Dans la Pampa

Dans la Pampa d’après Jorge-Luis Borgès, mise en scène de Joël Jouanneau

 

 

 ©Hervé Cohonner

©Hervé Cohonner

Un musicien en tenue d’apparat – costume sombre, chemise et écharpe blanches – entre en scène de façon un peu décalée: le plateau nu ne semble pas l’attendre, si ce n’est un beau piano sombre sur lequel une simple chaise de bois est renversée. Sur le sol, gît un magnifique accordéon, un second et bel instrument mis en lumière.
Puis, chemin faisant, le public à l’écoute découvre à travers la parole inspirée par Borgès et recréée par Jouanneau, que ce musicien classique – seul en scène – est  acteur mais aussi nomade, curieux de découvrir un continent, l’Amérique du Sud, en arpentant la mythique Pampa comme une  métaphore de l’œuvre même de Borgès. L’écrivain argentin définit la Pampa comme grandiose, avec une dimension qui est visuelle et picturale mais aussi littéraire et musicale : « Comme pour les couchers de soleil, ce qui nous émeut, ce sont moins les couleurs que l’éclat final qui annonce la fin de la journée, la fin d’un jour usé, brulé, irrécupérable. »
Les mots – verbe et écriture – qui reproduisent et, en même temps, réinventent le monde, composent l’or et le trésor de l’écrivain qui travaille instinctivement sur le matériau de la mémoire, celui du souvenir et du temps de l’existence qui passe. Qu’est-ce que la fiction – question borgésienne aigue -, sinon un univers autre et singulier qui traduit à la fois la vie quotidienne et la transgresse, un rêve possible ?
La pièce de Jouanneau pourrait passer pour une initiation à l’œuvre de Borgès, à travers une dizaine de nouvelles et sur la musique d’un vieux tango et de grands classiques, avec le passage imaginaire de tout un peuple hétéroclite d’empereurs,  poètes,  valets, rois,  tigres, gauchos, capitaines et soldats.
La parole de l’acteur – voix majestueuse d’Armel Veilhan qui  trouvera toute l’aisance dont il est capable – déploie les visions les plus insolites, images colorées et sauvages, comme le léopard, le bison et les animaux exotiques en cavale. Un désert se dessine dans le lointain que hantent deux frères et une jolie femme du dur terroir ; épouse de l’un, elle est l’amante de l’autre, jusqu’au jour où la jalousie fraternelle et douloureuse va éliminer la victime partagée afin de trouver le repos.
Un monde sauvage de passions où  la cruauté tient lieu de sauvegarde. En Chine ancienne, l’empereur fait brûler tous les livres existants dans son empire, en même temps qu’il fait bâtir la Muraille de Chine. Pour le tyran, doit être effacée la moindre trace de la mauvaise conduite maternelle, donc l’obligation insensée et terrible de tout anéantir. Il cache chez lui quelques volumes qu’il voudrait sauver, mais  sera condamné jusqu’à sa mort à construire de ses mains dérisoires la fameuse Muraille.
Des fins tragiques se donnent ainsi à apprécier dans l’effroi des aventures, d’un millénaire et d’un continent à l’autre, jusqu’à faire s’entretenir un dieu et Shakespeare lui-même. En passant d’un espace à l’autre, d’un temps à l’autre, du piano à l’accordéon, le spectateur se laisse entraîner dans les méandres énigmatiques et oniriques de contes et nouvelles. C’est pour lui,l’expérience de la fascination déambulatoire d’une mémoire; il  prend ainsi plaisir à s’échapper de soi et de sa vie quotidienne, dans un labyrinthe à la fois heureux et infernal d’où l’on ne sort pas indemne.
Le comédien conclut avec l’écrivain qu’il finit par rencontrer à force d’efforts : « Tout existe sauf l’oubli. Le temps d’un de nos jours, c’est tout le monde. C’est aujourd’hui demain et c’est hier. » L’art n’est pas la vie, mais la méditation intérieure rend sa beauté à l’existence.

 Véronique Hotte

 Festival du Pont du Bonhomme à Lanester, les 24 et 25 juillet.

 


Archive de l'auteur

Hors jeu

Festival d’Avignon off:

Hors Jeu d’Enzo Cormann, mise en scène de Philippe Delaigue

 hors_jeu_enzo_cormann Philippe Delaigue, ancien codirecteur du Centre dramatique national Drôme-Ardèche à Valence, avec Christophe Perton,  a repris sa vie de compagnie et revient en Avignon avec un texte de son ami Enzo Cormann qui joue aussi dans cette création.
Un seul personnage: Gérard Smec, un ingénieur quinquagénaire licencié  qui entre dans le circuit de la recherche d’emploi, circuit qui broie les êtres, en fait des numéros de dossier et leur fait perdre espoir. Il fréquente régulièrement le Job Store de sa ville et s’introduit souvent dans le bureau de la directrice sans rendez-vous pour des échanges tendus et stériles.

