Festival d’Avignon: Je suis/Tu es/Calamity Jane

Festival d’Avignon: Je suis/ Tu es/ Calamity Jane, texte et mise en scène de  Nadia Xerri-L.

 

Festival d'Avignon: Je suis/Tu es/Calamity Jane 82-img_4484Une jeune fille un peu seule et réfugiée dans ses livres se passionne pour Calamity Jane. Elle se met sur son chemin  et stoppe la route de Calamity qui fendait l’air au volant de sa petite autobianchi rouge figée sur la scène et qui  nous regarde de ses deux phares. Calamity Jane, chapeau vissé sur les yeux, revient pour mourir, et n’a donc  aucune envie de faire la conversation et d’alimenter les délires d’une  fan .
Elle se montre bourrue et peu encline 
à accueillir la jeune fille. Elles font quand même un bout de route ensemble. Quand la jeune fille tourne la radio qui diffusait de la country et qu’elle tombe sur le tube italien guimauve La Solitudine, elles se mettent à chanter toutes les deux à tue-tête. C’est là le début d’un rapprochement… qui ne se fera pas facilement.
 Road movie théâtral donc fixe, impliquant un espace restreint où les deux femmes vont cohabiter et  apprendre à se connaître, cela se passe  dans une ambiance sonore de  cigales et de chouettes, quand ce ne sont pas des  coyotes ou des loups.
Leçon de tir au revolver, initiation au poker, Calamity Jane endosse finalement le rôle de la mère, ou du moins de celle qui  va transmettre ce qu’elle sait de la vie. Elle commence par se livrer un peu et nous apprend que sa vie à elle,  rêvée par  la jeune fille, est loin d’être enviable  et truffée de mensonges peu glorieux.
Avec ce spectacle qui peut jouer quasiment partout, Nadia Xerri-L revendique la construction en deux volets de chacune de ses  créations : une pièce qui se joue sur un plateau  de théâtre et «une petite forme attenante jouée  sur les territoires ». Auteur de ses textes, elle s’applique à ce que chaque forme puisse  fonctionner indépendamment de l’autre. La  petite forme existe donc par elle-même et  pas seulement  en avant-goût  qui aurait pour but de nous convaincre de voir la grande.
Vanille Fiaux -la jeune fille- et Clara Pirali-Calamity, sont très convaincantes malgré  l’espace  réduit où elles évoluent (dans et autour de la voiture). On est pourtant avec elles le long des grandes plaines américaines et on imagine bien les néons crépitants des motels au bord des routes. La mise  en scène, calme subtile,  nous permet de nous plonger dans cet univers féminin empreint de non-dits et de concessions.

Julien Barsan


La Manufacture jusqu’au 27 Juillet


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Festival d’Avignon: Yvonne, Princesse de Bourgogne

 Festival d'Avignon: Yvonne, Princesse  de Bourgogne  yvonne_3dominique-valles

Yvonne, princesse de Bourgogne de Witold Gombrowicz, mise en scène d’Anne Barbot

Yvonne, est une jeune fille que le prince Philippe, héritier du trône,  introduit à la cour de Bourgogne. Sans beaucoup d’attraits, elle a tout pour plaire:  à la fois, agaçante, timide, apeurée, en proie à un mutisme insupportable. Mais  le jeune  prince ne veut pas obéir à l’usage qui le contraindrait à n’aimer que les belles jeunes filles séduisantes.  Et il choisira Yvonne comme fiancée.
Introduite à la cour royale,  Yvonne, malgré son mutisme, est bien là et devient une sorte de bouc émissaire. « Un facteur de décomposition, dit Gombrowicz,. La  présence muette, apeurée, de ses multiples carences révèle à chacun,  ses propres failles, ses propres vices, ses propres saletés… La Cour n’est pas longue à se transformer en une couveuse de monstres. Et chacun de ces monstres rêve d’assassiner l’insupportable Yvonne. La cour mobilise enfin ses pompes et ses œuvres, sa supériorité et ses splendeurs, et, de toute sa hauteur, la tue ».
La pièce de Gombrowicz a de grandes qualités mais elle est  parfois assez bavarde et démonstrative;  souvent montée  par des metteurs en scène dix fois plus aguerris qu’Anne Barbot, elle ne rend pas toujours la monnaie de la pièce, et de loin!  C’est sa première mise en scène (2011) mais elle semble avoir déjà une sacrée maîtrise: d’abord de la dramaturgie- elle a bien fait de pratiquer des coupures,- et de la direction d’acteurs sur le plan gestuel et vocal,  de l’espace  scénographique, des costumes, et des maquillages,  des lumières et de la musique, c’est beaucoup oui, c’est, surtout chez une jeune metteuse en scène, et, croyez-nous, ce n’est pas si fréquent.
Quelques voiles transparents, une lumière bleue et l’on voit un des personnages avachi sur un canapé… Anne Barbot réussit à nous embarquer dans un univers très pictural avec des images de toute beauté. Où plane parfois l’ombre du grand  Tadeusz Kantor,  du théâtre nô qu’Anne Barbot a connu au Japon où elle a travaillé, et si, si, c’est vrai, d’Angélica Liddell. Il y a de plus mauvaises influences!
yvonne_12-dominique-valls-300x199D’abord avec un idée forte: Yvonne est la seule à n’être pas masquée, alors que tous les aristocrates, eux le sont. Et quels masques! -en fait des demi-masques, absolument sublimes comme les maquillages en noir et blanc qui les complètent,  à la fois grotesques et effrayants,  signés Yngvild Aspeli,  jeune créatrice norvégienne.

