1re édition du Prix des lycéens Bernard-Marie Koltès

re Édition du Prix des lycéens Bernard-Marie Koltès

Actualité au Théâtre National de Strasbourg

 A l’issue des délibérations du mercredi 15 mars, 12 lycéens, représentants des six établissements alsaciens ayant participé au programme, ont dévoilé le lauréat de la 1re édition du Prix des lycéens Bernard-Marie Koltès de littérature dramatique contemporaine. Il s’agit de Des Territoires de Baptiste Amann, en concours avecAu pied du Fujiyama de Jean Cagnard et Paysage intérieur brut de Marie Dilasser.

 

Mercredi 29 mars à 18h : cérémonie publique de remise du Prix en présence de Baptiste Amann au TNS. Une lecture dirigée par Julien Gosselin d’extraits du texte sera portée par trois comédiens Rémi Fortin, Johanna Hess et Maud Pougeoise.

Samedi 1er avril à 16h : une rencontre avec l’auteur Baptiste Amann aura lieu à la Librairie Kléber, 1 rue des Francs-Bourgeois à Strasbourg.

V.H.

 


Archive de l'auteur

Ne me touchez pas, librement inspiré des Liaisons dangereuses

 Ne me touchez pas, librement inspiré des Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos, texte et mise en scène d’Anne Théron

 

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©Jean-Louis Fernandez

 L’auteure-metteuse en scène se penche à nouveau sur le XVIIIème siècle, à travers l’œuvre célèbre de Choderlos de Laclos et sur la fin du XXème, avec Quartett d’Heiner Müller, une réécriture de ce roman épistolaire emblématique d’une génération engagée.

 Pour Anne Théron, Les Liaisons dangereuses, et Quartett écrites par  deux homme, n’en finissent pas de poser en gloire obligée, « la mort de deux femmes anéanties par le désir d’un homme, jusqu’à y laisser leur peau… »

La pièce interroge, en ce début du XXI  ème siècle, le désir des femmes qui, finalement, ne mourront pas. Avec ironie, le texte distille toutes les significations du fameux :«Ne me touchez pas», si prétendument pudique et féminin, face aux sollicitations viriles, souvent brutales.

Valmont, machine de guerre dont la langue s’articule autour des exploits de conquête, se trouve ici en bout de course. Et le fameux «Ne me touchez pas», cette interdiction qu’il attribue à Madame de Tourvel, cette jeune femme intransigeante qu’il s’est juré de conquérir, reflète son incapacité à aimer et dévoile sa peur d’être ébranlé, bouleversé ou ému, sans rien tenir : «Cessez de mépriser vos proies, Monsieur, vous me prenez pour une dinde ou toute autre femelle à plumes, incapable de distinguer vos manœuvres d’approche…Vous rêvez de me fouler aux pieds. Lâchez ma main… ne me touchez pas. »

Dans ce discours amoureux, l’auteure ne s’attarde pas sur la description du sentiment, et préfère s’attacher à l’anatomie en passe d’assouvir le désir masculin. Soit une liberté et une autonomie féminines possibles mais au prix d’une solitude personnelle. 1789 représente la séparation des pouvoirs, la contestation du roi, de Dieu, d’une autre pensée et d’un autre monde: le Grand horloger s’évanouit et apparaît alors l’urgence de repenser des relations sentimentales plus sincères, hors des jeux de pouvoir. Merteuil et Valmont, accomplissent ici un ultime face-à-face dans l’épuisement du désir, en présence de la Voix, figure lucide et analytique.

La scénographie de Barbara Kraft participe de cette décadence, où un monde essoufflé s’effondre: miroirs anciens, arcades intérieures aux lambris de couleur chaude, sol carrelé presque à l’abandon,  joli fauteuil bleu style XVIII ème, grande baignoire  ample et accueillante qui tient lieu de la fameuse ottomane à laquelle le texte fait allusion. Manière Enki Bilal, cette salle de bains  pour privilégiés suggère le temps qui passe et la disparition d’êtres voués à la mort.

Sur le mur de scène, se dessine le faux-semblant d’une échappée de couloir filmé, intégré dans la scénographie, où s’épanouissent les rêves, répondant aux images du texte, mais pas forcément. Ombres et silhouettes extraites d’un passé et d’une mémoire universelle comme: enfant, chien, poule, couple d’amoureux, fantôme noir et imposant de la mère de Valmont, évoluent au lointain dans des ténèbres brumeux.

Les somptueux costumes d’époque: bas blancs, jupon-panier, robes de soie et perruque poudreuse évoquent Marie-Antoinette de Sofia Coppola. A ce songe toujours vivant, extrait des imaginaires et de l’Histoire, s’ajoutent les motifs mélodiques et parfois dissonants à la guitare électrique, de la musique de l’Ouest américain à la Neil Young, façon Dead Man de Jim Jarmush, par Jean-Baptiste et Jérémie Droulers.