Gérard Smec se voit seulement proposer  des postes dans des entreprises de ménage qu’il refuse, et  voit fondre sur lui le moment de sa radiation, qui sera pour lui comme une mise à mort. Il ne se sent même plus digne de la femme qu’il aime, au point de la troquer contre un objet qui, selon lui, règlera tous ses problèmes.
Cormann explique comment et pourquoi il a écrit cette histoire : «L’écriture de fiction s’offre en effet comme une possibilité de réinjecter du mouvement (donc de la subjectivité, de la pensée, de l’affect — tous prémisses nécessaires à l’action) dans des représentations figées par l’habitude : nous savons que des gens souffrent, mais nous ne les voyons plus, nous n’y pensons pas, nous ne voulons pas le savoir. Par ailleurs, ces gens, ce ne sont pas des pauvres, des exclus, des asociaux, etc… : c’est nous, c’est moi, c’est toi. Ce sont des femmes, des hommes, jeunes ou vieux, des êtres humains, des concitoyens. Parents, enfants, amants, voisins… ce sont nos semblables : ils pensent, ils désirent, ils aiment, ils angoissent, ils rient et pleurent comme vous et moi. Ce ne sont pas des pions sur un échiquier, des unités dans une statistique, des matricules dans un dossier : ils ont une subjectivité, une histoire, un regard… qui font de chacun d’eux un être unique, un sujet (et non pas un objet) »
La mise en scène de Philippe Delaigue est d’une finesse comparable à l’écriture d’Enzo Cormann il  y a disposée  autour de lui  une série de haut-parleurs, renforçant l’impression de souricière vécue par Gérard Smec. L’habillage sonore et musical, imaginé et  parfaitement diffusé par Philippe Giordani,   possède des sons aussi gris et aveuglants que la ligne de néon pointée vers nous, et son unité avec le jeu de l’acteur, relève de l’ excellence.
L’ensemble très  cohérent, se déroule pour le public comme un lent cauchemar: Enzo Cormann incarne un Gérard Smec bouleversant, chevrotant, comme une bête blessée imprévisible et déterminée. Nous vivons  et ressentons l’étau où il entre progressivement et où il va commettre l’irréparable. Un solo, coup de poing, qui,   grâce aussi à l’univers musical  de Philippe Giordani, est une heure de théâtre très fort…

Julien Barsan

Théâtre de l’Alizé à 18h jusqu’au 27 juillet.

La Faute à la vie

Festival d’Avignon off: 

La Faute à la vie de Maryse Condé

Avignon est bien souvent un objectif à atteindre pour un spectacle, et pour beaucoup d’entre eux, la première a lieu  au  festival d’ Avignon;  les metteur en scène et acteurs  arrivent avec une proposition qui a juste quelques jours pour se roder. C’est le cas de cette Faute à la Vie qui sort tout juste de trois semaines de résidence. Et le spectacle n’est pas encore  tout à fait prêt.
L’histoire raconte le tête-à-tête de deux femmes proches  que tout semble opposer ; l’une est riche et l’autre plus pauvre;  l’une est au service de l’autre, clouée sur un fauteuil roulant. Bien plus que patronne et employée, elle sont amies et ne se cachent rien l’une pour l’autre, enfin c’est du moins ce qu’elles croient.
L’une affirme avoir plus souffert que l’autre, car elle a perdu un enfant et un homme. Et commence alors  une dispute où le passé et les secrets vont refaire surface et montrer à quel point les deux femmes sont liées.

La mise en scène  n’en est pas vraiment une : Simone Paulin est (forcément) très fixe dans son fauteuil roulant et tournée vers le public. Même quand elle écrit son histoire, sur les conseils de son médecin, elle reste face public et sur le bureau, les touches de l’ordinateur portable cliquètent toutes seules de manière un peu fantomatique !
 Firmine Richard, elle,  s’agite continuellement et manipule des  objets : elle fait un (faux) café… dans une tasse à bas prix  qui ne va pas du tout avec le train de vie de la dame elle balaye  la pièce, fait les ongles de son amie …
Mais toute cette agitation n’a rien d’une mise en scène, dont les intention sont asse peu claires? Que veut-on  nous montrer  avec  ce texte ? C’est un peu étrange:  quand Firmine Richard s’arrête enfin et s’assoit sur une chaise pour discuter avec son amie, toutes deux face public, elles se parlent sans se regarder. Plus embêtant:  Firmine Richard s’emmêle parfois un peu les pinceaux, et Simone Paulin manque de spontanéité. Les lancements sons et lumière sont encore  approximatifs.
Au salut, Firmine Richard,  qui a sans doute senti un malaise public, explique au public que ce travail est encore frais. Au-delà de la nécessité d’un temps de travail plus long, il faudrait aussi vraiment une intention de mise en scène et pas seulement l’idée de monter un texte  qui comme celui-ci, n’évite pas toujours  les poncifs…

