Le Cas Jekyll

Le Cas Jekyll , adaptation de Christine Montalbeltti de Dr Jekyll et M. Hyde de Robert Louis Stevenson, mise en scène de Denis Podalydès et d’Emmanuel Bourdieu.

     resizesmmedia1fichierjekyll2.jpgRobert Louis Stevenson, l’auteur britannique de L’Ile au Trésor fit paraître en 1886 sa fameuse nouvelle Docteur Jekyll et M. Hyde qui connut depuis plus de cent ans, nombre  d’adaptations au  théâtre , au cinéma, à la télévision, en bandes dessinées comme en chansons. A part Faust, il n’y a sans doute pas eu de  mythe plus célèbre que celui créé par cet écrivain. Et  ce médecin  obsédé par l’idée du bien et du mal , qui met au point une sorte de drogue pour l’aider à plus de clairvoyance, et qui, finalement, se laisse emporter par son double horrible et monstrueux qu’est M. Hyde,  n’a pas fini de nous hanter, chaque époque renouvelant le personnage…
  Donc, Denis Podalydès,  devenu l’acteur fétiche de la Comédie-Française et que l’on a pu voir récemment dans L’Avare,  s’est emparé à son tour du personnage dans une sorte de récit/monologue, en fait réécrit par Christine Montalbetti où l’on nous raconte l’histoire de ce  Dr Jekyll qui va se transformer en M. Hyde ,incapable de résister à ses pulsions malfaisantes  et criminelles comme disent tous les assassins devant  les tribunaux. Dans une sorte de dédoublement de la personnalité que nous avons tous ressenti à certains moments de notre vie.  Podalydès se transforme ainsi avec virtuosité, avec seulement un gant plein de poils hirsutes  et une perruque, en M. Hyde.
  Dans une chambre sordide,  éclairée d’une lumière glauque où il nous détaille d’un air complice ses tribulations,  avant de se mettre à frapper violemment un édredon, métaphore du corps qu’il est en train de saigner à mort. Et, quand il s’avance, dans une sorte de danse de mort,  le corps un peu disloqué, juste appuyé sur deux cannes, comme une marionnette, il est aussi  franchement inquiétant que fascinant. Du grand art d’acteur.
  Ce type de double personnage est évidemment du gâteau pour un comédien brillant comme Denis Podalydès, seul en scène,  qui joue constamment sur cette dualité profonde de l’être humain, et sur la lente déchéance qui va conduire le Docteur Hyde à sa perte.
Rien à dire : la prestation du comédien est brillante, un peu trop parfois,, comme si Denis Podalydès se laissait entraîner et  voulait nous prouver qu’il peut  passer facilement du vieux grigou d’ Harpagon à celui de ce double personnage.
Ce monologue a été conçu pour lui, mais disparaissent,  en même temps,  la trame réelle et  les  détails angoissants qui font le charme de la longue nouvelle… Le public est admiratif mais ne semble pas quand même vraiment convaincu par cette adaptation qui semble quand même un peu ( beaucoup?)  faite pour une démonstration d’acteur.

   Enfin, cela fait quand même du bien de voir la Salle Gémier bourrée à craquer, même par ces temps de froidure, et  rendue au théâtre, loin des mises  en scène approximatives et assez prétentieuses  de Jean-Baptiste Sastre et des ersatz de spectacles de Sophie Perez, programmés par Ariel Goldenberg, l’ancien directeur de Chaillot. Alors  à voir: oui, si vous voulez voir Denis Podalydès, plus brillant que jamais;  sinon, il y a sans doute d’autres priorités…

Philippe du Vignal

Théâtre national de Chaillot, T: 01-53-65-30-00 jusqu’au 23 janvier.
  


Archive de l'auteur

Reprise d’un triomphe ou Le Songe d’une nuit bastiaise

  Reprise d’un triomphe ou Le Songe d’une nuit bastiaise de Noël Casale, conception, réalisation d’Hubertus Bierman, Noël Casale et Pascal Omhovere.

