Je ne me souviens plus très bien

Je ne me souviens plus très bien, texte, musique et mise en scène de Gérard Watkins

 

p183752_7Gérard  Watkins «revendique ses textes comme des fables contemporaines pour acteurs tout terrain ». Et à juste titre: ici Philippe Morier-Genoud s’est glissé dans la peau d’Antoine D.  qui  a 93 ans et a oublié jusqu’à son nom;  sa mémoire est vide de tout souvenir personnel, juste peuplée   de faits historiques, de dates et d’images de guerre qui s’affichent sur les murs nus du plateau, quand il dort en ronflant de façon abominable.
Il a été trouvé en pyjama, errant dans les rues, amnésique. Deux blouses blanches le cuisinent, gentiment ou brutalement, dans l’espoir qu’il retrouve son passé effacé. Didier Forbach et Céline Brest, noms qui sentent  les pseudos, dont on ne sait trop s’ils sont infirmiers, psychologues, juges d’instruction… essayent par tous les moyens de lui arracher ses souvenirs.
Ils tiennent un rôle précis dans cette « cure » infligée au vieil homme: Fabien Orcier, amateur de Jerry Lewis et bon père de famille, use de son physique jovial pour jouer les gentils, et Géraldine Martineau, plus jeune et plus incisive, bouscule son patient.
Le décor, d’un blanc clinique, dont l’éclairage estompe les quelques éléments de mobilier (chaise, lit, marches d’une estrade), renvoie au cerveau vide d’Antoine. Quand ils le laissent seul et qu’il ne dort pas, il va  parler aux murs, en particulier au fameux quatrième mur c’est à dire le public, venu là pour l’écouter, qui «n’a rien de mieux à faire».
Et on l’écoute, mi-amusé, mi-ému, et mi-inquiet aussi, en se demandant qui il est, quel est son passé traumatique et  quels actes il a bien pu commettre pendant la guerre. Pour tirer le fil qui sortira Antoine hors du labyrinthe dont il est prisonnier, les deux soignants vont, ultime tentative, essayer le théâtre, avec la « Méthode ».
Ils parodient ici gentiment l’enseignement de Lee Strasberg à l’Actor’s Studio de New York: «se mettre dans la situation pour trouver l’état, et se mettre dans l’état pour trouver la situation ». La jeune femme l’entraîne dans une forêt du Vercors. Pourquoi le Vercors? On le découvre à la fin, qu’on se gardera bien de dévoiler, sous peine de gâcher la tension  engendrée par la relation énigmatique entre les trois personnages…
Le spectacle, très bien écrit, très bien mis en scène et interprété, révèle un Philippe Morier-Genoud tout en nuances, qui sait faire rire  et émouvoir. Le public, particulièrement attentif, se laisse embarquer dans les méandres de ce parcours  mental et sensible. « Je résumerai volontiers ce texte comme une guerre familiale et secrète entre le XXI ème  siècle et le XX ème, et, ce qui me plaît dans cette guerre, c’est de ne pas  arriver pas à prendre partie »,  dit Gérard Watkins.
Il s’agit, et bien au-delà du drame que vit Antoine, de s’interroger sur le devoir de mémoire et sur ce qui, des traumas du siècle dernier, a été  intimement transmis d’une génération à l’autre. « Aujourd’hui, on nous bassine à tout bout de champ avec le devoir de mémoire. Pourquoi ? Combien de nos dirigeants, de nos intellectuels ont retenu les leçons du passé ? Regardez le monde dans quel état il est! Tout ce qu’on a raconté de l’horreur nazie n’a servi à rien », dit  Georges Angeli, ancien résistant, déporté à Buchenwald, et photographe clandestin du camp et de l’arbre de Goethe.
De ce même chêne bi-centenaire, il est question, dans  Je ne me souviens plus très bien. Mais laissons au public le plaisir de découvrir le fin mot de l’histoire…

 Mireille Davidovici

Théâtre du Rond-Point 2, avenue Franklin Roosvelt, T. 01 44 95 98 21 jusqu’au 5 octobre.www.theatredurondpoint.fr


Archive de l'auteur

La Colère du tigre

La Colère du Tigre, de Philippe Madral,  mise en scène de Christophe Lidon

 

