concessions.

Julien Barsan


La Manufacture jusqu’au 27 Juillet

Festival d’Avignon: Yvonne, Princesse de Bourgogne

 Festival d'Avignon: Yvonne, Princesse  de Bourgogne  yvonne_3dominique-valles

Yvonne, princesse de Bourgogne de Witold Gombrowicz, mise en scène d’Anne Barbot.

Yvonne, est une jeune fille que le prince Philippe, héritier du trône,  introduit à la cour de Bourgogne. Sans beaucoup d’attraits, elle a tout pour plaire:  à la fois, agaçante, timide, apeurée, en proie à un mutisme insupportable. Mais  le jeune  prince ne veut pas obéir à l’usage qui le contraindrait à n’aimer que les belles jeunes filles séduisantes.  Et il choisira Yvonne comme fiancée.
Introduite à la cour royale,  Yvonne, malgré son mutisme, est bien là et devient une sorte de bouc émissaire. « Un facteur de décomposition, dit Gombrowicz,. La  présence muette, apeurée, de ses multiples carences révèle à chacun,  ses propres failles, ses propres vices, ses propres saletés… La Cour n’est pas longue à se transformer en une couveuse de monstres. Et chacun de ces monstres rêve d’assassiner l’insupportable Yvonne. La cour mobilise enfin ses pompes et ses œuvres, sa supériorité et ses splendeurs, et, de toute sa hauteur, la tue ».
La pièce de Gombrowicz a de grandes qualités mais elle est  parfois assez bavarde et démonstrative;  souvent montée  par des metteurs en scène dix fois plus aguerris qu’Anne Barbot, elle ne rend pas toujours la monnaie de la pièce, et de loin!  C’est sa première mise en scène (2011) mais elle semble avoir déjà une sacrée maîtrise: d’abord de la dramaturgie- elle a bien fait de pratiquer des coupures,- et de la direction d’acteurs sur le plan gestuel et vocal,  de l’espace  scénographique, des costumes, et des maquillages,  des lumières et de la musique, c’est beaucoup oui, c’est, surtout chez une jeune metteuse en scène, et, croyez-nous, ce n’est pas si fréquent.
Quelques voiles transparents, une lumière bleue et l’on voit un des personnages avachi sur un canapé… Anne Barbot réussit à nous embarquer dans un univers très pictural avec des images de toute beauté. Où plane parfois l’ombre du grand  Tadeusz Kantor,  du théâtre nô qu’Anne Barbot a connu au Japon où elle a travaillé, et si, si, c’est vrai, d’Angélica Liddell. Il y a de plus mauvaises influences!
yvonne_12-dominique-valls-300x199D’abord avec un idée forte: Yvonne est la seule à n’être pas masquée, alors que tous les aristocrates, eux le sont. Et quels masques! -en fait des demi-masques, absolument sublimes comme les maquillages en noir et blanc qui les complètent,  à la fois grotesques et effrayants,  signés Yngvild Aspeli,  jeune créatrice norvégienne.

Anne Barbot sait visiblement  s’entourer: Charlotte Maurel,  la scénographe,  a bien réussi son coup avec un travail sans prétention mais absolument efficace;  Jean-Marc Hoolbecq qui a assuré la chorégraphie,  ou Vincent Artaud qui a composé la musique de cette création. Les dix acteurs- en particulier Fanny Santer (Yvonne), David Lejard-Ruffet( Le Prince)  ont tous un jeu sobre, exempt de toute prétention mais singulièrement juste, et maîtrisent parfaitement les  codes gestuels imposés par Anne Barbot dont on voit tout de suite qu’elle est passée par chez Lecoq.
Il y a de la folie pure dans la fable de Gombrowicz, et donc  un risque constant de dérapage mais ici, tout est parfaitement réglé. Chez ces comédiens,  aucun geste gratuit et tout obéit à la dramaturgie qu’elle  propose avec une grand sens  du plateau où les scènes  s’enchaînent avec  aisance. Ce qui caractérise ce  spectale, c’est sans doute son exceptionnelle unité (jeu, mise en scène,scénographie) .