Anne Barbot sait visiblement  s’entourer: Charlotte Maurel, la scénographe, a bien réussi son coup avec un travail sans prétention mais absolument efficace; Jean-Marc Hoolbecq qui a assuré la chorégraphie,  ou Vincent Artaud qui a composé la musique de cette création. Les dix acteurs- en particulier Fanny Santer (Yvonne), David Lejard-Ruffet (Le Prince)  ont tous un jeu sobre, exempt de toute prétention mais singulièrement juste, et maîtrisent parfaitement les codes gestuels imposés par Anne Barbot dont on voit tout de suite qu’elle est passée par  l’Ecole Jacques Lecoq.
Il y a de la folie pure dans la fable de Gombrowicz, et donc un risque constant de dérapage mais ici, tout est parfaitement réglé. Mais ici, chez ces comédiens,  aucun geste gratuit et tout obéit à la dramaturgie qu’elle  propose avec une grand sens  du plateau où les scènes  s’enchaînent avec  aisance. Ce qui caractérise ce  spectacle, c’est sans doute son exceptionnelle unité (jeu, mise en scène,scénographie) .

Il y a sans doute quelques longueurs mais c’est dû à ce bavard impénitent de Gombrowicz, et non à la réalisation. En tout cas, on a rarement vu une Yvonne, princesse de Bourgogne d’aussi belle facture, et pourtant on en a vu…
Tiens, une idée aussi sotte que grenue, comme disait le grand Olivier Revault d’Allonnes (mais taisez-vous du Vignal, avec vos avis à deux centimes!):  si Olivier Py, qui va être aux manettes du in dans quelques semaines, demandait à des gens comme Anne Barbot de présenter son spectacle l’an prochain dans le in, par exemple dans le bel écrin de l’Opéra-Théâtre… ou à Arnaud Anckaert avec Orphelins de Dennis Kelly ( voir Le Théâtre du Blog)

Si lui ou un de ses conseillers lit ces lignes, qu’il aille au Théâtre des Lucioles voir de quoi il en retourne. Décidément, il y aura eu dans  le off cette année quelques belles réussites, ce qui n’aura pas toujours été le cas dans le in….

Philippe du Vignal

Théâtre des Lucioles 10 rue Rempart Saint-Lazare  à 19h 15; relâche le 18 juillet,  jusqu’au 28 juillet.

Altérité, chorégraphie de Bouziane Boutelja.

Altérité, chorégraphie de Bouziane Boutelja.  alterite

Altérité,  chorégraphie de Bouziane Bouteldja.

Au festival d’Avignon,  il existe un lieu destiné exclusivement à la danse contemporaine et au hip hop: Les  Hivernales où  la compagnie Dans6T propose  Altérité, une chorégraphie d’inspiration hip hop de  Bouziane Bouteldja qui rencontra  Coraline Lamaison.
Lui,  est un danseur hip hop dans la plus 
pure tradition, notamment auprès de Kader Attou et s’est formé à la danse contemporaine avec Preljocaj.
Elle,  a dansé avec  Jan Fabre et a créé ses propres pièces. 
Comme son nom l’indique  Altérité  propose des rencontres qui tournent souvent à la confrontation. Quand on entre dans la salle,  les danseurs s’échauffent mais c’est déjà le début du spectacle. Quelques clichés ne sont pas évités, comme  l’attitude hip hop, un peu caricaturale avec la capuche baissée en dessous du niveau des yeux.
Le début du 
spectacle tient de ça puis nous embarque peu à peu vers autre chose, la musique change,  se fait plus contemporaine, voire même classique et la danse évolue elle aussi vers une partition contemporaine qui réserve quelques fulgurances.
La danse  de Bouziane Bouteldja impressionnent particulièrement par la beauté et le côté posé du geste. Dans son  premier solo, il est comme ivre, va titubant sur le plateau, traversé de convulsions, le regard dans le vague. Dans le  second, les mouvements de bras,  lents et gracieux,  s’accélèrent et les jambes s’agitent dans un mouvement de  derviche tourneur très envoûtant. Les autres danseurs montrent muscles et tatouages,  et lui, danse, tout  simplement.
Quelques séquences peuvent aussi décevoir, il y a forcément (puisqu’on parle d’altérité) un moment 
féminin-masculin incarné par un danseur qui revêt une perruque et mets ses mains dans des escarpins rouges  (symbole ultime, s’il en est, de la féminité …). C’est un peu convenu, et même si il rugit très bien, ça n’apporte pas  grand chose. Idem quand un autre danseur fait le singe:  on ne sait en plus pas vraiment à qui cela s’adresse.
La danse est syncopée, maîtrisée, et, quand  les garçons se jettent par terre, on entend la peau qui claque sur le sol, des râles  d’efforts et leurs visages sont alors marqués par la souffrance. Malgré ce bel engagement, le rythme du spectacle et la  diversité des chorégraphies proposées on pioche certaines scènes et on en laisse d’autres…
On retiendra 
quelques très belles parties et une volonté de quitter le hip hop « pur et dur » pour tenter de  l’emmener vers autre chose. Rien que pour cette volonté,  le spectacle mérite d’être encouragé.

