LA TRAGIQUE HISTOIRE DU NÉCROMANCIEN HIERONIMO

LA TRAGIQUE HISTOIRE DU NÉCROMANCIEN HIERONIMO  Théâtre Paris Villette  par Edith Rappoport

 

Musique et livret de Georges Aperghis, mise en scène de Françoise Rivalland, scénographie de Jean-Pierre Larroche
Ce petit opéra insolite conçu par Georges Aperghis au Festival d’Avignon de 1971, avait été commandé par Jean Vilar qui avait su renouveler chaque année le festival jusqu’à cette année ultime de sa mort. On se perd très vite dans la fable plutôt obscure, les voix parlées et chantées se superposent et les instruments mènent leurs danses. Les formes conçues par Jean-Pierre Larroche éclairent les interprètes, jouent avec la musique. On s’amuse de cette petite forme ironique.

 

 

Edith Rappoport


Archive de l'auteur

UNE HISTOIRE DU MONDE

UNE HISTOIRE DU MONDE  Studio de l’Ermitage  par Edith Rappoport

Cabaret apocryphe, texte et mise en scène de Jean-François Mariotti, compagnie l’Héautontimorouménos


Cette compagnie au nom bizarre, il faudra que je leur demande ce que ça signifie, travaille depuis plusieurs années, elle réalise régulièrement des « Gabegies » liées à l’actualité du moment, j’en avais vu une très dynamique réalisée à la veille de l’élection de notre petit président, avec une extraordinaire Marianne dépoitraillée et violée, plutôt visionnaire. Les 13 comédiens s’en donnent à cœur joie dans cette vraie fausse revue sur une histoire du monde avec une Ève mondaine en robe de satin blanc qui voit son Adam se faire assassiner par un Barnabé qui l’engrossera de milliers de descendants. Les tableaux se succèdent dans un désordre apparent, très maîtrisé grâce au jeu d’une équipe solide et entraînée. Ils chantent, jouent de la musique. Le fil rouge du spectacle pourrait être « l’avenir n’appartient pas aux tyrans, mais aux fous ». Deux séquences particulièrement savoureuses, « La république nous appelle et Maréchal nous voilà »  et Staline et Franco face à un Hitler en chaise protégé par son Eva. Malgré quelques longueurs et des faiblesses du texte, cette histoire du monde réjouit le public très jeune rassemblé dans ce lieu chaleureux. Un spectacle dézingué et salutaire !

Edith Rappoport

Juan Mayorga

Un auteur à découvrir. juanmayorga.jpg, l’auteur de théâtre le plus marquant de la nouvelle génération en Espagne par Irène Sadowska Guillon

Trois lectures au Pupitre de sa pièce Hamelin traduite en Français par Yves Lebeau, par la Compagnie Influenscène. Lectures dirigées par Jean-Luc Paliès

Lundi 15 décembre à 20h30 à l’Espace Gérard Philipe à Fontenay sous bois, 26, rue Gérard Philipe 94120 Fontenay sous Bois

Mardi 16 décembre à 12h30 au Théâtre du Rond Point, salle Tardieu, dans le cadre des « Mardis midi des textes libres »

Mardi 16 décembre à 20h30 au Théâtre de Saint Maur, 20 r Liberté 94100 SAINT MAUR DES FOSSES

Hamelin traite des diverses formes de violence que les adultes infligent aux enfants : domination sexuelle, éducation déficiente, abandon, manque d’amour… L’action pourrait se passer dans n’importe quelle ville du monde où, comme dans le Hamelin du conte, les enfants payent pour les fautes des adultes.
Le protagoniste de l’œuvre est un juge qui mène une enquête pour déterminer si un des enfants d’une famille pauvre est abusé par un adulte. Le juge oriente son enquête d’abord sur un pédophile proche de la famille, puis sur les parents de l’enfant en soupçonnant qu’ils ont consenti et bénéficié de ces abus. Alors qu’il cherche à débrouiller ce qui est arrivé à ce garçon, le juge n’arrive pas à communiquer avec son propre fils, leur relation se dégrade peu à peu.
Hamelin est au fond une pièce sur deux enfants, deux familles. Mais il y a un personnage qui n’appartient ni à l’une ni à l’autre, l’Annoncier, qui invite le spectateur à imaginer ce que le théâtre ne devrait pas montrer, à entendre le silence des enfants, auxquels le théâtre ne peut se substituer.

