Anjo Negro

 Anjo Negro de Nelson Rodrigues, mise en scène de Marc Adjadj.
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 image2.jpgNelson Rodrigues, auteur brésilien ( 1912-1980) est maintenant bien connu en France, où son théâtre- en particulier Valse n°6-  fut très vite  accueilli avec intérêt, ( voir notamment les divers numéros de la revue Théâtre Public) alors que dans son pays, la censure  en avait longtemps interdit les représentations à plusieurs reprises; sans doute les thèmes qu’il développait, dont la représentation scénique de l’inconscient, du non-dit ou non-avouable, et des relations sexuelles hors-norme, dérangeaient singulièrement les autorités comme les universitaires.
 Dans Anjo Negro, Ismaël a des rapports d’une violence inouÏe avec son épouse Virginia qui a tué ses trois premiers enfants; en fait, Virginia n’a qu’une idée en tête: redevenir la jeune fille, pure et vierge qu’elle a été autrefois: autant dire qu’elle nie sa propre identité. Tout comme Ismaël qui lui refuse sa négritude, dont on ne sait plus trop si Virginia aime ou n’aime pas finalement son mari noir parce qu’elle est blanche. Et elle finira par faire l’amour avec un blanc, Elias, le frère aveugle d’Ismaël,  pour enfin, croit-elle, accéder vraiment à al part la plus intime de l’autre, même s’il est aveugle. Noir, blanc, clairvoyance, cécité, fascination sexuelle, désir aussi absolu que la répugnance la plus absolue: on a l’impression que tout se bouscule dans la vie de ces trois puis quatre personnages, puisque Virginia accouchera d’une fille blanche. Preuve irréfutable de sa trahison pour Ismaël qui avait pourtant jeté sa femme à la porte, si l’on a bien compris.
 Ismaël finira par tuer cet amant blanc aveugle de Virginia qui  séduit aussi sa propre fille. En fait, rien n’est simple chez Nelson Rodrigues y compris cette étrange répulsion pour le métissage, et la pièce qui a parfois des airs de mauvais mélo écrit à la lumière de papa Freud, va plus loin que cela et  nous renvoie souvent , comme à travers un miroir grossissant, à nos désirs comme à nos peurs les plus enfouis au fond de nous-même. Mais Nelson Rodriguez  arrive toujours à tenir à distance l’horrible et la noirceur absolue de l’action en cours.
  La mise en scène de Marc Adjadj a de la tenue, même s’il ne dirige pas très  bien ses comédiens et que tout semble  flotter un peu; seul est vraiment convaincant Ricky Tribord ; mais Brune Renault ( Virginia) , est au début , tout à fait crédible mais a plus de mal à s’imposer,  parce que la pièce est sans doute un peu longuette, et qu’il y  a de la répétition des thèmes traités dans l’air.Mieux vaut aussi  oublier les images vidéo sans aucun intérêt qui sont diffusées  sur les rideaux noirs qui entourent la scène: comme d’habitude, la vidéo surligne , tout en mobilisant le regard du spectateur, ce qui n’était  sûrement pas le but de l’opération.. Il  y a aussi un choeur de deux jeunes femmes africaines qu’Adjadj a du mal à introduire sur le plateau.
  Le travail de Marc Adjadj est honnête et scrupuleux, trop sans doute; il  manque à sa mise en scène la prise en compte d’une certaine violence qui nous ferait entrer dans cet univers où la haine, celle des autres comme de soi-même, et le racisme le plus ordinaire serait traités plus en profondeur. Alors à voir? Eventuellement, si  vous avez envie de découvrir l’univers assez glauque de Nelson Rodriguez ….

Philippe Du Vignal

Chapelle du Verbe incarné, jusqu’au 31 juillet, rue des Lices. Avignon


Archive de l'auteur

Cabaret astroburlesque

Cabaret astroburlesque, mise en scène de Patrick Simon.

astro.jpgDans un petit jardin muni d’une trentaine de chaises et de quelques tables , un praticable avec, dans le fond,  un rideau rouge , un piano blanc et quelques petit globes terrestres juchés sur des pieds: c’est bien suffisant pour accueillir la deuxième version de ce cabaret que nous avions pu voir la saison dernière au centre culturel Boris Vian des Ulis dans l’Essonne. C’est, surtout en chansons ( Vian, Béart, Legrand, Fontaine…) mais aussi avec quelques textes, une sorte de promenade où l’on nous dit  l’aventure du cosmos avec ses trous noirs et toutes ses planètes mais aussi celle du malheureux Galilleo Galilei que personne ne voulait croire quand il parlait de la rotation de la Terre, mais celle de la vitesse à laquelle doit aller le Père Nöel s’il veut arriver à temps pour déposer tous ses cadeaux dans les millions de cheminées concernées par son personnage… C’est peut-être le plus déjanté de ces textes, écrit par des scientifiques américains.
C’est bien mis en scène par Patrick Simon qui a réussi à imposer un rythme et une saveur  délicieuses à cette exploration loufoque;( on ne dira rien des costumes  lacérés,qui sont assez laids !) mais les interprètes : Ariane Simon, Marianne Viguès et Jonathan Salmon chantent avec beaucoup de précision et de générosité- ce qui n’est pas incompatible- ces chansons loufoques (dont on connaît  certaines) qui s’enchaînent bien; du côté des petits textes, cela mériterait d’être encore peaufiné : Jonathan Salmon ne semble pas toujours très à l’aise.. mais, comme le  pianiste / chanteur est excellent, l’on sort de là assez réjoui, surtout après les deux heures de souffrance endurées la veille à la carrière Boulbon ( merci, M. Gitai!). Ce cabaret ,un peu brut de décoffrage ,  demande  quelque rodage mais, si vous passez par là, (c’est près des Halles), ) vous passerez un bon moment… loin du bruit et de la fureur avignonnaise.