Laurent Sauvage incarne le séducteur fatigué et dévasté, miné par son propre talent. Marie-Laure Crochant, en Merteuil et Tourvel, est juste dans ces deux rôles,  une femme à la belle maturité et une jeune rebelle à la fois enfantine; la Voix (Julie Moulier) a la distance requise pour l’observation de ce couple maudit, maléfique et éternel.

Dépaysement et plaisir complets: le public trouve ici les aveux cyniques d’une affection contrariée chez cet homme comme chez cette femme, en général face à l’autre, des histoires d’amour qui finissent mal, une vaine quête d’autrui, des personnages attrapés au filet des relations de pouvoir,  mais aussi des sentiments forts et des amours sans joie jusqu’au moment où la mort achève son œuvre de désagrégation. On rêve à l’infini du désir existentiel et de vie qui habite l’être, un trésor si peu manipulable…

 Véronique Hotte

Théâtre des Quartiers d’Ivry, Centre Dramatique national du Val-de-Marne, Manufacture des Œillets, 1 place Pierre Gosnat 94 200 Ivry-sur-Seine. T: 01 43 90 49 49, du 3 au 12 mars.

Le texte est publié aux éditions des Solitaires Intempestifs.   

 

Babacar ou l’antilope écrit et mis en scène par Sidney Ali Mehelleb

Babacar ou l’antilope,  texte et mise en scène de  Sidney Ali Mehelleb

 

©Sofiane Mehelleb

©Sofiane Mehelleb

Babacar Diop, jeune Sénégalais, veut partir. Il veut « passer ». On ne sait pas pourquoi et ce n’est pas le sujet. Il n’y a que sa volonté et son courage devant le mur qui le sépare de l’autre monde. Pour le franchir, il doit attendre le meilleur moment. Un « sniper » le tient en joue, sans tirer. Il lui laisse ainsi une chance de réessayer  et va la saisir. Il « passera »,  avec Salima, une jeune Algérienne qui, pour témoigner de la vérité, écrit. Ses Lettres d’Abyssinie sont un hommage à Rimbaud et à tous les voyageurs et passeurs de frontières. Ils rencontrent, par hasard, Gina, une jeune fille un peu renfermée, solitaire et révoltée. passionnée de foot,  qui se réfugie derrière sa console, pour pas affronter la vie

 Babacar fait le maximum pour s’intégrer, il aime la France et ses poètes. Il balaye dans le métro mais, sans papiers, il sera vite confronté à la police et à l’inextinguible quadrature du cercle pour obtenir un permis de séjour. Salima est un personnage très important pour Babacar et pour la symbolique de l’histoire elle vit avec Babacar dans un petit appartement, Comme une grande sœur, elle représente pour lui le savoir, la mémoire et la bienveillance et donne du sens à leur quête douloureuse.

Ecriture dense, rythme soutenu, comme un battement de cœur. Sidney Ali Mehelleb ne propose pas, malgré le sujet, un récit accablant. Son Babacar est calme, bien sapé, un peu dragueur et furieusement positif ; rapide et sautillant comme une antilope, cet animal n’a pas de territoire.  Plein d’espoir et de vitalité, il ne renonce pas. Les scènes s’enchaînent sans jamais s’attarder  sur un personnage ou une situation. Nous sommes systématiquement pris à contre-pied par cette dramaturgie virevoltante. La mise en scène participe de cette énergie. Sidney Ali Mehelleb crée de belles images, souvent  cinématographiques : des élastiques de couleurs, coupés, des journaux qui papillonnent, de la poussière dans la lumière…

 On pense à Incendies à Wajdi Mouawad: cette écriture, née pour le plateau, a la faculté de nous toucher, de nous émouvoir avec la grande et la petite histoire, et un rythme qui nous emporte,. Et les huit comédiens donnent beaucoup d’eux-mêmes, certains incarnent plusieurs rôles comme Nicolas Buchoux, Marie Elisabeth Cornet, Eric Nesci, Marielle de Rocca Serra ou Victor Veyron. La fougueuse Gina est jouée par Vanessa Krycève qui s’y connaît en solidarité puisqu’elle cuisine pour le Recho, food truck qui s’installe dans les camps de réfugiés du monde entier pour partager et échanger grâce à la cuisine (https://lerecho.com/) .

Mexianu Medenou apporte à Babacar gravité et décontraction. Et Fatima Soualhia Manet campe une Salima bouleversante et déterminée, particulièrement dans un solo déchirant qui monte crescendo pour nous glacer d’effroi. Sidney Ali Mehelleb confirme avec ce spectacle qu’il compte parmi les grands. Espérons qu’il  sera programmé et vu par un maximum de public de tout âge.

Julien Barsan

Théâtre 13 Seine jusqu’au 5 février.

 

 

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Urfaust, de Gœthe, mise en scène Gilles Bouillon.

