La Panique
La Panique de Rafael Spregelburd, mise en scène de Pierre Maillet et Marcial di Fonzo Bo.
Rafael Spregelburd est cet écrivain argentin dont La Estupidez (La Connerie) avait connu un succès certain l’an passé au Théâtre national de Chaillot; le second opus : La Paranoïa, créé en octobre dernier dans ce même théâtre, bien ficelé par Marcial di Fonzo Bo et Elise Vigier n’était quand même pas très convaincant, en partie à cause d’un d’un scénario difficile et d’un texte disproportionné (deux heures vingt sans entracte! ) par rapport au propos.
La Panique a été initialement écrit pour et avec les élèves du Conservatoire de Buenos Aires; cette panique est la cinquième d’une série de sept pièces indépendantes groupées sous le nom de Hepatlogie de Hieronymus Bosch qui est censée s’inspirer de La Ronde des sept péchés capitaux.. On prend soin de nous prévenir que » fasciné par son caractère ludique et par le fait que les clés de sa compréhension ne soient pas immédiatement accessibles, Rafael Sregelburd a conçu l’idée d’une heptalogie de pièces indépendantes mais qui, comme le tableau, peuvent être parcourues dans l’ensemble. Chaque pièce est associée à un péché, mais comme dans le tableau, sa lecture n’est pas immédiate. » (Sic! ). Nous voilà prévenus de ce qui nous attend; en fait, ce sont des petites scènes , sans beaucoup de chair ,de la vie quotidienne, assez bien jouées par de jeunes comédiens , même si cela criaille beaucoup ( sept filles et seulement quatre garçons, ce qui déséquilibre un peu les choses) issus de l’Ecole du Théâtre des Teintureries de Lausanne.
Mais on ne remarque vraiment qu’Olivier Magnenat, ses autres camarades ne semblent pas toujours convaincus du bien-fondé de cette entreprise finalement assez prétentieuse, et on ne peut que leur donner raison, vu la pâleur des personnages imaginés par Rafael Spregelburg. . Et, comme l’auteur a une imagination débordante, on a encore droit à une bonne ration de théâtre dans le théâtre! Avec l’apparition ponctuelle mais maladroite d’une metteuse en scène-chorégraphe.
Pas de décor, sinon un canapé transformable vert pâle des années cinquante, pas de costumes non plus sinon des habits courants: jeans, basket, tee-shirts, etc… Bref, on l’aura compris, nous ne sommes pas dans la grande métaphore! Ce n’est pas franchement désagréable à regarder du moins pendant une petite demi-heure, mais cela sent un trop l’exercice de style et la présentation ennuyeuse de travaux de fin d’année où il faut bien caser tout le monde, sous l’habillage d’une création de théâtre contemporain …De ce côté là, on est un peu loin du compte!
Philippe du Vignal
Représentations données au Théâtre de la Bastille du 22 au 25 octobre.

Le spectacle avait été conçu à Alfortville chez Christian Benedetti pendant l’été 2007. C’est un peu La Noce chez les petits bourgeois, de nos jours, à partir d’improvisations, sur un thème proposé par Sylvain Creuzevault: la chute des origines ou comment les générations se passent le relais , la chose étant concrétisée par une repas pris en commun, avec une scénographie qui n’est pas sans rappeler celle qu’avait adoptée Antoine Vitez pour son très beau spectacle Catherine d’après Les cloches de Bâle d’Aragon.
écit, conté par un idiot plein de bruit de de fureur, et qui ne signifie rien ». Cela dit, il y a eu de très belles mises en scène comme celles de Matthias Langhoff…
On connaît, ou plutôt l’on croit connaître le film fameux du grand Alfred ( 1935) dont le scénario a été conçu d’après le roman paru en 1915 de John Bichan Buchan ( 1875-1940), romancier qu’il admirait beaucoup et qui influenca notamment Tolkine et Graham Green. C’est l’histoire compliquée d’un jeune canadien , Richard Hannay, résidant à Londres qui, à la sortie d’un théâtre rencontre une jeune femme qui lui demande protection; elle se dit en effet menacée par une organisation secrète appelée « Les Trente neuf marches ». Mais la jeune femme est assassinée chez lui. De peur d’être accusé de meutre , il s’enfuit en Ecosse où il va rencontrer dans un petit village le professeur Jordan qui se révèle être le chef de cette organisation secrète. Hannay est traqué par la police et contraint d’entraîner dans sa fuite Pamela à laquelle il est attaché par une paire de menottes, et il en est d’autant plus gêné qu’il lui faut aller dormir à l’hôtel.
Le Rond-Point avait déjà programmé Jusqu’à ce que la mort nous sépare du même auteur, où le personnage principal revenait dans la maison de sa mère, au moment où le corps de sa grand-mère devait être incinéré. Et Sextet est en quelque sorte comme le prolongement et l’écho de cette pièce.
Deux des artistes qu’il avait invités au Festival d’Automne PIna Bausch d’abord et Merce Cunningam sont partis il y a quelques mois , et voilà qu ‘ à soixante dix ans, il s’en est allé à son tour lundi dans le métro, victime d’une crise cardiaque qui l’a foudroyé.
Cela se passe sur le grand et beau plateau du Théâtre de Sartrouville dont Laurent Fréchuret est le directeur depuis cinq ans. Imaginez une fosse d’orchestre au milieu de la scène pour trois musiciens ( batteur, violoniste et basse, et dans l’angle côté cour, quelques meubles dont un canapé et une table avec un miroir. En fond de scène, un praticable à deux étages en bois où Médée comme Jason feront quelques apparitions. Il y a d’abord la projection d’un petit film muet en couleurs: promenade et jeux sur une plage du couple en plein bonheur avec ses deux enfants: on n’entend pas leurs paroles mais, aucun doute, ils ont du plaisir à vivre ensemble. C’est magnifiquement filmé (Pierre Grange ) et en quelques minutes, tout est dit sur la relation amoureuse de ces deux êtres et de leurs deux enfants… qu’on ne reverra malheureusement plus ensuite, et c’est bien dommage…
Il a demandé à Zobeida , l’excellente comédienne bien connue du groupe TSE d’être la voix du choeur qui devrait être comme une sorte de passeur; à travers ses chants, il prolonge en effet le dialogue et amplifie la voix des protagonistes. Mais ici, cela ne fonctionne pas vraiment puisqu’il n’y a qu’un seul acteur , surtout quand une partie du texte est dite au micro. Dans la tragédie grecque telle qu’elle était jouée, le choeur avait aussi une fonction symbolique: celle de représentant de la cité… Alors avec un seul acteur…. on est un peu loin du compte.