  Noël Casale explique dans le programme qu’il avait écrit en 2006 une comédie Forza Bastia qu’il voulait faire jouer à Bastia sa ville natale mais que, malgré mille promesses, un an après, ne fut toujours « ni acceptée ni refusée ». Ce qui, dit-il, l’a profondément blessé et qui l’a fait penser aux réalités propres de  la Corse , qu’il a dû fuir dès l’adolescence, où les abcès s’enflent pendant des années, » la Corse dont certains membres s’effondrent souvent dans des accès de brutalité inouïe-délinquance, terrorisme, mafia alors que d’autres plongent dans la dépression, l’alcool, la drogue, le suicide ». Et les trois autres pièces  de Casale comme Reprise d’un triomphe ont pour cadre Bastia de nos jours,  ce qui permet visiblement à l’auteur de régler ses comptes avec la ville et son île cependant tant aimée…
   La pièce  se donc passe à Bastia l’été prochain, comme il  dit,  dans un petit hôtel  minable de la vieille ville où, une nuit,  Marc Aurèle, qui vit dans une chambre où courent les cafards et son copain Dean Martin,  refont le monde dans le hall vieillot . Marc Aurèle rêve  d’un avenir meilleur sans trop y croire. Et Dean Martin , parle d’archéologie comme d’un vieux fantasme: il voudrait partir à la recherche du squelette de John Wayne;  à la fin, débarque,  à l’aube,  un de leurs copains, un certain Ulysse qui leur raconte une histoire de  gangsters qui ont abandonné une valise bourrée de  de billets- il y en a pour cinquante millions de dollars  qu’il leur offre pour qu’ils puissent réaliser leur rêves à tous les trois…
  Noël Casale dit qu’il lui est apparu quand il a écrit cette histoire  « que l’enjeu devait porter une nouvelle fois sur le rapport que ces hommes ont avec la parole ici un rapport continuellement ambigu ». …. On veut bien mais, passées les cinq  premières minutes où dans  une scénographie bi-frontale- hors  normes de sécurité! Régis Hébette, le directeur du lieu ferait bien de revoir les choses!- est recréé ce hall d’ hôtel minable  éclairé par quelques petites lampes, le compte n’y est pas tout à fait.
En effet, même si les acteurs font leur travail tout à fait correctement, comme le dialogue, qui a tout du bavardage,  semble être du genre écrit sur un coin de table et n’a rien à voir avec une quelconque parole proférée comme le voudrait son auteur, rien n’est très crédible et  un ennui de première qualité ne tarde pas à s’installer.
On comprend bien l’attachement de Noël Casale à sa ville de Bastia mais ces personnages qu’ il voudrait faire vivre devant nous n’existent guère scéniquement et c’est bien pourquoi ces scènes  d’atmosphère qu’il voudrait installer
ont tant de mal à surgir…
  Alors à voir? Non, pas vraiment; nous n’avons jamais  senti « la relation particulière qu’une communauté ( des gens de Bastia) peut avoir avec la parole », ce qui devrait être le fondement de la pièce,  du moins,  si l’on en croit Casale. Et ce ne sont pas les-très courts- moments de grâce où Dean Martin joue de son petit harmonica tassé dans son fauteuil qui peuvent sauver le spectacle.. Et cette semaine,  entre le Théâtre de la Madeleine et l’Echangeur, aux antipodes l’un de l’autre, -privé, tapis rouge et vedette/public, ciment et pas de vedettes, le moins que l’on puisse dire est que, de toute façon,  le texte n’était pas à l’honneur! Il y a des jours comme cela, c’est la vie du théâtre parisien…

Philippe du Vignal

L’Echangeur, jusqu’au 17 janvier du lundi au samedi à 20 h 30 et le dimanche à 17 heures, relâche le mercredi.

La Ballade de la geôle de Reading

La Ballade de la geôle de Reading d’Oscar Wilde, mise en scène de Céline Pouillon.

  laballadementionobligatoirethierrycohenpourlacompagniecelinepouillon.jpg Oscar Wilde ( 1863-1900) est  l’auteur irlandais – comme Beckett et combien d’autres dramaturges de langue anglaise- de comédies pétillantes  comme L’Eventail de Lady Windermerle, Un femme sans importance ou Il importe d’être Constant mais aussi de textes esthétiques et de cette fameuse Ballade de la Geôle de Reading où il fut enfermé, entre autres prisons britanniques, pendant deux ans,   à la suite d’une condamnation pour homosexualité.. après un procès qu’il intenta au  père de son jeune amant, Sir Alfred Douglas et qui se retourna contre lui… Comme l’explique très bien Odon Vallet dans un essai  intitulé avec beaucoup d’humour  L’ Affaire Oscar Wilde ou Du danger de laisser la justice mettre le nez dans nos draps
Libéré en 97, Wilde s’en ira près de Dieppe et mourut dans la misère à Paris  d’une méningite trois ans plus tard. La Ballade  de la Geôle de Reading a comme point de départ la prochaine  pendaison d’un jeune officier, Charles Thomas Wooldridge qui , un soir d’ivresse,  a étranglé sa femme, et qui fut exécuté puis enterré dans l’enceinte même de la prison de  Reading, quelques mois après son arrestation.
C’est sous  la forme d’une ballade avec ses vers lancinants, en octosyllabes alternant avec des hexasyllabes,  que Wilde a choisi de parler de cette lamentable histoire. Mais c’est surtout le prétexte pour l’écrivain  de nous confier une  réflexion poétique sur la vie, l’amour , le crime et  la mort de ce prisonnier comme lui , qu’il trouve si peu différent des autres hommes, même s’il est passé à l’acte, dans sa folie d’aimer. Wilde, pour qui » vivre est la chose la plus rare, alors que la plupart se contente d’exister » , ne veut surtout pas juger :  » Il avait tué son amour. Pourtant chacun tue ce qu’il aime, (…) Certains le tuent quand ils sont jeunes , certains à l’âge de la mort. Le plus humain prend un couteau pour que le froid aussitôt gagne le corps ».
Wilde dit aussi avec précision et poésie à la fois, les choses du quotidien de la prison: le regard des matons dans l’oeilleton des cellules, « étonnés de voir prier des hommes qui n’avaient jamais prié »,  la « petite tente bleue qu’est le ciel pour les prisonniers », et , après l’exécution du malheureux officier, « la chaux ardente qui,  très lentement, ronge chair et os ,tour à tour pendant la nuit les os cassants ,et la chair tendre pendant le jour ».   Céline Pouillon a choisi de mettre en scène cette ballade de la façon la plus sobre possible, et elle a eu raison.

