La lettre. Pierre-Yves Chapalain (texte et mise en scène) par Christine Friedel

lalettre.jpgÀ la recherche de la tragédie contemporaine, Pierre-Yves Chapalain imagine un bord de mer assez attendu (À peine nous sortions des portes de Trézène…) quoique glacé, une histoire de lettre qui se matérialise par surprise dans la poche d’une veste oubliée (gardez la sur vous !), et une histoire de famille à complication. Mais, s’agissant de la famille, et de la tragédie, c’est presque un pléonasme. Frère disparu, père malade, mère passant sa vie à « découper la viande », passants qui passent, fille enceinte… Cela finit par un rappel explicite de l’affaire entre Atrée et Thyeste : la salutation à la tragédie antique n’était pas indispensable, d’autant qu’il s’agissait de trouver la tragédie contemporaine. Pourtant, scéniquement, cela tien debout.
Dans un décor riche de sa simplicité – un empilement sauvage de chaises, côté cour, et quelques uns de ces meubles modestes et dépareillés dans l’espace -, Pierre-Yves Chapalain réussit son coup avec une très bonne équipe de comédiens qui n’ont pas peur de prendre à bras le corps une langue charnue, poilue, non pas pauvre, mais avare, “regardante“. Elle pèse tout son poids de silence, et tout mot dit est maudit, par la difficulté même qu’ont eu les protagonistes à l’accoucher.

 

Christine Friedel

 

Théâtre de la Tempête – Cartoucherie


Archive de l'auteur

Couteau de nuit écrit et mis en scène par Nadia Xerri-L par Irène Sadowska Guillon

L’histoire est tirée d’un fait divers. Tout est résumé dans un prologue dit à l’avant-scène avant que la pièce ne commence et elle pourrait presque s’arrêter là
Il y a eu meurtre. Des fêtards de fin de semaine, l’alcool, les ressentiments qui surgissent au sortir d’un bar, la bagarre. Un jeune homme, Alex, en tue un autre avec un couteau qui mystérieusement disparaît. Comment en est-il arrivé là ? Qui en porte la responsabilité ? La famille, l’entourage du jeune homme, la société tout entière ?
La pièce se déroule trois minutes (qui durent presque deux heures) avant l’ouverture de l’audience. En scène ses protagonistes : Alex, le meurtrier qui, enfermé dans son mutisme, répétera seulement «ce n’est pas mon histoire», et les autres : son jeune frère, sa mère, son père, sa petite amie, Germain, frère de la victime et la narratrice. Ils ressassent les souvenirs, les questions sans réponse, essayent de comprendre. On évoque l’enfance et l’adolescence d’Alex, une vie de famille normale, banale, il n’a manqué de rien. Alors pourquoi ? Est-il vraiment meurtrier ?
Coup de théâtre quand sa petite amie avoue avoir trouvé et caché le couteau ensanglanté d’Alex après le meurtre. Tout cela est très statique, seule circule la parole délivrée sur un ton monocorde, pressé.
Le sujet est intéressant mais la pièce pâtit de son traitement scénique rigide, désincarné.

 

Irène Sadowska Guillon

Couteau de nuit écrit et mis en scène par Nadia Xerri-L du 5 au 22 novembre 2008 au Théâtre de la Ville – Théâtre des Abbesses.