Julien Barsan

Chapelle du Verbe Incarné à 20h05 tous les soirs jusqu’au 27 juillet.

http://www.dailymotion.com/video/x66iwr

Irrévérence(s)

Festival d’Avignon In

Sujets à vif programme D :

Irrévérence(s) conception et interprétation de Marie-Agnès Gillot et Lola Lafon.

photoL’une, Marie-Agnès Gillot, « a le mouvement comme vocabulaire de vie», comme elle le dit si bien, et est devenue une des plus grandes étoiles de l’Opéra de Paris, ; l’autre, Lola Lafon, après s’être consacrée à la danse a, elle, l’écriture pour s’exprimer et chante aussi avec un réel talent.
 Elles  se sont rencontrées et  appréciées  pour offrir au public, dans une vraie complicité, et à l’initiative de la SACD, ce moment de grâce unique. Dans le roman de Lola Lafon, Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce, l’héroïne est une ancienne danseuse classique qui ne peut plus danser: «Il y a la figure de Sylvie Guillem qui émerge beaucoup dans ce roman, dit-elle, et, à la fin, il y a l’émergence de Marie-Agnès.» Cette première découverte mutuelle est suivie, à la sortie de son dernier roman, en 2014, La petite communiste qui ne souriait jamais, d’une rencontre avec  le chorégraphe Daniel Larrieu qui leur suggère l’idée d’un spectacle.
Comme le dit Marie-Agnès  Gillot: «Cette rencontre improbable a fait la pièce», laquelle s’est constituée au fur et à mesure de leurs échanges. On entend ici la voix de Lola Lafon, qui lit des extraits de ses deux livres et d’un poème de Voltairine de Cleyre (1902). Et elle  chante en français, en roumain et en bulgare du Moyen-Âge, pendant que la danseuse commence ses exercices d’échauffement… 18 heures, c’est en effet le moment, pour Marie-Agnès Gillot, de faire ce travail obligatoire avant un spectacle.
Pour elle, qui revient tout juste de Madrid après avoir dansé Orphée et Eurydice de Pina Bausch, «C’est la voix qui est essentielle, pas seulement  le texte, c’est la voix qui m’émeut le plus, c’est elle qui me fait vibrer physiquement, peut-être parce que j’ai été éduquée comme cela par Pina».
Et elle suit parfois,  au mouvement de ses lèvres, le récit de Lola Lafon ; parfois  aussi, elle prend appui sur elle, comme sur une barre imaginaire. : «Je ne veux pas me joindre au troupeau, dit Lola,  je ne veux pas perdre, je ne veux pas m’oublier.»
Nous ressentons la solitude obligatoire de leur mode d’expression artistique à chacune.  Quand elle fait allusion à son passé et son combat contre sa scoliose, Marie-Agnès Gillot dit : «Je ne veux pas être réparée» et, comme en contre-point, Lola réplique : «Nos mots sont imprégnés de prothèses.»
Ces instants fragiles sont  toujours en équilibre sur les mots pour l’une et  sur les pointes. pour l’autre. Les deux artistes partagent une notion forte, et décalée par rapport au monde actuel : la nécessité d’une discipline de vie pour s’exprimer par la danse ou par l’écriture. Et c’est par cette rigueur qu’elles trouvent toutes les deux un espace de liberté  qu’elles nous font partager.
Quand Lola Lafon et Marie-Agnès Gillot quittent le charmant endroit du Jardin de la Vierge,  avec  sa statue apaisante, une belle fin d’après midi vient de se dérouler.

Jean Couturier

Jardin de la vierge du Lycée Saint-Joseph jusqu’au 24 juillet.  

le ventre de la baleine

Festival d’Avignon off:

Le Ventre de la baleine de Stanislas Cotton, mise en scène d’Isabelle Sosolic

Beauté triomphante et bien en chair, Aphrodite  jouée par la metteuse en scène, attend son mari le soir. Il rentre sombre et  renfrogné , et sans dire un mot,  s’écroule devant l’écran de télévision ou  les journaux, se fait servir sans scrupules, puis,  prostré  devant  sa bouteille de vin, injurie et brutalise sa femme avec la dernière violence.
Aux petits soins pour lui, elle craque pourtant et se réfugie dans la salle de bains, où elle se remémore les délices de leur première rencontre. Heureusement l’amour physique lui permet de retrouver le plaisir.
Mais invariablement, de retour à la maison, son  époux se fait de plus en plus violent, jusqu’au moment où la fuite et la déclaration à la police reste pour elle,  la seule issue de survie.
Cette sombre réalité,  vécue par tant de femmes dans le monde, n’offre pas d’issue, mais  la dénonciation sur une scène ouvre malgré tout une porte, et permet une prise de conscience d’une situation inadmissible.