Philippe du Vignal

Cabaret astroburlesque jusqu’au 20 juillet La Parenthèse 18 rue des Etudes, Avignon.

La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres

image23.jpgLa Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres, d’après La  Guerre des Juifs de Flavius Josèphe, adaptation et mise en scène d’Amos Gïtai.

image3.jpg  Joseph ben Mattathias ha-Cohen, dit Flavius Josephe, ( 38-100 environ) fut l’un des protagonistes de la guerre des Juifs contre Rome qui avait entrepris de coloniser l’état juif dans les années 66-70, puis dut se rendre aux Romains, après avoir trouvé refuge dans une grotte. Favorable à une reddition de ses troupes, il admit comme une nécessité absolue la décision collective de s’entretuer selon un ordre déterminé par tirage au sort, dont il réchappa ; il devint rapidement le protégé du général puis empereur : Vespasien , puis de son fils Titus qui  écrasèrent sans beaucoup d’état d’âme l’insurrection de Galilée. 

  L’armée de l’état juif comptait pourtant 100.000 fantassins et 500 cavaliers.Flavius Josèphe écrivit donc en historien, dans les années 70,le récit de cette guerre d’extermination dont il fut à la fois l’un des principaux acteurs et le témoin des  événements qu’il vécut à la fois du côté des Juifs d’abord puis des Romains. Chute de Jérusalem, , destruction programmée du Temple et enfin, suicide collectif  des derniers combattants réfugiés dans la fameuse citadelle de Massada pourtant réputée comme imprenable.   Ce fut la fin de l’Etat juif de l’Antiquité et le début d’un exil qui dura vingt siècles….Qui était en réalité ce Flavius Josèphe qui écrivit donc  l’histoire du peuple juif , une fois passé dans le camp des Romains? Un général intelligent sans aucun doute qui n’avait rien d’un héros et  qui ne manquait cependant pas de réalisme, au moment des choix cruciaux! Il  reste cependant le témoin irremplaçable de cette histoire de la nation juive.
 On comprend donc bien l’intérêt qu’a pu y trouver Amos Gitai, excellent cinéaste israélien, qui a donc entrepris de mettre en scène un spectacle, dont le titre est emprunté à l’un des fameux manuscrits dits de la mer Morte, et ce, par deux fois, en Sicile il y a quinze ans, puis à la Biennale de Venise.Gitai, s’appuie sur le texte de Flavius Josephe avec un prologue et sept tableaux. qui vont du début de l’insurrection, au début de guerre civile jusqu’à l’assaut de Jérusalem  par les Romains, puis au triomphe de Vespasien et de Titus à Rome, et enfin au suicides des insurgés de Massada programmé par leur chef Eléazar. C’est effectivement tentant comme scénario… Reste à l’adapter scéniquement…..
 Le cadre : la magnifique carrière Boulbon qui fut le cadre du Mahabarata de Peter Brook puis notamment,  du Songe d’une nuit d’été mis en scène par Jérôme Savary.Le spectacle d’Amos Gitai commence plutôt bien, comme une sorte de performance silencieuse ou presque; déjà sur la scène six taileurs de pierre découpent , scient, burinent de gros quartiers de roche au crépuscule; puis les très belles et douces  lumières conçues par  Jean Kalman  balaient  les parois rocheuses et les praticables métalliques. Et c’est d’une grande beauté plastique.
 Jeanne Moreau entre alors doucement, elle a un tailleur pantalon crème et une grande écharpe de soie vert d’eau et elle vient s’asseoir à une table en bois pour lire le prologue puis des morceaux du récit de Flavius Josèphe; c’est du genre magique, surtout quand elle dit, de sa voix inimitable, la fin du prologue: « Je rapporterai avec exactitude ce qui s’est passé dans les deux camps mais, dans mes réflexions sur les événements, je laisserai paraître mes sentiments et je laisserai ma douleur personnelle s’exprimer sur les malheurs de ma patrie ». Il y a, à ce moment là, un véritable souffle épique qui ,malheureusement , ne dure pas du tout. Jeanne Moreau butte souvent sur des mots et ne réussit même pas à lire correctement la fin de son texte, ce qui est quand même surprenant et  assez désagréable.Et cette espèce de faux oratorio/ lecture en sept tableaux avec des  intermèdes musicaux de musique ( très beau chants  yddish de Menachem Lang, violon , guitare électrique ) devient  vite ennuyeux. sans doute parce qu’il n’y a pas de  scénario véritablement théâtral.

