Esther Louise Dorhout Mees

 

Esther Louise Dorhout Mees, un défilé de couture entre mode et opéra.

IMG_9121En mars dernier, pour sa première venue à la semaine de la mode parisienne, la jeune créatrice néerlandaise avait marqué la mémoire de son public.
Avec un travail qui se situe à la lisière du théâtre et de la mode, elle a créé un univers onirique singulier. La scénographie de ses présentations utilise tous les codes d’une salle de spectacle, et un de ses défilés s’est déroulé dans un théâtre à l’italienne accompagné d’un orchestre classique associé à de nombreux effets lumineux.
Le défilé de mars dans le couvent des Récollets, nous avait  transporté dans le monde d’Ophélie et de ses amies de William Shakespeare. En ouverture, une vidéo qui a reçu de nombreux prix, présentait des jeunes femmes perdues dans une nature envahissante portant les créations de la couturière.
Le défilé se terminait par l’apparition d’Ophélie dans la pénombre, vêtue d’une longue robe de plumes. Ce jour-là, les mannequins rehaussés de cothurnes stylisés, portaient des lentilles noires accentuant leur coté animal, qui allait de pair avec les vêtements dont les motifs rappelaient des peaux de bêtes.

Le lien entre féminité et animalité a souvent été souligné, on pense au film La Féline de Jacques Tourneur (1946), et souvent décliné sur scène par Alfredo Arias dans Peines de cœur d’une chatte anglaise ou dans des comédies musicales comme Cats. Toutes ces robes lourdes et difficiles à porter dans la vie courante, contribuent à créer des personnages oniriques inaccessibles propices à l’évasion.E le défilé de cette créatrice sera très attendu. Elle peut emboiter le pas de ses illustres prédécesseurs, comme Yves Saint-Laurent avec Roland Petit, Issey Miyake avec William Forsythe ou Christian Lacroix qui maintenant s’oriente définitivement vers la création de costumes de scène.

Jean Couturier

Défilé le 2 octobre. Modeaparis.com www.dorhout-mess.com


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Les Francophonies en Limousin 2016

Les Francophonies en Limousin 2016

 

Cap sur Port-au-Prince

Trente-troisième édition de ce rendez-vous automnal ouvert sur le monde francophone.

Il est vaste et, cette année, Haïti se trouve à l’honneur, avec une fenêtre sur le Festival des Quatre Chemins, fondé en 2003 et dirigé depuis 2013 par Guy Régis Junior, auteur et metteur en scène, surnommé là-bas « Petit Diable ».  Cette durée dans le temps, dit-il, ce n’est pas rien. Surtout dans un pays comme Haïti, soumis aux soubresauts politiques et à l’incertitude comme garantie. »

Limoges s’est fait, le temps d’un week-end, l’écho de la création du pays, avec des expositions, des projections d’œuvres vidéo sur ses murs, et a fait résonner la langue heurtée mais chantante de ses poètes dont celle de Willems Edouard, sauvagement assassiné le 9 juillet 2016. On pourra entendre son écriture dense, syncopée, hachée. Dans Plaies Intérimaires  il décrivait sa ville, son pays au visage triste :

« (…)/ Il est une terre aux beautés éteintes / Là/ Une éternelle homélie de pluie pour l’anuitement des astres/
Là/ Tous les soleils pendus aux lampadaires (… ) / Dans ce pays proféré/ Un décembre quotidien commémore le carnage d’un cœur conteur (…) »

Voir Haïti renaissant de ses cendres, tel est l’objectif, comme l’exprime l’écrivain Lyonel Trouillot : « Où est la ville que j’aimais ? / Je ne veux pas être enterré dans le grand cimetière./ Je veux les lumières mortes de la cité de l’exposition./ Je veux les papillons de la Saint-Jean (…)/ Où es la ville que j’aimais ?/ Viens, mon enfant, ma mère,/ Et ressuscite moi que je te ressuscite : / Tes rues s’ouvrant à moi comme des lignes de chances. »

 

Chérir Port-au-Prince 

chérir Port au PrinceSous forme d’un cabaret, Valérie Marin La Meslée, auteure d’une chronique sensible dont elle nous lit des bribes, nous invite par ce biais au voyage dans les bars de la ville, où fermente la vie littéraire et artistique haïtienne : «  J’ai connu les bars où l’on discute des expressions du cru, les havres où l’on chante, les scènes où l’on déclame, j’ai lu des inconnus magnifiques, vécu des heures où le temps s’arrête sur celui des mots », écrit-elle. Elle donne la paroles à quelques-uns, rencontrés là-bas : Guy Régis Junior, Marc Vallès, James Noël tentent de nous faire revivre l’ambiance de ces cafés : «  Tous ne sont pas des bordels, on les appelle plutôt bars (…) » 

On a pu ainsi apprécier les vidéos du plasticien Makseans Denis, que l’on retrouvera le soir projetées sur l’Église Saint-Pierre. Wooly, à la guitare, nous chante son pays d’une voix chaude… On le retrouvera tout au long de la manifestation.

