L’Envol par la compagnie Nokill de Léon et Bertrand Lenclos

 
Festival de la grande échelle au Monfort Théâtre
L’Envol  de Léon et Bertrand Lenclos
34-6.festival-la-grande-echelle-1Au Monfort Théâtre du 19 au 21 octobre, a été programmé un festival jeune public avec douze spectacles. La compagnie Nockill de Grauhlet (Tarn) a été historiquement liée à l’audiovisuel et à la production  de films. L’Envol est une pièce à la fois théâtrale, magique, musicale et cinématographique, avec Léon et Bertrand Lenclos: le  père et le  fils. Fondée  sur  l’utopie du vol humain et sur la volonté d’échapper à la pesanteur: un mythe ancestral... 

Une drôle de conférence avec des images animées projetées sur un écran, au-dessus du plateau; les deux complices revisitent l’histoire du vol à travers les siècles, analysent les résultats de leurs recherches et expérimentent des envols physiques et spirituels. «On avait longtemps pensé que les enfants avaient plus de facilité à voler parce qu’ils étaient plus légers.»  Un  ingénieur du son manipule une étrange machine… Interprétée sur un ensemble d’instruments électroniques, « la musique, disent les auteurs du spectacle, est un ensemble complexe de vibrations acoustiques.  On peut donc affirmer qu’elle vole. »La salle pleine de jeunes enfants est restée éclairée. «Il faut accomplir le jour ce dont vous avez rêvé la nuit, si vous n’avez pas vu le toit de votre maison!»Puis les lumières s’éteignent et l’acteur trace des lignes qui apparaissent sur l’écran. L’histoire a commencé par un rêve. Des silhouettes courent. «Voler, c’est le rêve de l’humain.» Le comédien et acrobate pénètre dans le monde aquatique, devient immortel, chute sur un gros matelas. «Les astronautes, ils sont beaucoup trop nombreux. Impossible de voler, si on n’est pas persuadé que c’est possible!» (…) «Sachez qu’on n’a jamais su si bien marcher que voler». Cet étrange spectacle dont les acteurs semblent sortir de l’écran et qui tient plus du dessin animé que du théâtre, ravit les petits et grands enfants…

Edith Rappoport

Spectacle vu le 19 octobre, au Monfort Théâtre, 19 rue Brancion, Paris XV ème.  


Archive de l'auteur

Un Amour exemplaire, adaptation de Clara Bauer et Daniel Pennac, mise en scène de Clara Bauer

Un Amour exemplaire, d’après la bande dessinée éponyme de Florence Cestac et Daniel Pennac, adaptation de Clara Bauer et Daniel Pennac, mise en scène de Clara Bauer

©Jess Dupaux

©Jess Dupaux

« Sur le pierre tombale : Jean et Germaine BOZIGNAC: -3 avril 1927, 25 avril 1971- . Ils sont nés le jour de leur rencontre ! » Quand Daniel Pennac parle à Florence Cestac, de Jean et Germaine, un couple qui a marqué son enfance et façonné sa vocation de professeur et d’écrivain, il en naîtra une bande dessinée. Quand Clara Bauer  a envie de porter Un Amour exemplaire  à la scène, elle se demande: «Comment  monter une B.D. au théâtre ? La présence de la dessinatrice et de l’écrivain m’est apparue nécessaire.» Et c’est une bonne idée.

Le spectacle apparaît donc comme un bricolage malicieux entre les auteurs et  les deux comédiens chargés d’interpréter Jean, Germaine et des personnages secondaires. Mais ils sortent souvent de leurs  rôles pour commenter cette adaptation. Un cinquième compère (le régisseur ?) assure le rôle du père de Germaine, un  Napolitain colérique et macho, marchand de peaux de lapin. Daniel Pennac, lui, quitte aussi sa fonction de narrateur pour incarner le père de Jean, un noble et richissime vigneron bordelais. Furieux de la mésalliance de son fils qui, en 1927, a épousé Germaine, une cousette, il le chasse et le déshérite. Le couple se réfugie alors en Provence pour vivre d’amour et  d’eau fraîche, et aussi de lectures partagées. Et la vente des livres de collection de Jean et ses gains au poker assurent aux amoureux une existence modeste.

 Dans une petite maison, voisine de la résidence familiale de vacances, le petit Daniel rencontre ces personnages hors-normes qui ont alors environ soixante-six ans et qui le fascinent: «Ils sortaient des cadres et leur mode de vie était totalement romanesque. (…) J’étais leur petit visiteur. Ils passaient leur temps à me faire la lecture. (…) Une des raisons que  j’ai eu de devenir romancier, est probablement d’avoir fréquenté ce romanesque chez Jean et Germaine. » L’écrivain s’est inspiré d’eux pour créer dans La Fée Carabine, les parents adoptifs de l’inspecteur Pastor.