  Un plateau nu et deux comédiens: sa soeur jumelle Julie Pouillon et Stanislas Nordey; elle a réalisé un beau travail sur la langue et la métrique de cette Ballade; et cette méditation grave est remarquablement dite, avec beaucoup de précision et de rigueur, mais sans  excès ni pathos. Avec juste, quelques phrases musicales ; et c’est une bonne idée d’avoir réparti le texte entre un homme et une femme, puisqu’il s’agit finalement de la conclusion tragique d’un amour malheureux, comme toutes les époques en ont connu.
On ressort de là  assez secoué par  les images que Céline Pouillon a réussi à faire surgir du texte de  Wilde, qui,  bien connu, acquiert une véritable dimension théâtrale quand il est porté à la scène de cette façon. Au chapitre des petites réserves:  la corde qui pendouille dans le fond, éclairée par un pinceau lumineux et les deux palettes l’une sur l’autre pour figurer les murs de la  prison n’ont strictement  n’a aucun intérêt.
Comme Céline Pouillon, doit tenir à ses idées, c’est sans doute  vain ( mais on le lui dit quand même) de lui suggérer de gommer ces deux éléments et d’habiller sa soeur autrement qu’avec cette  longue robe rouge, très belle mais assez chicos: le symbole est un peu gros, d’autant que Nordey a lui, une veste et un pantalon en coton, très usagés. Un costume qui détonne un peu et même beaucoup- dans ce dépouillement, c’est dommage. Notre cher maître à tous:  Roland Barthes que nous citons souvent quand il s’agit de costumes, n’aurait sans doute pas apprécié…
Mais que ces surlignages inutiles ne vous empêchent surtout  pas d’aller voir ce spectacle qui possède la vertu, si singulière aujourd’hui,  d’être à la fois court et d’une  densité assez exceptionnelle..

Philippe du Vignal

 

Maison de la Poésie,  jusqu’au 6 février du mardi au jeudi à 20 heures et le dimanche à 16 heures.

 A signaler:

  Deux événements majeurs au centre Georges Pompidou : d’abord,  de la  chorégraphe Anna Halprin et d’Anne Collod et guests, Parade & Changes, Replays , création collective, à partir des gestes du quotidien, dirigée par  celle qui a surtout influencé la post-modern dance américaine. Ce sera  les 21, 22 et 23 janvier dans la Grande salle.( Voir l’article sur son livre dans Le Théâtre du Blog de décembre) .
 Et  au cinéma 1 de Pompidou, le film de Chantal Ackerman ( 1983) sur les meilleures des pièces de Pina Bausch décédée brutalement en juin dernier. Mais aussi   le film qu’elle réalisa elle-même à partir de sa chorégraphie de Barbe -Bleue. Pour ceux qui veulent revoir ces réalisations mémorables de la grande chorégraphe allemande et pour ceux qui n’ont jamais eu le bonheur de les voir sur scène. C’est à 20 heures le jeudi 4 février. Mais attention,  prenez vos précautions pour arriver bien avant l’heure, la salle sera sûrement très fréquentée.

Ph. du V.

La vie est un songe

La vie est un songe,   de Pedro Calderon de la Barca,  « séance onirique et baroque« , adaptation de Charlotte Escamez, mise en scène de William Mesguich.

  personnviesonge.jpgLa pièce de Calderon, sans doute le plus grand dramaturge espagnol,  date de 1635 et,  chef d’oeuvre de l’écriture baroque, aura  eu une influence considérable sur les auteurs de son temps en particulier sur Corneille quand il écrivit L’Illusion comique. Elle nous étonne encore par son souffle et par la modernité de son écriture où se disputent   intelligence dramatique et  lyrisme échevelé. Pas très souvent montée, elle le fut quand même récemment par Arnaud Meunier et par Guilaume Delavaut en 2003 et par Elizabeth Chailloux en 2001, et par Lavelli en 1982…