Cette présentation très impressionniste ne fut qu’une entrée en matière approximative. Les différentes rencontres programmées iront plus loin.

 

Poésie Pays

Poesie-PaysAutour de James Noël, musiciens et chanteurs( Wooly Saint Louis à la guitare et Claude

Saturne aux percussions) ont reconstitués avec bonheur l’ambiance généreuse des soirées “branchées“ haïtiennes : « (…) / j’invite les poètes de demain/ à faire du porte à porte /aller sceller des baisers sur des poitrines/ pour déverrouiller les cœurs /et marteler des kilos de chaises /sur la tête des assis/ (…) » chante le poète dans Le sang du vitrier.

James Noël caractérise son écriture comme « la métaphore assassine », entre hymne à l’amour et colère orageuse.
En 2010, suite au tremblement de terre il publie La Fleur de Guernica : « Devant ce malheur de grande magnitude, le poète en moi est tombé en enfance, alors j’ai écrit un album jeunesse ». En 2011, il surprend avec la parution de Kana sutra, à l’occasion du festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo, publication qu’il définit comme un petit recueil de sagesses champêtres pour fixer ses virages et intranqu’îlités.
Il est le fondateur de Passagers Des Vents, première structure de résidence artistique et littéraire en Haïti et cofondateur, avec la plasticienne Pascale Monnin, et de la revue  Intranqu’îllités, l’une des plus belles revues de littérature contemporaine de langue française, dont la version en ligne est hébergée par Médiapart.

 

C’est tout un continent de la littérature à découvrir.

 

(À suivre…)

 

Mireille Davidovici

 

Prochaines rencontres : Poésie Pays autour de Lyonel Trouillot 29 septembre; rencontre avec Lyonel Trouillot, 30 septembre

 

Les Francophonies en Limousin jusqu’au 1er octobre

 

Plaies intérimaires, Willems Edouard. Éditions Mémoires d’encrier

Nous sommes des villes disparues, Lyonel Trouillot in Anthologie de la poésie haïtienne, Point Poésie

Chérir Port-au-Prince, Valérie Marin La Meslée. Éditions Philippe Rey

Le pyromane adolescent suivi de Le sang du vitrier. Seuil (Points), 2015.

Kana Sutra, éditions Vents d’Ailleurs, 2011

La fleur de Guernica (première fiction sur le séisme du 12 janvier en Haïti), illustré par Pascale Monninéditions Vents d’Ailleurs.

 

 

 

Vania, mise en scène de Julie Deliquet

Vania d’après Oncle Vania d’Anton Tchekhov, mise en scène et scénographie de Julie Deliquet

Vania_Julie Deliquet (c) Simon Gosselin, coll.CF_7038« Scènes de la vie de campagne en quatre actes »-connotation à la Tourgueniev; cela  se passe  dans la propriété que gèrent Sonia et son oncle Vania  qui vivent avec Maria, la mère de Vania (Dominique Blanc) , et Tiéliéguine qui y travaille.
La mère de Sonia n’est plus, et son père, Sérébriakov, médiocre professeur à la retraite, s’est remarié avec Elena, jeune épouse nonchalante.

Pour des raisons économiques, le couple, venu de la ville, séjourne dans la demeure familiale,  ce qui en a vite  déréglé  la vie. Le médecin de campagne Astrov, belle figure d’engagement écologique, séduit la belle-fille timide et sa belle-mère joueuse.

Dans un éloge (1898), Maxime Gorki voyait en Anton Tchekhov, le créateur d’une nouvelle forme d’art dramatique où le réalisme s’élève au symbole dans l’émotion du sentiment existentiel. Les êtres y révèlent malgré eux, une profonde solitude-une meurtrissure-à travers l’oisiveté et l’ennui de la vie campagnarde, l’aspiration à un idéal et la réalité de l’échec.

Le réalisme et l’intériorité servent une peinture impressionniste de la grisaille du quotidien, des rêves de chacun, et de la nostalgie d’une enfance précieuse à jamais passée. La fresque dégage une tendresse infinie, une pudeur élémentaire dénuée de sentimentalité et complaisance, une attention compassionnelle pour le dénuement de l’être, hors de toute vulgarité.

 Julie Deliquet fait vivre à merveille les mouvements inter-relationnels et une respiration chorale,  avec Florence Viala, Laurent Stocker, Hervé Pierre, Stéphane Varupenne, Noam Morgensztern, Anna Cervinka et Dominique Blanc.  

Dans l’espace bi-frontal de la salle créée par Julie Deliquet, avec du coup, un élargissement des perspectives spatiales, le  public est comme un invité qu’on attendrait dans cette demeure rustique. Et en train de partager les états d’âme-désenchantements, peurs sourdes et espérances inavouées-d’une cellule familiale sur le point d’éclater, à cause de la venue du professeur et de sa jeune épouse qui fait tourner les cœurs.