  Les comédiens qui entourent Jeanne Moreau et qui lisent aussi des parties du textes Jérôme Koenig ( Vespasien)  Gérard Benhamou ( Titus) ; Eric Elmosnino (Eléazar) , Shredy Jabarin ( Shimon)  et Mireille Perier ( Miriam) font leur travail  scrupuleusement. Mais il manque une âme et une véritable construction à ce spectacle maladroit  de 95 minutes qui essaye en vain de dire  l’histoire d’un peuple et les horreurs de la guerre , et cela n’en finit pas de finir. Les quelque huit cent spectateurs , pas très jeunes  mais c’est une constante dans ce festival très bon chic bon genre-à de rares exceptions près -sont restés stoïquement jusqu’au bout, sans doute par respect pour les comédiens Mais les applaudissements bien maigres….Dommage pour le Festival qui aurait mérité mieux…. Et il n’est pas sûr que les rares moments où passe un tout petit souffle épique puissent perdurer ailleurs que dans la magnifique  scénographie naturelle de la carrière de Boulbon…

Philippe du Vignal

Le spectacle est joué  encore aujourd’hui et demain à Boulbon puis au Festival grec de Barcelone, les 17 et 18 juillet, puis Les 24 et 25 juillet au Festival d’Athènes et Epidaure; les 31 juillet et le 1 er août au Festival international d’Istanbul et enfin à ‘Odéon-Théâtre de l’Europe.

AVIGNON IN ET OFF

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 AVIGNON IN ET OFF

 Dès samedi, c’est promis , vous aurez les premiers compte-rendus du Festival in et off d’Avignon; s’y succéderont d’abord  Alvina Ruprecht et du Vignal en personne , un peu en même temps qu’Edith Rappoport, puis Christine Friedel. Laurie Thinot  nous fera parvenir ses impressions sur ce Festival qu’elle découvre pour la première fois, et malgré sa grande envie d’y goûter qui la tenaillait , reste pour le moins assez décontenancée par ce gigantesque bordel qui, dit-elle, ne rend pas toujours la monnaie de la pièce….

  Comment s’ y retrouver en effet dans ce  bazar où le pire côtoie le meilleur, ce n’est évidemment pas toujours facile mais nous essayerons de faire quotidiennement un point sur les choses à voir et sur celles que vous pouvez vous épargner… Mais au moins une chose est sûre, nous ne vous parlerons que d’une toute petite partie de cette programmation hors normes et qui reste tojours un objet d’étonnement pour nos amis étrangers.  Et,   en dehors des nourritures spirituelles , qu’absorber? Evitez la place de l’Horloge en général,  et les rues avoisinantes; la Place des Carmes est un peu mieux,  sinon nous vous conseillons le Flunch; ( en bas sur la gauche de la rue de la république: avenue Raspail .
 Attention: ce n’est pas du tout de la haute cuisine mais bon , ce n’est pas pire qu’ailleurs, au contraire et 1) Il fait frais 2) On ne vous impose pas de plat et vous pouvez ne prendre que des légumes  dont  vous pouvez  vous servir à volonté, ou des crudités , yaourts, etc…3) Les prix sont tout à fait corrects, ce qui n’est pas le cas dans la plupart des machins qui font office de restaurants pendant le Festival, mais mieux vaut arriver tôt vers midi, parce que d’autres festivaliers, dont pas mal de critiques , et non des moindres,  ont aussi repéré le truc  4) Vous pouvez aussi y faire une pause dans l’après-midi pour lécher une glace.
 Prenez soin de vous, et bonnes découvertes dans le off surtout… Pour le reste, nous vous tiendrons au courant dans la mesure où nous aurons l’insigne honneur d’être invité. A très bientôt donc.
Philippe Du Vignal

Oncle Vania

Oncle Vania de Tchekov, mise en scène d’Hervée de Lafond et Jacques Livchine.

Cette très belle version de Vania par le Théâtre de l’Unité, en plein air, avant le crépuscule  et sans éclairage électrique, (avec dix huit comédiens, dont plusieurs enfants),  qui doit friser maintenant les cinquante représentations , sera encore jouée  en Ardèche le 29  juillet à Laveyron; le 31 à Bogy et le 2 à Beaulieu.