La mise en scène, sans prétention, se fait la chronique de la vie amoureuse de Jean et Germaine , de leur rencontre avec l’écrivain et explique aussi comme est née cette bande dessinée. La scénographie, très simple, définit à jardin, un espace de jeu autour du narrateur, Daniel Pennac, qui raconte,  met les comédiens en situation d’interpréter quelques scènes, et leur donne les indications nécessaires. A cour, une table à dessin accueille Florence Cestac qui, dos au public, croque en direct avec quelques traits d’encre noire et des taches de couleur, les scènes-clefs de cette histoire projetées sur un écran. Cette grande dame de la B.D., fondatrice des éditions Futuropolis et Grand Prix de la ville d’Angoulême, apporte un supplément d’humour à ce spectacle drôle et léger. Un bel hommage à l’amour et aux livres…

 Mireille Davidovici

Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, Paris  VIIIème.  T. :01 44 95 98 21,  jusqu’au 18 novembre.

 Théâtre du Parc d’Andrézieux-Bouthéon (Loire), les 23 et 24 novembre.

 La bande dessinée Un Amour exemplaire est publiée aux Editions Dargaud.

Je parle à un homme qui ne tient pas en place, un spectacle de Jacques Gamblin et Thomas Coville

Je parle à un homme qui ne tient pas en place, un spectacle de Jacques Gamblin et Thomas Coville

 

©Nicolas Gerardin

©Nicolas Gerardin

«Le capitaine Mac Whirr avait parcouru la surface des océans, comme certaines gens glissent toute leur vie durant à la surface de l’existence, qui se coucheront enfin tranquillement et décemment dans la tombe,  qui n’auront rien connu de la vie, qui n’auront jamais eu l’occasion de rien connaître de ses perfidies, de ses violences, de ses terreurs. » (Typhon de Joseph Conrad).

 Avec l’aide du navigateur solitaire Thomas Coville, Jacques Gamblin raconte celui qui «a connu la vie». Naviguer pour explorer le monde révélait la quête d’un savoir, la volonté de maîtriser l’espace et de le conquérir. Mais, comme il n’y a plus rien à conquérir, certains types de navigation comme la plaisance relèvent d’une finalité ludique et sportive.

 Naviguer, avec les nouvelles technologies, évoque risques et plaisirs, peurs et émotions, avivées par les exploits des navigateurs solitaires: des passionnés qui sillonnent les océans pour le plaisir, le défi ou la gloire : «Un navigateur, dit Michel Tournier dans Eléazar, n’est pas un vivant à part entière… Il flotte, pour le temps de la traversée, dans les limbes situés à mi-chemin de la vie et de la mort. Le grand large n’a-t-il pas une évidente affinité avec l’au-delà? »

Le public est invité à suivre via une navigation virtuelle GPS chère aux internautes, à suivre le Tour du monde en solitaire de Thomas Coville en 2014. Ici, la grande voile est remontée et devient écran avec cartes océaniques et petits signes lumineux. Lors de la traversée de trente jours du navigateur en solitaire, Jac communique  tous les jours par mail avec Tom dont le comédien énonce les propos:   un encouragement pour Tom à se battre contre anticyclones et dépressions. Le sportif destinataire des mails, lui, reste silencieux et ses réponses sont rares:  juste des aveux émouvants et bien écrits qu’il dit de sa propre voix.

Via les images filmées de temps à autre, le public a l’impression d’être aux commandes de ce trimaran de plus de trente mètres avec les vitres de la cabine couvertes de gouttes d’eau et qui fend les eaux de la grande bleue aux aurores boréales.Objet poétique, force de rêverie et de peur, source d’inspiration, à la fois complice et ennemie, la mer dispense ou refuse ses faveurs. Aussi profonde par temps calme, que dans la tempête. Convulsion régulière des vagues, et menace miroitante des flots en perpétuel mais aussi attente et effroi pour le navigateur.

Dans le calme plat, donc avec des voiles en panne, c’est l’arrivée des insectes, la soumission aux courants, les dangers, la maîtrise impossible du bateau et l’épuisement des vivres et de l’eau potable : la mer devient alors un piège. Le long des côtes d’Amérique du Sud, le « pot au noir » correspond à la ceinture équatoriale des basses pressions venant des Tropiques. Avant de battre le record de vitesse du Tour du monde en solitaire en 2016, Thomas Coville avait dû rebrousser chemin : pris dans la glu du «pot au noir », il avait remonté l’Atlantique en plein hiver : de la fin janvier au début février. En héros.

Tom «échoue» et Jac pressent les états d’âme de son ami s’estimant responsable de son sort:  il se croyait capable de mener à bien un tel projet… Resté à terre, l’ami rappelle que l’échec mène à la solitude métaphysique, supérieure à la réussite, puisqu’elle offre une liberté existentielle. Jacques Gamblin, à la sensibilité délicate, compare les prouesses du navigateur à des choses  plus dérisoires, comme son trac avant d’entrer en scène en pleine lumière. Son héros a eu envie de fuir le quotidien et sa trivialité, mais n’a fait que se trouver.