© Antonia Bozzi

© Antonia Bozzi

Urfaust, de Gœthe, traduction Jean Lacoste et Jacques Le Rider, mise en scène Gilles Bouillon.

 

Ces fragments-Gœthe lui-même donnait à cette pièce le titre de Faust des origines-sont, avant le Premier et le Second Faust, plus qu’une «géniale esquisse», comme le dira Bertolt Brecht,  mais le dessin puissant, rapide et achevé de la légende de Faust, même s’il manque au récit, quelques charnières et prolongements.

En fait, on n’en n’a pas besoin, et tout y est : le savant philosophe et  théologien qui a fait le tour des choses et des connaissances, sans trouver aucune réponse (et qui n’en donnera pas davantage à ses insupportables disciples!), un diable roublard et cynique, la pure et sensuelle Marguerite, et des seconds rôles qui ramènent à l’humain ce trio de principes. Dont l’un serait l’intelligence, et le second-le pire! le «principe de réalité», d’un cynisme très contemporain, du genre :  «Je dis tout haut ce que vous pensez tout bas ». Très bas, en effet, et hélas, très drôle. Et enfin, l’Amour incarné, la transcendance qui condamne Marguerite en ce monde, et qui ne l’élèvera au ciel que dans le Second Faust. Ici, c’est une jeune villageoise séduite par un brillant intellectuel, lui-même subjugué par tant de fraîcheur, de droiture et de beauté. L’amour occupe tout le vide creusé dans son âme par la déception de l’intelligence. Tous deux prennent feu. Elle se consume, et cette «fille perdue », infanticide, est jetée en prison, et lui, se glace de semer, contre son gré, la mort autour de lui, et de ne plus pouvoir la sauver.

Tout cela, sans pacte ni besoin de vendre son âme. Ce qui est très contemporain : sans un Méphisto pour agiter les contradictions de la liberté, et du «tout, tout de suite». Le diable prend simplement ici la place du professeur blasé pour se faire vendeur de prestiges universitaires, en prélevant au passage sa dîme de persécutions sur les candidats : qu’ils payent, qu’ils souffrent, et qu’ils disent merci ! Ensuite, il va de soi que ce diable complaisant accompagnera Faust dans son retour au monde, en lui faisant cadeau de quelques trucs de magicien à exhiber dans les tavernes.

Le spectacle a toute la qualité de l’écriture, il va vite et droit, et campe à égalité dans les sphères de la philosophie et sur le terreau populaire. Il faut dire que l’attaque (comme on le dit en musique), de Frédéric Cherboeuf est parfaite, avec un verbe soutenu, clair sans emphase, qui  donne forme à la pensée. Son jeu, sobre et fort, place la barre très haut, et la troupe relève le défi, y compris dans l’humour et le burlesque.

La Marthe de Juliette Poissonnier est dessinée avec autant d’économie que de justesse incisive, et d’humour, tout comme l’irrésistible diable (hélas ! C’est comme cela qu’il tend ses pièges) de Vincent Berger et les buveurs de la taverne (Baptiste Chabauty, Etienne Durot). Marie Kauffmann, en Marguerite, apporte encore une autre dimension : ici, on ne rit plus. « Nature », magnifique, idéalement destinée  aux pièces de Paul Claudel, elle forcerait le respect s’il en était besoin.

Nathalie Holt a imaginé plus qu’un simple support ou un écrin, une arène de sable, hantée parfois de projections fantomatiques-les chiens du diable, dont on ne sait trop si on les  a vus ou non-qui donne, par son économie, liberté et cohérence à la mise en scène. Les éléments, tombés du ciel ou portés par les acteurs, naïfs parfois comme des jouets, glissent, vivent d’une scène à l’autre dans un rêve ininterrompu, avec les métaphores cruelles qui s’imposent (la porte basse où doit ramper la malheureuse Marguerite…).

Bref, cet Urfaust, tout en rigueur et en liberté, délice d’intelligence qui vous réconcilie avec les histoires, légendes, récits directs sans failles et sans ironie, et au bout du compte, avec vous-même. Il faut voir ce spectacle juste et droit, qui réunit les plaisirs du cœur et de l’intelligence.

Christine Friedel

Théâtre de la Tempête,  Cartoucherie de Vincennes, jusqu’au 5 février. T : 01 43 28 36 36

 

Le Moche, de Marius von Mayenburg, mise en scène Nathalie Sandoz.