  Trois journées ou actes, deux intrigues superbement tissées: la pièce qui a parfois les allures d’un conte  fantastique, est presque impossible à résumer. Cela se passe en Pologne où le roi Basyle, passionné d’astrologie, a fait l’horoscope de son fils Sigismond où il est dit qu’il va se révolter contre son père, prendre sa place, instaurer la tyrannie et provoquer la ruine du royaume. Basyle le fait aussitôt enfermer dans une tour où il est élevé par un précepteur, Clotalde. Passe par là une belle jeune fille déguisée en homme et nommée Rosaura , accompagnée de son valet Clairon , qui va voir  ce prisonnier, alors que c’est formellement interdit. Arrive alors Clotalde qui  reconnaîtra l’épée qu’elle porte comme étant celle de son fils.
 Arrivent ensuite Astolphe et Etoile qui convoitent le pouvoir royal  mais le Roi leur confie son terrible secret en ce qui concerne Sigismond mais il veut tenter une expérience: lui donner la possibilité d’être roi le temps d’une journée. S’il réussit à gouverner correctement, il lui succédera,  sinon il retournera dans sa prison en pensant qu’il a tout simplement rêvé. Et Astolphe et Etoile se marieront puis deviendront roi et reine de Pologne. Mais le secret ayant été divulgué, Astolphe et Etoile ne seront pas punis.

  Quant à Rosaura, Clotalde s’apercevra sans le lui dire qu’il est en réalité son père. Sigismond pendant sa journée de royauté, se conduit très mal, insulte son père , essaye de violer Rosaura et  jette un domestique par la fenêtre et le Roi décide  donc de le renvoyer en prison, même si  le peuple veut que Sigismond devienne roi pour éviter qu’un étranger comme Astolphe ne le soit. Mais Sigismond libéré part à l’assaut du château de son père. les choses finiront tout de même par s’arranger. Sigismond demandera pardon à son père, et devenu roi, décide de marier Rosaura et  Astolphe, et lui-même épousera Etoile…Vou suivez toujours?
 La pièce balance sans cesse entre illusion et réalité, mensonge et vérité, vie rêvée et vie réelle,  avec une incomparable intelligence, et  le docteur Freud n’est pas loin. Qui fait ce que nous sommes? Le hasard, la raison, notre sensibilité? Sommes-nous toujours bien conscients de ce qui nous arrive au quotidien?  Qu’est-ce que la vie,  sinon une pauvre illusion de bonheur? Que reste-t-il au bout du bout d’une vie,  sinon quelques bonnes actions que nous aurons accomplies ici et là?  Calderon dit tout cela avec une langue solide et merveilleuse à la fois.
 Oui, mais voilà, la pièce a beau fasciner les gens de théâtre, il y faut une singulière expérience du plateau, une impeccable  direction d’acteurs, une solide dramaturgie qui emmène la pièce là où elle doit aller, sans modernisation dénuée de sens,  une scénographie et des lumières intelligentes, et de vrais costumes, quel que soit le style choisi.. Bref, tout ce qui fait défaut ici!

  Cela commence en effet assez mal: William Mesguich qui confond efficacité et apparence de l’efficacité, commence par bombarder la salle de fumigènes- ce qui fait tousser le public mais qu’importe!- et de lumière rouge, les Dieux savent pourquoi. sans doute pour faire plus fantastique, ou plus tragique. Avec , bien entendu, un peu de vidéo, comme les copains…Et cela ne s’améliore guère ensuite : gadgets du genre: entrées par la salle- ce qui semble devenu la norme au Théâtre 13 mais qui est un stéréotype de la scène contemporaine-,  entretien avec le Roi par trois écrans de télévision en noir et blanc, flamme qui surgit subitement d’un bouquet de roses ( merci papa Mesguich  qui nous ressert sans cesse son vieux truc et qui l’a refilé à son fils!), scénographie modulable encombrante et maladroite, musique  rock pour faire branché sans doute, de nouveau,  rafales de fumigènes, costumes mal fagottés: on a connu Alice Touvet mieux inspirée.

  L a direction d’acteurs est  des plus flottantes,  si bien qu’ils jouent un peu chacun de leur côté sans aucune unité; seuls,  Mathieu Cruciani ( Astolphe) et Alain Carbonnel ( Clairon) arrivent, tant bien que mal, à  faire face. Le texte, revu et corrigé, est truffé de petites vulgarités qui auraient pu nous être épargnées. Quant à la  mise en scène, c’est peu de dire que, sous couvert d’une bien pauvre modernité, elle est  assez prétentieuse et affligeante de médiocrité. William Mesguich, lui,  s’est réservé le rôle de Sigismond mais, sans doute déjà trop pris par sa mise en scène,  n’arrive pas vraiment à gérer son personnage.
 Allons,  soyons justes: il y a tout de même un court mais pur moment de bonheur théâtral,  quand , dans son fameux monologue, Sigismond s’avance face public, auréolé d’une sorte de grâce; il devient alors très émouvant .En quelques secondes, le public qui s’ennuie un peu  devient  attentif et ma jeune  voisine a alors cessé de pianoter un  SMS à son amoureux…
 Alors,  allez-y, si vous voulez mais, au moins, on vous aura prévenu. C’était la deuxième représentation et cela s’améliorera sans doute un peu mais guère… Si  l’on doit pardonner des erreurs de tir, même flagrantes,  chez un  jeune metteur en scène,  il faut aussi et surtout qu’il y ait d’intelligents partis pris dans la réalisation…. Et c’est cela qui manque cruellement le plus ici!