Une jolie traversée maritime et théâtrale, une invitation au voyage, un chemin d’existence….

Véronique Hotte

Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, Paris VIIIème, jusqu’au 18 novembre. T. : 01 44 95 98 21.

Grito pelao de Rocio Molina et Silvia Perez Cruz

 

Grito pelao de Rocio Molina et Silvia Perez Cruz

Depuis quelques années, Rocio Molina est artiste associée au Théâtre National de la danse de Chaillot et y présente régulièrement ses créations dans une relation de confiance réciproque. Chaque fois, un public fidèle et attentif, est au rendez-vous et sait que chaque spectacle, fruit d’une patiente recherche, posera de nouvelles questions, ouvrira de nouvelles pistes.

L’année dernière, à propos d’Afectos, nous évoquions l’incroyable liberté de Rocio qui la pousse à tout se permettre, quitte à déranger, étonner, émerveiller. Cette fois, Grito pelao que l’on peut traduire par : à cor et à cri, témoigne d’un courage que rien ne peut arrêter et d’une nécessité personnelle impérieuse. « Je danse, dit-elle, ce que je vis, et je vis ce que je danse.» «C’est dans l’erreur que tu peux trouver une surprise, celle que tu cherchais. » Pour elle, prendre des risques, c’est accepter de « se perdre pour se trouver».

Elle explore au plus profond l’univers féminin, le corps, le désir d’enfant, la maternité, la filiation. Ayant enfin pris une décision difficile qui la hantait depuis plusieurs années, elle est enceinte de sept mois d’une petite fille. Ce nouvel état crée des transformations de son corps, bien sûr, de ses moyens physiques et de son esprit. Sur scène, elle partage les diverses  émotions et interrogations de la grossesse, avec sa propre mère, Lola Cruz, invitée pour la première fois à participer au spectacle, et avec  sa partenaire-complice, Silvia Pérez Cruz, elle-même mère d’une petite fille.
L’interprète au chant, puissant ou subtil, accompagne et soutient la danse de Rocio et par moments, danse aussi. Entre elles, parfois en miroir, s’échange un dialogue sonore et gestuel, violent ou douloureux mais  le plus souvent fait de douceur et lenteur : temps hors du temps, de l’attente et de la patience, que requiert la maternité.

L’échange, parlé ou dansé, de Rocio avec sa mère, Lola, est plus complexe. Rocio l’interroge, lui fait part de ses doutes, peurs et angoisses. Puis, lui faisant face, elle s’affirme comme danseuse et femme. Sa mère se tient le plus souvent en retrait, à distance, veillant de loin, discrètement sur son enfant qui la provoque, la bouscule, l’inquiète… Parfois, elles se rejoignent pour danser ensemble, chacune à sa façon, dans une sorte de pas de deux, avec une certaine harmonie. Ou bien, plus proches encore, dans une lenteur fusionnelle, elles inventent ou réinventent des attitudes venues de très loin, comme figées dans le temps, la mère soutenant la fille, puis, à l’inverse, la fille soutenant la mère. Telles des peintures ou sculptures de pietà qui pourraient répondre à la tragique interrogation de Yerma chez Federico Garcia Lorca, qui est en mal de maternité et qu’un désir insensé d’enfant resté sans réponse, fait sombrer dans l’égarement.

Vers la fin du spectacle, parvenue au bout de ce long chemin peut-être initiatique, Rocio se dépouille de ses vêtements et, toujours très lentement, s’immerge, à plusieurs reprises, dans un bassin rempli d’eau. Elle en ressort, ruisselante, rassurée, apaisée, et  prête à mener à terme son attente. Grito pelao, commencé par l’évocation du milieu aquatique avec des  images en fond de scène, finit avec la présence, bien réelle cette fois, de l’eau comme élément féminin, allusion à la vie intra-utérine, protectrice?

Entre temps, sont projetées  d’autres images: certaines sont des échographies de l’enfant qui va bientôt naître, d’autres évoquent le sang… Rocio ne veut rien éluder de ce qui fait la féminité dont une prise de conscience sous tous ses aspects, même les plus intimes, est l’affirmation. Et ce spectacle, qui n’a rien d’exhibitionniste, dépasse le strictement féminin pour aller vers, plus essentielle encore, notre humanité, sans aucune restriction.

Chantal Maria Albertini

 

Le spectacle a été présenté au Théâtre National de la Danse de Chaillot, 1 Place du Trocadéro, Paris XVIème,  du 9 au 11 octobre.