brasseur-aumont-2826440-jpg_2460278_652x284Pourquoi Monet et Clémenceau habitent-ils La Colère du Tigre? En 1918, à l’initiative de son vieil ami Clémenceau, Monet décide de remettre à la France ses Nymphéas destinés à l’Orangerie des Tuileries. Retardé par une cataracte, le peintre terminera son œuvre magistrale en 1926, juste avant sa mort. Mais ce retard  a mis  en  colère  Clémenceau.
En 1923, le vieux Tigre, gloire de la République française, vit retiré dans sa petite maison de Vendée, en bord de mer. Près de lui, sa cuisinière Clotilde, et Marguerite Baldensperger dont il est amoureux, l’éditrice d’un ouvrage qu’il rédige.
L’ami Monet arrive et bouscule un peu ce trio, quand il dit qu’il renonce à finir les Nymphéas destinés à l’Orangerie. Mais Clémenceau ne capitule pas devant les méfaits de la vieillesse et incite Monet à poursuivre inlassablement son œuvre.
Auparavant, à Giverny, Monet a rempli son vaste jardin de fleurs et de plantes rares et a fait construire un petit pont japonais au-dessus d’un étang où s’étalent des nymphéas. Il y traque l’« instantanéité » à travers des séries, Les  Meules, Les Peupliers, La Cathédrale de Rouen aux célèbres lumières,  et Les Nymphéas aux paysages d’eau exposés chez Durand-Ruel.
Dans un grand et nouvel atelier lumineux donnant sur son jardin, Monet peindra  encore de vastes tableaux de ces fameux nénuphars. Il en saisit les reflets, les frémissements de l’eau, les éclats de la lumière, en variant sa technique, des larges coups de brosse aux touches en virgule : « Il décompose le ton, déploie l’espace au maximum, brise les masses et les surfaces. »  et plutôt que d’en capter l’éphémère, le peintre exprime la sensation à travers la durée.
La mise en scène de Christophe Lidon tient  bien la route, accompagnée par des décors à la manière de Monet de Catherine Bluwal et les costumes de Chouchane Abello-Tcherpachian qui diffusent un bel halo impressionniste. Vieil ours, un peu fou et turbulent, Claude Brasseur – tigre ou bien dragon – mais  crédible dans son pragmatisme rejette la vieillesse avant  de l’accepter. Quant à Michel Aumont/Monet, il a l’air un peu hagard, absent au quotidien du monde, pleinement dévolu à son seul art, aux couleurs et aux variations de lumière.
Les deux amis ont la main verte, et s’échangent entre Giverny et la Vendée, des plants de fleurs et de légumes qu’ils font pousser dans leur jardin. Clémenceau ne peut s’empêcher de déclarer : « C’est comme ça que nous plantions ces pauvres garçons dans les tranchées. Certains sont morts et n’ont jamais germé, d’autres s’en sont sortis. Pourquoi ? Pourquoi la vie est-elle sortie ici, et pas là ? »
Les seconds rôles sont travaillés: Sophie Broustal en jolie intellectuelle et Marie-Christine Danède,  en femme rustique, revêche et sûre admiratrice du Tigre. Malgré une bonne dose de naïveté, ce spectacle sur l’art et l’amitié retient l’attention…

 Véronique Hotte

 Théâtre-Montparnasse,  du mardi au samedi à 20h30, matinées samedi à 17h30 et dimanche à 15h30 Tél : 01 43 22 77 74.
Le texte de la pièce est édité à L’Avant-scène théâtre.

La Grande Nouvelle d’après Le malade imaginaire

La Grande Nouvelle d’après Le Malade imaginaire de Molière de Jean-Louis Bauer et Philippe Adrien, mise en scène de Philippe Adrien

 

maladeCe n’est pas une adaptation de cette comédie-ballet en trois actes absolument mythique, la trentième et dernière pièce de Molière, dont la première eut lieu le 10 février 1673  au Palais-Royal. Le quatrième soir,  son auteur mourait, après avoir incarné une dernière fois le rôle d’Argan.
Et, selon les mots désormais fameux du registre de La Grange : « Ce mesme jour, après la comédie, sur les 10 heures du soir, Monsieur de Molière mourust dans sa maison rue de Richelieu, ayant joué le roosle dudit malade imaginaire fort incommodé d’un rhume et fluction sur la poitrine [...] »
Ici, c’est très honnêtement revendiquée, une sorte de réécriture de cette pièce, que Philippe Adrien avait déjà monté il y a treize ans, à partir d’un thème universel, la crainte absolue de la maladie et de la mort. Bien entendu, Le Malade imaginaire, encore souvent jouée, doit pour être encore crédible, tenir compte de  la vertigineuse évolution scientifique, même depuis un siècle. N’importe quel patient aujourd’hui en sait dix fois plus sur son corps et sur les possibilités de se soigner que le plus doué des médecins du temps de Molière.
Reste bien entendu, et toujours de plus en plus d’actualité, la maladie, la souffrance physique et la peur viscérale de disparaître, et donc, la folle volonté de vivre le plus longtemps possible (mille ans comme l’espère ce nouvel Argan!),  grâce aux dernières réussites de la pharmacopée, et  donc de guérir, avec ce qu’on appelle maintenant une « thérapie ciblée », quel qu’en soit le prix, comme ce récent traitement contre un cancer,  à 200 € (sic) le comprimé quotidien pendant neuf mois!