Ediht Rappoport

Théâtre au Bout là-bas jusqu’au 27 juillet à 16 h. T:  06 99 24 82 06

Archive

140620_rdl_0148_0

Festival d’Avignon in:

Archive,  chorégraphie d’Arkadi Zaides

   Originaire de Biélorussie, Arkadi Zaides rejoint Israël en 1990, et intègre la Batsheva Dance Compagny. Rendre compte, mettre en mouvement, en son, les violations des droits palestiniens par l’armée, les colons, le gouvernement, la justice, c’est à partir de ce contexte tragique et oh! combien d’actualité,  qu’Arkadi Zaides nous convie à  cette création sensible et pertinente  au moment où la situation israélo-palestinienne  explose cruellement à nouveau.
Mission artistique, éthique et politique : « Son fil rouge : le vivre ensemble dans un environnement partagé et conflictuel. » Arkadi Zaides a élaboré sa chorégraphie à partir des images filmées par l’association B’Tselem qui, dit-il : « a développé une nouvelle modalité d’action en confiant des caméras aux Palestiniens des zones occupées…et  les faire entendre, les monter est apparu comme un acte de résistance important. (….) La fonction principale de ces images est de servir de preuve. Leur vocation est d’abord et avant tout de témoigner. »
Mission accomplie. Pas à pas, sur un rythme lent, répétitif au début, qui  s’accélère ensuite peu à peu, nous quittons notre simple état de spectateur pour devenir témoin des provocations et persécutions qui ne cessent depuis tant d’années d’habiter le quotidien des Palestiniens résidant dans les zones occupées.
Tour à tour, sur l’écran placé un peu en retrait côté cour: des images vidéos : jets de pierre, champs d’oliviers détruits, colons masqués, bagarres, agressions sur des enfants, au gaz lacrymogène sur fond sonore de cris,  d’insultes, « violence exprimée par les voix », ou dans le silence ….
Et  face à ces « tableaux vivants », extrêmement dérangeants : le danseur seul et son regard, le danseur et son corps, le danseur et son interrogation, sa révolte… qui font sortir de la vidéo les personnages et leur gestes, à travers son propre corps dansant :
« Comment le corps, dit Arkadi Zaides devient un médium à travers lequel on appréhende et interroge la situation politique en Israël… ». Question qui, depuis cinq ans,  participe de son  parcours artistique.
  Dans un décor dépouillé, la chorégraphie d’Arkadi Zaides n’est pas loin parfois de la performance.  Avec trois espaces : « l’écran  où sont projetées les vidéos, le public assis en face et moi-même, entre les deux …. Mon corps change la façon dont ces images sont perçues, et permet d’opérer des focus, de placer les choses dans une nouvelle perspective ».   
Montrer les répercussions de l’Occupation:  comme en témoigne cette recherche sur le danseur, qui, tout au long de la représentation, accumule, enchaîne, restitue  toutes les gestuelles et  les sons extraits de chaque vidéo, et semble entrer en transe, pour tenter de capter physiquement et  au plus profond cette violence, et nous la faire partager publiquement.
Gestes, sons, pour «au-delà du cas israélo-palestinien, s’interroger sur la violence dans une perspective plus universelle et éveiller la conscience, éthique, politique et citoyenne ».

Elisabeth Naud

Tinel de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon

Mai, Juin, juillet

663562-mai-juin-juillet-

Mai, juin, juillet  de Denis Guénoun, mise en scène de Christian Schiaretti

Deux points de vue, pour rendre compte de ce spectacle qui a trait à des événements, devenus mythiques, et qui ont profondément contribué à un changement radical de la société  française: d’abord, celui d’Edith Rappoport qui a, elle , pleinement vécu mai 68 à Paris,  et celui de Julien Barsan, d’autant plus précieux qu’il est, lui,  d’une génération qui n’ a connu 68, que par les nombreux témoignages, récits, films, etc…
  Les événements de  68 ont souvent été évoqués dans des spectacles mais , c’est sans doute la première fois qu’une grande fresque  théâtrale, comme cette trilogie de Denis Guénoun, est jouée dans un des lieux comme Avignon où la contestation des valeurs établies a été des plus fortes,  voire même parfois violentes , pendant le festival de la même année.
Tout y avait commencé (mais le feu s’était vite propagé!) quand le préfet du Gard qui n’avait sans doute pas  rien senti venir, avait cru bon d’interdire  à Villeneuve-lès-Avignon, La Paillasse aux seins nus, un spectacle de Gérard Gélas, alors débutant, et maintenant directeur du Théâtre du Chêne noir!
On l’a oublié mais le carcan moral et la rigidité des mœurs en France sous le règne de de Gaulle, influencé  par sa très catholique Yvonne, et par l’Eglise, encore puissante et très dominatrice, était bien réelle..Cette époque, où la fameuse pilule avait des allures de produit diabolique et où le clergé et l’Etat  se mêlait de tout, y compris de sexualité, ce n’était pas au Moyen-Age mais il y a quelque quarante ans
Le théâtre est aussi fait pour cela: faire œuvre de mémoire,  et  c’est toujours d’actualité…
Ph. du V.