 

La Légende de 1900, adaptation et mise en scène de Giannis Filias et Dimitris Stamatelopoulos

La Légende de 1900,  d’après Novecento: un monologo d’Alessandro Baricco, adaptation et  mise en scène de Giannis Filias et Dimitris Stamatelopoulos

shoppingCe monologue de l’écrivain italien Alessandro Baricco, publié en 1994, raconte l’histoire de Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento. Né et abandonné sur un paquebot en 1900, il fut adopté par son équipage et grandit sans jamais descendre à terre. Doué pour la musique, il apprit à jouer du piano et en devint un virtuose. « Il avait du génie pour ça, il faut le dire. Il savait écouter. Et il savait lire, ça tout le monde peut, lui, ce qu’il savait lire, c’était les gens. Les signes que les gens emportent avec eux : les endroits, les bruits, les odeurs, leur terre, leur histoire… écrite sur eux, du début à la fin. Et lui, il la lisait, et avec un soin infini, il cataloguait, il répertoriait, il classait…Chaque jour, il ajoutait un petit quelque chose à cette carte immense qui se dessinait peu à peu dans sa tête, la carte du monde, du monde entier, d’un bout à l’autre, des villes gigantesques et des comptoirs de bar, des longs fleuves et des petites flaques, et des avions, et des lions, une carte gigantesque. Et ensuite il voyageait dessus, comme un dieu, pendant que ses doigts se promenaient sur les touches du piano en caressant les courbes d’un ragtime. »

Tous ceux qui l’entendent alors jouer, le considèrent comme le plus grand interprète de tous les temps. Adulte, il restera vivre sur le bateau mais son jeu exceptionnel le rendit célèbre et un autre pianiste de génie décide de le provoquer en duel «musical », afin d’établir qui est vraiment le plus grand. L’histoire est racontée par Tim Tooney, le trompettiste de l’orchestre, ami de Novecento et témoin privilégié de sa vie déconnectée.

Ce fameux monologue est surtout connu surtout par son adaptation au cinéma : La Légende du pianiste sur l’océan de Giuseppe Tornatore (1998). Ici, deux comédiens, alternant narration et dialogue, racontent les aventures de Novecento. Giannis Filias (le pianiste), qui est aussi l’auteur de la musique, et Dimitris Stamatelopoulos (le trompettiste) créent une performance pleine de vivacité.
Trois roues pendues d’une corde au plafond, une paire des gants de boxe, un manteau etc. connotent ici  le texte.

Les  comédiens/chanteurs font naître de belles images, avec des variations de lumières comme le bleu qui  évoque la mer. Et en improvisant corporellement, ils commentent les mots et en analysent leur sens,  au risque parfois de  créer un vertige scénique. Mais ils maîtrisent bien leur gestuelle et le public les a applaudi chaleureusement.

Nektarios-Georgios Konstantinidis

Théâtre Tempus Verum, 19 rue Iakchou, Gazi, Athènes. T. :  0030 210 34 25 170

Le texte, traduit de l’italien est publié chez Gallimard-Folio.

Au nom du père, du verre et paf par terre, texte et mise en scène de Marilyn Klein

Au nom du père, du verre et paf par terre, texte et mise en scène de Marilyn Klein

 

© Agathe Hurtig Cadene

© Agathe Hurtig Cadene

La metteuse en scène  crée avec sa compagnie des spectacles  avec des complémentarités entre des formes esthétiques. A partir d’un travail sur le terrain, sous forme d’actions culturelles avec des publics variés. « Mon écriture, dit-elle, est un perpétuel va-et-vient entre l’intime et l’extérieur, se nourrissant de rencontres, de dialogues, de souvenirs… »

Le spectacle est le récit d’une addiction à l’alcool. « Qui n’a pas rêvé d’avoir un papa super-star, protégeant et sauvant à tout va tout en faisant des blagues? » Une fille unique raconte : son papa n’est pas du tout un héros rassurant avec de grosses épaules et bricoleur. Il boit énormément et parfois arrête de boire, mais en vain. Et elle a un besoin obsessionnel: raconter, se souvenir, comprendre et parfois se pardonner enfin d’un coup de poing dans la tête de son père… Cette  jeune femme est interprétée à la fois par Chloë Bonifait et Sarah Horocks, autour d’un frigo qu’elles ouvrent et referment sans arrêt pour y mettre des bouteilles, les retirer, et même s’y réfugier. Elles jouent aussi le boucher et la vendeuse du Super U. «Ma mère ne boit pas. Mon père entraîne ses copains à boire de l’alcool. On dit des alcooliques qu’ils ont ça dans le sang… ». Au jardin, il y a une table à repasser avec six bouteilles vides. Les filles parlent en même temps et dansent. « Ne pas boire, pour lui, c’était impossible. Mon père, il ne jouait jamais pour gagner, il jouait pour boire, il ne savait pas modérer sa consommation d’alcool, je croyais qu’il était méchant !»

L’une étend du linge sur un fil, l’autre débarrasse des bouteilles. «Mon papa à moi, c’est un gangster, il a été interdit d’hôpital quand Pépé Sauce Tomate est mort » (…) « Mon père, il pleurait souvent plus que ma mère. Pour la mort de Balavoine, il me prend dans ses bras, j’ai  neuf ans, il avait avalé l’essence de la voiture. Il casse les bouteilles pour montrer qu’il est malade. (…)  Je ne sais pas si j’ai peur pour moi même, ou pour mon père. « 

Une suite de témoignages hallucinants sur une enfance dévastée. et sur l’alcoolisme dans notre pays mais la pièce parle aussi de la difficulté d’avoir pour père, un être humain jugé comme un«moins que rien ».  Et racontée ici avec un certain humour par ces jeunes comédiennes.