 

Juan Mayorga

Né le 6 avril 1965 à Madrid.
Docteur en Philosophie, il est auteur de nombreux essais sur la politique et la mémoire et sur le rapport de l’écriture dramatique à l’histoire.
Cette problématique, tout comme sa réflexion sur un langage théâtral pour aujourd’hui, ne cessent de nourrir son écriture d’auteur dramatique.
Depuis 1998 il enseigne la dramaturgie et la philosophie à l’Ecole Royale Supérieure d’Art Dramatique de Madrid;
Membre du groupe fondateur du Collectif Théâtral El Astillero à Madrid.
Lauréat de nombreux Prix, entre autres pour ses pièces Lettres d’amour à Staline et Mas ceniza.
Il est auteur d’une trentaine de pièces de théâtre, quasiment toutes créées et publiées, dont plusieurs ont été traduites en italien, allemand, grec, anglais, portugais, croate, roumain et français.
Himmelweg (Chemin du ciel – 2002), Animales nocturnos (Insomniaques – 2003) Copito de nieve, Hamelin, La tortue de Darwin et La paix perpétuelle ont été traduites en français par Yves Lebeau.
Le garçon du dernier rang a été traduit par Jorge Lavelli et Dominique Poulange.
Himmelweg, Hamelin, Copito, Les insomniaques sont publiés aux Éditions Les Solitaires Intempestifs.
Sa pièce Hammelin a reçu le Prix National de Théâtre en 2005. Il a reçu le Prix National de Théâtre en 2007 pour l’ensemble de son œuvre.
Himmelweg Chemin du ciel a été créé en 2007 par Jorge Lavelli au Théâtre de la Tempête et Copito – Testament d’un singe a été créé en novembre 2007 par Christian Fregnet au Théâtre de Sens.

Irène Sadowska Guillon

Prochaines créations des pièces de Juan Mayorga :
Au Théâtre Rideau de Bruxelles à  Bruxelles, Hamelin mise en scène de Christophe Sermet, du 6 au 27 janvier 2009
Au Théâtre de la Tempête à Paris, Le garçon du dernier rang mise en scène par Jorge Lavelli, du 3 mars au 12 avril 2009

Communiqué du comité d’experts théâtre

Communiqué du comité d’experts théâtre – arts du cirque – arts de la rue de la DRAC Ile-de-France 10 décembre 2008  
 
L’an dernier notre comité avait adopté un texte :
 
 
 
- demandant  la remise à niveau immédiate des crédits en faveur de la création, des institutions et de l’action culturelle,   - et alertant l’ensemble des élus territoriaux etnationaux sur les menaces pesant sur la vie artistique et culturelle de la France,   Cet appel a été collectivement déposé le 13 décembre 2007 au cabinet de la Ministre et n’a reçu aucune réponse.
 Cette attitude révèle le mépris dans lequel ce gouvernement maintient la culture. Cela ne peut susciter qu’un sentiment de défiance et le refus de continuer à cautionner une politique dont la logique dépasse les seules considérations budgétaires. Les politiques éducatives engagées et le contrôle accru sur les médias vont aussi dans le sens d’une restriction de l’accès à la pensée et à l’esprit critique.  
Compte tenu de l’ampleur des enjeux, le comité s’est prononcé à l’unanimité des membres présents en faveur d’une suspension de ses travaux en attendant de connaître les affectations budgétaires définitives à la DRAC Ile-de-France.  Le comité, conscient des conséquences possibles de cette décision pour les compagnies, reste disponible pour la reprise immédiate de ses travaux.   
Nous appelons les autres comités d’experts à se rassembler pour définir une position nationale.   


Fait à Paris, le 10 décembre 2008



L’illusion comique

L’illusion comique de Corneille, mise en scène de Galin Stoev par Irène Sadowska Guillon

Regrettant sa sévérité à l’égard de son fils Clindor qui s’est enfui, il y a des années, de la maison familiale, Pridamant s’adresse au magicien Alcandre pour le retrouver. Celui-ci lui apprend que Clindor mène une vie opulente auprès de Matamore, un capitan fanfaron.
À la faveur de l’illusion produite par le magicien Pridamant va assister aux aventures tumultueuses de son fils et à sa mort tragique. Désespéré, le père apprendra que son fils est bien vivant, qu’il est devenu comédien et que ce à quoi il a assisté est du théâtre.
Galin Stoev condense la pièce et rajoute à la mise en abime cornélienne du théâtre dans le théâtre une mise en abime temporelle. Le décor et les costumes sont résolument contemporains.
Un espace du rêve, lieu d’apparitions inattendues dans un temps disloqué. Un dispositif scénique d’une grande simplicité qui évolue, jouant sur l’opacité et la transparence.
La musique originale de Sacha Carlson, crée des respirations dans la progression dramatique.
À travers des gags, des clins d’œil à la farce et à la comedia dell arte, la mise en scène crée des effets de distance. Les acteurs, tous très bons sont très à l’aise dans l’alexandrin auquel ils impriment par moments des inflexions particulières.
Respectueux et prenant en même temps des libertés vis-à-vis de ce grand classique, Galin Stoev nous offre ici un magnifique hommage au théâtre.