Nadia Xerri-L (texte et mise en scène) – Couteau de nuit par Christine Friedel

Trois minutes avant l’ouverture du procès. Une affaire de coup de couteau entre bande de jeunes après une soirée bien arrosée. Banal. Pas banal pour les protagonistes : il y a mort d’homme et procès d’Assises.
Nadia Xerri-L a choisi d’étirer le drame dans les trois minutes qui précèdent l’entrée de La Cour en donnant la parole à chacun des intéressés, le frère jumeau du mort, la famille de l’accusé, la visiteuse de prison amoureuse de l’accusé (la “narratrice“) et la petite amie de celui-ci. Alex, l’accusé, est celui qui parle le moins : « ce n’est pas mon histoire », répète-t-il, et le couteau n’a pas été retrouvé.
Ce dispositif d’écriture fonctionne bien : toutes ces vies brisées, le spectateur les reçoit en plein visage. Rien à dire de la scénographie, grise, efficace. Pas besoin de plus. Dommage que la metteuse en scène n’ait pas fait assez confiance à l’auteur : par crainte d’un jeu “psychologique“, elle laisse les jeunes comédiens saturer leur jeu d’une énergie qui s’épuise dans le “fortissimo“. Seul Jean-Jacques Simonian (le père) sert le texte et l’émotion du spectateur avec la précision et la maîtrise qu’ils méritent. Apparemment, un public très jeune n’est pas gêné par cet effet de saturation (la boîte de nuit ? ) : il applaudit très fort, et très brièvement.

 

C.F.

 

Théâtre de la Ville–les Abbesses, puis en tournée.

CORPUS EROTICUS Maison des Métallos par Edith Rappoport

Conception et mise en scène Virginie Deville, compagnie Ce dont nous sommes faits, textes de Roland Fichet, Camille Laurens, Marie Nimier

Virginie Deville nous accueille au seuil de la salle d’expositions de la Maison des Metallos, dans une affriolante robe rouge en lamé, nous donne les règles du jeu pour ce parcours insolite que les 36 spectateurs vont faire entre trois cabanes où nous allons écouter quelques confidences. La première se passe dans le noir, c’est un homme qui me frôle à plusieurs reprises, je n’aime pas ça, cela m’a bloquée pour écouter le texte. Mais Nathalie Yanoz et Anne de Roquigny, l’une debout sur son container, l’autre dans son bain de de billes blanches, mutines et séduisantes sans jamais tomber dans la vulgarité, m’ont captivée.

 

Edith  Rappoport

 

Qui sommes nous?

Le Théâtre du Blog a été créé en 2008 par Edith Rappoport et Philippe du Vignal; depuis onze ans,  7.400 articles ont été publiés sur le théâtre, la danse, les arts de la rue, les performances, le cirque, la magie, les livres, revues et expositions spécialisées, que ce soit en province et en région parisienne mais aussi à l’étranger…

Adresse: philippe.duvignal@gmail.com

L’équipe du Théâtre du Blog:

Rédacteur en chef: Philippe du Vignal a longtemps dirigé l’Ecole du Théâtre National de Chaillot où il enseignait aussi l’histoire du spectacle contemporain. Il a été responsable de la rubrique Théâtre aux Chroniques de l’Art Vivant dirigées par Jean Clair puis à artpress  dont Catherine Millet était la rédactrice en chef. Il a été, entre autres, critique dramatique aux Nuits magnétiques d’Alain Veinstein à France-Culture et au quotidien La Croix. Il a aussi été professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, département scénographie.

Collaborateurs :

Sébastien Bazou, ancien élève de l’Ecole des Beaux-Arts de Dijon, s’est spécialisé dans l’installation multi-médias. Il a cofondé l’association et le magazine Artefake qui publie des articles sur l’histoire de la magie dont il est spécialiste en Europe et aux Etats-Unis.

Jean Couturier est spécialisé dans la critique de danse, et assistant du rédacteur en chef.

Mireille Davidovici, assistante du rédacteur en chef, est dramaturge et traductrice. Elle a dirigé pendant quinze ans l’association Aneth consacrée aux auteurs contemporains et a écrit dans des revues. Elle a aussi participé au Dictionnaire du Théâtre de Michel Corvin et à la rubrique Théâtre dans Créatrices aux éditions des Femmes.

Christine Friedel, critique dramatique, notamment à Réforme où elle a débuté, a aussi été conseillère artistique. Elle a aussi collaboré aux mises en scène du Théâtre du Campagnol, dirigé par Jean-Claude Penchenat et a fait partie du groupe d’experts pour le théâtre à la D.R.A.C.-Île-de-France. Et elle a aussi été la rédactrice de la revue Plaisir(s) éditée par le château de la Roche-Guyon et est l’auteure de La Roche-Guyon le château invisible.