Edith Rappoport
Maison des Métallos, rue Jean-Pierre Timbault, Paris XI ème, T. : 01 47 00 25 20, jusqu’au 20 octobre.

Jester Show de David Foster Wallace, adaptation et mise en scène de Laurent Laffargue

 

Jester Show, d’après L’Infinie comédie de David Foster Wallace, traduction de Francis Kerline, adaptation et mise en scène de Laurent Laffargue

Antoine-Basler-et-Déborah-Joslin-dans-Jester-Show-daprès-le-roman-de-David-Foster-Wallace-par-Laurent-Laffargue-photo-Pierre-PLANCHENAULTL’Infinie comédie (1996) est un roman-fleuve, hors-normes et quasi-encyclopédique (1.486 pages dont cent cinquante-sept de notes! ) de l’écrivain et philosophe américain né en 62 et qui se suicida en 2.008. Ce gros pavé, connu dans le monde entier mais traduit en français il y a trois ans seulement, est une sorte de peinture très pessimiste de l’avenir de son pays où règne une grande violence.
Ici, cette adaptation scénique traite surtout de l’addiction aux drogues de toute nature, notamment à la télé! Sur le petit plateau, avant que le spectacle ne commence, un écran diffuse avec un son très fort, des images d’actualité (discours de Trump, etc., vie quotidienne aux Etats-Unis, mêlées à des  publicités).

Laurent Laffargue avait reçu la proposition de Pierre Mazet, directeur de l’Escale du livre à Bordeaux de faire une lecture à l’occasion de la parution du livre en français. Mais il était resté, dit-il,  sur sa faim, et a voulu faire une mise en scène de ce texte presque méconnu chez nous. «Le théâtre n’a pas le temps de la lecture mais il a d’autres armes.»   Sans doute, mais attention danger! Il y a une mode actuelle: adapter au théâtre des essais, romans, etc. Mais rares ceux qui, même universellement connus, résistent à l’épreuve d’un grand ou petit  plateau de théâtre. «J’ai, dit le metteur en scène, cherché à traduire une atmosphère : à partir de plusieurs extraits qui me semblaient condenser les thèmes de Wallace. J’ai cherché à créer un univers où se rencontreraient le texte et le spectateur.» On veut bien, mais au-delà de ces  intentions assez convenues et qui ne mangent pas de pain comme on dit dans Le Cantal, qu’en est-il sur scène ?

Cela se passe donc à Ennet House, un centre de désintoxication pour drogués. Sur le plateau, un grand écran télé dans le fond, un lit roulant d’hôpital, un fauteuil blanc, une petite table et un tabouret. Il y a là une jeune psychiatre ou plutôt une caricature assez drôle. Déborah Joslin, très maquillée, en blouse blanche très courte sur des collants noirs, escarpins rouges et perruque avec deux grandes couettes, l’une bleue et l’autre rouge. Belle image très B.D. Et un patient, en collants résille et mini-short en cuir noir. La scénographie et les costumes  de Laurent Laffargue sont réussis. On comprend  qu’il s’agit d’un homme qui se prostitue pour avoir de quoi se doper. Déborah Joslin qui a une belle présence, se lance dans une danse effrénée sur une musique assourdissante. Puis Antoine Basler, à la diction d’abord approximative, raconte sa vie sans micro en chuchotant presque, ce qui n’arrange pas les choses, puis en hurlant son texte, muni d’un micro H F, ce qui alors devient vite insupportable, surtout dans une aussi petite salle

Et cela donne quoi, cette logorrhée bruyante d’une heure vingt-cinq ? Par courts moments, on entrevoit toute la folie contenue dans ce livre dont nous n’avons lu que quelques extraits. Mais comment réussir à extraire la substantifique moelle d’un long roman et à la mettre en scène? Mission presque impossible, surtout quand le texte n’a rien de vraiment théâtral, avec, ici, un long monologue déguisé!  Sous des éclairages LED aux violentes couleurs violentes parfois clignotants comme dans une fête foraine.