Julien Barsan

Les Hivernales,  jusqu’au 21 juillet à 15h 30.

Peter Brook, sur un fil

Peter Brook, Sur un fil, documentaire de Simon Brook.

Peter Brook, l’icône de la pédagogie du théâtre et une légende vivante du théâtre contemporain depuis cinquante ans en France; on l’ avait déjà vu dans des films expliquer le pourquoi d’une mise en scène à un groupe de lycéens fascinés par un des plus grands metteurs en scène vivants qui a eu tellement de réussites à son actifs: entre autres: La Cerisaie, La Conférence des oiseaux, La TempêteLe Mahabharata… mais jamais on ne l’avait encore vu aussi longtemps diriger des exercices d’improvisation dans  un atelier de recherche qui est, par définition,  fermé au commun des mortels, avec autour de lui,  une dizaine d’acteurs et musiciens de différents pays.
C’est ici,  son fils Simon qui a réalisé ce documentaire exceptionnel où on le voit,  calme et attentionné diriger,  de main de maître,  différents exercices. A plus de quatre quatre vint ans, il a une lucidité exceptionnelle et une rigueur absolue dans le travail que pourraient lui envier nombre de jeunes metteurs en scène. Corriger, corriger encore corriger, c’est l’essentiel d’une pédagogie artistique mais Brook le fait avec beaucoup d’humilité, et souvent en ajoutant quelques réflexions personnelles pleines d’humour sur l’art et la pratique du théâtre.
La projection du films à l’Opéra-Théâtre d’Avignon commence par une formidable ovation quand il se dirige avec son fils sur la scène. « Très bonne précaution d’applaudir avant! mais attendez la fin. Je ne suis que le père. Et pour l’instant, nous n’avons rien à dire! ».
Brook fait faire à ses comédiens le fameux et très difficile exercice de la marche sur un fil qui n’existe pas: il y faut un calme qui est essentiel pour lui mais aussi une concentration,  une disponibilité physique extrêmes. Une comédienne indienne se lance, sous son regard exigeant mais bienveillant.
Brook insiste sur un point crucial pour lui: « Au théâtre, dit-il, c’est toujours l’imagination qui travaille ». L’exercice se prolonge avec d’autres comédiens et avec la scène de La Tempête entre le roi Prospéro et sa fille. C’est aussi brillant qu’intelligent et loin de toute prétention.    C’est un enseignement  comme on aimerait en voir dans les écoles de théâtre, et que nous  n’avons pas vue souvent, à l’exception  d’Andrewj Seweryn … qui fut longtemps comédien chez Brook.Quelle intelligence, par exemple,  de faire travailler ses acteurs avec l’aide d’un pianiste ou d’un batteur qui sont partie prenante dans cet acte pédagogique!

Le metteur en scène et enseignant chevronné insiste plusieurs fois sur le fait que » ce qui nous intéresse, c’est d’aller plus loin mais aucune de ces expériences n’a encore la qualité de ce que vous cherchez ». Brook n’est pas dupe et souligne que  » les écoles ont leur utilité mais jusqu’à un certain point ». C’est évident: Brook croit au travail d’une équipe mais aussi,  comme Jacques  Copeau,  à l’éclosion de la personnalité d’un comédien.  Il conclura en disant: « L’essentiel n’est pas d’avoir maîtrisé quelque chose mais de repartir le cœur plus léger ». Quelle leçon de théâtre!
  Le film de Simon  va à l’essentiel sait capter le regard de  Peter quand il parle au groupe. C’est un beau travail et d’une qualité d’images à la hauteur  de la pensée de Brook.  Cela aura été une des rares bonnes surprises de cette 67 ème édition d’un festival assez décevant.Le public  qui ne s’y est pas trompé,  a applaudi  les Brook père et fils, pendant de longues minutes… Enseignant de théâtre ou non, vous  aurez droit à une belle rencontre avec un homme exceptionnel. Offrez-vous ce DVD, vous le regretterez pas.