Ph. du V.

http://www.theatredelunite.com/

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Les Petites Comédies de l’eau

Les Petites Comédies de l’eau, mise en scène de Mustapha Aouar.

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   Cet auteur et metteur en scène  dirige depuis 96, Gare au Théâtre à Vitry et a mis en place cette opération maintenant bien connue Nous n’irons pas en Avignon qui constitue une sorte de tremplin pour de jeunes compagnies; Mustapha Aouar met en scène depuis 2004 des pièces courtes ( environ) 15 minutes, commandées à quelques  auteurs d’un pays à chaque fois différent ( Algérie d’abord, puis Brésil,( fleuve Amazone), Québec (Fleuve Saint-Laurent, Espagne (Fleuve Ebre) et Burkina Faso, Mali (Fleuve Niger). Soit quatre  ou cinq pièces pour chaque représentation.

  L’endroit  est du genre difficile et c’est un  euphémisme: un petit chapiteau  en longueur un peu ouvert à tous les vents mais surtout côté jardin le fracas heureusement lointain de l’orage et côté cour le bruit infernam des  très nombreux train rapides ou TER qui passent à quelques dizaines de mètres, et là c’est plus difficile à gérer mais les comédiens s’en sortent admirablement., et autant de spectateurs dans la salle que de comédiens sur la petite scène… Et pourtant, miracle du théâtre, les choses arrivent à fonctionner.

   Au programme d’abord, La Fontaine 1 puis 2, d’Aristide Tarnagda, auteur burkinabé de 26 ans,  déjà bien connu en France: c’est l’histoire d’une femme qui doit faire la queue chaque jour pour aller prendre de l’au à l’unique fontaine du quartier qui est loin et où elle doit se battre avec les autres mères de famille qui en ont  toutes aussi besoin qu’elles. Son fils Dri, lui va au vidéo-club sans se soucier trop de cette eauxindispensable pour boire, cuisiner et laver les enfants ; lui, en réclame à sa mère pour laver ses vêtements.

  Prenant alors  conscience de cette injustice, il veut venger sa mère, et aller en découdre avec les responsables de ce manque d’eau, alors que dans les belles maisons d’Ouagadougou, on dépense l’eau sans compter pour nettoyer les voitures et arroser les jardins. C’est écrit dans une très belle langue, et sous les apparences d’une petite fable, en dit long sur la situation tragique des femmes africaines obligées de compter le moindre verre d’eau.

  La seconde pièce est de Tiecoro Sangaré, écrivain et journaliste malien qui prépare une thèse à Paris; ça ne coule pas de source est un petite comédie farcesque  sur les rapports parfois difficiles entre les anciens et les leurs enfants: il s’agit d’un jeune homme Teddy, qui suit des études d’hydraulique et qui revient au village voir son Nitaki, son  père, fort riche et qui possède de nombreuses terres .  Ce dernier, gardien des  voit d’un très mauvais oeil,  le fait que son fils soit devenu étudiant et surtout qu’il ait une liaison avec Safira, la fille de son vieil ennemi, surtout quand il apprend  qu’elle est , comme lui, ingénieur en hydraulique ; tous deux ont un projet de barrage sur le Fleuve Niger qui pourrait remédier au manque d’eau évident du pays. Bien entendu, le père pense que c’est une injure faite à la nature. Mais, dans la seconde petite pièce, Le Souffle de la Source, Tedy et Safira qui ont réussi à construire le barrage avec des aides internationales attendent un enfant… Bahari le père de Safira va voir Nitaki, pour lui expliquer qu’ils vont être tous les deux grands-pères, et qu’ils serait sans doute l’occasion d’enterrer la hache de guerre. mais, toujours aussi obstiné, Niaki vaudrait absolument que son petit-fils naisse au village…

  Là aussi, les répliques sont justes et drôles, et l’éternel débat entre tradition et modernité, entre homme mûr qui croit déceler la vérité et jeune homme assoiffé de progrès pour le bien de son village,  est évoqué avec beaucoup de finesse et bien mis en scène ,comme les deux autres pièces, par Mustapha Aouar qui dirige de façon remarquable les comédiens. Avec, entre chaque pièce, de merveilleuses chansons africaines,  dont le célèbre Anciens combattants que j’avais autrefois entendu à sa création à Brazzaville et qui a fait depuis  un véritable tabac.