  Argan est un grand bourgeois, hypocondriaque et  toujours  accroché à son ordinateur/prothèse de santé,  qui  quémande un éventuel rendez-vous avec son médecin personnel. Il a une seconde épouse délirante qui vient de subir une opération de chirurgie esthétique,et qui  on l’apprendra ensuite, est un trans, et Angèle, une fille de seize ans qui ne supporte évidemment pas sa belle-mère. Au grand dam de son père, elle veut devenir à tout comédienne et aussi financer le film de son amoureux, une espèce d’homme d’affaires, beaucoup plus âgé qu’elle (chose des plus courantes actuellement), avec l’argent de l’héritage de sa mère.
Il y a aussi le coach d’Aline et  Marc, le frère d’Argan, un médecin homéopathe, et semble-t-il, quelque peu tenté par des aventures homosexuelles.
Arrive Antoine, un beau jeune homme africain qu’Argan prend pour le plombier qu’il n’est pas,  et auquel il intime l’ordre de déboucher d’urgence ses toilettes, d’autant qu’il est pris de violentes diarrhées… Dans un décor d’appartement contemporain, caricaturé avec humour par Jean Haas, les  deux-coauteurs  ont donc eu la volonté de créer une sorte de  divertissement, à partir du délire et des ennuis familiaux de cet hypocondriaque d’Argan.
Et cela fonctionne, comme on dit? Non pas vraiment! On ne voudrait pas être méchant mais tout cela  est bourré de  stéréotypes faciles,  et le dialogue est souvent truffé  de mots d’auteur. Bref, désolé, c’est un peu comme si le nouveau boulevard était  arrivé.
Certes, Bauer sait écrire un dialogue, c’est évident. Malheureusement, ce semblant de pièce (deux heures durant, c’est bien long!) part dans tous les sens, et on regarde cette suite de petites scènes mal reliées entre elles,  sans que l’on se sente en rien concerné. Ainsi, et entre autres, sont assez pénibles les nombreux débouchages de toilettes, et  réparations de panne électrique  auxquelles on ne croit pas un instant!
Jean-Louis Bauer et Philippe Adrien disent qu’ils se sont crus autorisés à réécrire la pièce de Molière et bien sûr, ils en ont le droit; là où cela va beaucoup moins moins bien et où on sent comme une sorte de timidité dramaturgique, c’est quand  les deux co-auteurs  essayent de  compenser les insuffisances du scénario avec des gadgets: fumigènes,  affichages et sons  électroniques, vidéos grand format, aussi  inutiles que  poussiéreuses).
Il y  aurait fallu pousser les choses plus loin et aller vers une forme beaucoup plus délirante, proche de la comédie musicale (à l’origine, Le Malade imaginaire était une comédie-ballet!),  à la façon des spectacles que savait créer le metteur en scène américain John Vaccaro  dans les années 70. Ici, sauf à la fin quand on lit l’avenir dans le corps d’un lapin ou quand les personnages se mettent tous à danser, nous restons dans un entre-deux peu convaincant…
Reste, heureusement et  comme toujours chez Philippe Adrien, une formidable leçon de direction d’acteurs, avec un trio exemplaire: Patrick Paroux (l’Arnolphe de  L’Ecole des femmes),  très  juste et très  fin, et deux jeunes gens des plus remarquables, chacun dans un style différent: d’abord, Pierre Lefevbre, le jeune homme longiforme qu’Argan prend pour le plombier si attendu. Diction impeccable, présence et vérité physique tout à fait étonnantes: bref, on ne voit que lui dès qu’il entre sur le plateau: brillant mais discret, ce qui n’est pas incompatible). Et qu’il soit le fils du metteur en scène ne change rien à l’affaire.
Et il y a aussi Lison Pennec, (Angèle, la fille d’Argan). Espiègle, insupportable, fielleuse: aussi brillante que Pierre Lefebvre , elle sait tout faire avec beaucoup d’intelligence scénique mais sans aucun cabotinage, et bouge comme peu de jeunes actrices  savent le faire.
Ces trois excellents comédiens arrivent à sauver ce semblant de spectacle encore brut de décoffrage, qui devrait quand même un peu- mais très peu- se bonifier. Mais dommage! Le texte restera toujours en-dessous du niveau de flottaison.  On ne vous poussera donc  pas à y aller.

Philippe du Vignal

Théâtre de la Tempête jusqu’ au 12 octobre 2014, du mardi au samedi 20h, le dimanche 16h.

Matin et soir

 

Matin et soir de Jon Fosse, texte français de Terje Sinding, adaptation et mise en scène de Jacques Lassalle

 

 Matin et soirLa mort hante chacun, mais les morts s’imposent davantage encore à l’esprit. Le temps seul, apaise la souffrance de la disparition des proches, et on finit par accepter leur absence douloureuse, à travers des sentiments bien présents. Jon Fosse aime à jouer avec l’image des limbes, cet espace entre vie et mort, séjour commun des vivants et des disparus, et  région incertaine où se meuvent les revenants – âmes et esprits des morts. Et ce sont ces limbes mêmes, dont le metteur en scène fait son théâtre, recueillant scéniquement la «voix sans parole» de l’auteur norvégien, la voix dite de l’écriture.