Philippe du Vignal

DVD 1h 26, coproduit avec Arte.

http://www.dailymotion.com/video/x11ael4

Festival d’Avignon: Shéda

Festival d’Avignon : Shéda, texte et mise en scène de Dieudonné Niangouma.

Depuis 84 et Le Mahabharata de Peter Brook, la carrière de Boulbon est devenu un lieu incontournable du Festival mais l’ouverture du plateau est d’une quarantaine de mètres! Il faut donc savoir l’apprivoiser. Le grand metteur en scène russe Anatoli Vassiliev avec un chant de l’Iliade, œuvre collective de son Théâtre-École d’Art dramatique, y avait effectué un véritable crash mais  d’autres, comme Jérôme Savary avec Le Songe d’une nuit d’été, ou comme Bartabas avec Lever de soleil s’y étaient mieux adaptés:  » J’ai choisi de faire ce travail au lever du soleil, avait-il dit, car c’est le moment où le corps et l’esprit sont le plus disponibles pour une écoute profonde. »
Sur le plan esthétique,  le spectacle de l’acteur-metteur en scène de Brazzaville, « artiste associé du festival, » est une réussite et la scénographie de Patrick Janvier, impressionnante: il y a, à l’avant-scène, des restes de vêtements et des cadavres desséchés dans un terrain vague qui ressemble  à une mine d’or désaffectée;  les couches  moyennes ou supérieures de la carrière de Boulbon sont aussi utilisées par les onze comédiens  (quatre hommes et sept femmes) qui, avec une belle énergie, occupent  cet espace où il y a une cheminée en fer rouillé, une carcasse de voiture, une vieille motocyclette et quelques structures en bois. Il y a une petite étendue  d’eau à côté de termitières et la poussière envahit régulièrement l’espace:  Bref, l’Afrique est bien là!
La création musicale,  jouée en direct par ses auteurs, Pierre Lambla et Armel Malonga,  complète les tableaux. Mais ce spectacle( 4h40)  est beaucoup trop long, et on se lasse  vite de  ces monologues  successifs!  On en retiendra quand même trois, à la fois pour leur intensité et pour la beauté de la langue parlée, dont deux joués  par  Dieudonné Niangouma et un autre par l’acteur qui interprète le gardien de la ville.
Festival d'Avignon: Shéda zz7-d9a93dfLe jeu des comédiens est très inégal, mais les compatriotes du metteur en scène congolais sont beaucoup plus crédibles. Ils auront sans doute vécu une belle aventure collective, mais les propos comme le scénario de l’auteur ont paru  des plus confus à la majorité du public qui a applaudi… poliment mais pas plus.
Certains répondront que c’est justement cela l’Afrique, un continent difficilement abordable avec nos critères européens et, de ce point de vue,  Shéda est réaliste! Dieudonné Niangouma devait  se douter de la réaction des spectateurs! L’un de ses personnages dit en effet:   « Le but n’est pas que vous compreniez mais que vous entendiez » et enfin:  « Ne dis rien sur les Africains,  tu aurais forcément tort ».

Jean Couturier

Carrière de Boulbon jusqu’au 15 juillet.

Festival d’Avignon: bien lotis

Bien lotis de Philippe Malone, mise en scène de Laurent Vacher.

 