Philippe du Vignal

 

Théâtre 13 jusqu’au 14 février.

Le texte de cette adaptation est publié  aux Editions Les Cygnes,collection Les Inédits du 13.

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La vie est un songe  de Pedro Calderon, mise en scène William Mesguich

William Mesguich s’est attaqué avec un enthousiasme juvénile plutôt vieillissant à cette pièce complexe du siècle d’or espagnol. Il y interprète sans finesse Sigismond, jeune prince enfermé après la mort de sa mère dès sa naissance par son père, l’inflexible Basyle inquiété par de funestes prédictions. Libéré de sa prison, Sigismond fera preuve de cruauté, menaçant son entourage, prenant les armes, Puis après un retour dans sa prison, une fois libéré, il deviendra plus humain  et sera enfin couronné roi. Avec une distribution inégale: Zbigniew Horocks est décevant dans le rôle de Basyle et il y a un manque évident de direction d’acteurs et une scénographie lourde, cette Vie est un songe est plutôt décevante. Le public, plutôt jeune,  n’a pourtant pas boudé le spectacle.

Edith Rappoport

La Fabbrica

La Fabbrica d’Ascanio Celestini, mise en scène de Charles Tordjman.

  fabbrica2.jpg Ascanio Celestini est sans doute à 37 ans avec Fausto Paravidino, mais dans un tout autre genre, l’un des meilleurs auteurs italiens actuels. Publié chez Einaudi, il est comédien, romancier, documentariste, scénariste de télévision, et a aussi beaucoup écrit pour la scène avec un genre que l’on connaît bien en France, celui du théâtre-récit, admirablement initié  par le grand Dario Fô.
 La Fabbrica est un texte écrit sous forme de lettres à la mère d’un ouvrier qui découvre le monde impitoyable et violent de l’entreprise industrielle avec ses hiérarchies et un travail sans aucun intérêt . Avec l’évocation remarquable de personnages  Pietrasanta , le directeur tout puissant de l’usine, Assunta une jeune femme , belle et séduisante qui porte en elle un terrible secret, et, en toile de fond, la naissance du fascisme qui va gangréner les usines et les relations entre les ouvriers eux-même, broyés par un système totalitaire qui ne leur laisse aucune porte de sortie, à moins qu’ils n’aient déjà été gravement mutilés par un accident du travail, ou déjà décédés, intoxiqués par le mercure… Celestini joue ce théâtre-récit seul en scène avec juste sa guitare et une bande-son.
 Le propos de Charles Tordjman est différent, puisqu’il a choisi d’en faire une adaptation scénique conçue pour deux comédiens: Agnès Sourdillon et Serge Maggiani qui se répartissent le texte, et  quatre chanteurs: Sandra Magini, Germana Matropasqua , Xavier Rebut et l’illustre Giovanna Marini qui a signé avec Celestini plusieurs des seize chansons qui reprennent les thèmes du texte parlé. Il y a aussi quelques chants traditionnels, le tout admirablement interprété mais en italien. Et sans surtitrage. Vincent Tordjman a imaginé, pour servir ce texte  un décor très imposant: une immense verrière derrière laquelle passent parfois les personnages et où l’on devine le haut-fourneau, des paysages miniers et des nuages menaçants, le tout dans une lumière grise , ce qui écrase  le texte au lieu de le servir. Comme  les  costumes sont aussi noirs ou gris pour la plupart… la sinistrose est complète.
  Le texte de Celestini est admirablement bien écrit comme une sorte de conte moderne, et le spectacle  d’un bon professionnalisme. Rien à dire,  mais… mais passé le premier quart d’heure, il y a comme une sorte de chape d’ennui qui envahit le plateau. La faute à quoi? D’abord à une dramaturgie, disons, mal adaptée au propos: il y a, au lieu d’un, deux comédiens, dont l’un possède un métier de tout premier ordre mais qui, ici, a tendance à faire du Maggiani ( il y a comme des échos des textes de  Proust qu’il avait si bien interprété il y a cinq ans! ) et Agnès Sourdillon qui ,elle aussi,  est une excellente comédienne mais qui ne semble pas tout à fait à son aise dans un personnage un peu artificiel .Et puis il y a surtout cette rupture permanente avec le texte, puisque les chanteurs interviennent  quand même seize fois, et tout se passe comme s’il n’y avait pas vraiment de cohérence entre ce texte et la partie musicale, ce qui est quelque peu dérangeant….Et comme la lumière est presque tout le temps minimale, on a vite tendance à décrocher. Et c’est dommage.
  En fait, à y regarder d’un peu plus près, les choses étaient programmées d’avance: s’emparer d’un théâtre-récit  simple, riches en images très fortes et censé s’adresser directement au public et qui a donné toutes les preuves de son efficacité,  pour en faire une petite machine théâtrale où la vidéo, une fois de plus, brouille tout et où il y a concurrence entre chant et texte ne pouvait conduire qu’à une impasse. Il y là ici un côté bcbg assez mal venu. Alors y aller ou pas? A vous de juger: oui, si c’est pour entendre des chants admirablement interprétés, mais quant au texte, mieux vaut le lire en attendant qu’un comédien, comme l’a fait Celestini, s’en empare  en vous offrant en toute simplicité des images fabuleuses.