Jacques Lassalle est à l’écoute absolue de cette musique entre veille et sommeil-l’empreinte existentielle des disparus, celle aussi des vivants trop souvent négligés auxquels on ne prête guère attention, et enfin celle des êtres qui ne sont pas encore nés, ceux des générations à venir.
Jon Fosse écrit dans Le Nom : « Si on veut être un homme, il faut penser que tous les hommes, ce sont tous ceux qui sont morts, tous ceux qui ne sont pas nés, et tous ceux qui vivent maintenant. » Matin et soir donne ainsi à voir un ballet d’ombres et de personnages vivants, dialoguant naturellement, entre scènes passées et situations présentes. L’action – un  terme un peu trop brutal pour désigner l’univers de Jon Fosse – commence par Matin, qu’il situe en 1900, sur la petite île de Holmen en Norvège, où un pêcheur, Olaï,  attend la naissance de l’enfant que va lui donner son épouse Marta : Johannes, qui sera pêcheur comme son père. Dans le second moment: Soir, on est bien plus tard, en 1980,  dans ce  endroit maritime et sauvage : Johannes, devenu vieux, se réveille alors dans une étrange et nouvelle perception du monde. Il va en mer, avec son vieil ami déjà mort , dans une barque de passeur, entre ciel et mer, sur une ligne d’horizon brumeuse et de vagues sonores. Johannes vient de rendre l’âme mais il n’en continue pas moins d’être ici et là, un mort véritable devenu vivant éternel qui parle, pense et agit dans un présent scénique.
Le deuil n’atténue pas l’angoisse de la disparition, de l’anéantissement et de la perte irremplaçable chez l’orpheline, la fille de Johannes, portée par un devoir de cœur et de mémoire. La relation à l’existence est une inquiétude qui ne laisse jamais en repos cette survivante et  la mort de l’être cher est l’épreuve de la vie. On n’adapte le sens de son existence que dans un balancement entre le prix de sa vie à elle, et celui de la vie des autres.
Le mort et vivant, ici,  c’est Jean-Claude Frissung, un fantôme rêvé, une figure naïve et têtue, qui commente  son aventure, et qui s’interroge, sans jamais se lasser. On ne peut ni voir dans le cœur du disparu, ni dans le paysage marin alentour. Tout est mystère, la vie comme la mort, les raisons de vivre, comme de ne plus vivre. On peut vivre longtemps, sans le savoir, avec quelqu’un qui n’est plus de ce monde. Près de Jean-Claude Frissung,  Julien Bal, Cécile Bouillot, Grétel Delattre et Agnès Galan incarnent des êtres pleins d’humilité et de sensibilité, dont l’alter ego du pêcheur (Rodolfo De Souza). Tous jouent leur partition avec tact et  intègrent leur singularité rustique ou urbaine, dans une fresque à la fois intime et universelle.
La scénographie de Catherine Rankl, faite de bois blond et de brumes lointaines, sied à Matin et soir, un spectacle sur le deuil, et sur la médiation entre soi et le néant, qu’il faut aller voir les yeux fermés pour l’audace du propos et la belle mise en scène de ce texte énigmatique.

Véronique Hotte

Théâtre de La Tempête, jusqu’au 12 octobre, du mardi au samedi  à 20h30, le dimanche à  16h30. Tél : 01 43 28 36 36.
Le texte de la pièce est édité aux Éditions Circé.

 

Crime et châtiment

 

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Crime et châtiment de Fiodor Dostoiëvski, adaptation et mise en scène  de Virgil Tanase

 

Plus que la genèse du crime crapuleux, fomenté par le fanatisme radical de Rodion Romanovitch Raskolnilkov, c’est du châtiment qu’il est question. Et c’est l’originalité de cette énième adaptation . Virgil Tanase, écrivain et metteur en scène roumain, qui vit et travaille en France depuis 1977, connaît son Dostoiëvski sur le bout des doigts et il vient d’en publier une biographie aux éditions Gallimard.
Les personnages du roman, qu’ils soient en jeu ou non, peuplent le plateau. La présence sonore de l’eau, des mouettes et des sirènes de bateaux nous transporte sur les quais de la Néva, à Saint-Petersbourg.
  Dès la première scène, le héros, qui croit avoir agi « pour sauver les autres », est confronté aux soupçons du juge d’instruction, Porphyre Petrovitch : « Je lis votre article, lui dit-il,  et je me pose des questions ». Il  attend visiblement  son heure car, selon lui, le meurtre a été commis par «un de ces héros fanatiques de notre temps ».
  À partir de là, la pièce suit le cheminement du héros, jusqu’à l’aveu final de son crime, glissant sans transition d’un tableau à l’autre, comme dans un mauvais rêve. Les personnages qu’il rencontre, sont tous en proie à la difficulté de vivre : l’ivrogne qui entraîne sa famille à sa perte et qui rêve du pardon de Dieu ; sa fille, figure de la miséricorde, est une sainte qui se prostitue pour nourrir les siens; l’ambigu séducteur, Arkadi Svidrigaïlov, amoureux éconduit de la sœur de Raskolnikov (elle-même  aussi ambiguë) et qui se tuera par désespoir…
 Ce parcours plonge Rodion au plus profond de la culpabilité, non pas au sens de la loi, mais en son âme et conscience, là où l’assassinat devient insupportable car il détruit l’humain en l’homme.  Le pire des châtiments sera donc de rester en vie pour expier, dit le juge en guise de conclusion: « Il y a des actes que seule,  la conscience peut punir».
Le parti pris radical de Virgil Tanase lui permet d’entrer de pénétrer de plain-pied dans l’univers tortueux de l’auteur et de donner en deux heures,  la tonalité d’un roman de huit cents pages.