 Festival d'Avignon: bien lotis bien-lotisBien lotis,  fiction périurbaine, est une comédie sociale, issue d’une  résidence en pays de Briey où, à la poursuite de son investigation autour des utopies urbaines, de 2010 à 2012, Philippe Malone, Laurent Vacher et le vidéaste Francis Ramm ont enquêté et collecté des témoignages, des récits de vie sur plusieurs générations de 1960 à nos jours. Le parcours des habitants est jalonné par différents types d’habitats, de la Cité radieuse de Briey-la-Forêt à la cité ouvrière, du village rural aux nouveaux lotissements…
Comment a été vécu le passage d’une utopie à une autre, de l’élan qui a suivi  la « reconstruction », au virage libéral et au pavillon ? Philippe Malone a écrit Bien Lotis à partir de ces petites histoires véhiculées par la grande Histoire. La maison traditionnelle, d’origine, modeste, inscrite dans un territoire et une commune, fut remplacée par un habitat collectif aux  appartements fonctionnels, où on accédait au confort à l’américaine
.
Les façons de vivre, de travailler et de se loger changeaient, mais la courbe de l’emploi ne baissait  pas. Plus tard, quand s’annoncera la crise économique, le chômage ramènera les travailleurs au foyer, hors de la société, avec les voisins pour seules relations.Restent les amitiés nouées aux débuts, quand on était plus jeune et avec un  emploi garanti.
Les enfants, eux,  échapperont à leurs parents et iront vivre ailleurs, dans un appartement jadis méprisé : la maison appartient désormais à un  rêve passé.« Ma morale peut se résumer à ceci : dans la vie il faut faire… Urbanisme, humaine recherche loyale et créatrice… Nous devons nous tourner au-delà des petits égoïsmes, de toutes les petites choses. Il faut essayer de découvrir la vie, de suivre la vie… », écrivait l’architecte inventeur Le Corbusier.Les emménagements et déménagements successifs d’un couple dessinent cette petite vie quotidienne et sans prétentions : illusions, utopies et désenchantements.
Un journaliste à figure de diablotin mène l’enquête pour une émission TV qui doit être au top, s’il veut survivre à la nouvelle grille qui lui apportera encore argent et notoriété.
Ces jeux médiatiques de questions/réponses envahissent le monde des téléspectateurs qui voient les candidats interrogés sommés de répondre, comme s’ils étaient des enfants irresponsables qui ne s’appartiennent pas. Milieu modeste: le mari s’exprime correctement mais l’épouse, intelligente mais plus « naïve », parle de « toupie » pour dire « utopie ». Indiscrétion et voyeurisme: le téléspectateur comme, du public  ici, est au  faîte d’une position personnelle plus enviable.
Le spectacle de Laurent Vacher, petit joyau dans un écrin fermé, est envahi par la régie générale à vue et la création sonore de Michael Schaffer, la création lumière et vidéo de Victor Egéa. La chambre intime est restituée sur la scène et des images  font défiler les extérieurs.

Mais l’ensemble trop attendu, comme trop bien rôdé, souffre de sécheresse. Et surjoué : le couple paraît  imbécile, ce qu’il n’est pas, et le spectacle tombe alors dans les travers qu’il dénonce. Ainsi  l’épouse « joue » la petite fille face à l’animateur télé. Si ce n’est cette réflexion serrée sur l’urbanisme, l’évidence et la clarté de l’action nuisent à la scène.
Et les comédiens généreux (Christian Caro, Corrado Invernizzi, Martin Seize et Marie-Aude Weiss)  se donnent sans compter. On pourrait même les toucher, ce qu’on ne peut faire à la télé…

 Véronique Hotte

 La Manufacture  à 12h45 jusqu’au 27 juillet.

Festival d’Avignon: Terre sainte de Mahamed Kacimi.

Terre sainte de Mohamed Kacimi, mise en scène d’Armand Eloi.

Cela se passe dans une ville en guerre , non identifiée, probablement en Palestine, en tout cas au Moyen-Orient. Il y a des soldats qui se comportent  comme des soldats, et comme ils ont peur, ils  n’hésitent pas à tirer sur tout ce qui bouge y compris sur les chats, comme Jésus , celui d’Imen,  dont la mère  a d’un coup disparu  à un chek-point -et on sait que c’est toujours mauvais signe.
  Imen reçoit la visite de Ian,  un soldat qui la menace de son fusil mitrailleur et qui vient  perquisitionner la maison. Alia, une sage-femme essaye de trouver les mots qu’il faut pour lui apporter un peu de réconfort, et son mari, lui, préfère lui s’évader de cette guerre, en buvant de  l’arak. Il y aussi Amin, leur fils qui, pure folie d’un geste qu’il croit naïvement révolutionnaire, tue un soldat, au nom de Dieu, au nom de la liberté, au nom de n’importe quoi, on ne saura jamais…Signant par là sa propre mort!
Cette courte pièce est une sorte de tragédie des temps modernes qui raconte la guerre et qui dit la prison que vivent les personnages  dans leur ville, et qui se sont presque résignés au bruit des tirs de roquette,  au point de bien les identifier,  au seul bruit de la déflagration. Mais la guerre, c’est aussi  la mort qui rôde à chaque instant et dans chaque quartier.
Ce que dit très bien Kaicimi, c’est le fatalisme et la résignation  qui finissent  par envahir les habitants mais aussi la vie quotidienne qui continue malgré tout avec de petits moments  de bonheur intime  autour d’un verre à boire entre parents ou amis.  » Jouissez chaque jour des joies que la vie vous apporte car la richesse est vaine chez les morts » disait déjà,  il y  vingt cinq siècles,  le grand Eschyle  dans Les Perses, autre pièce magnifique sur la guerre,  vue du côté Perse c’est à dire  ennemi de la Grèce.

Le texte est sans doute  inégal et parfois même bavard mais la  mise en scène très précise et  la direction d’acteurs d’Armand Eloi (Mireille Delcroix,  Sid Ahmed Agoumi, Pierre Bourel qui joue le double rôle de Ian et d’Amin et surtout Layla Metsitane qui a une formidable présence) sont d’une belle sensibilité.
Et il y  a un très beau travail  sonore de Jordan Allard: les rafales de mitraillette au loin et les bruits de bombe font froid dans le dos… « Ecrire aujourd’hui, et sur ce sujet-là, c’est montrer ce qui subsiste de l’humanité des êtres quand tout est fait pour la nier » dit justement  Mohamed Kacimi.Le théâtre peut encore servir à cela… Loin de certaines petites mises en scène aussi faibles que prétentieuses qui fleurissent dans le in.