Heureusement, il y a les apparitions, souvent dansées de Déborah Joslin, ce qui aère un peu les choses. Mais l’adaptation et la mise en scène de Laurent Laffargue n’ont rien de  convaincant et il  on l’a connu plus inspiré, notamment avec Marivaux qu’il a monté plusieurs fois (voir Le Théâtre du blog). Ici, le spectacle distille vite un ennui profond. A cause de l’adaptation assez fastidieuse d’’un texte dont il ne semble pas bien avoir eu la maîtrise et qui, encore une fois, n’a rien à voir, avec une dramaturgie théâtrale. Les images vidéo sur grand écran n’apportent pas grand-chose, et semblent avoir une fonction de remplissage et de divertissement. Laurent Laffargue devrait revoir aussi d’urgence sa direction d’acteurs : quel intérêt y a-t-il à faire ainsi hurler Antoine Basler, immobile, face public pendant un quart d’heure? Cette manie du théâtre contemporain aurait-elle encore frappé? D’autant plus qu’il ne s’agit pas d’une création, et que le spectacle  déjà joué au Théâtre de la Lucarne à Bordeaux, doit être maintenant calé. Bref, ces quatre-vingt minutes sont une épreuve que nous ne vous conseillons pas, même si vous avez, comme des milliers de gens dans le monde, beaucoup aimé le roman…

Signalons, histoire de finir sur une note positive, la proposition de Marie Vialle qui dira, avec C’est de l’eau, les vagues, les amours, c’est pareil, le discours que prononça en 2005 David Foster Wallace, leur professeur, devant les étudiants du Kenyon College, à la cérémonie de fin d’études. Cela aura lieu au Monfort Théâtre à Paris, du 8 au 10 novembre. A suivre donc, et nous vous tiendrons au courant…

Philippe du Vignal

Théâtre des Déchargeurs, 3 rue des Déchargeurs, Paris I er,  jusqu’au 3 novembre.

Le roman est édité aux éditions de l’Olivier

Impulso, un documentaire d’Emilio Belmonte

Impulso, un documentaire d’Emilio Belmonte 

jour2fete-impulso-image-1547 En parallèle aux représentations à Chaillot de Grito Pelao, le dernier spectacle de Rocio Molina, (voir Le Théâtre du Blog) sortait un film exceptionnel sur son travail. Emilo Belmonte nous fait pénétrer dans le processus de recherche et de création de Rocio Molina, entourée par ses collaborateurs et complices.  Grâce à  la relation de confiance privilégiée qu’il a su établir avec Rocio Molina et son équipe, le réalisateur réussit à nous montrer le flamenco en travail, de façon sensible, respectueuse et délicate. Il dévoile les aspects les plus secrets, les plus intimes des recherches, improvisations, essais et  répétitions, sans omettre les échecs et la joie éclatante d’avoir enfin trouvé.

La mère de Rocio très émue parle ici de l’étonnement,  mais aussi de la crainte que suscitent en elle le talent prodigieux de sa fille et son besoin de recherche sans fin…  Autre témoignage, celui d’une danseuse gitane très âgée, la Chana, une des dernières références de la danse flamenca, telle qu’elle se pratiquait encore il y a une cinquantaine d’années :  dépouillée et sans fioritures.

Assises sur des chaises rapprochées, La Chana et Rocio se lancent dans un dialogue dansé : le martellement de leurs pieds sur le sol, le mouvement  démultiplié de leurs bras et de leurs mains dessinent et racontent un des secrets du Flamenco : la transmission directe, corps à corps, cœur à cœur. Nous avions eu la chance de connaître Carmen Amaya, de la voir danser, répéter, vivre…   Puis nous avons rencontré Rocio, au physique pourtant si différent de celui de Carmen. Mais elle  est de la même espèce, celle des artistes qui prennent des risques, essentiels à leur existence, et qui  inventent, à partir de l’ancien, un langage nouveau, indispensable!

La Chana dit qu’elle considère Rocio comme sa « petite fille », autrement dit, son héritière. Ce film est indispensable pour aider à comprendre la démarche et la quête incessante de Rocio Molina. Emilio Belmonte montre très bien que le Flamenco, qui prend racine dans un terreau ancestral  mais aussi actuel quand il est pratiqué par une artiste comme Rocio Molina, sait  être pleinement de son temps. Etrangère à tout académisme, elle rompt avec les codes contraignants, mais en restant toujours dans l’essence du flamenco : le «compàs», qui, plus qu’un simple rythme, correspond à une pulsation vitale.
Elle  invente un Flamenco qui lui est propre, comme a pu le faire autrefois l’immense Carmen Amaya, dont elle revendique l’héritage. Toutes deux novatrices, elles sont de tous les temps et possèdent cette force et cette énergie hors du commun qui viennent du plus profond de leur mémoire.  Pour pratiquer une danse tellurique, archaïque où  la gestuelle et le corps est entièrement en relation avec l’invisible. Elles  savent nous entraîner  très loin dans l’espace-temps.

Il faut remercier Emilio Belmonte de nous permettre, grâce à ce beau film, d’entrevoir les arcanes du travail de cette prodigieuse artiste, hors du commun, présent et avenir du Flamenco…

Chantal Maria Albertini

Le film est distribué par Jour 2 Fête.