Philippe du Vignal

Théâtre des Abbesses jusqu’au 16 janvier.
  
 

Chers amis lecteurs

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Un petit message à vous tous, sans lesquels nous n’existerions pas vraiment et n’hésitez pas au besoin pour nous signaler l’existence de tel ou tel spectacle sur lequel vous souhaiteriez connaître notre avis. En tout cas, nous vous  remercions chaleureusement pour votre assiduité. Quant à vos demandes d’informations concernant une compagnie, un auteur ou un metteur en scène, nous nous efforçons toujours de leur répondre au plus vite et le plus mieux possible, donc continuez à nous écrire.  Merci aussi à vous pour les  nombreux commentaires le plus souvent  amicaux, mais parfois acidulés; voire, c’est rare, injurieux: pour reprendre la célèbre phrase de Beaumarchais: « Sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur » ….
Cela prouve en tout cas que le Théâtre du Blog est bien vivant et les chiffres sont là; la progression des visites a été constante en 2009 et les derniers chiffres que nous possédons- ceux de novembre- sont de 11000 visites et,  ce mois-ci, il y a eu  60 articles publiés… concernant aussi bien des pièces ou spectacles de théâtre, des expositions ou des livres relatifs au spectacle en général. Nous avons bien conscience de ne pas tout  couvrir mais, c’est inévitable, compte-tenu du nombre très important de créations, que ce soit dans les petits lieux ou dans ceux qui possèdent une plus grande jauge et qui sont plus officiels. Et prochainement, notre équipe sera renforcée de façon à couvrir davantage encore l’actualité du spectacle, en particulier, celle des théâtres des grandes ou moins grandes villes françaises, ainsi qu’à l’étranger. Pour répondre aussi à une demande fréquente, nous vous signalerons  aussi dans un rubrique hebdomadaire les spectacles qui méritent d’être vus. Le mois de janvier correspond  traditionnellement à une sorte de seconde rentrée théâtrale, et il y aura de nombreuses choses  voir, ce dont nous vous rendrons compte au mieux. Merci encore de votre fidélité et prenez soin de vous; allez un petite dernière pour la route, surtout si elle est enneigée:  » L’égoïsme, c’est quoi, c’est quelqu’un qui ne pense pas à moi ». Non, ce n’est pas de Montaigne mais d’Eugène Labiche! . Le Théâtre du Blog sera un peu en sommeil pendant quelques jours mais nous vous retrouverons,  avec plaisir,  au tout début  janvier. D’ici là , prenez soin de vous et à très bientôt.

 

Philippe du Vignal et l’équipe du Théâtre du Blog.

photo:©Filip Fuxa

 

Trois Tangos

Trois Tangos,  livret de  Gonzalo Demaria  et d’Alfredo Arias, mise en scène d’Alfredo Arias.

     Le metteur en scène  qui revient au Théâtre du Rond-Point avec trois spectacles en même temps a conçu ces tango2.jpg à la suite de nombreux séjours en Argentine,  son pays natal où , dit-il, il avait besoin de renouer avec ses racines les plus profondes. Soit trois courts opus d’une durée totale de 80 minutes  fondés sur le thème fameux du  trio boulevardier du mari, de la femme et de l’amant, source inépuisable, dit-il, d’histoires criminelles, quel que soit le milieu,celui d’un faubourg sordide de Buenos-Aires pour le premier ou la population internationale de grands bourgeois voyageant sur un transatlantique en route vers Rio, dans les années 50 et enfin la place de la Contrescarpe en haut du quartier latin dans les années 70. Aucun décor, juste des châssis noir en fond de scène,entrouverts sur le fond de scène en paille compressée et côté jardin, un récitant en smoking et souliers vernis, au fort accent américain qui lit le scénario résumé de chaque petit drame .