Philippe du Vignal

Chapelle du Verbe incarné  210 rue des Lices Avignon tous les jours à 18h 50 jusqu’au 31 juillet.

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Festival d’Avignon: Orphelins de Dennys Kelly

Orphelins de Dennys Kelly, traduction de Philippe Le Moine, mise en scène d’Arnaud Anckaert.

Festival d'Avignon: Orphelins de Dennys Kelly  dsc_1393Dennys Kelly est sans doute un des auteurs anglais les plus connus actuellement et maintenant souvent joué chez nous (voir Le Théâtre du Blog). Orphelins, dont c’est la création en langue française,  se situe dans un milieu ouvrier et a, au début du moins,  les allures banales d’un fait-divers, mais il va beaucoup plus loin.
Un jeune couple, Helen et Danny, qui a déjà un enfant et en attend un autre, est en train de dîner quand arrive Liam, le frère d’Helen. Il semble bizarre, ses paroles ne sont pas très cohérentes  et ses vêtements comme ses bras  sont pleins de sang.
Blessure personnelle? Accident? Violente bagarre? Parodie de suicide?  Meurtre prémédité? On ne saura vraiment ce qui s’est passé qu’à la fin, mais, rassurez-vous,  c’est encore plus horrible que prévu.
Claudine Chaigneau,  coordinatrice du Théâtre du Blog, et par ailleurs, grande connaisseuse de polars,  trouvera peut-être mais le public est resté scotché. Mais à l’extrême fin,  Denny voudrait absolument que sa femme avorte sans qu’il dise pourquoi mais on a deviné…
Ce huis-clos-dans un triangle de contre-plaqué avec juste une table,  deux chaises et un téléphone- » thriller psychologique » selon l’auteur- va mettre en contradiction profonde les relations du couple et celle de la famille représentée en l’occurrence par ce beau-frère vraiment glauque que le public soupçonne de choses pas claires sur la personne d’un gamin étendu inanimé, pas très loin de leur maison . C’est d’une habileté remarquable dans la progression de l’horreur mais ce ne serait pas bien de vous dévoiler la fin de ces Orphelins.  Dennis Kelly fait très fort et  le metteur en scène a très bien compris
c’est une impression envahissante qui fait froid dans le dos: celle d’une  horreur bien  réelle, même si on ne voit pourtant pas grand-chose d’horrible,  pourrait très bien se passer dans n’importe quel milieu. Y compris le nôtre… Les commissaires de police,  anglais comme français, pourraient sûrement vous en dire plus. La pièce de Kelly est parfois un peu trop démonstrative et aurait gagné à être plus serrée mais bon…
Côté réalisation, c’est du genre impeccable. Sans doute, le metteur en scène n’en est pas à son coup d’essai mais quelle intelligence du texte, quelle direction d’acteurs… Tous impeccables et justes, aucune criaillerie, aucun geste approximatif:  Valérie Marinese est l’épouse enceinte,  à la fois meurtrie et d’un cynisme total quand il s’agit de prendre des décisions: appeler ou non la police quoiqu’il arrive ensuite, François Godart est le mari au début attachant par son côté gros nounours, et encore plus glauque que son épouse. Et Fabrice Gaillard (Liam) incarne  un être tout à fait inquiétant. Et la scénographie d’Alexandre Charles est tout à fait remarquable. Et il y a des confidences  subtilement amplifiées. 
Que demande le peuple?
Encore une fois, quitte à se répéter, l’image du off a bien changé en quarante ans. Du tout premier spectacle: La Paillasse au seins nus de  Gérard Gélas, très bêtement interdit par le préfet du Gard, ce qui mit le feu aux poudres du festival 68,  des milliard de tonnes d’eau sont passées dans le Rhône. Et maintenant, bien des spectacles théâtraux, et en particulier de province, qui viennent dans le off, ont de remarquables qualités mais celui-ci, venu du Pas-de-Calais,  chaleureusement applaudi,  est exemplaire: ne le ratez surtout pas. On lui souhaite une belle et longue vie… à Avignon et en tournée.

Philippe du Vignal

Théâtre des Lucioles .Avignon. Présence Pasteur à 17h 45.

Le texte de la pièce est publié chez L’Arche éditeur.

Festival d’Avignon: Ping-Pang Qiu

Festival d'Avignon: Ping-Pang Qiu ping-pang-qiu

 

Ping Pang Qiu, texte mise en scène et scénographie d’Angélica Liddell, en espagnol surtitré.