  Les deux dernières petites pièces ont été écrites par Frédérique Sempé Lemon, Béninoise, à la fois  auteur et comédienne:  Dans l’eau, l’amour m’attend est une courte pièce où deux jeunes filles dont on n’entend que la voix et que l’on ne verra pas sur scène- voudraient bien posséder un être merveilleux, à la fois homme et poisson; le texte tient plutôt d’un poème et constitue une sorte de prologue à A l’eau l’amour, la mort m’attend: ce sont deux hommes âgés, tous les deux dans une pirogue la nuit et chacun sait que les nuits africaines sont très noires. Pas  rassurés,  Ils semblent  désemparés, parce qu’ils ont décidé de s’enfuir de leur maison, où ils ne supportent plus leur  épouse, et s’apprêtent à en finir avec la vie en plongeant. Malgré leur amitié et leur connivence devant leur situation commune, il y a aussi de vieilles querelles de jeunesse qui ressurgissent, mais , finalement, par manque de courage, ils remonteront dans leur pirogue pour rentrer chez eux. C’est servi par les deux comédiens avec une gestuelle  et un sens du conte remarquables… Et la langue de Frédérique Sempé-Lemon est tout aussi brillante que celle de ses deux collègues écrivains.

  Les quatre acteurs,  (Felhit Kimbirina, Roch Amedeth Banzouzi, Marina Ahoui et Lamine Diarra, dans un  cadre difficile, avec une simplicité et une vérité dont pourraient s’inspirer nombre de leurs collègues français, font un travail de tout premier ordre. Il faudrait que ce spectacle, ( de trois fois quinze minutes)  soit repris dans de bonnes conditions. Il nous touche,  même si c’est parce que nous connaissons quelques pays africains mais , ce qu’il dit, écrit dans une langue irréprochable, a une portée universelle, et mériterait d’être repris en plein air,  cet été. Avis aux programmateurs… Monsieur Maréchal, vous n’avez pas une petite, une toute petite place,  au Festival de Figeac?

Philippe du Vignal


Gare au Théâtre ( Nous n’irons pas en Avignon) à Vitry-sur-Seine ( à trente mètres de la gare ) jusqu’au 5  juillet.
Le 29 août à Blaye (33), en 2010 au théâtre 95

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Gare au théâtre – Nous n’irons pas à Avignon – Les petites comédies de l’eau – la fleuve Niger

Encore un de ces lieux récupérés – le modèle étant toujours la Cartoucherie de Vincennes – où le théâtre prend le parfum du voyage. Cette fois, c’est une ancienne gare de marchandise à Vitry-sur-Seine, au pied de la station RER. On entend les trains passer, mais en douceur, il  y a des buvettes et, pour cette fois, de la cuisine indienne, des salles de cabaret et une tente où l’on vous raconte des histoires. Un « off » tout près de Paris offert modestement aux compagnies qui veulent montrer leur travail loin de l’enfer ruineux d’Avignon.
La tente va bien aux Petites comédies de l’eau. Poursuivant son projet de « théâtre minuscule », Mustapha Aouar a passé commande à trois auteurs, Frédérique Sempé Lemon, Tiécor Sangaré et Aristide Tarnadga, de courtes comédies, dont le fleuve est, d’une manière ou d’une autre, le personnage central. Conflits de voisin, conflits de générations, tentation de quitter ce monde… : les trois auteurs ont le sens de la situation, mais seule Frédérique Sempé Lemon parvient à un style, à une poésie. Qu’on ne nous en veuille pas : nous attendons du théâtre qu’il nous transporte, comme le fleuve, pas moins.

Christine Friedel

Le 29 août à Blaye (33), en 2010 au théâtre 95

Et si nous restons à Paris?


  Et si nous restons à Paris?

D’abord merci à nos amis lecteurs, merci à nos collaborateurs ( et en particulier à Claudine Chaigneau à qui nous devons la mise en ligne quotidienne des papiers et des photos) de nous avoir suivi fidèlement pendant neuf mois – eh oui déjà- il y a eu 400 articles publiés par le théatre du blog et une moyenne de 11.000  hits ces derniers mois, et plus d’une centaine de commentaires , pas toujours gentils heureusement : cela prouve que le site est en bonne santé.

D’abord début juillet  le Festival de Vitry: Nous n’irons pas à Avignon qui regroupe une dizaine de petites troupes qui a lieu dès demain 1er juillet jusqu’au 26 juillet; ce sont en général des jeunes compagnies et c’est un peu à la grâce de Dieu comme disait ma maman. A part celle de Mustapha Aouar qui dirige  le festival et qui présente  Les petites comédies de l’eau jusqu’au 5 juillet dans  une ancienne petite gare. Difficile de vous en dire plus avant vendredi matin pour le moment; mais le lieu est  maintenant bien connu et sympathique ; deplus Mustapha Aouar fait les choses sérieusement. Pour en savoir plus, il y a un site où vous trouverez plus d’informations.
Dans Paris, vous pouvez toujours aussi fréquenter Paris Quartiers d’été, où il y a plein de manifestations un peu partout ( danse, musique, cirque). Nous avons relevé pour vous: la célébrissime pièce de Maguy Marin: May be du 2 au 5 aôut au Palais-Royal; la performance de Josef Nadj Les Corbeaux à la Maison des Métallos et Le théâtre équestre de Bartabas au lever du soleil ( environ vers 5h 30 aux Tuileries, dans le parc de la Cité Universitaire et aux Arènes de Lutèce),  et dans plusieurs autres lieux.
 Nous vous souhaitons un bon été théâtral, avec ou sans festival, et nous continuerons à vous rendre compte encore de quelques spectacles un peu partout avant de partir pour Avignon.