Elisabeth Naud, docteure en esthétique théâtrale,  est enseignante à l’Université Paris VIII.

Béatrice Picon-Vallin, directrice de recherches au C.N.R.S. et auteure d’ouvrages sur le  théâtre russe. Elle dirige les collections : Mettre en scène  à Actes Sud-Papiers, Arts du spectacle aux éditions du C.N.R.S. et Th. XX aux éditions de L’Age d’Homme.

Edith Rappoport, critique de spectacles et spécialiste du théâtre de rue, a été directrice des théâtres de Choisy-le-Roi, puis de Malakoff (Hauts-de-Seine). Elle a aussi été longtemps conseillère pour le théâtre à la D.R.A.C. -Ile-de-France.

Bernard Rémy a fondé la revue Empreintes, écrits sur la danse et a collaboré jusqu’en 2012 à la Cinémathèque française de la danse. Il a écrit de nombreux articles sur Merce Cunningham, Pina Bausch, Hijikata mais aussi sur le mouvement chez Samuel Beckett, Charlie Chaplin et Buster Keaton.

Nicolas Villodre a participé entre autres  à la Coopérative des Cinéastes  et a soutenu en 83 une thèse en arts plastiques consacrée à Christian Schad, Man Ray et Laszlo Moholy-Nagy. Spécialiste de danse contemporaine, il a été jusqu’en 2013 l’assistant du directeur de la Cinémathèque de la Danse et a publié des textes dans La Revue d’esthétique, Pour la Danse, La Cinémathèque Française

Correspondants:


Gérard Conio est professeur émérite de l’Université de Nancy et spécialiste de la civilisation russe et des pays de l’Est.
Nektarios G. Konstantinidis, traducteur et critique de théâtre notamment francophone, à Athènes et en Grèce.
Alvina Ruprecht, professeur émérite du département Théâtre à l’Université d’Ottawa, est une spécialiste du spectacle canadien de langues anglaise et française, mais aussi caraïbéen.

(Tous les documents et archives sont publiés sauf avis contraire des ayants-droit et dans ce cas, seraient aussitôt retirés).

LA JEUNE FILLE DE CRANACH Maison des Métallos 25 octobre par Edith Rappoport

 

Texte et mise en scène de Jean-Paul Wenzel, avec Claude Duneton, Lou Wenzel, Gabriel Dufay

 

Un vieil homme dans son fauteuil feuillette un gros livre dans son immense bibliothèque, un orage éclate, on frappe et une jeune fille nue survient dans la pénombre. Elle nageait dans le lac, elle a trouvé ce refuge en attendant la fin de l’orage. Le vieil ouvre une malle, lui propose de revêtir une somptueuse robe bleue et lui montre une peinture de Cranach dont elle est le portrait vivant. La jeune fille revient, une amitié étrange se noue à chaque visite, où elle revêt d’autres robes, elle s’inquiète pour Pierre qui se nourrit de livres, de noix et d’eau du lac. Chacune des robes qu’elle revêt dans ses visites lui font toujours ressembler à Cranach. Elle veut faire rentrer la lumière et la vie dans cet antre sombre, ramener le vieillard à la lumière en faisant abattre l’arbre énorme qui barre la porte d’entrée, faire réparer la barque abandonnée par son ami Michel, le vieillard refuse de revenir à la vie du dehors. Il s’attache à elle et disparaît en lui léguant son château abandonné. L’extraordinaire présence de Claude Duneton et de Lou Wenzel tient le public en haleine.

 

Wenzel s’est ouvert au théâtre grâce à Duneton, ce magicien des mots qui était son professeur en Corrèze et l’a envoyé à l’école de Strasbourg. Jean-Paul a écrit cette pièce en quelques semaines. Lou Wenzel, sa fille a une splendide et très pudique nudité.