Le Moche, de Marius von Mayenburg, mise en scène Nathalie Sandoz

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« La perte de son identité, dit Marius von Mayenburg, sa dilution dans l’acte de «paraître tellement mieux »; le fait que nous soyons devenus interchangeables, sont des données révoltantes de notre société. Faire du théâtre, c’est forcément s’opposer à cette volonté d’uniformiser le monde. C’est entretenir par la mise en valeur des défauts, des soit disant tares de chaque individu, un espoir de poésie et de différence. »

Le Moche est un conte, un peu comme celui de l’homme sans ombre. Donc Lette, est inventeur d’un intéressant système de connecteur. Mais on envoie son adjoint pour le présenter à un congrès spécialisé. À lui, chambre avec vue dans un hôtel de luxe, billet d’avion prépayé, et toutes les douceurs d’amour propre que cela comporte. Erreur d’organisation, malentendu? Non. Le patron ne saurait envoyer un Lette au congrès ; il ne suffit pas seulement d’inventer, il faut vendre. Et Lette est moche, ce qui n’est pas vendeur. Stupeur de l’intéressé, qui interroge son miroir, puis sa femme : «Mais oui, tu es moche, mais c’est toi que j’aime». Ah? Elle ne le regarde donc jamais ? Non. D’où recours radical à la chirurgie esthétique, d’où succès et retournement de situation : le magnifique Lette devient l’icône de son patron et la réclame vivante de son chirurgien esthétique. Mais le succès engendrera une multitude de clones, et la dévalorisation de notre «héros».

La pièce parle, bien sûr,  du marché et des fluctuations de la valeur des apparences. Elle montre cette cavalcade sans fin vers un « mieux paraître» uniformisé qui échoue à devenir un mieux être. On ne retrouve jamais son visage d’avant et le nouveau visage, standardisé, ne nous appartient pas. Pas de retour possible, avec cette double angoisse, celle des apparences et celle de l’identité. Et voilà comment on est pris dans l’engrenage de la folie.

Nathalie Sandoz met en scène le conte avec ce qu’il faut de rapidité et désinvolture dans les passages d’un rôle à un autre. Autour de Guillaume Marquet, persistant seul à incarner Lette et ses métamorphoses, trois comédiens jouent neuf rôles. Une paire de lunettes, une accentuation dans le phrasé et l’on glisse à un autre personnage, qui est peut-être le même. Pourquoi, en effet, leur tracer une identité précise, quand la perte de cette identité, liée à la marchandisation, est le thème même de la pièce ? Le tout encadré par des panneaux vitrés ouverts ou fermés, prison translucide qui crée parfois des formes fantomatiques–puisque nous ne sommes que des ombres, des êtres sans consistance-.

Et le public rit vraiment. La comédie est là : un doigt pointé sur l’absurdité de ce à quoi nous nous soumettons plus ou moins volontairement, avec une pensée respectueuse pour le jeune La Boétie et son incontournable Discours de la servitude volontaire.`

Christine Friedel

Théâtre de l’Atalante, Place Charles Dullin Paris 18ème jusqu’au 29 janvier. Lundi, mercredi, vendredi à 20h30, jeudi et samedi à 19h, dimanche à 17h, relâche le mardi.

 

Don Juan du Pays de Montbéliard

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Don Juan du Pays de Montbéliard, mise en scène de Marta Pazos

 

 La compagnie Voadora de Saint-Jacques de Compostelle qui était venue en France il y a quelques années, a été créée par Marta Pazos, Hugo Torres, compositeur et musicien, et Josino Diaz également musicien.
Comme le dit Marta Pazos, cette compagnie cherche à mettre en place un processus de création avec des artistes confirmés mais dont les acteurs ne sont en rien des comédiens professionnels. A Montbéliard, Yannick Marzin, le directeur de la Scène nationale de Montbéliard, a ainsi recruté vingt-deux participants (quinze hommes et sept femmes, un seul couple), tous âgés de plus de 62 ans, et tous bénévoles pour jouer une seule représentation.
Ils ont les prénoms de leur génération: André, Danièle, François, Jean-Michel, Monique Yolande, Marie-Claude, etc. et étaient ingénieurs, cadres administratifs, etc. ou enseignants comme cette prof de lettres de Montbéliard qui, au début du spectacle, dit magnifiquement la tirade de Don Juan: « Pour moi la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J’ai beau être engagé, l’amour que j’ai pour une belle n’engage point mon âme à faire injustice aux autres ».

A partir de la pièce de Molière plus connue en Espagne que celle de Tirso de Molina qui l’a inspiré il s’agit ici pour Marta Pazos de concevoir un nouveau processus de création qui flirte avec la performance: une seule représentation, à partir du mythe, plutôt que du texte intégral de Molière, avec un accent mis sur une gestuelle proche de la chorégraphie,  sur les lumières, et avec une musique jouée en direct derrière la scène.

Le tout influencé par une intelligence scénique et une sensibilité  très fines des valeurs picturales… Comme en témoigne dès le début, un remarquable rencontre entre un homme et une femme, très sculpturale avec juste quelques vêtements contemporains.  Aucun doute, il y a  de la peinture classique dans l’air, et des plus sensibles qui soient: Marta Pazos a d’abord en effet été étudiante au département peinture de l’université de Madrid et cela se voit: le spectacle est magnifiquement influencé par les grands artistes du Siècle d’or espagnol: Velasquez, bien sûr, dans la prise en compte de l’espace, les poses et la scène dans la scène, Murillo avec son amour des gens et de la vie quotidienne, son sens aigu du naturalisme, mais aussi Zurbaran pour la mise en scène de ses personnages.