Irène Sadowska Guillon

L’illusion comique de Corneille
Mise en scène de Galin Stoev
Comédie Française, salle Richelieu, en alternance

KAMP MARTO

KAMP MARTO Théâtre 71 de Malakoff par Edith Rappoport

 

Théâtre d’objets et vidéo, compagnie Hôtel Moderne de Rotterdam, créateurs et acteurs Herman Helle, Pauline Kalker, Arlène Hoornweg


J’avais vu deux fois La grande guerre, précédent spectacle de cette étonnante compagnie obsédée par la grande boucherie humaine. Cette fois, c’est d’Auschwitz qu’il s’agit, de l’assassinat scientifiquement planifié  de millions d’êtres humains. Dans une maquette du camp minutieusement reconstitué sur le grand plateau du Théâtre 71, les trois concepteurs manipulent silencieusement 3000 minuscules marionnettes, dans tous les aspects de la vie quotidienne du camp, le débarquement du train, la chambre à gaz, le crématoire, les pendaisons, la soupe et même les beuveries des SS. Ces images terrifiantes sont par instants projetées sur grand écran, pas un mot n’est prononcé, une extraordinaire bande son de Ruud van der Plujim accompagne l’action. Les spectateurs sont figés dans un silence religieux pendant la représentation, ils défilent devant la maquette qu’il faut regarder à la loupe. On met longtemps à sortir de la salle

Lisez « Les cahiers de la Maison Jean Vilar »

Lisez « Les cahiers de la Maison Jean Vilar » n° 106, octobre – décembre 2008 par Irène Sadowska Guillon

 

« Ça, c’est le mal de tout le théâtre moderne : on y pense trop. La scène n’est plus le lieu d’une action, elle est l’antichambre d’une philosophie. Pas la moindre pudeur. Problèmes particuliers de la conscience, attitudes intellectuelles devant l’action, explications plastiques de telle ou telle formule, de tel ou tel philosophe, dialectiques mises en dialogues, logiques implacables, ce sont là les nouveaux joyaux de l’art du théâtre.
Ils luttent sur les meilleures de nos scènes comme jamais, à bien dire, le théâtre ne l’a fait. Ils sont à la mode. Ils sont l’expression de la société qui les accepte. Mais ils ne dépassent pas et n’arrivent pas à toucher un autre auditoire que celui dit de l’élite, des snobs et des moutons. Il suffit de transporter ailleurs que sur une scène close ces pièces nouvelles, si intelligemment pensées, pour s’apercevoir de leurs misères et de leur insignifiance scénique. » écrivait Jean Vilar dans une lettre à la « Revue Internationale du Théâtre » en 1948. Qu’y a-t-il de changé 60 ans après ?
Au sommaire de ce numéro : des « Feuillets de Jean Vilar », des interventions d’Antoine Bourseiller, de Jack Ralite, de Lucien Attoun sur Avignon 68, un entretien avec Wajdi Mouawad, artiste associé du Festival d’Avignon 2009, Jacques Lasalle évoquant avec pudeur et sincérité Christine Fersen, etc…

 

Revue de la Maison Jean Vilar
Montée Paul Puaux, 8 rue de Mons
84000 Avignon

 

Irène Sadowska Guillon

Ma vie, mon œuvre, mon pédalo

Ma vie, mon œuvre, mon pédalo  de la compagnie Des Équilibres à L’Orange bleue (Eaubonne) par Jérôme Robert



Ce vendredi 5 décembre à L’Orange bleue – la toute nouvelle et belle salle de spectacle de la ville d’Eaubonne sise en région parisienne (Val d’Oise), Ma vie, mon œuvre, mon pédalo de la compagnie Des Équilibres a pu séduire un public largement intergénérationnel.

Solo pour danseur-acrobate, mais en réalité duo, dans la mesure où le trampoline est omniprésent, cette pièce de danse, de cirque ou d’acrobatie (c’est selon les points de vue) s’interroge sur notre rapport au temps (celui qui est passé et celui qui passera). Mais pas en généralisant. Ce qui rend ce travail très intéressant réside dans le fait que cette réflexion s’applique aux artistes de cirque ou de danse pour lesquels l’effort produit peut sembler inversement proportionnel à toute notion de reimage1.jpgntabilité temporelle. En effet, leur carrière devrait durer à peine plus de temps que celui qui aura été nécessaire à l’élaboration des compétences qu’il aura fallu mettre en œuvre pour tenter de faire art…

 

Cyrille Musy (bien connu des aficionados du cirque contemporain, cofondateur du Collectif AOC) travaille en virtuose le mouvement dansé d’inspiration hi hop, comme l’acrobatie. La touche de Sébastien Lefrançois (chorégraphe) se sent pour notre plus grand bonheur. Si le jeu dramatique (le flot de parole semble presque continue) n’est pas transcendant, son mélange aux mouvements dansés et acrobatiques nous rendent bienveillants.