Philippe du Vignal

Les autres festivals en France ( suite mais pas fin).

 Les autres festivals en France ( suite mais pas fin).

 D’abord le plus connu sans doute après Avignon , surtout en dehors de l’hexagone,celui d’Aurillac dont cela va être cette année la 24 ème édition du 19 au 24 août; d’abord dirigé par Michel Crespin puis maintenant par Jean-Marie Songy, il était d’abord inscrit sur la seule commune d’Aurillac et se déroulait uniquement dans la rue ou sur des places publiques. Avec de beaux succès à son actif comme cette Célébration de la guillotine pour la commémoration de la révolution de 1789, excellement  imaginée et jouée par le Théâtre de l’Unité , et, bien sûr , le Royal de Luxe, venu à plusieurs reprises. Depuis quelques années, un peu sur le modèle d’Avignon, tout ce qui peut faire office de lieu à jouer est réservé longtemps à l’avance, que ce soit en plein air ou maintenant , sous chapiteau ou  en salle fermée.   Le Festival  a maintenant débordé sur les communes limitrophes d’Aurillac, mais là, plutôt dans les rues, ou sur les places. IL y a une dizaine de « spectacles officiels » et ce que l’on appelle des  » compagnies invitées »,  plusieurs centaines ( sic), (et évidemment quelques individualités qui ne veulent et ne peuvent entrer dans aucun système.), compagnies qui sont aidées par l’organisation du Festival mais qui n’en font pas vraiment partie. Le festival est devenu une assez grosse machinerie maintenant très bien organisée, avec accueil des troupes et de la presse, restaurant du festival pour les participants, etc…Et bien entendu un bataillon de bénévoles sans lesquels le festival ne pourrait fonctionner.  Que voir? Il y a les compagnies bien connues comme Generik vapeur et Xarxa theatre , ou Kumulus, et nombre de compagnies étrangères  comme le Theater Titanick ( Allemagne) avec une adaptation de l’Odyssée. Nous serons à Aurillac ; ce sera difficile mais nous ferons l’impossible pour  vous aiguiller à temps, compte-tenu du faible nombre de représentations. D’ici là, nous vous tiendrons au courant. Le mieux est d’aller un peu à la pêche et il peut y avoir d’excellentes surprises comme à Avignon qui , toutes proportions gardées, ressemble maintenant àson grand frère du Vaucluse.

  Attention,  1) difficile de s’en remettre pour voyager  aux bons soins de la SNCF, dont les services sur les lignes secondaires sont particulièrement merdeux: évitez si possible les fins de semaine, les  retards sont  très fréquents etvous n’aurez droit à aucun  mot d’excuses; une voiture en travers d’un passage à niveau a bloqué le trafic pendant plusieurs heures du côté de Moulins: 6 heures de retard;  une vache batifollait un jour sur les voies du côté de Brive, etc… J’en passe et des meilleures… de toute façon, plus de train direct depuis Paris et changement obligatoire  de train à Clermont,(  ce n’est pas les agents de la sncf qui vous aideront à porter votre valise trop lourde). Si vous avez le malheur d’être Hollandais, personne n’est parfait!), vous devez remonter à Clermont  au guichet, reprendre un billet pour Aurillac . L’autre jour, l’auto-rail  Clermont/ Aurillac était bourré à craquer :  il a fallu fallu faire descendre des voyageurs et les mettre dans un taxi pour Issoire ;bravo la SNCF et ne comptez sur aucun train de nuit pour Aurillac  ni pour Paris, sauf le dimanche où une navette par car peut vous conduire à la gare de Figeac (sic), etc…  Et à chaque fois, ce n’est jamais la faute de la SNCF!!!!!!

Donc,  vous êtes prévenu: vous n’êtes pas dans une région à TGV et croyez-moi, les contrôleurs, volontiers odieux,  vous le font comprendre sans ménagement : vous n’êtes pas des clients mais tout juste des gens qui n’ont aucun droit de réclamation 2) pour vous loger , prudence aussi:  Aurillac est une relativement petite ville tout à fait charmante, où les gens sont très aimables : mais  si vous êtes en voiture, voyez par internet du côté des gîtes ruraux . Mais le festival a prévu un immense parc à voitures  avec navette pour le centre ville qui fonctionne parfaitement, ou réservez au plus vite une chambre d’hôtel ,s’il en reste.  Cela dit …Bon Festival… et bon aligot/saucissettes.

Festival du Théâtre de rue d’Aurillac du 19 au 24 août.