Le spectacle a selon les mêmes principes été créé au Portugal puis à Saint-Jacques de Compostelle. Ces gens de bonne compagnie aux corps marqués par la vie montrent une joie d’accomplir sur le plateau un travail à la fois d’une belle précision et et émouvant. Ils se racontent, soucieux de bien vivre les deux dizaines d’années qui leur restent à vivre: projets de voyages en Amérique du Sud,achat de bonnes crèmes hydratantes pour  l’une,  de trois chemises pour un autre dans les friperies pour un autre, coupe de cheveux correcte, bref, tout ce qui fait les petites joies comme les petites misères d’intellectuels et cadres retraités…
Lle tout entrelardé de chansons populaires, de réflexions métaphysiques, comme celles de certains extraits du fameux monologue de Sganarelle: « L’âme est ce qui nous donne la vie, la vie finit par la mort, la mort nous fait penser au ciel… Et une autre cite Hannah Arendt  et son idée de la liberté: « L’être humain est libre parce que c’est un commencement. « Jouissez chaque jour des joies que la vie vous apporte, disait déjà Eschyle dans Les Perses, remarquable pièce où les dix personnages et la reine sont aussi très âgés, car la richesse est vaine chez les morts. »

Νous avions été conviés à voir vingt minutes d’une avant-dernière répétition de cet étonnant patchwork en même temps qu’une trentaine de lycéens qui pourraient être leurs petits-enfants. Questions tout à fait pertinentes chez ces jeunes gens étonnés de voir une telle énergie et une  telle envie d’en découdre chez ces acteurs-plus âgés qu’eux d’un demi-siècle! et capables de se mobiliser pendant quinze jours autour d’une aventure collective comme celle-ci.

Tout est dit ou presque au cours de ces vingt minutes:  la réalité du quotidien, les amours, le sexe,  mais aussi la cohorte de médicaments personnels que que chacun énumère sans état d’âme: aérius, almax, atarax,primperan, movalis, novotil, sans oublier dit un des hommes, le désormais célèbre Viagra. Dans une sorte d’impeccable  farandole très rythmée;  merci une fois de plus, madame Pina Bausch…

Mais très frustrant!!!! ces vingt minutes de répétition donnaient vraiment très envie de  goûter un louche de plus de cet étonnant spectacle dont  nous n’avons pu voir l’unique représentation du surlendemain. Notre amie Edith Rappoport a eu ce privilège et vous en dira davantage…

 Philippe du Vignal

Scène nationale de Montbéliard le 29 septembre. 

Les Francophonies en Limousin 2016 (suite) Five Kings / l’histoire de notre chute

Les Francophonies en Limousin 2016 (suite)

 

Five Kings / l’histoire de notre chute texte d’Olivier Kemeid d’après William Shakespeare, mise en scène de Frédéric Dubois

 

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©C.Péan

En cinq épisodes datés entre 1960 et 2017, le spectacle nous entraîne dans la saga des Deux-Roses (1450-1485), façon série contemporaine.

 Dans la réécriture d’Olivier Kemeid, le pouvoir est resté un thème central autour duquel se déploient les personnages : « Tout mon travail consiste à décrire les mécanismes actuels du pouvoir, avec l’aide de Shakespeare qui en cernait l’essence. Five Kings, cinq formes de pouvoir que nous retrouvons autour de nous. Richard II : la finance ; Henry IV : le politique ; Henry V : le pouvoir militaire ; Henry VI : on est chez les Bush avec le fils trainard et le père président. La présence forte de la religion avec Jeanne d’Arc. Talbot guerrier romantique. (…). Enfin Richard III, le pouvoir médiatique : l’image, le culte de l’iconographie, la puissance de l’individu. La mafia.» 

Il a fallu cinq ans à l’auteur québécois pour assimiler, maturer puis transposer le cycle des rois maudits shakespeariens : de Richard ll à Richard lll en passant par les deux Henry IV, Henry V et les trois Henry VI. Sur les traces d’Orson Welles et de son projet pharaonique avorté Five Kings –le réalisateur n’avait pu terminer le montage des huit pièces— , Olivier Kemeid s’attelle à ce travail colossal, après le succès de son Moi, dans les ruines rouges du siècle. Une réécriture, dit-il, contrairement à l’adaptation fidèle de Henry IV de Valère Novarina, Falstafe, commandée par Marcel Maréchal. Celui-ci sans toucher à la langue d’origine se contentait de coupes conséquentes faisant de l’abandon de Falstaff le thème central de sa pièce : l’abandon du jeu, et donc de l’enfance…