Mais de nombreuses redites qui correspondent sans doute au ressassement du héros, auraient pu être évitées. Ce qui aurait donné plus de vigueur au spectacle et aux personnages que les comédiens interprètent avec conviction.

 Mireille Davidovici

 Théâtre du Lucernaire, jusqu’au 13 septembre

 

 

Une semaine en compagnie

Une Semaine en compagnie

Depuis  cinq ans, le Collectif 12 de Mantes-la-Jolie organise, en concertation avec ARCADI, la Maison des Métallos et le Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, Une Semaine en compagnie, une série de spectacles créés par de jeunes troupes… Comme il y eut autrefois Six Jours pour le Jeune Théâtre organisés dès les années 1971,  au Théâtre du Soleil, au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers et au Théâtre des Deux Porte…
Mais il y avait à l’époque une centaine de compagnies professionnelles en France, et maintenant  plusieurs milliers aujourd’hui !

 
Vivipares, mise en scène de Céline Champinot

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© Céline Champinot

Après Atteintes à sa vie de Martin Crimp et Marie Tudor de Victor Hugo,  créés en 2011 et 2013,  Vivipares est la troisième  création de La Galerie qui se veut « un organisme vivant, pas un agrégat d’artistes, une Bête qui se nourrit de création et qui cherche à nourrir par sa création ».
Les cinq actrices, dans un étrange capharnaüm, se prennent pour différents personnages: David Bowie, Oedipe Roi, Judy Garland, Michaël Jackson… »Tous les acteurs seraient morts (…) Je veux être une fille et je suis moche… ». On assiste à l’assassinat de l’écrivain Charles Bukowski et de son fils lourdement handicapé, et  à un ballet érotique loufoque. « Rentrez chez votre mère, vous êtes moches. À la santé des avortées »…
 Pas facile de rendre compte de cet étrange voyage onirique, non fondé sur des improvisations comme on pourrait le croire mais très écrit.
On reste troublé par les transformations des actrices au fil de leurs personnages, comme ce moustachu dont on aperçoit les seins, et on se laisse vite  bousculer par la folie de ce délire théâtral d’une grande efficacité. Comme nombre de compagnies prometteuses, la Galerie a été accueillie au Théâtre de Vanves en 2012.

Maison des Métallos le  8 septembre
celine.champinot@lagalerie.org

All the Power to the people de Mohamed Rouhabi

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© Pascal Gélys

Cette évocation de l’esclavage aux États-Unis  charrie un puissant fleuve d’images, avec  sept acteurs-danseurs et de belles projections. « « On vivait dans le Sud à Bâton Rouge. Dans cette ville, si tu as 20 ans et si tu es encore en vie,, c’est que tu es blanc ! (…) »
Les Noirs portent en eux le secret de la naissance de l’humanité ! (…) Tu es issu de toi-même, ne t’en laisse pas chasser ! (…) La liberté est-elle inhérente à l’homme, l’esclave est-il libre à un degré quelconque ?  (…) Je ne me souviens pas d’avoir vu un seul esclave connaissant la date de sa naissance ! ».
La chorégraphie, les projections, les lumières donnent à cette sombre épopée un relief étrange. Le spectacle est dédié à Michael Brown, un homme noir de dix-huit ans abattu de quatre  balles dans le corps et de deux dans la tête par Darren Wilson, un policier blanc, le 9 août 2014 à Ferguson, dans l’Etat du Missouri, alors qu’il avait les mains en l’air.

Maison des Métallos le 9 septembre www.lesacharnes.net

Nous ne sommes pas seuls au monde, écriture et mise en scène d’Élise Chateauret

  usec_nous_ne_sommes_pas_seuls_2  Fondé  sur un entretien avec une jeune femme Sénégalaise qui  évoque la rupture douloureuse d’avec  ses parents immigrés qui ont ainsi voulu mieux préparer leur fille à son intégration, le spectacle met en scène un couple mixte évoluant sur une longue piste blanche, dans une scénographie bi-frontale.
Malgré la proximité des deux acteurs munis de micros qui évoluent d’un bout à l’autre de la piste,  on peine à se concentrer sur leurs propos difficiles,  et l’émotion peine donc à surgir. Ce « duo intimiste et sensoriel » n’atteint pas son objectif auprès du public, du moins ce soir-là.
Mais peut-être la déception était-elle à la mesure de notre attente…

Maison des Métallos le 9 septembre

Edith Rappoport

     