  Les dialogues uniquement  chantés, soit en duo soit en solo: pour le premier, en espagnol, puis en italien pour le second et enfin  en français. Avec au début de chaque drame, comme une sorte de prologue,  un superbe duo de danseurs de tango argentin. Maria Filali et Jorgue Rodriguez…
Le tout en 80 minutes; c’est, comme toujours chez Arias d’une parfaite construction scénique- malgré une mauvaise balance de la musique  d’orchestre enregistrée, assez envahissante qui couvre les voix déjà amplifiées par des micros HF, dont on ne voit pas bien la nécessité dans la petite salle du Rond-Point… La direction d’acteurs est d’une rigueur absolue, trop peut-être, et ne laisse guère de place à la fantaisie.

  Les comédiens / chanteurs, ( Carlos Casella qui signe aussi la chorégraphie du spectacle), Marcos Montes et Alejandra Rondani tous habillés de noir ou de blanc, voire dans d’incroyables chemises aux couleurs primaires de Mondrian, font un travail impeccable et il y a quelques images fortes empreintes d’une vraie  poésie. Arias,  sait, depuis toujours, manier comme personne la dérision et le second degré comme peu de metteurs en scène. Mais ces trois moments de virtuosité  ne dégagent guère d’émotion: tout reste un peu figé, sans doute en partie à cause de scénarios  d’une rare banalité,  qui auraient besoin d’un sérieux supplément d’âme pour qu’on arrive à s’y intéresser vraiment. Le genre est sans doute trop hybride  et chacune des trois intrigues  ressemble à celle d’un bande dessinée  et  n’ouvre guère de porte sur l’imaginaire…

Alors à voir? Oui, si vous êtes des inconditionnels d’Arias ( et du tango argentin pour les trois prologues dansés de quelques minutes); non, dans le cas contraire; malgré ce brillant mais un peu sec- exercice de virtuosité, on reste quand même  sur sa faim… Et le spectacle ne marquera pas les mémoires! Quant au public, pas très jeune, il était respectueux mais paraissait attendre la fin avec impatience et  a salué poliment mais sans plus…

Philippe du Vignal
Théâtre du Rond-Point à 18h 30, et le dimanche, matinée supplémentaire à 16 heures, jusqu’au 16 janvier.

La ballade de Simone

balladesimonetnykthes.jpgLa ballade de Simone, adaptation d’extraits  de textes de Simone de Beauvoir par Michelle Brûlé, mise en scène de Nadine Darmon.

C’est comme une sorte de ballade/promenade dans les textes essentiels de Simone de Beauvoir, La Force des choses, Le deuxième Sexe, texte de référence pour toutes les féministes et qui fit fureur dans les années 68 et quelque peu estoufadou, et ses Lettres à Nelson Agren, écrivain américain avec lequel Simone de Beauvoir eut une liaison passionnée, auquel elle écrivit quelque trois cent lettres,en anglais, puisqu’il ne parlait pas français, tout en continuant à vivre avec Sartre qu’elle rencontra en 47.

  Sartre avait été reçu premier  au concours d’agrégation de philo et elle seconde… Les  trois écrivains sont nés  et morts à quelques années de différence. Mais Simone, qui aidait beaucoup Sartre pour des scénarios de cinéma , et ce qui était aussi un travail alimentaire après qu’elle ait été exclue de l’Education nationale, ne se résoudra jamais à  l’abandonne et  ne vécut  avec Nelson que par courtes périodes jusqu’à ce qu’il se séparent définitivement. « Nelson, je vous aime mais est-ce que je mérite votre amour, puisque je ne vous donne pas ma vie ».

  On  a peine à imaginer aujourd’hui ce que ce couple mythique représentait pour la pensée collective d’un pays . L’enterrement de Sartre à Montparnasse en 80 fut comme une immense fête nationale où tout le monde accourut lui rendre hommage. Et l’on gardera de Simone de Beauvoir l’image d’une femme, ardente féministe ,très engagée, revendiquant sans cesse l’équilibre entre les deux sexes et la liberté réciproque,  et nous nous souvenons d’elle à la Fête des femmes  en 72,  proche des gens.. et qui parlait avec horreur du mariage…`

  On l’ a sans doute un peu oublié mais c’est grâce à des femmes comme Simone de Beauvoir que la France féministe  et mai 68 ont pu ouvrir une sacré brèche dans la société tenue par les mâles de la politique . Travail, santé, divorce, contrôle des naissances: notre cher et beau pays tenu  avait accusé un sérieux retard…La loi sur l’égalité  des salaires n’a été votée qu’en 72, l’application de la loi Neuwirth sur la contraception  et l’IVG n’ont  pu voir le jour ,grâce à la grande Simone Weill, conspuée et agonie d’injures par les députés mâles qu’en 75…. Quant à l’égalité dans la gestion du patrimoine conjugal , elle ne date que de 1985! 