 

Tel n’est pas l’optique de Five Kings. Olivier Kemeid remanie de façon magistrale le verbe shakespearien en une prose contemporaine charnue rythmée, nuancée quand il prête aux personnages populaires l’accent québécois : Henri lV, s’encanaillant avec Falstaff dans les bouges des bas-fonds, adopte le parler joual, à l’instar de son compagnon de débauche, et lui lance des bordées d’injures à la Capitaine Haddock : «  Gros moisi, éponge houblonnée, Diogène des handicapés », mais il passe progressivement à un françaiset des propos châtiés quand il accède au trône et tourne le dos à son ami. « En bannissant le gros Falstaff tu bannis le monde entier », lui reproche ce dernier dans son phrasé goûteux.

 

Fréderic Dubois traduit cet imaginaire en une somptueuse fresque, épousant à la lettre les options de l’auteur. Lui qui enchanta récemment le public avec Le roi se meurt d’Eugène Ionesco, qui s’est déjà brillamment frotté à Anton Tchekhov aussi bien qu’à Michel Tremblay, Michel-Marc Bouchard ou Xavier Durringer signe ici un spectacle aussi rigoureux qu’inventif.

FRANCOPHONIES 2016 23 SEPT - FIVE KINGS -C.PEAN-2419

©C.Péan

A chaque épisode correspond une esthétique de costumes, une ambiance, impliquant que le temps a passé et le contexte changé. Le temps on le sait, est l’une thématique récurrente du poète élisabéthain et hante cette pièce. Dans Henry lV, le prince Harry arbore une dégaine années soixante dix au côté de Falstaff en hippie vieillissant. Quand apparaît Richard duc d’York ( fascinant Patrice Dubois) dès la fin d’Henry Vl , il agit dans l’ombre à la tête d’un gang de malfrats. Devenu Richard lll, il trône en pleine lumière dans un show télévisé bling bling où il se met en scène lui-même.

Les acteurs endossent plusieurs rôles dont Etienne Pilon touchant en Richard ll et Jean-Marc Dalpé, truculent mais émouvant Falstaff. Moins convaincante, la transposition de la guerre séculaire entre la France et l’Angleterre en un conflit entre l’Occident et le Moyen-Orient.
Jeanne d’Arc devient Jéhad, une paysanne qui, au nom d’Allah, vient à la rescousse de son peuple, les Amasia, tribu du désert. Malgré les alliances avec les reines ennemies, Henri V lance contre eux une invasion préventive, illustrée par des projections d’images de la guerre d’Irak peut-être trop suggestives. On perd ici le surplomb et la distance apportés par l’œuvre originale.

La tirade de Richard Plantagenêt est bien plus parlante et actuelle dans sa généralité : « La paix/ La paix étendue comme un drap blanc sur nos blessures encore vives/ La paix certaine sans failles/ Le repos éternel seul la garantit/ Mais pour avoir ne serait-ce qu’une parcelle de cette paix en ce bas monde / Il nous faut commettre les actions les plus basses / Les sacrifices les trahisons / Élever les cousins contre les cousins/ Les frères contre les frères/ Les fils contre leurs pères. » L’Histoire se répète.

Créé à l’automne 2015 au Québec, joué en avril 2016 à Bruxelles, le spectacle vient pour la première fois en France. Il faut souhaiter plus longue vie à Five Kings, qui en quatre heures trente haletantes nous emporte dans un tourbillon vertigineux. Un vrai coup de cœur.

 

Mireille Davidovici

 Les Francophonies en Limousin, jusqu’au 1er octobre www.lesfrancophonies.fr

Five Kings / histoire de notre chute est publié aux éditions Léméac (Québec/Canada)

 

 

 

 

Time’s Journey Through a Room

 

 Festival d’Automne à Paris.

Time’s Journey Through a Room, texte et mise en scène de Toshiki Okada, spectacle en japonais surtitré en français

 

317Le séisme de 2011 au Japon suivi du tsunami et de l’accident nucléaire de Fukushima ont profondément inspiré l’écriture de Toshiki Okada, dramaturge contemporain postmoderne, qui renoue avec la tradition ancestrale japonaise dont il s’écartait jusque là pour confronter, sur le plateau comme en littérature, les vivants et les morts.

 

Après la catastrophe japonaise-césure dans le Temps et l’Histoire-n’est-il pas temps qu’advienne, comme «naturellement», une prise de conscience collective efficiente vers  des changements socio-politiques et économiques.Les vivants et les morts sont là pour témoigner de possibilités encore inaccomplies.