 9 ème Festival de Figeac

C’est un peu la vitrine des Tréteaux de France, dirigé par Marcel Maréchal mais pas seulement, puisqu’il y aussi aussi , entre autres, trois compagnies de la Région Midi -Pyrénées; Marcel Maréchal y créera  Oncle Vania de Tchekov qui sera sans doute intéressant mais sans doute moins décapant que celui du Théâtre de l’Unité , lequel doit bien en être à sa 50 ème représentation, ce qui constitue un record , ( voir leur site pour les dates) puisqu’il se joue en plein air avec quelque dix huit comédiens .Mais Tchekov et Vania, c’est toujours un plaisir.Enfin, nous vous tiendrons au courant.
Nous n’avons pu voir qu’un seul des spectacles du Festival ( voit theatredublog), c’est Juste le temps de vivre ,avec des textes ( en particulier L’écume des Jours) et des chansons de Boris Vian, montage de François Bourgeat et mis en scène par Jean-Louis Jacopin; c’est un cabaret, qui était encore un peu vert au moment de la création , joué par trois comédiens qui sont en même temps musiciens, avec  beaucoup de métier et et  d’humour, et qui devrait vous réjouir; c’est le 31 juillet à 20 h 45 à l’espace François Mitterrand.

Il y a aussi a Mancha somewhere de Cervantès/ Irina Brook… Soit un Don Quichotte librement adapté par Irina Brook, où le célèbre personnage devient un businessman new yorkais qui plaque tout et part avec un acteur raté nommé Sancho Pança pour la Californie. Le spectacle avait été créé l’an passé à Villeneuve. Mais la sauce Irina Brook, j’ai déjà donné… et je ne donnerai plus! Donc à vous de voir. Irène sadowska vous en a déjà dit ( voir thatredublog) tout le mal qu’elle ne pensait…Il  y a aussi, dans cette belle petite ville du Lot, des lectures en plein air de pièces contemporaines ou non ( Mohamed Kacimi, BorisVian, Jean Tardieu, Audiberti, Henri Pichette et Arthur Adamov…qui devraient présenter un autre intérêtLe plus simple est d’aller sur le site des Tréteaux de france: www. treteauxdefrance.com ou si vous êtes dans le coin: 0 835 003 303

Festival Théâtral de Figeac du 23 juillet au 1 er août.

Philippe du Vignal

 

 

 

Le Festival off d’Avignon.

Le Festival off d’Avignon.

Souvent décrié après quelque quarante années- le premier spectacle fut sans doute Napalm d’André Benedetto, en 66 ( eh! oui déjà) et ce fut la fameuse Paillasse aux seins nus de Gérard Gélas qui mit le feu aux poudres en 68, après l’interdiction aussi sotte que grenue du préfet du Gard).
Cet appendice qui est comme le frère ignoré du théâtre in ( en fait c’est évidemment beaucoup plus compliqué- où l’on a pu voir le meilleur et le pire, s’est maintenu, avec une réelle institutionnalisation, des rivalités inévitables et quand même pas mal de révélations , et quelques  salles confortables qui constituent comme une sorte de festival in dans le off: conclusion normale des choses.
Avec aussi la location par les grandes régions de France, de lieux dédiés, comme on dit, à leurs troupes. Et des acteurs très connus qui  viennent faire leur solo, pour le plaisir d’être sur scène. Et des milliers de bateleurs en tout genre, revenus là d’année en année, avec l’espoir de gagner quelques sous….

 Et des centaines de spectacles cette année comme les précédentes; nous n’avons pu encore faire une véritable sélection mais, c’est promis , vous aurez  la suite dans les jours qui viennent; quand j’aurais réuni tous les avis de mes petits camarades duThéâtre du blog; en tout cas, ce que vous pouvez voir déjà , parce que nous les les avons vus à Paris ou ailleurs ou parce nous connaissons les compagnies.
D’abord le tout à fait remarquable Avant-dernières salutations de François Joxe aux Ateliers d’Amphoux, (voir Le Théâtre du blog). Les spectacles du TOMA, à La Chapelle du Verbe Incarné dirigé par Greg Germain, si vous voulez connaître ce théâtre bien de chez nous, même s’il se passe du côté de la Martinique ou en tout cas, outre-mer.

 Il y a aussi la reprise du spectacle Jeux de langue, mise en scène de Pierre Ascaride, avec des textes de Francis Blanche, Pierre Dac, Jean de la Fontaine, Bobby Lapointe, etc. André Salzet dans un monologue de Michel Quint Effroyables Jardins; la reprise  de Cabaret Astroburlesque, mise en scène de Patrick Simon à La Parenthèse; mais aussi la reprise de Baba la France de Caroline Girard et Rachid Akbal au Théâtre La Luna; encore une reprise du très beau Sermon sur la Mort de Jacques-Bénigne Bossuet dans la Chapelle de l’Oratoire avec Patrick Schmitt.
 Voilà pour le moment; la suite au prochain numéro, c’est à dire le 1er de juillet, avec aussi quelques spectacles que l’on peut vous recommander pour vos enfants ou petits enfants…