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Partage de midi de Paul Claudel, mise en scène d’Éric Vigner

©Jean-Louis Fernandez

©Jean-Louis Fernandez

 

Partage de midi de Paul Claudel, mise en scène d’Éric Vigner

Eric Vigner mène cette œuvre, écrite en 1905 et modifiée en 1948, avec grâce et violence dans des contrées jusque-là inexplorées. Tragiques, la vie et l’univers poétique de l’écrivain répondent à des aspirations profondes, celle de l’amour divin, et celle de l’amour humain. Elles auraient pu cheminer en harmonie mais le destin en décida autrement: «Les deux premiers actes de Partage de midi ne sont qu’une relation exacte de l’aventure horrible où j’ai failli laisser mon âme et ma vie, après dix ans de vie chrétienne et de chasteté absolue.»

Le texte et la mise en scène sont le sombre et troublant miroir des grandes crises spirituelles vécues par le poète et diplomate, reçu premier au concours des Affaires étrangères. La première crise eut lieu une nuit de Noël à Notre-Dame de Paris: «J’étais moi-même debout dans la foule, près du second pilier à l’entrée du chœur à droite, du côté de la sacristie. Et c’est alors que se produisit l’événement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus. » (Ma conversion, in Oeuvres en prose, 1913).

Et la seconde crise se produit quelques années plus tard, lors d’une retraite à l’abbaye de Ligugé; après son séjour en Chine. Paul Claudel avait voulu se faire moine bénédictin mais le Père abbé avait quelques doutes et lui suggéra en 1900 de repartir pour la Chine afin de mettre à l’épreuve la volonté de son engagement religieux. Il reçut cette décision comme un refus de Dieu, proche de la trahison et d’un véritable traumatisme. Cette même année, il prit donc à nouveau le bateau pour l’Extrême-Orient et à trente-deux ans, y vivra un moment d’épiphanie: la double rencontre fulgurante pour ce poète encore vierge: celle de la chair féminine, de la beauté et de l’absolu, en la personne de Rosalie Vetch. Paul Claudel tombe alors passionnément amoureux de cette femme mariée, mère de quatre enfants.  

Ce fut pour lui un bouleversement existentiel qu’il vécut comme la continuité de son cheminement spirituel et poétique, et Partage de Midi en sera le témoignage sublimé: «Pour les héros du drame, prisonniers de la fatalité comme d’un oméga dont les deux bras se resserrent de plus en plus autour d’eux, il ne reste finalement qu’un moyen de salut : la fuite vers le ciel. » (Entretiens avec André Bourin, in Les Nouvelles littéraires, 23 décembre 1948). Pièce largement autobiographique ce Partage de Midi! Plusieurs moments de  cette histoire d’amour trouvent un écho entre drame vécu et drame écrit: l’échec de la vocation religieuse, la rencontre sur le bateau d’Ysé, Mesa et Amalric. Et le double adultère de l’épouse qui attend un enfant d’un premier amant, alors qu’elle  rencontre un autre…

Et Eric Vigner  eut un choc sentimental et esthétique comparable à  la lecture de la pièce: «Je l’ai découverte à dix-sept ans dans la bibliothèque de mon oncle, donc il y a longtemps. Cette lecture a été un moment très important, essentiel, pour moi, sans savoir ce que c’était.» Bref, un véritable coup de foudre et la pièce, gravée à jamais dans son esprit et son imaginaire, ne le quittera plus; œuvre de la maturité chez Paul Claudel, elle est le deuxième volet d’un triptyque commencé avec Tristan, écrit et créé en 2014 à Lorient et dont le dernier sera Le Vice-Consul de Marguerite Duras. Ces écrivains sont essentiels dans le parcours intime et artistique d’Eric Vigner  et des comédiens  qu’il a choisis: «Quatre corps, quatre voix, quatre êtres singuliers qui partagent un même texte. »

Autre complicité  entre  le dramaturge et le metteur en scène : la fascination partagée pour l’Asie, sa culture, sa spiritualité et son esthétique. Eric Vigner avait monté en coréen, il y a quelques années, Le Jeu du Kwi-jok ou Le Bourgeois gentilhomme. Et, grâce à sa sœur Camille, Paul Claudel avait, à vingt-trois ans, découvert le théâtre chinois à l’Exposition Universelle de 1889 à Paris.

« Ici le climat recherché pour cette mise en scène est celle du pont des bateaux à vapeur fonctionnant au  charbon, dit Eric Vigner, comme dans les films américains sur ces années-là. « Mais ici, c’est la Chine, civilisation très grouillante, bruyante qui fume de l’opium. Il faut imaginer un voyage qui dure deux mois ! Et arrivé là bas,  on découvre une sorte de Moyen-âge et pas du tout une société organisée, occidentale,  comme on est alors en train de la construire dans  en France, par exemple. C’est aussi l’histoire de la colonisation. C’est important de se replacer là-dedans ,et les costumes sont absolument XIX ème siècle! »

Mais avec la scénographie, on dépasse ce contexte historique. Nous sommes, à chacun des trois actes, subjugués par la beauté et la symbolique du décor. Mais aussi fascinés par Jutta Johana Weiss, (Ysé), Stanislas Nordey (Mesa), Alexandre Ruby (Amalric) et Mathurin Voltz ( de Ciz) qui sont exceptionnels. Côté dramaturgie, avec un remarquable retour en arrière, sorte de préambule à cet amour impossible, le spectacle commence avec les lettres de Mesa (le double de Paul Claudel) restées sans réponse. Brutalité sensuelle et désespoir métaphysique. Le spirituel communie ici avec la chair. Spectacle mystique? Oui. Les personnages, tous en situation d’échec, et partis pour la Chine comme pour avoir une seconde chance, semblent être ici une seule et même voix, un seul chant, pour livrer un secret dont ils ignorent eux-mêmes la signification…Une raison sans doute d’avoir pris la mer.  