 

 A la manière d’un sismographe, le dramaturge enregistre les répercussions de la catastrophe, à long et moyen terme, sur trois personnages – un couple dont la femme,  meurt une nuit, quatre jours après les événements de 2011, et qui continue d’entretenir une parole solitaire  avec son époux qui l’écoute attentivement mais ne lui répond guère, et une amie de celui-ci qui lui plaît bien-ici et maintenant en 2016 -et qu’il invite chez lui. Les sentiments individuels du trio sont révélés par  la parole: l’une parle à l’un, et l’un parle à l’autre, sans jamais que les femmes ne communiquent ; elles appartiennent à des temporalités autres, dans la vie du mari.

 Mais, toujours à la manière d’un sismographe, Toshiki Okada enregistre aussi les soubresauts intimes des êtres, de l’univers et de leurs sons: gouttes d’eau, raclements d’objets en métal, voilages blancs et silencieux qui volètent au passage des courants d’air, ampoules de servante de théâtre, bouquet design de fleurs et vase posé sur table de bois, avec deux chaises: soit le bruit des accessoires quotidiens qui font la musique des jours.

 Toshiki Okada s’est entouré de Tsuyoshi Hisakado, créateur de sons et sculpteur  qui met en valeur tel bruit du monde extérieur, tel mouvement zoomé, à travers une extension des mouvements corporels par le son seul. Le public admire l’étrangeté de l’épouse défunte qui soulève la jambe en esquissant un pas lent et répété de danse, à la manière d’un frottement, tandis que l’époux assis donne une rotation à son pied. Objets et sons, comédiens-les vivants et la morte-sont ici comme synchronisés, comme les accessoires d’une superbe installation vivante, auditive et visuelle.

Après la catastrophe et avant sa propre mort, la défunte pressent la qualité existentielle de tous les instants de la vie auxquels elle ne s’était guère attachée. Ses petits enfants l’agaçaient, avoue-t-elle, dérangeant son confort immédiat, mais elle se rend compte qu’ils portent en eux et à jamais, l’héritage de l’avenir, héritiers en dernière instance de son propre avenir à elle, et à lui.

 Le mari ne répond pas mais prend acte avec intérêt des dires de la défunte, souriante et rieuse,  et son amie du temps présent, introduite sans le vouloir dans ce Voyage du Temps dans un appartement, délicate et précautionneuse, comprend implicitement les effets de la catastrophe éprouvés par son ami. Ces deux solitudes vont se rejoindre pour affronter ensemble le passage des jours.

Une aventure théâtrale intense, à l’écoute de voix intérieures troublées mais vivantes.

 Véronique Hotte

 T2G Théâtre de Gennevilliers, Festival d’Automne à Paris, du 23 au 27 septembre.

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Issey Miyake, la Semaine de la Mode.

Issey Miyake, défilé pour la Semaine de la Mode.

IMG_8620Souvent spectaculaire, le défilé de ce créateur de soixante dix-huit ans est toujours très attendu . Né à Hiroshima en 1938, il perd sa mère, irradiée, trois ans après l’explosion de la bombe atomique. Après avoir travaillé chez Givenchy et Guy Laroche, Issey Miyake montre sa première collection à New-York, en 1971. Depuis lors, il n’a cessé de surprendre. Alliant tradition et nouvelles technologies, il recherche constamment de nouvelles textures apportant fluidité et légèreté aux vêtements, sans renoncer aux matières ancestrales comme le raphia ou le papier japonais whasi.

Au printemps dernier, au National Art Center de Tokyo, une grande exposition, que nous espérons voir un jour en France, témoignait de son inventivité. Interactive, elle présentait les étapes de son travail de conception, ses influences, et leurs mises en œuvre pratiques. En mai 1968, il disait «vouloir créer des vêtements du quotidien portés par la plupart des gens». Les coûts de production de ses créations l’ont détourné de cet objectif initial! Cependant, tout le monde connait ces vêtements plissés commercialisés sous le nom de Pleats Please, en 1993, Nous savons moins qu’Issey Miyake a créé toutes les tenues de l’équipe lituanienne pour les Jeux Olympiques d’hiver de 1992. En 1999, le couturier présentait sa dernière propre collection, depuis, ses équipes de créateurs perpétuent son état d’esprit à travers les nouvelles collections qui sont en vente dans cent trente-trois boutiques au Japon et quatre-vingt onze à l’étranger.

Son entrée dans l’univers de la danse remonte à 1980, avec Casta Diva de Maurice Béjart ; il poursuit avec William Forsythe et le ballet de Francfort, en 1991, pour The Loss et The small Details là il se fait remarquer au Théâtre du Châtelet par ses costumes plissés. En 2013, il produit avec son équipe une courte chorégraphie de Daniel Ezralov et des gymnastes. Issey Miyake résume ainsi son itinéraire: «Mon travail est une réflexion au long court sur la manière dont les gens s’habillent, c’est une recherche de techniques et de matières pour concevoir de nouveaux vêtements.» Quelle que soit la période, le mouvement a toujours fait partie intégrante de ses créations. Un mouvement perpétuel qui anime en permanence nos vies : en cela Issey Miyake est d’une grande modernité.