On se souvient du formidable coup de tonnerre dans le ciel serein d’Avignon quand l’artiste espagnole avait présenté, il y a trois ans, sa longue mais tout à fait remarquable performance La Casa de la fuerza (voir Le Théâtre du Blog). A 47 ans, auteur d’une vingtaine de pièces, elle est revenue depuis avec plusieurs spectacles au Festival et ensuite à Paris:  L’année de Ricardo, Maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme, Un projet d’alphabétisation. Et cette année, elle a été invitée avec d’abord Ping Pang Qiu et Todo el Cielo.
Ping Pong Qiu, c’est une sorte de théâtre document où Angélica Liddell nous livre à la fois son immense admiration et son amour pour la Chine où elle vient de passer quelques mois, sa fascination pour les 4.000 caractères à apprendre:  » Je m’impose des taches colossales qui m’aident à supporter le désespoir ». « La discipline m’aide à supporte le manque de joie et à me rendre inapte à la joie ».  » Quand les espoirs sont détruits, il faut chercher l’indestructible. Et les 4.000 caractères sont indestructibles. Et mon amour de la Chine est indestructible ».  La metteuse en scène essaye de comprendre cette  Chine qui avait conclu en pleine guerre froide avec les Etats-Unis un accord dit « de diplomatie du ping-pong « qui, en 1971,  permit grâce l’envoi de  joueurs américains dans l’empire de maintenir des relations convenables entre les deux pays. Même quand la  Chine  condamnait la guerre que menaient les Etats-Unis au Viet nam…
Mais, en fait, dans cette nouvelle pièce Angélica Liddell, en dix sept séquences, règle à nouveau ses comptes avec l’incarnation du mal: la dictature d’un homme seul sur un peuple comme Mao qu’un ami chinois a comparé à Hitler, avec les intellectuels et artistes français coupables à ses yeux d’une grande naïveté devant ce phénomène exaltant pour eux que fut la Révolution culturelle chinoise. La fille d’un général franquiste sait ce dont elle parle, pendant que défilent les célèbres images de cet homme seul face aux chars  sur la place Tien-Amen, elle tape juste, sec et fort:  » Bref, si la France avait eu affaire à Mao, Paris, le merveilleux Paris serait aujourd’hui une  grande plaque de ciment (…) Les Français ont de très jolis cafés et d’excellents vins pour défendre n’importe quoi « .

La Chine la fascine mais Angélica Liddell n’est pas dupe:  ce conflit permanent qu’il y a chez elle, entre  amour et politique, la renvoie aussi à ses propres questionnements sur la vie qui passe, sur ses amours disparues et sur sa haine des parents  » Ce qui nous sauve de tout, c’est la solitude ». Le public écoute,  dans un silence presque religieux,  cette jeune femme pour qui le langage est une arme redoutable dont elle sait admirablement se servir, et sans aucune concession. Y compris quand il s’agit de parler de relations sexuelles. Lucide mais très pudique, Angélica Liddell n’en dira pas plus même si on sent chez elle une terrible violence intérieure:  » Quand on tombe amoureux, on peut juste choisir entre la discipline et la punition. S’éloigner et respecter la discipline. Ou bien se rapprocher et supporter la punition ».
  »La véritable anéantissement de l’être humain consistait à priver les générations à venir de la beauté suffisante pour comprendre le monde, pour comprendre la triste boue dont nous sommes faits » quand elle parle des nazis brûlant des œuvres de Klimt. Pour de telles phrases, il lui sera beaucoup pardonné à Angélica Liddell qui  cite aussi  Le Livre d’un homme seul de Gao XingGiian, l’écrivain chinois à qui fut attribué le prix Nobel et réfugié en France.
Sur le plateau d’un gymnase, pas grand chose d’autre que des caisses de Coca-Cola, un petit tas de sable blanc où l’on verra -sublime image- un livre que l’on fait  flamber dans un seau, et une table de pin-pong au centre, avec quelques chaise hideuses en tubes inox et  sièges en vinyl marron. Reviennent plusieurs fois des extraits de l’opéra de Glück Orphée et Eurydice, dont le fameux Che faro senza Euridice, métaphore de son attachement à la Chine au point, dit-elle,  de vouloir l’arracher à ses ombres. On entend aussi à la fin  Perfidia chanté par Nat King Cole. Angélica Liddell s’est entouré de quatre comédiens espagnols, dont deux grimés en chinois, et même s’ils ont une belle présence, on voit vite que c’est d’elle, et encore d’elle qu’il s’agit. Elle parle, danse dans une grande robe rouge sans manches et ne craint pas de s’allonger les seins nus sur la table de ping-pong.
ppqCela dit, même si on ne boude pas tout le plaisir que l’on a à retrouver cette boule de colère et de violence, sa mise en scène est loin de l’excellence. Rien à dire sur sa direction d’acteurs et ses images sont toujours aussi luxueuses, comme cette machine à lancer des balles de ping-pong pour l’entraînement des joueurs où chaque balle s’en va rebondir une fois sur la table, puis sur le sol et une dernière fois sur le même projo orange d’une série ! On regarde fasciné alors qu’il n’y a rien de bien particulier à voir! A mi-chemin d’une performance aux images luxueuses et d’un projet plus théâtral qui manque parfois d’une véritable unité. Et quelle sotte idée d’avoir appareillé les comédiens de micros HF qui donnent de drôles de couleurs au texte! C’est devenu une véritable manie  dans le in comme dans le off. Et Angélica Liddell aurait pu nous épargner cette pénible séquence finale de bouffe de nouilles chinoises que ses acteurs s’enfournent dans la bouche, et jettent un peu partout sur le plateau. C’est long, inutile, même pas provocant et surtout ne signifie rien. Elle gardera sans doute cette séquence mais, on le lui dit quand même, elle est vraiment nulle!
Alors à voir? Oui, mais en tournée et à Paris, car cela parait foutu pour entrer au gymnase du lycée Mistral, on s’arrache les places mais enfin, vous pouvez toujours essayer de trouver un billet revendu…Malgré ces faiblesses de mise en scène, ce Pin Pang Qiu reste un spectacle intéressant. Les dramaturges  contemporains, mis à part Thomas Bernhard dont Angélica Liddell cite l’exemple, ne sont pas si fréquents à s’exprimer avec une telle rage et à se battre contre la pourriture du monde.
On vous parlera demain de Todo el cielo, son autre spectacle à Avignon.