Philippe du Vignal

Pina Bausch ( 1940-2009)

Pina Bausch ( 1940-2009)

 desingel6754.jpgVoilà : elle est partie, discrètement cinq jours après qu’on lui ait diagnostiqué un cancer. Elle avait commencé à apprendre la danse avec le grand Kurt Jooss; puis elle partit seule à 19 ans pour New York sans connaître un mot d’anglais, dit-on, où elle travailla avec José Limon et Antony Tudor. puis elle revint en Allemagne où elle commença à chorégraphier en 68, et elle devint la directrice de la danse à la Foilkwang-HochSchule d’Essen. Puis elle créa sa compagnie et on la vit débarquer en France avec sa très fameuse pièce Barbe-Bleue, qui ne fut pas très bien comprise à l’époque. nous avons vu la majorité de ses spectacles dont les célébrissimes:  Café Muller, Kontaktof, Walser, Bandonéon., etc… Les dernières pièces étaient sans doute moins convaincantes mais elle avait tant donné….
Je me souviens aussi  d’avoir vu après un très long voyage en train dans son théâtre à Wüpperthal où j’avais rencontré ma consoeur Chantal Aubry, ce tout à fait remarquable Il la prend par la main et la conduit au château, les autres suivent, avec, entre autres,  son fidèle et fabuleux  danseur  Dominique Mercy; je la vois encore montant l’escalier du théâtre avec peine, un énorme sac plein de livres et de manuscrits dans chaque main;, dont je l’avais évidemment délivrés aussitôt. Elle m’avait emmené dans son bureau pour faire l’interview: on aurait dit un décor de théâtre. Imaginez  une pièce aux murs assez hauts vert pâle, éclairée par quelques tubes néon blanc sec, sans aucun autre meuble que deux armoires métalliques vert foncé, un bureau de même couleur aux bords arrondis comme il y en avait dans toutes les administrations européennes, deux chaises  vieillottes en bois. Son mari, grippé n’avait pu faire l’interprète mais elle , d’une extrême courtoisie mais pas très à l’aise quand il s’agissait de parler,  et fatiguée, mais répondant en anglais avec gentillesse à mes questions avec beaucoup de précision et de sensibilité.
  Et le spectacle,Il la prend par la main et la conduit au château; les autres suivent, était fabuleux d’intelligence et de drôlerie, et je n’avais pas regretté le voyage; ce qui m’avait aussi  marqué, c’était l’extrême diversité du public , attentif et de tout âge, dont ceux qui sont encore vivants , doivent se rappeler avec émotion. Je me souviens aussi de Parisiens qui n’ayant pu obtenir de places au Théâtre de la Ville qui, pour ses spectacles, affichait toujours complet, allaient spécialement à Lyon pour la voir. Je me souviens aussi du splendide hommage à Gérard Violette, l’ancien directeur du Théâtre de la Ville qui se trompait rarement dans ses choix chorégraphiques au moment de son départ à la retraite, il y a deux ans, où ses quelque dix huit danseurs avaient formé une sorte de farandole lente  sur la scène de la plus extrême beauté. Je me souviens bien aussi de Café Muller et de Barbe Bleue  dont  j’ai montré les films  à des générations d’étudiants.
  Son idée magistrale de dans-théâtre aura influencé la danse contemporaine de façon indélébile- les petits gestes simples et fluides répétés en choeur, les marches lentes et glissées sur le plateau,des danseurs qui n’avaient pas toujours le corps que l’on aurait pu attendre d’un danseur,  ses décors souvent monumentaux, ses costumes impeccablement décalés: bref ,tout ce que beaucoup de spectacles théâtraux ne possédaient pas et qu’ele avait réusi à faire surgir à force de travail et d’imagination, mais aussi les sols recouverts de feuilles mortes,  etc.. et ces musiques décalées et jamais illustratives…

  . Les thèmes de ses pièces: entre autres et pour faire vite,l’expression de la solitude, les jeux de séduction entre hommes et de femmes,  l’évocation du passé et la nostalgie,  auront été pillés un peu partout, ce qui prouverait , s’il le fallait, l’influence qu’elle aura eu sur les chorégraphes du monde entier. Le monde de l’art, et le monde tout court ,doit beaucoup à cette petite femme énergique et impitoyable avec elle-même, qui avait une passion dévorante pour la création, qui aura réussi, avec et vérité, à réintroduire la parole dramatique dans la danse Il n’y aura eu aucun chorégraphe ni aucun metteur en scène de théâtre qui aura réussi une aussi belle fusion entre ces deux arts…

Dominique Mercy et tous ses danseurs doivent être bien tristes, mais aussi Gérard Violette, à qui nous devons  tant et  qui n’aurait sans doute pas imaginé une saison sans elle. Nous pensons à eux  et sommes à leurs côtés….

Philippe du Vignal

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