Les éclairages à la bougie, la grâce, la gestuelle et l’extraordinaire présence de Jutta Johanna Weiss, (Ysé) incarnation sublime d’une féminité moderne : tout ici, comme par magie, participe d’une peinture flamande. Les contrastes, les ombres, les grondements telluriques et la faible lumière participent de cette esthétique mystérieuse et sensuelle. Ces grondements telluriques et les coups de gong intensifient l’écriture singulière de Paul Claudel, comme pour mieux la laisser résonner.

Le phrasé et la voix de chaque personnage s’apparentent à un chant venu d’ailleurs. A l’acte II, une chorégraphie amoureuse dans un cimetière chinois, Ysé et Mesa en costumes noir de jai,  s’enlacent avec pour seuls témoins, un rideau de bambou et des couronnes mortuaires. Puis, au troisième acte, le vide prend peu à peu possession de l’espace, et  seuls, ressortent sur fond blanc et en caractères chinois, les mots: vie, mort, éternité. Appel au divin?  Véritable danse de l’âme sur les flots toujours imprévisibles, mais aussi impitoyable et violente danse des mots: une superbe mise en scène…

 Elisabeth Naud

Théâtre National de Strasbourg, jusqu’au 19 octobre.

Comédie de Reims, du 13 au 15 novembre.
Théâtre National de Bretagne, Rennes du 12 au 19 décembre.
Théâtre des Abbesses/Théâtre de la Ville, du 29 janvier au 16 février.    

Francis sauve le monde d’après Francis, mise en scène de Jean-Michel Frère

 

Francis sauve le monde d’après Francis, bandes dessinées de Claire Bouilhac et Jake Raynal, mise en scène de Jean-Michel Frère

visuel1310 Le  théâtre emprunte,   depuis une dizaine d’années à des romans, essais, films… et maintenant aux bandes dessinées. La compagnie Victor B. et Jean-Michel Frère, installée à Namur en Belgique, coutumière d’un humour décalé, a trouvé, dans les albums de Claire Bouilhac et Jake Raynal, matière à un spectacle hilarant et inventif…

Dans un décor de tables et d’étagères, se love une ménagerie de peluches de toute taille et de toute espèce : car Francis est un blaireau, sa femme aussi. Son ami Lucien, un lapin ou un chien ; son docteur, un rat, et son patron, un loup. Il y a aussi des cochons, chats, souris et hiboux. Mais aussi d’autres jouets : pistolets, tanks et hélicoptères, et quelques poupées Barbie… Mais, derrière Francis et son bestiaire, se profilent des comportements humains que les trois comédiens prennent plaisir à jouer, tout en manipulant à vue les animaux en peluche

La série Francis blaireau farceur  a vu le jour en 1996,  et chaque recueil  rassemble de  mini-récits en six cases toutes en longueur. Comme dans les albums, le spectacle enchaîne ces mini-récits avec une férocité ravageuse. Francis, inconséquent, irresponsable, égoïste et obsédé sexuel, agit sur la pulsion du moment. Chaque séquence débute invariablement par :Francis se promène dans la campagne : soudain ! (…) et hop ! . Car c’est aussi un animal, sans morale ni culpabilité, pourvu qu’il satisfasse ses besoins primaires.

Sous des allures bon enfant, pendant une heure, les comédiens portent, avec ces aventures de Francis, une critique acerbe sur notre époque. Le personnage est cynique mais parfois désespéré: il pense souvent au suicide. Mais, à chaque fois, il s’en tire avec une pirouette : comme dans le livre où chaque bande se conclut soit en bouclant la boucle, soit par des dommages collatéraux sur d’autres individus, soit encore, avec l’épouse de son ami Lucien… C’est tranchant, irrespectueux et surtout drôle…

Mireille Davidovici

Spectacle vu le 17 octobre, au Centre Wallonie-Bruxelles, 26 rue Quincampoix,  Paris IV ème. T. : 01 53 01 96 96.

Et en Belgique : le 23 novembre, Centre Culturel d’Andenne ; le 8 février, Centre Culturel de La Louvière et le 26 février, Centre Culturel de Soignies.
Le spectacle existe aussi en version pour la rue, joué dans une baraque à frites (quarante minutes), et en version dite «planche à repasser», (vingt minutes dans un espace de deux m2).

 

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