Philippe du Vignal

Gymnase du lycée Mistral, à 15 heures, jusqu’au 11 juillet. Durée : 1 h 40. Ensuite au Théâtre de l’Odéon.

Festival d’Avignon: La Ville

Festival d'Avignon: La Ville laville


La Ville de Evgueni Grichkovets, traduction d’Arnaud Le Glanic, mise en scène d’Alain Mollot.

Dramaturge, mais aussi comédien et chanteur, Evgueni  Grichkovets, est né en 1967 à Kemerovo ( Sibérie). Créateur d’une petite troupe, il monte en solo d’abord ses propres textes inspirés par  la société russe. En 1998,  Comment j’ai mangé du chien  présentée au festival international de  Moscou, le  fait mieux connaître dans son pays-où c’est maintenant un auteur et metteur en scène culte- mais aussi  en Europe et en France où la pièce avait été jouée au Théâtre de la Bastille.
La Ville est  fondée sur sur les errances de Sergei Basin, un intellectuel qui ne se sent pas très à l’aise dans l’entreprise qui l’emploie et qui dit tout le temps à sa femme Tatiana, et à son ami  Maxime qui essaye de lui emprunter de l’argent pour faire des travaux chez lui,  qu’il va tout plaquer. Distrait, il perd agenda, chaussettes ou billet de train selon les jours. Seul, son père fait  preuve de compréhension envers lui.
En fait,  le personnage semble quelque peu mystérieux, et le dialogue du coup en devient presque surréaliste avec des répliques souvent absurdes: personne n’écoute vraiment personne et tous se laissent , surtout lui, entraîné par une sorte de délire collectif. Mais au fait pourquoi Serguei veut-il partir. A-t-il une autre vie quelque part? Quelles sont ses relations avec son épouse et son père? Grichkovets sait créer une sorte de climat bizarre où les personnages nous emmènent dans un monde où règnent l’absurde, le  poétique  et le métaphysique à la fois. Il livre les questions sans apporter les réponses…Et c’est sans doute ce qui avait séduit Alain Mollot qui a créé la pièce à Villejuif en janvier dernier. C’est la première, et malheureusement la dernière fois,  qu’il mettait en scène un texte d’un auteur contemporain.
La pièce, à vrai dire, est un peu longuette  et démonstrative (80 minutes et beaucoup de monologues où Serguei explique sa pensée) et aurait mérité d’être un peu abrégée. Mais, avant de disparaître en juin, Alain Mollot nous a laissé une belle mise en scène, à la fois précise et fine, toute en nuances et servie par  cinq  comédiens de haut niveau: Cécile Métrich, Philippe Millas-Carus, Bruno Paviot, François Roy et Pierre Trapet, et dans une scénographie assez futée de Raymond Sarti.
Malgré les réserves que l’on peut avoir sur ce texte trop bavard, on passe un bon moment et on découvre un auteur.  C’est sûrement un des meilleurs et des plus intelligents spectacles du off… qui ne fourmille pas toujours de bonnes surprises. Il est d’un format, d’une qualité et d’une interprétation qui  ne serait pas du tout déplacée dans le in.  Que demande le peuple?

.Philippe du Vignal

Théâtre des Lucioles à 17h 25

La Ville et les  pièces de Grichkovets sont publiées aux  Solitaires intempestifs.

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