Pour ceux qui ont vécu le festival d’Avignon 1968, et/ou qui ont participé aux manifestations parisiennes, dont  l’occupation du Théâtre de l’Odéon, mais aussi aux autres,  Mai, Juin, Juillet offre d’étonnants souvenirs.
Sur le plateau de l’Opéra d’Avignon, une trentaine de chaises vides, Jean-Louis Barrault , directeur du théâtre de l’Odéon,  s’adresse à Jean Vilar qui vient de préparer le festival d’Avignon avec des compagnies étrangères,  puisque les grèves paralysent tout le pays en mai.
Marcel Bozonnet a des vraies ressemblances avec Jean-Louis Barrault,, tout comme Robin Renucci, avec  Jean Vilar. Optimiste irréductible, Jean-Louis Barrault a laissé envahir son théâtre par des enragés qui se sont engouffrés au moment où le public sortait d’un spectacle de danse. En l’absence de consignes venues de l’Élysée,  il a  accueilli  sur le plateau une foule de jeunes gens hurlant depuis les balcons.
Mais la situation dégénère, la foule qui a alors envahi  l’Odéon, refuse de laisser la place aux spectacles programmés, tient des débats violents, vit dans les loges et sur le plateau dont la surcharge inquiète les techniciens. « Plus jamais Claudel ! » hurlent les promoteurs de la « révolution ».
L’actrice Madeleine Renaud quitte la salle, révulsée, au bras de son mari Jean-Louis.Barrault. A l’Élysée, le général de Gaulle (remarquable Philippe Vincenot) ne veut rien entendre des conseils  que lui donnent  ses ministres (Stéphane Bernard les interprète tous avec brio) et ne veut rien céder.  Le théâtre finit par fermer le rideau de fer.

Juin, la deuxième partie de ce triptyque, dépeint le congrès de Villeurbanne où les directeurs des Centres Dramatiques se sont réunis, et reprend une partie de leurs débats aussi interminables que compliqués. On s’amuse à repérer les directeurs de l’époque, en costume-cravate, du nom de leurs villes, qui font des propositions lumineuses : « Je propose  que nous n’acceptions de discussions que collectives (…) Nous ne pouvons ignorer que la coupure culturelle est profonde. Si nous n’intégrons pas le non-public, nous serons rejetés (…)  Je voudrais un Festival de toutes les contestations (…) Je ne suis chez moi que sur scène, le pouvoir aux artistes ! »
Malheureusement, le spectacle  s’enlise un peu dans cette loghorrée interminable  et ces débats vaseux qui ont, paradoxalement, donné naissance à la bureaucratie de la décentralisation théâtrale, au détriment des compagnies !

Juillet, le dernier épisode, est plus mélancolique: Jean Vilar erre la nuit dans les rues d’Avignon, et dialoguant avec une jeune fille venu découvrir « l’Américain » (Julian Beck et sa troupe du Living Theatre). Jean Vilar, très fatigué et déjà malade, tient  quand même bon devant le cloître des Carmes assiégé par des enragés qui veulent y pénétrer gratuitement, au mépris de toute consigne de sécurité.
« Le théâtre est dans la rue ! » hurlent les manifestants, le théâtre est gratuit ! » . Mais pas pour tout le monde! Vilar a en effet payé pour dix-huit représentations le Living Theater  qui  n’hésite pas à quitter le festival en n’en ayant donné que cinq! La jeune fille revient le voir, accompagnée de deux amis,  mais n’est pas convaincue par les arguments du maître du Festival qui mourra en 1971.

Arbitré par trois actrices incarnant  Mai, Juin et Juillet, le spectacle se termine par une parodie républicaine. Malgré une durée de presque quatre heures, l’attention du public dont la majorité n’a pas connu 68, reste en permanence éveillée.