 

La mise en scène est sobre et donne, à juste titre, la part belle à Cyrille Musy, sans artifice stérile. On regrettera peut-être que François Berdeaux (metteur en scène et auteur) n’ait pas parfois allégé ce joli texte qui mériterait quelques respirations et que l’on se soit parfois sentis obligés de créer de belles images, trop léchées pour pleinement générer l’effet poétique escompté.

 

Ces deux petites réserves ne sont pas de nature à rendre vain ce travail résolument fréquentable…
Nous ne pouvons que vous conseiller d’allez voir ce spectacle à l’Espace Culturel Lucien Jean (rue Marcel Petit  – 95670 Marly-la-Ville) situé à une trentaine de minutes de Paris en voiture : les 12 (14h30) et 14 (16h30) décembre dans le cadre de CirquÉvolution, réseau de diffusion de cirque contemporaine en Val d’Oise réunissant plusieurs villes de ce départements coordonnées par l’Adiam Val d’Oise.
Pour plus de renseignements :
http://www.horslesmurs.fr/plugins/fckeditor/userfiles/file/Actu/FestivalCirquEvolution.pdf

 

Par Jérôme Robert

LA CAGNOTTE

 La Cagnotte-Théâtre Antoine Vitez Ivry 3 décembre d’Eugène Labiche, mise en scène Adel Hakim Théâtre des quartiers d’Ivry par Edith Rappoport

Adel Hakim s’est emparé de l’impitoyable mécanique théâtrale de Labiche avec une troupe de de 11 acteurs rompus à une caricature fermement dessinée et très habitée. Des petits bourgeois de la Ferté sous Jouarre satisfaits et égoïstes jouent à la bouillotte, autre version du poker, ils ont accumulé une cagnotte et se disputent pour savoir comment la dépenser. L’un veut une dinde truffée, l’autre aller à la foire voisine, la sœur du maître de maison veut se faire accompagner à Paris pour se rendre à la rencontre du prétendant qui a enfin répondu à la petite annonce matrimoniale qu’elle fait passer sans succès dans les journaux. Chambourcy a mal aux dents, on ira donc à Paris où la petite troupe qui se régale dans un restaurant ne pourra payer la note, se retrouvera en prison, s’en échappera pour se retrouver à l’agence matrimoniale. Leonida Chambourcy se retrouve face à son prétendant, un joueur de cartes qui fréquente le salon Chambourcy depuis 20 ans. Il y a une hallucinante scène de mise à prix de femmes à marier dont la dot grossit . La petite troupe sauvée in extremis par le fiancé de Blanche Chambourcy qui arrive pour régler la note, rentrera à la Ferté sous Jouarre, sans avoir rien compris.
Dans cette salle pleine d’un public jeune et très mélangé, cette féroce épopée sur l’égoïsme qui ravage notre société est jouée avec une rigueur allègre proche de la biomécanique de Vsevolod Meyerhold.

Grisélidis Réal

La Catin révolutionnaire, d’après les lettres de Grisélidis Réal, mise en scène de Régine Achille-Fould.

 

En général, on annonce un spectacle avec les noms de l’auteur et du metteur en scène. Ici, les deux piliers en sont l’auteur et l’actrice, soutenue par le piano de Manuel Anoyvega ou de Gabriel Levasseur. Il y a  ici un remarquable équilibre des forces entre deux femmes égales en dignité, la prostituée et l’actrice.  Actrice, parce qu’elle ne joue pas la comédie : elle porte, un personnage de femme hors du commun, tout ce qu’elle cette porte elle-même de la condition féminine, et, au-delà des laissés pour compte, réprouvés et parias de notre société. Cela, sans un gamme de pathos, sans morale sucrée, sans slogans, sans indulgence, sans attendrissement, sans embarras : les faits, rien que les faits, la dignité, le courage qui ne demande rien, et un humour altier.
Dans les années quatre-vingt, Grisélidis Réal, prostituée -“péripatéticienne écrivain“,  selon elle – a échangé une longue correspondance avec Jean-Luc Hennig, alors journaliste à Libé. L’écriture se fait radeau de survie, mais aussi expérience philosophique de la liberté, de l’armature qui fait qu’on reste une personne.
Total respect,comme disent les gamins. Et plaisir d’admirer une admirable – allons, dédramatisons – comédienne.

Christine Friedel.

Théâtre du Marais jusqu’au 12 décembre.

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