Il y a sans doute quelques longueurs mais c’est dû à ce bavard impénitent de Gombrowicz, et non à la réalisation. En tout cas, on a rarement vu une Yvonne, princesse de Bourgogne d’aussi belle facture, et pourtant on en a vu…
Tiens, une idée aussi sotte que grenue,  comme disait le grand Olivier Revault d’Allonnes (mais taisez-vous du Vignal, avec vos avis à deux centimes):  si Olivier Py, qui va être aux manettes du in dans quelques semaines, demandait à des gens comme Anne Barbot  à  de présenter son spectacle l’an prochain dans le in, par exemple dans le bel écrin de l’Opéra-Théâtre… ou à Arnaud Anckaert avec Orphelins de Dennis Kelly ( voir Le Théâtre du Blog)

Si lui ou un de ses conseillers lit ces lignes, qu’il aille au Théâtre des Lucioles voir de quoi il en retourne. Décidément, il y aura eu dans  le off cette année quelques belles réussites, ce qui n’a pas toujours été le cas dans le in….

Philippe du Vignal

Théâtre des Lucioles 10 rue Rempart Saint-Lazare  à 19h 15; relâche le 18 juillet,  jusqu’au 28 juillet.

Altérité, chorégraphie de Bouziane Boutelja.

Altérité, chorégraphie de Bouziane Boutelja.  alterite

Altérité,  chorégraphie de Bouziane Bouteldja.

Au festival d’Avignon,  il existe un lieu destiné exclusivement à la danse contemporaine et au hip hop: Les  Hivernales où  la compagnie Dans6T propose  Altérité, une chorégraphie d’inspiration hip hop de  Bouziane Bouteldja qui rencontra  Coraline Lamaison.
Lui,  est un danseur hip hop dans la plus 
pure tradition, notamment auprès de Kader Attou et s’est formé à la danse contemporaine avec Preljocaj.
Elle,  a dansé avec  Jan Fabre et a créé ses propres pièces. 
Comme son nom l’indique  Altérité  propose des rencontres qui tournent souvent à la confrontation. Quand on entre dans la salle,  les danseurs s’échauffent mais c’est déjà le début du spectacle. Quelques clichés ne sont pas évités, comme  l’attitude hip hop, un peu caricaturale avec la capuche baissée en dessous du niveau des yeux.
Le début du 
spectacle tient de ça puis nous embarque peu à peu vers autre chose, la musique change,  se fait plus contemporaine, voire même classique et la danse évolue elle aussi vers une partition contemporaine qui réserve quelques fulgurances.
La danse  de Bouziane Bouteldja impressionnent particulièrement par la beauté et le côté posé du geste. Dans son  premier solo, il est comme ivre, va titubant sur le plateau, traversé de convulsions, le regard dans le vague. Dans le  second, les mouvements de bras,  lents et gracieux,  s’accélèrent et les jambes s’agitent dans un mouvement de  derviche tourneur très envoûtant. Les autres danseurs montrent muscles et tatouages,  et lui, danse, tout  simplement.
Quelques séquences peuvent aussi décevoir, il y a forcément (puisqu’on parle d’altérité) un moment 
féminin-masculin incarné par un danseur qui revêt une perruque et mets ses mains dans des escarpins rouges  (symbole ultime, s’il en est, de la féminité …). C’est un peu convenu, et même si il rugit très bien, ça n’apporte pas  grand chose. Idem quand un autre danseur fait le singe:  on ne sait en plus pas vraiment à qui cela s’adresse.
La danse est syncopée, maîtrisée, et, quand  les garçons se jettent par terre, on entend la peau qui claque sur le sol, des râles  d’efforts et leurs visages sont alors marqués par la souffrance. Malgré ce bel engagement, le rythme du spectacle et la  diversité des chorégraphies proposées on pioche certaines scènes et on en laisse d’autres…
On retiendra 
quelques très belles parties et une volonté de quitter le hip hop « pur et dur » pour tenter de  l’emmener vers autre chose. Rien que pour cette volonté,  le spectacle mérite d’être encouragé.

Julien Barsan

Les Hivernales,  jusqu’au 21 juillet à 15h 30.

1...226227228229230...284

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...