Adieu Michel Crespin

Adieu Michel Crespin

crespin-3Il allait avoir 74 ans et est parti  le 8 septembre pendant son sommeil à Château-Chalon chez lui dans le Jura. Visionnaire,  comme l’a dit Jean-Marie Songy,  qui lui succéda en 94, il  est surtout connu pour avoir créé Eclat, le Festival d’Aurillac en 86… Pour le meilleur, avec de grandes troupes comme Le Royal de Luxe, et  avec de nombreux spectacles,  comme cette étonnante Célébration de  la guillotine conçue par le Théâtre de l’Unité d’Hervée de Lafond et Jacques Livchine qui,  auront été, comme lui, à l’origine du théâtre dit de rue en France..
  Michel Crespin  est aussi connu pour avoir créé la FAI-AR, Formation avancée itinérante aux arts de la rue en 2005. Nous l’avions connu en 72, quand il fonda le Théâtre Acide, avec ses complices: avec notamment son frère, et Charles Nugue, ainsi que Jean-Marie Binoche, et quand il  fit partie de cette opération devenue mythique que fut Aix-en-Provence, ville ouverte aux saltimbanques  imaginée par Jean Digne en 73.
Cet homme infatigable, dans un autre vie professeur de physique, en avait gardé la rigueur dans son travail: il fut  tout à la fois d’abord acteur, auteur et metteur en scène, pour sa compagnie Les Charmeurs réunis, de numéros comme Monsieur Roger et Madame Lucie. Mais il créa aussi nombre de spectacles  comme entre autres , Cirque aérien, Les Nuits magiques du cinéma, Trapèzes  à  Marne-la-Vallée ; Tambours 89 au Parc de la Villette ; Le Grand Mécano pour le centenaire de la Tour Eiffel ; Concerto pour anges motorisés à Villeurbanne … et,  avec Gérard Burattini,  La lettre au Père Noël à Aubagne,.
Il organisera en 1980 dans le Jura,  La Falaise des Fous, un festival hors-normes d’artistes de rue puis en 81, avec Fabien Jannelle (alors directeur du Centre d’Action Culturelle de Marne-la-Vallée) il crée  Lieux publics , un centre pour les arts de la rue  à la Ferme du Buisson qu’il emmènera ensuite  à Marseille en 1989.
Il  avait  aussi enseigné à partir de 1993  en  Scénographie à l’Ecole nationale supérieure d’architecture à Clermont-Ferrand, puis à Nantes.
Il laisse inachevé un  Grand livre de la rue, qu’il avait  commencé à écrire, il y a quelque dix ans. Voilà, incomplet et grossièrement résumé,  le parcours  exemplaire d’un  homme qui aura beaucoup contribué à faire naître l’idée d’un théâtre différent,  et surtout d’une relation différente entre créateurs et public….
Notre amie Edith Rappoport qui l’a bien connu et  qui a pu aller à son enterrement, vous en parle plus bas
Adieu Michel,  et merci.

Philippe du Vignal

Nous l’avions découvert en 1973,  à Aix, ville ouverte aux saltimbanques, rencontre fondatrice de ce qu’on n’appelait pas encore les Arts de la rue, sur le cours Mirabeau, dans La famille Eustache Amour qu’il interprétait avec Bernard Maître et Jean-Marie Binoche. C’est Jean Digne qui, le premier,  avait  permis de jouer dehors  au Théâtre de l’Unité, à Blaguebolle, et  à bien d’autres artistes, peintres, sculpteurs et comédiens. Philippe du Vignal y a tenu  dans une caravane, si, si c’est vrai!, le rôle d’écrivain public puis l’année suivante d’écouteur public.
Michel Crespin lui avait rompu avec sa carrière d’enseignant, après avoir subi une formation d’enfant de troupe que  d’avoir perdu très jeune son père à la guerre lui donnait droit … Il joua avec sa compagnie Les Charmeurs Réunis, dont faisait partie Puce (Annick Hémon) dans Monsieur Roger et Madame Lucie, avec des tours de force impressionnants.  Il participa aussi à l’École de Badauds lancée par Jean Digne à Manosque,  où l’on vit Bartabas faire ses premiers pas.