  Et c’est ce que dit en filigrane , par le biais des citations de textes,  cette Ballade de Simone ,  sans jamais céder à la tentation d’une quelconque incarnation , en multipliant  les points de vue de deux femmes qui parsèment aussi les extraits des textes de quelques chansons de Piaf: l’une joue de l’accordéon et l’autre chante; c’est aussi admirablement fait : adaptation très fine du meilleur du Deuxième Sexe, et des autres livres par Michelle Brûlé ,  diction et gestuelle impeccable, jeu plein d’humour et parfois même en décalage avec l’écrit; bref,  l’on ressort de là en se trouvant un peu moins bête qu’en entrant. 

  Grâce à d’abord l’ excellente dramaturgie et à la mise en scène très précise  de Nadine Darmon , au jeu de Michelle Brûlé à la fois comédienne et philosophe, et accordéoniste- dans ce cas,  cela doit aider! – et Odja Lorca tout à fait solide et très à l’aise qui, en plus, chante très bien. ( à gauche sur la photo).Le spectacle, qui a été joué un peu partout,  bien rodé, est ici dans une forme exemplaire. Aucune prétention, aucune facilité mais un vrai bonheur de théâtre, on ne vous le répétera pas. Si vous êtes déçu, signalez-le nous mais cela nous étonnerait beaucoup…

Philippe du Vignal

Théâtre du Lucernaire à 21 heures du mardi au samedi.

Attention!  Cela vient de sortir: Le spectacle est repris à partir du 25 mai 2010 au Petit Montparnasse, 31 rue de la Gaieté, du mardi au samedi à  21 heures et le dimanche à 15 heures.

Mouvements de vie

Mouvements de vie d’Anna Halprin, traduit par Elise Aragaud et Denise Luccioni.

    Anna Halprin est sans doute  doute mieux connue aux Etats-Unis qu’en Europe , même si elle y a souvent séjourné. L’édition originale de ce livre date de 1994 et c’est avec son assistante Nelly Kaplan qu’elle a réuni de nombreux textes, articles et interviews  qui couvre  plusieurs décennies- où elle explique sa démarche créatrice et pédagogique; Anna Halprin habite en Californie du Nord dont la nature, dit-elle , a joué un grand rôle dans son travail; elle pense en effet que  l’être humain ne fait qu’un avec la danse.
Il y a beaucoup à lire et à réfléchir dans dans ce volume important,par ailleurs  bien illustré qui est, en somme le parcours artistique et personnel d’une femme énergique qui a résisté à deux cancers et qui a eu une influence décisive sur la danse mais aussi sur l’art contemporain en général. Notamment -on ne  peut citer chaque chapitre mais ceux relatifs aux pratiques Art/ vie de Anna Halprin où l’on trouve des textes très différents dans leur approche mais tout aussi passionnants pour qui s’intéresse à la danse mais aussi aux multiples facettes de l’art contemporain.
Comme ces expérimentations de rituels de mouvement, une des pratiques artistiques préférées, dans un texte qui date de 75 , ou l’excellent entretien avec Yvonne Rainer, l’une des plus connues parmi ses nombreux élèves qui fut l’une des fondatrices de la fameuse Judson Dance Theatre. Il y a aussi dans ce même chapitre l’histoire retracée du San Francisco Dancers’ Workshop (1973) et un court mais très intense article sur ce qu’Anna Halprin a appelé Citydanse où elle avait associé des danseurs de haut niveau à des amateurs de tout âge et de tout milieu. Et après l’improvisation( 1987 ) témoigne de l’expérience la chorégraphe qui, après avoir étudié la modern dance avec,entre autres,  Martha Graham  a essayé et réussi à se dégager de son influence. Il y a aussi un bel entretien: Une vie de rituel, (1990) avec le metteur en scène Richard Schechner où elle explique qu’elle a rencontré beaucoup moins de préjugés sur son travail dans le monde du théâtre que dans celui de la danse, et où elle explique qu’elle se sent assez proche de Jerzy Grotowski et d’Eugenio Barba.
 » Il nous est resté, dit-elle, le matériau brut de nos existences pour produire notre art. Ainsi a été mise en branle une force plus puissante, qui tien selon moi aux origines ancestrales de la danse et à son importance cruciale pour les être humains ». Et ce livre n’intéressera pas seulement les spécialistes et praticiens de la danse contemporaine mais tous ceux qui ont besoin de repère dans un domaine où les livres théoriques ne sont pas si nombreux. les textes sont de plus d’une grande clarté et l’on ne peut qu’en remercier cette dame de 89 ans.. qui continue encore , dit-on,  à danser et à enseigner,  pour cet ensemble de textes tout à fait passionnant.

 Philippe du Vignal

Editions Contredanse, 345 pages; 28 €

 

 

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