 

Edith Rappoport

La jeune fille de Cranach par Christine Friedel

Jean-Paul Wenzel (texte et mise en scène) –

Dans un château abandonné au bord d’un lac (un étang !), une baigneuse nue et gelée se réfugie auprès d’un vieil érudit presque pétrifié parmi ses milliers de livres. Des robes somptueuses exhumées  d’une malle font de la visiteuse accidentelle la « jeune fille de Cranach ». Apparaîtra ensuite un bûcheron tchékhovien (Gabriel Dufay) … Jean-Paul Wenzel invente – celui qui le trouve “invente“ un trésor – un conte où le temps glisse comme une eau très paisible, où le réel et l’imaginaire se rejoignent dans le trouble léger de la mémoire, un peu inquiétant, dans la sombre bibliothèque du vieux Faust attendri, un peu rassurant dans la pleine lumière du “dehors“ entrevu. L’on y voit des êtres à première vue étrangers l’un à l’autre entrer peu à peu dans la seconde vue d’une sympathie qui ne se dit pas forcément mais qui circule de l’un  l’autre.Jean-Paul Wenzel retrouve ici ses premiers enchanteurs, Claude Duneton en acteur et Henri Cueco en – puissant – scénographe. Sa fille Lou porte avec droiture (un regret : une diction manquant parfois d’acuité) sa jeune fille gagnée peu à peu par la profondeur.

Une méditation sur la transmission. Ou comment les enchantements oubliés refont surface sous une nouvelle incarnation, remontant du lac (un étang ! un étang !) de la mémoire.



 

Christine Friedel

 

Maison des Métallos

- Une chambre à soi par Christine Friedel-Virginia Woolf – Anne-Marie Lazarini

Que serait-il advenu de la sœur surdouée de Shakespeare ? Bonne question, posée dès les années vingt du siècle dernier par Virginia Woolf, suivie de quelques autres : pourquoi si peu de livres signés par des femmes ? Et parmi ceux-ci, pourquoi tant de romans (voir l’actuelle rentrée littéraire, triomphe des écritures “féminines “) et si peu d’essais ? Et pourquoi la table des universités féminines était-elle si pauvre par comparaison avec celle de la fameuse “Oxbridge“, bastion des privilégiés masculins ? La mixité généralisée a balayé tout ça. À voir : qui osera prétendre que le féminisme est dépassé ?
Sylviane Bernard-Gresh (adaptation), Anne-Marie Lazarini (mise en scène) et Edith Scob, dans le riche et beau décor  de bibliothèque de François Cabanat, avec vue sur le paysage londonien, réveillent le gai savoir de Virginia Woolf et piquent là où il faut : les filles, ce n’est pas gagné ! Le tout avec un grand charme : le théâtre, avec cette conférence, est ans la présence de l’actrice, dans sa vitalité, ses colères, dans le plaisir partagé avec le public, hommes et femmes.

Théâtre Artistic Athévains.


Christine Friedel

Festival franco-ibérique et latino-américain « Les Translatines » 2008 à Bayonne Biarritz par Irène Sadowska Guillon

 

 

aff2008.jpgFestival franco-ibérique et latino-américain « Les Translatines » 2008 à Bayonne Biarritz.