Mais Michel a plus d’une corde à son arc, c’est un inventeur, un fédérateur et il parvient à obtenir une reconnaissance des pouvoirs publics en fondant en 1981, Lieux Publics dans une petite caravane, avec l’aide de Fabien Jannelle, directeur de la Ferme du Buisson où Il  lance des événements comme Écho d’Écorce et Saut Haut, Les Nuits Magiques du Cinéma, Le Cirque Aérien. Et il   arrive à rassembler des troupes prometteuses qui commencent à obtenir des subventions.
Lieux Publics déménage à Marseille et Hors les murs, une deuxième structure reconnue par l’État se forme à Paris. Michel Crespin qui poursuit son combat pour la reconnaissance des arts de la rue, fonde en 1986 le festival d’Aurillac,  avec une dizaine de compagnies dont le Théâtre de l’Unité avec sa 2 CV Théâtre et son Théâtre pour chiens. Les années suivantes, des compagnies de passage, embryon du festival off (qui comptait cette année 2014 près de 800 compagnies), se mobilisent pour profiter du public du festival.
Il quittera Aurillac neuf ans plus tard,  en laissant la direction à l’habile Jean-Marie Songy, à l’époque responsable du  Off. Pour autant, Michel poursuit de folles entreprises, en réalisant des spectacles comme Théâtre à la volée, et en s’impliquant dans des formations. Il  fonde à Marseille la Formation Itinérante des Arts de la rue, que Dominique Trichet,  son vieux complice, dirigea jusqu’en 2013.
  Nous avons pu lui dire un dernier adieu dans sa maison de Château Chalon. Très nombreux, atterrés et silencieux, en larmes,  embrassant ses vieux compagnons que nous avions perdu de vue.  On nous distribuait des tournesols, et nous avons pu le voir, paisible et  élégant avec sa belle cravate de la Légion d’honneur  sans arriver à croire qu’il n’allait plus se réveiller.
  Les tambours de Gilles Rhode et de Transe Express, et une fanfare de cuivres l’ont accompagné dans le dédale des rues jusqu’au cimetière. Avec des arrêts,  pour écouter les prises de parole de ses proches et des officiels, dénués de toute emphase, empreints d’une véritable affection et d’une reconnaissance pour son œuvre. Jacques Livchine nous a emporté dans une envolée poétique bienfaisante,  où il évoqua  les enfants et petits-enfants de Michel, les femmes qu’il a aimées, et son frère Claude qui l’a accompagné dans ses premières aventures.
Enfin, la musique du Combat de Tancrède et de Clorinde de Monteverdi qu’il avait monté sur les flancs de la colline de Villeneuve-lez-Avignon en 1975, l’ont salué.
Adieu, cher Michel, pour nous, tu restes toujours vivant.

Edith Rappoport

Spleenorama

 Spleenorama, texte, mise en scène de Marc Lainé, musique et paroles des chansons de Bertrand Belin

 

--«JeanLouisFernanandez147Après le  succès en 2012, de Memories from the Missing Room avec le groupe Moriarty, le metteur en scène Marc Lainé, qui en est aussi le scénographe et costumier, lance Spleenorama, un nouveau  spectacle de théâtre musical et fantastique.
Après quinze ans d’absence, un jeune musicien qui a quitté sa province pour faire des  créations ailleurs, et avec un certain succès, revient pour assister à l’enterrement de son ami d’enfance et partenaire. Musicien solitaire et  rêvant de gloire, rivé obstinément à ses chansons, il avait fini, entre défonce et reprise de soi, par se suicider après la séparation de son  groupe.

Le mort d’aujourd’hui reste la figure tutélaire de ce quatuor de rock, dont les deux autre membres forment aujourd’hui un couple avec enfants, un peu instable,  car la junkie est restée amoureuse de ses partenaires. On pense à nombre de groupes qui accompagnèrent de leurs musiques, les générations des années soixante-dix comme le Velvet Underground, Lou Reed ou Nico...
  Malgré quelques excès, Odja Llorca reste convaincante dans le rôle de la jeune femme, comme Matthieu Cruciani et Guillaume Durieux dans celui de musiciens « habités ». Marc Lainé a été fasciné entre autres, par la figure de Sid Barrett, leader des Pink Floyd qui, éjecté du groupe, s’était reclus dans son appartement londonien pendant des années, ou encore par le destin des Joy Division qui, après le suicide de Ian Curtis, ont su  créer New Order, un nouveau groupe.
Dans ce même esprit, Spleenorama pourrait être l’histoire merveilleuse mais tragique d’un groupe de rock dont la vitalité désespérée – entre Eros et Thanatos, désir de créer, alcool et drogues dures – est une métaphore de l’existence. L’aventure passée et la jeunesse enfuie recèlent à jamais les rêves brisés, « la rage et l’utopie, la naïveté et l’engagement.»

  Le spectacle, fondé sur des thèmes comme  la fraternité, la culpabilité, le renoncement, l’échec et les amertumes, est porté par la musique de Bertrand Belin, comédien et musicien  sur scène, figure incarnée de la mythologie contemporaine des « guitar heroes ». Mais ici la musique et ses artistes n’ont pas la gloire en majesté que le spectateur attendait : la dimension de l’entreprise, sa poésie, et l’évidence de son désir n’ont pas rendez-vous sur un plateau décidément à l’abandon.
  Les paroles des chansons de Bertrand Belin ont la gravité, la mélancolie et la délicatesse requises et illustrent en profondeur les états intérieurs des personnages. Mais, même si le leader charismatique du groupe s’incruste dans le récit et commente la vie des protagonistes, en faisant retour sur scène, alors qu’il est mort, vivant à nouveau des scènes douloureuses du passé, égrainant les flash-backs d’un film de bons et mauvais souvenirs, on reste déçu! Théâtre et musique: la synthèse ne se fait pas et le public suit le scénario de ce mauvais rêve avec ennui, et y cherche, en vain, rythme et cadence, malgré des chansons attachantes…