Jean Couturier

Défilé le 30 septembre.

www.isseymiyake.com

 

Faust I et II, de Goethe, conception Robert Wilson

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Faust I & II, de Goethe, conception Robert Wilson, adaptation de Jutta Ferbers, musique de Herbert Grönemeyer, avec le Berliner ensemble.

 

Les temps modernes (ceux qui succèdent juste au Moyen-Âge) ont leurs mythes : Faust incarne un désir humain de toute puissance, d’abord par la connaissance, jusqu’à défier Dieu en créant l’Homunculus (petit homme), cousin de la créature de Frankenstein.
Le vieux Faust, donc, a tout étudié, les sciences, la philosophie « et même la théologie », et il n’y a trouvé que l’amer savoir et la chair triste de qui aurait lu tous les livres. Et si la chair n’était pas triste ? Voilà une nouvelle découverte, une nouvelle étude à conduire. Méphistophélès, le fils maudit du ciel, se charge d’organiser le voyage, en échange de l’âme du savant, son esclave dans l’autre monde.
Mais pour qui ne croit pas à cet autre monde, c’est tentant. Voilà donc notre vieux savant devenu un homme ordinaire, jeune, beau, riche de tous les trésors de la terre, croyant être amoureux et ne désirant qu’un joli corps innocent « aux nattes repliées », qu’il oublie assez vite. On connaît le triste refrain de Marguerite, sorte d’Ophélie germanique : « Ma mère, je l’ai tuée, mon enfant, je l’ai noyé… » (Ce sera aussi celui de la Marie de Woyzeck). Pourtant c’est elle, en allégorie de l’«éternel féminin » qui va le repêcher, à la fin, des flammes de l’enfer. En attendant, la deuxième partie du poème aura emmené Faust aux confins du savoir, de la beauté –il rencontre Hélène en personne-, au-delà du temps, qui ne cesse pas pour si peu de vampiriser la vie humaine.

Du poème dramatique monstre, Robert Wilson et ses coéquipiers ont fait un fantastique opéra-comique. Cela commence, à titre d’échauffement pour les acteurs, par un prologue “d’enfer“ qui nous installe dans une gigantesque et luxueuse baraque de foire. Elle doit s’ouvrir « du Ciel au Monde et du Monde à l’Enfer ». Nous voilà prévenus : nous assisterons à un festival de prodiges, sous la baguette magique –faustienne- de Robert Wilson, qui pourrait bien être à lui-même son propre Méphisto. Chaque image, chaque effet est une perfection. Et travaillé avec une précision “infernale“ : les gestes arrêtés de ses poupées-acteurs, la température d’une lumière, les coïncidences rythmiques…

Si l’on cherche le spectacle total, il est là. La musique, souvent en référence au divertissement Second Empire ou aux années folles, donne le ton de la légèreté. Et on rit souvent. De quoi ? C’est toujours une question intéressante : on rit des facéties, de la séduction du Diable (Christopher Nell). On rit comme des enfants de sa virtuosité totale, au chant, aux claquettes : la baraque de foire tient ses promesses. On rit des marionnettes du pouvoir, empereur, évêque, militaire aux allures du gendarme de Guignol ; on rit aux parodies musicales obligatoires (et virtuoses) : le flamenco de la passion, la musique orientale de l’Égypte ancienne (!)… On ne rit pas toujours : Robert Wilson déconcerte en faisant passer sur l’écran la puissance silencieuse d’un guépard, la beauté du mouvement à peine ralenti (la panthère de Rilke ?).

Le magicien, le grand Robert Wilson, nous a offert les plus beaux « tours » de son répertoire, et nous a littéralement enchantés. Quoiqu’on puisse dire de la perfection de ce spectacle, on reste  en dessous.  Et les changements de scènes, les « knee-plays », sont à eux seuls un prodigieux spectacle d’ombres. Même si la seconde partie du spectacle est une succession, qui lasse un peu, de moments en eux-mêmes enthousiasmants, qui sont nés de la rencontre, du bon mariage entre Robert Wilson et le Berliner Ensemble. La troupe a en quelque sorte rajeuni le metteur en scene. Ces acteurs prodiges savent tout faire : chanteurs, danseurs, d’une incroyable virtuosité, née elle-même du feu, du plaisir de jouer. Pour leur humour, leur liberté dans la rigueur, on a envie de les embrasser tous.

Christine Friedel

Consolation pour ceux qui n’ont pas pu assister à ce Faust : le couple Wilson/Berliner revient, toujours invité par le Théâtre de la Ville, au Théâtre des Champs Elysées avec  L’Opéra de quat’ sous (15 au 31 octobre), et avec Letter to a man, avec Mikhael Baryshnikov, à l’Espace Cardin du 15 décembre au 21 janvier.

 

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