Edith Rappoport


Pourquoi Olivier Py est-il allé chercher un spectacle créé en 2012 pour le programmer
cette année en  Avignon ?
D’abord parce que le spectacle raconte un peu  de l’histoire du festival d’Avignon, avec l’incarnation de Jean Vilar et ensuite parce qu’il y est question de politique et d’engagement, les piliers de la programmation de son premier festival, ce qu’il répète dans tous les médias.
Cette pièce propose en effet un moment de l’histoire contemporaine française où la société et la culture ont, moment rare, avancé ensemble. Christian Schiaretti, directeur du TNP de Villeurbanne en avait  passé commande à Denis Guénoun, en souhaitant au départ qu’il se pencher sur la figure de Jean-Louis Barrault pour la commémoration de son centenaire et certainement un peu aussi,  pour faire le clair sur sa position d’artiste officiel du général…
C’est donc à l’Opéra-Théâtre d’Avignon qu’ont lieu ces 3h40 de reconstitution sur la scène de l’Odéon recréée, première mise en abyme ! C’est Jean-Louis Barrault qui, sobrement incarné par Marcel Bozonnet, lit une lettre qu’il adresse à Jean Vilar (Robin Renucci). Puis on découvre son théâtre investi par les étudiants; il y a ainsi une image très forte quand  une  vingtaine de jeunes jaillit des baignoires et des loges proches de la scène, créant un tableau où l’action dépasse le cadre de scène. Dans un premier temps, Jean-Louis Barrault  est assez enthousiaste et soutient les jeunes, mais le devient un peu moins quand cela menace de durer…  Madeleine Renault,  son épouse et comédienne, montre, elle, plus d’hostilité, allant même jusqu’à proposer avec maliceaux jeunes d’aller plutôt occuper la Comédie Française, symbole plus fort et plus évident de l’Etat  ! L’honnêteté de l’auteur est de nous montrer cette révolution de l’intérieur et de ne rien nous cacher des dissensions, des tentatives de récupération politique et idéalistes de jusqu’au-boutistes qui vont même jusqu’à vouloir « abolir la scène » frontière selon eux  avec le public ! On voit aussi apparaître un jeune homme à la tignasse rousse sachant très bien s’exprimer en public ( Daniel Cohn-Bendit)…
Tout ce début est très dynamique et rythmé, et  les jeunes forment des tableaux de groupe et réagissent en poussant des « ah », peu réalistes car trop coordonnés, mais qui ponctuent l’action. Comme pour donner une distance et un recul, le personnage de l’auteur entre en jeu, plus précisément ici l’auteure qui revendique d’ailleurs de ne pas s’attacher à la pure vérité des évènements,  ce qui a le don de mettre sa dramaturge en colère. On est bien au théâtre !
Christian Schiaretti nous propose de très belles images, grâce aussi  à la scénographie réussie de Fanny Gamet qui va de la reconstitution  de l’Odéon dont le cadre de scène remonte dans les cintres jusqu’aux murs nus du théâtre en passant par ce plateau symbolisé de l’Odéon qui deviendra table de réunion pour la deuxième partie.
Le metteur en scène place parfois des comédiens dos au public, ce qui  abolit un peu le quatrième mur. Devant la difficulté de représenter des personnalités, Christian Schiaretti propose des incarnations imitées au pouvoir comique évident , imitées mais jamais singées. Il y a notamment une scène savoureuse ou le général de Gaulle, en uniforme bien sûr, s’adresse à André Malraux son ministre de la Culture,pour lui dire que le théâtre n’est pas son truc et qu’il préfère le patrimoine et les statuettes aztèques. Malraux s’enflamme alors  et lui répond très justement que certains textes de théâtres sont bien plus éternels que certaines pierres, avec une emphase digne du fameux  discours qu’il prononça en l’honneur de l’entrée au Panthéon des cendres de Jean Moulin. Saluons ici le jeu de Philippe Vincenot (De Gaulle) et de Stéphane Bernard (André  Malraux) qui joue aussi tous les autres ministres du général successivement) dans l’imitation mais jamais dans la caricature.
La deuxième partie  Juillet  est la plus « technique », on y croise les directeurs de théâtre, on entre dans leurs débats; entre eux, ils se nomment Bourgogne, Villeurbanne, Strasbourg ou Bourges et il faut s’y connaître un peu pour identifier dans l’ordre: Jacques Fornier, Roger Planchon, Hubert Gignoux ou Gabriel Monnet.
C’est un peu long  mais passionnant pour les gens de théâtre: on y voit comment Jean-Louis Barrault, qui finit par se rendre à une de ces réunions,  y fut mal accueilli,  parce qu’il était vu comme la caution culturelle de De Gaulle, et comme celui qui programmait Claudel, un auteur apprécié du général mais décrié par les étudiants avec un slogan:  Plus jamais Claudel ! écrit sur les murs de Paris.
Jean Vilar lui, n’alla pas à ces réunions, préférant rester en Avignon où les troubles vont arriver avec Paradise now, le spectacle de « l’Américain » que tout le monde veut voir (Julian Beck et son Living Theater). Jean  Vilar semble dépassé, et refuse d’ouvrir les grilles du Cloître des Carmes pour des raisons de  sécurité. .
Pour la troisième partie consacrée à Jean Vilar, il y a d’abord quelques tableaux allégoriques  (dont celui où Julie Brochen interprète la Révolution !), puis on entre dans la petite chambre occupée par Vilar à la clinique du docteur Reboul où il essaye de soigner une  santé fragile. L’auteure propose un personnage fictif : une jeune fille qui va faire réfléchir Vilar sur le sens de son action. Sans la dévoiler,  la fin propose une belle réhabilitation de Jean-Louis Barrault  et un rapprochement entre Jean Vilar et lui.
Le spectacle est sans doute vu avec l’œil du metteur en scène et directeur du T.N.P, qui semble se  considérer  un peu comme un confrère et le successeur de ces deux grands hommes de théâtre. En tout cas, Christian Schiaretti signe ici une mise en scène sérieuse comme à  son habitude mais avec beaucoup de moments d’humour, ce qu’on lui connaissait moins, et une distribution à la hauteur.   Avec aussi nombre de clins d’œil qui sont un plus,  si on arrive à les saisir, ce qui n’est pas toujours évident quand on n’a pas connu cette époque. Une fois n’est pas coutume, saluons l’initiative et le sens de l’à-propos d’Olivier Py, saluée par des applaudissements nourris.
Malgré un  aspect pédagogique évident, ce Mai, Juin, Juillet n’oublie pas d’être un spectacle de théâtre intelligent et qui laissera un  souvenir fort  grâce à sa mise en scène mais aussi à la belle écriture de Denis Guenoun.