 Véronique Hotte

 Théâtre de la Bastille, jusqu’ au 4 octobre à 20h. T : 01 43 57 42 14

adieu michèle Guigon

Adieu Michèle Guigon

 

Michèle Guigon-thumb-500x375-54956Elle est partie au  petit matin du 4 septembre (son dernier clin d’œil, comme le nom de sa compagnie!), à 55 ans seulement mais un cancer du sein l’avait attaqué il y a quelques années, et ne l’avait jamais lâchée. On la savait pas au mieux depuis quelque temps mais elle continuait à se battre avec courage.
  Nous l’avions connu il y a plus de trente ans, quand Macha Makeieff et Jérôme Deschamps avaient créé leur compagnie,  avec  de petits spectacles déjantés qui n’attiraient à l’époque pas grand-monde, comme Les Oubliettes, Les Précipitations, un des plus remarquables de la compagnie joué dans la vieille salle même de l’Idéal-Ciné de Tourcoing, avant sa démolition. Puis il y eut Les Petites chemises de nuit, En avant, puis  Les Blouses, et La Veillée créé au T.N.P. de Villeurbanne qui consacra les Deschiens.
Elle a joué avec eux  des années 78 à 85, une jeune gourde, en blouse à fleurs, fagotée comme il n’est pas permis sauf chez les Deschamps. Elle était là présente, les bras ballants, totalement idiote, incapable de rien faire, quasi-muette, et il y fallait, à n’en pas douter,  une  intelligence supérieure du corps et de l’esprit chez cette toute jeune femme, pour arriver à une telle présence scénique…Tout en mettant au point une légère distance par rapport à son personnage. Sans doute sous l’influence d’Antoine Vitez, dont elle avait suivi les cours au Théâtres des Quartiers d’Ivry.

Et cela la rendait encore plus attachante avec son gros accordéon qui ne la quittait vraiment jamais. Elle en jouait de façon aussi chaleureuse qu’un peu ironique, comme pour marquer une petite différence… Elle prit ensuite son envol et créa ses propres spectacles avec sa compagnie du P’tit matin avec Anne Artigau et Yves Robin, comme Marguerite Paradis en 84 ou Etats d’amour en 85, qu’Alain Crombecque, alors directeur du Festival d’Avignon avait invités.
Dernièrement, elle s’était lancée dans de remarquables  solos écrits avec sa complice et amie Suzy Firth, et mis en scène par sa fidèle Anne Artigau, comme en 2011 :  La vie va où ? ou Pieds nus, traverser mon cœur (voir Le Théâtre du Blog) où elle parlait avec lucidité et une implacable ironie, de ce qu’elle avait dû subir pendant sa maladie avec des phrases incisives, du genre:  « J’ai pas fait médecine, j’ai fait malade » ou: » Quand on vieillit, les médicaments passent de la salle de bains à la cuisine. » Des silences et des grommelots des Deschiens, elle était passée à une belle maîtrise du monologue.

  Voilà, c’est fini, nous sommes évidemment très tristes mais il nous reste pour retrouver son beau regard et son espièglerie, un livre/CD: La vie va où? (Camino éditeur 20 €). Merci Michèle, pour ce que tu auras apporté au théâtre contemporain. 

Philippe du Vignal

 

 

Festival TranscenDanse

Festival TranscenDanse, première saison

affiche-100X150-TCE-v4Le théâtre des Champs-Elysées est, historiquement, depuis l’arrivée des Ballets russes  en 1913, dédiée en partie à la danse. Sous le vocable TranscenDanse, le programme de cette saison est d’une grande  richesse: le Ballet national de Norvège, d’abord ce mois-ci, avec ses cinquante neuf danseurs, présente trois chorégraphies de Jiri Kylian,  dont le célèbre Bella Figura créé en 1995, qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie et, une première en France, Gods and Dogs, crée en 2008.
Les spectateurs de l’Opéra de Paris qui n’ont pas eu la chance d’assister à la soirée d’adieu de Nicolas Le Riche, pourront se précipiter pour le voir en novembre dans un programme avec Clairemarie Osta, Eleonora Abbagnato et Russel Maliphant qui, lui, reviendra en mai, avec sa compagnie et ses chorégraphies.
  En janvier, la très jeune et dynamique compagnie nationale de danse d’Espagne, dirigée par José Martinez, proposera trois premières pour la  Françe: une chorégraphie de  Mats Ek, Casi Casa (2009), et  deux autres, d’Itzik Galili et d’Alejandro Cerrudo. Son ancien directeur artistique,  Nacho Duato,  a été nommé en 2012, directeur de ballet du théâtre Michel  voisin du théâtre Alexandrinski, le plus ancien de  Saint-Pétersbourg,  où réside le Eifman Ballet,  reconnu dans le monde entier pour la qualité de  ses créations, va présenter ici  en février, Up and Down, une adaptation de Tendre est la nuit, de Francis Scott Fitzgerald.
C’est donc à un voyage dans l’Europe de la danse que nous invite le théâtre des Champs-Elysées.

Jean Couturier

www. theatrechampselysees.fr  

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