Le « mini festival » 2008 ( du 23 aux 25 octobre) marquait la transition des « Translatines » vers des éditions biennales à partir de 2009. Ce changement de périodicité s’étant imposé face aux difficultés budgétaires insurmontables auxquelles le festival se confronte depuis des années. On sait à quel point la pérennité des festivals en province et en particulier de ceux qui ont affirmé une spécificité identitaire, dépend du jeu de l’échiquier politique local et national.
Les Translatines est en effet depuis un quart de siècle l’unique carrefour en France des théâtres français, espagnols et latino-américains.
En attendant les Translatines 2009 qui donnera un coup de projecteur à la création artistique actuelle théâtrale, plastique, musicale en Argentine, pour répondre aux attentes d’un nombreux public fidélisé, le festival a proposé en 2008 une programmation plus réduite et néanmoins très forte.
Rencontre et dialogue avec Florence Delay de l’Académie Française, écrivain et traductrice, autour de l’œuvre de José Bergamin (1895 – 1983) une des figures majeures de la littérature espagnole contemporaine.
Découverte d’une jeune auteur chilienne Ana Hancha Cortés qui dans son écriture novatrice, très condensée, réinvente une structure dramatique et spatiale tissée de paroles adressées parfois directement aux spectateurs interpellés et entraînés dans le jeu, de silences, de mouvements, d’actions surprenantes, provocantes. C’est ce qui se passe dans Lulu d’Ana Hancha Cortés, mise en scène par Jean-Marie Broucaret et interprétée avec fougue par Viviana Souza. Lulu, une jeune femme en recherche d’elle-même, dont le cerveau est agencé comme un CD, par pistes, par plages numérotées, livre ses multiples facettes cherchant à rétablir le contact, à renouer les liens qui l’unissent aux autres et à elle-même. Elle tente de se retrouver, de se comprendre elle-même, à travers un discours intermittent, désordonné, parole intime adressée à nous, à quelqu’un en particulier, déconcertante, provocante, violente et transgressive, assassine par son humour féroce. La comédienne Viviana Souza s’investit totalement dans le personnage multiple, attachant de Lulu à la fois naïve, vulnérable, fragile, impuissante et rebelle face à la société égoïste, conformiste, dominée par le plaisir immédiat, matériel. Quelques objets très concrets : mixeurs, cafetières, tabourets, bols, cuvette, légumes et fruits, servant à des actions surprenantes, ancrent ce vagabondage mental dans le réel du quotidien.
Enfin une création de la Comédie-Française Yerma de Federico Garcia Lorca dans la mise en scène et avec une musique originale de Vicente Pradal qui restitue à cette œuvre toute sa substance poétique et musicale, sa force passionnée, sauvage, son enracinement profond dans la terre andalouse et en même temps sa contemporanéité.
La tragédie de Yerma, son désarroi, sa solitude et son enfermement dans la tradition étouffante et la tyrannie du devoir, résonne comme une métaphore du poids des valeurs morales, de l’immobilisme conservateur, paralysant nos sociétés. L’appel de Lorca à se libérer de Dieu, des préjugés, à choisir et vivre librement sa vie, n’est-il pas toujours d’actualité ?
La musique interprétée au piano par Rafael Pradal intégrée dans la trame dramatique, tout comme le chant flamenco faisant irruption ou prolongeant certaines scènes sont autant de jaillissements de l’indicible, de la passion violente, du désespoir, de la douleur profonde. En relevant avec une absolue justesse la tension dramatique, les rythmes, les ruptures de ton, Vicente Pradal imprime à sa mise en scène une structure quasi musicale. L’harmonie du jeu tout en nuances des acteurs, tous remarquables et particulièrement Coraly Zahonero (Yerma) et Évelyne Istria (une vieille femme) est une des qualités de ce spectacle qui incarne sublimement la poésie de Lorca et touche à cette grâce du duende.
On pourra encore voir Lulu de Anna Hancha Cortés au festival Mira à Bordeaux le 8 novembre à 18 h au Studio de création du TNBA et Yerma de Lorca par la Comédie-Française en tournée.

Irène Sadowska Guillon

RATÉ RATTRAPÉ RATÉ PELOUSE DE REUILLY 24 octobre par Edith Rappoport

Nikolaus, compagnie Pré-O-Ccupé, mise en scène Christian Lucas

C’est la première fois que je vois cet extraordinaire jongleur qui a conçu un trio clownesque avec Pierre Déaux, étonnant funambule qui perd sans cesse son pantalon et réussit à le renfiler en équilibre sur son fil et Mika Kaski équlibriste, trois belles personnalités. Ils évoluent dans un invraisemblable capharnaüm, s’envoyant des piles de cartons, les escaladant, se cassant sur la tête des baguettes de pain rassis, émaillant leurs folles évolutions de reflexions philosophiques sur le temps perdu, l’échec, le vide : “qu’est-ce qui se passe, c’est déjà passé (…), le désordre augmente au fur et à mesure que le temps passe (…), les possibilités d’échec sont énormes”. Ce spectacle revigorant a beaucoup réjoui le public du plus petit comme mon petit fils Kolia 6 ans, aux plus vieux des spectateurs

Edith Rappoport

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