Julien Barsan

Opéra d’Avignon du 14 au 19 juillet 19 juillet à 18 h www.tnp-villeurbanne.com

Le texte de la pièce est publié aux éditions Les Solitaires intempestifs.

Rachel

Festival d’Avignon off

Rachel et ses amants de Rachel Monnat, mise en scène de Dominique Othenin-Girard

art rachel«On ne va tout de même pas aller voir un spectacle sous prétexte qu’à la fin, la comédienne se met à poil ! » : voilà une réflexion entendue dans les rues d’Avignon, adressée par une jeune femme à son compagnon. La nudité, même partielle comme ici, interpelle plus dans les spectacles du Off que dans ceux du In, où elle est considérée comme «artistique».
L’affiche du spectacle est explicite :  Rachel,  totalement nue, est figée dans un mouvement de «pole dance». Cette comédienne de trente ans, ancienne infirmière, est Suisse et a côtoyé les corps en souffrance,. Cette sensation fréquente que les soignants ont de notre mort imminente, peut expliquer le dévoilement autobiographique de sa jeune vie sexuelle.
Nous découvrons les différentes étapes de son existence, depuis qu’elle a trois ans, présentées avec une naïveté désarmante. Même si elle joue, elle semble assez sincère. Le public, ce soir là, était composé d’un quart de femmes, et ce sont elles qui se sont montrées les plus sensibles à ses propos.  Comme souvent, les hommes, eux, restent en retrait à cause d’une certaine peur du plaisir féminin qui les dépasse.
La comédienne ose mettre des mots sur sa propre jouissance, et évoque sa découverte de la sexualité, seule, à deux, ou à plusieurs, et abordant la notion de « femme fontaine ». Ponctuant son solo d’extraits de chansons françaises, interprétées par des figures de la séduction comme Édith Piaf, Maurice Chevalier ou Mistinguett, elle nous livre une partie de sa vie.

, «Je dédie cette danse, signale-t-elle, juste avant d’entreprendre son effeuillage, à tous les hommes que j’ai rencontrés, et à toutes les femmes, car j’aurai tellement voulu être à votre place pour pouvoir oser regarder librement cette danse.»  Le spectacle sera repris à Paris, comme pour nous prémunir de l’arrivée de l’hiver, une période propice au calfeutrage des corps, où nous entrons souvent dans une certaine forme d’hibernation!
 
Jean Couturier

Atelier 44, jusqu’au 26 juillet,   T.:04 90 16 94 31 et à  Paris du 4 septembre au 29 novembre, les jeudi, vendredi et samedi au théâtre du Gouvernail.   T:  01 48 03 49 92

Jean la chance de Brecht

Jean La Chance (Hans Im Glück) de Bertolt Brecht, mise en scène de Margarete Biereye et David Johnston par le Théâtre itinérant « Ton und Kirschen » du Wandertheater

 

Jean la Chance5©JP EstournetSur le site somptueux du cimetière à bateaux de Kerhervy, sur la rive du Blavet,  du côté de Lanester, le festival du Pont du bonhomme organisé par la Compagnie de l’Embarcadère  illumine l’espace, sous un bel arc-en-ciel improvisé et accompagné par  les cris stridents des mouettes.
  Avec le Théâtre itinérant Ton und Kirschen du Wandertheater, l’inspiration céleste est au rendez-vous pour ce spectacle, face à l’horizon marin et au  firmament, dans la magie de deux miroirs inversés.
Jean La Chance est une pièce de jeunesse inachevée de Bertolt Brecht, d’après un conte populaire collecté par les frères Grimm. L’histoire de Hans/Jean est celle d’un homme « fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui ».
La femme de Hans, simple paysanne, a quitté son mari un peu rêveur pour un séducteur,  mais elle lui a pourtant légué sa maison, qu’il va troque maladroitement contre une charrette et son cheval, un bien dégradé qu’il va de nouveau troquer contre un carrousel sommaire,  avant de se dénuder jusqu’à brader sa vie.
Escrocs et faux amis dépouillent et pillent à n’en plus finir leur victime maltraitée. Hans subit sans colère les vols qui l’accablent, il va même jusqu’à comprendre les « méchants » qui en sont les auteurs : « Ceux-là n’ont pas oublié qu’ils ont eu beaucoup de malheur. »
L’économie n’est fondée aujourd’hui que sur le faux marchandage de bénéfices financiers fulgurants de certains, au détriment de tous les autres, bref une morale inique… Quel est l’échange qui puisse tenir lieu de bonheur et de plénitude personnelle ? Les relations humaines ont beau être crues et cruelles, il reste à l’anti-héros, la saveur de la vie envers et contre tout, et la jouissance douloureuse d’être au monde.
  Hans échange à perte le peu qu’il possède, en ces temps d’hiver et d’arbres recouverts de neige, métaphore d’un temps de grande misère. L’homme volé reste la dupe et la proie débonnaire de fieffés trompeurs et menteurs.
Le public se laisse vite entraîner avec lui par l’intensité de tableaux vivants et poétiques qui s’enchaînent naturellement dans une ambiance foraine de théâtre ambulant. Les comédiens allemands, anglais, français, colombiens et russes, possèdent une belle unité de jeu et une  gestuelle vive et déliée, avec des mouvements presque dansés.
Autour des metteurs en scène, Margarete Biereye et David Johnston  qui sont aussi acteurs, musiciens et chanteurs, six autres interprètes aguerris:  Polina Borissova, Regis Gergouin, Richard Henschel, Rob Wyn Jones, Nelson Leon et Daisy Watkiss, qui sont à la fois musiciens, acrobates, mimes, chanteurs, décorateurs, éclairagistes,régisseurs techniques…
Les changements de scène se font à vue, avec des matériaux de récup de petit cirque ambulant : planches, roulotte aux couleurs joyeuses, costumes et uniformes de soldats d’époque, comme dans un conte pour enfant…
Des panneaux mobiles à claire-voie verticale laissent entrevoir des visions oniriques, petit cheval de bois ou bien rêve de fée. Un axe en fer rouillé et deux roues gigantesques tiennent lieu de carrousel, un mât élevé et de jolies guirlandes colorées deviennent une immense tente imaginaire. Cette scène théâtrale festive est généreuse avec chœurs de chanteurs et orchestre instrumental.
Ce spectacle de fête foraine aux accents de tragi-comédie, à la façon de pièces mythiques comme Liliom, Casimir et Caroline, Woyzeck  ou celles  de Karl Valentin, s’amuse de poésie et de philosophie de la vie.
Le  troupe ici,  fignole les détails de la farce, en passant  du jeu d’acteur à la manipulation de marionnettes, du chant à l’invective, du numéro de cabaret à l’échappée en solitaire, du sommeil du drôle de héros à l’admiration des étoiles.
Un théâtre solide théâtre de tréteaux… Jean La Chance est une chance pour le public du festival du Pont du Bonhomme.

 Véronique Hotte

 Le Festival du Pont du Bonhomme du 19 au 25 juillet à Lanester. Tél : 02 97 81 37 38

 

L’Echange de Paul Claudel

L’Echange de Paul Claudel, mise en scène de Jean-Christophe Blondel

vz-355132d2-a5b1-48c3-8332-d068d5e5440cAu sommet de la colline des Mourgues, au coucher du soleil, cette mythique pièce de Claudel prend un relief étrange.  Tormod Lindgren a imaginé une scénographie très simple: une vieille caravane, installée devant une piste latérale de plancher, une balançoire munie d’un  pneu usé en guise de siège, et, dans le lointain, une autre caravane  fermée qui sert d’écran  à des projections liquides.
Marthe déroule un tapis, puis se balance. Louis Laine, arrive  nu, prend un arc, monte sur le toit de la caravane, puis descend, et étreint sa femme. « Le théâtre, attention il y a quelque chose qui est vrai (…) le théâtre, c’est l’endroit de nulle part ! »
L’arrivée de Thomas Pollock Nageoire et de Lechy Elbernon va perturber cette passion amoureuse. Le fameux échange va se faire: Lechy, primesautière et folle de ses caprices, arrache Louis Laine à Marthe, avant de mettre le feu à la maison de son Pollock Nageoire qui, ruiné, retrouve devant Marthe qui l’accepte, car Laine est mort.
Malgré la beauté du site et de certaines scènes, les deux heures de la représentation sont bien longues! Valérie Blanchon en fait trop dans le jeu de sa folie destructrice, Pauline Uruguen (Marthe) est très juste, Yannick Landrein  ( Laine) en  impose, et Pierre-Alain Chapuis est un solide Thomas Pollock Nageoire. Mais on reste sur sa faim…

Edith Rappoport

   Festival Villeneuve-en-scène à Villeneuve-lès-Avignon, colline des Mourgues, jusqu’au 20 juillet à 20 h 15.

1...325326327328329...401

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...