Cette situation conflictuelle  est atemporelle, qu’on soit à la fin du XIXème ou du XXIème siècle, et en Orient comme en Occident: les hommes et les femmes se murent intérieurement, au bord du gouffre des jours partis, laissant libre cours à une déception intime qu’ils n’ont plus la force de cacher. À moins que les hasards de l’existence comme ici, ne donnent à une Sonia l’occasion de tomber amoureuse d’Astrov, qui, lui, est attiré par la belle Elena (Florence Viala), inclination partagée par Vania, anti-héros aux promesses déçues.

Laurent Stocker, en figure déconcertée et ombrageuse est très attachant, comme Stéphane Varupenne aux élans fougueux, Anna Cervinka, à la sensibilité souriante et touchante, et Hervé Pierre, qui incarne ce professeur odieux,suffisant et prétentieux, ravi de montrer aux siens, le film Vampyr (1932) de Carl Dreyer…

Damnation ou salut de l’âme, l’immatérialité de l’existence s’inscrit dans la trivialité: surexpositions paradoxalement cachées, ombres mouvantes insaisissables.  Angoisse et impression d’une vie ludique qui fraie avec la mort. Le public tout proche du plateau ressent encore plus le vide existentiel, comme une vague d’émotion.

Véronique Hotte

Théâtre du Vieux-Colombier/Comédie-Française, rue du Vieux-Colombier, 75006 Paris, jusqu’au au 6 novembre. T: 01 44 58 15 15

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Duc de Gothland

Duc de Gothland de Christian Dietrich Grabbe, traduction de Bernard Pautrat, mise en scène de Bernard Sobel

Duc de Gothland_fil02-52 copyright H. BellamyIronie : le vrai héros de la pièce: Berdoa, le “nègre“, le More, l’autre, la face sombre qui éblouit l’humanité comme un éclair. Le duc de Gothland  devient sa cible, pour l’avoir naguère humilié. Berdoa, demi-mort, ressuscite, et cela tout au long de la pièce, pour sa vengeance. Il retourne les alliances, frappe avant d’être frappé, insinuant le poison dans la “civilisation“. Il s’allie aux Finnois, qui sont au moins un peu barbares, et ennemis de ces Européens honnis que les Suédois.
Berdoa n’a pas son pareil pour capter les opportunités d’une situation et y réagir à la vitesse d’un lion se jetant sur sa proie. Gothland, le loyal Gothland, le bon blanc ? En un instant il va le retourner et nous en faire voir la face tout aussi “noire“ que la sienne : l’humaniste crédule va boire le poison d’un faux crime (Le More a mutilé le cadavre de son frère pour faire croire à un assassinat) pour se jeter dans une vengeance sanglante en tuant son frère qu’il accuse d’avoir tué leur frère (vous suivez ?).
Père insulté, fils perverti, épouse chassée morte dans la neige, et voilà : le Duc et le More sont devenus frères siamois, l’humilié a fait-facilement-exploser la morale et les “valeurs“ européennes de Gothland.

Et sur quoi sont-elles assises, nos fameuses “valeurs“ (qu’on ne peut décidément écrire qu’avec des guillemets), et la supériorité satisfaite de notre civilisation ? Christian Dietrich Grabbe, le jeune révolté, vous le demande, au fond de son Europe post-napoléonienne, où les illusions  révolutionnaires françaises se sont perdues et les Lumières éteintes.

Duc de Gothland_fil02-5   copyright H. BellamyLa pièce participe d’une sorte de concentré de la pièce de William Shakespeare : Berdoa tiendrait d’Othello pour le courage guerrier et de Iago pour la perversité, de Richard III pour l’énergie dévorante. Gothland, comme Othello, se goinfre de perfidie comme si elle était vérité, Macbeth lâche devant ses propres fautes, qui massacrerait pour prouver qu’il n’est pas coupable, et tous les seconds rôles de tyrans du répertoire.
Conduite, fouettée par un Denis Lavant au mieux de sa forme, sous une forêt à l’envers de Lucio Fanti, image d’une nature dénaturée, la pièce avance avec une force réjouissante.

Avec une vérité des rapports de forces nue jusqu’à l’os,  et dans un langage cru et direct : Christian Dietrich Grabbe n’a rien d’un “classique“ respectable.
La direction d’acteurs ici manque de précision, et les scènes de bataille se suivent et se ressemblent (on excuse l’auteur, Napoléon n’était pas loin!) mais on est entraîné dans les trois heures de ce western spaghetti.
Quand la violence s’accumule sur la violence, sans la moindre trace de rédemption, quand la peau est arrachée avec les masques, il ne reste qu’un grand froid dans l’esprit et un grand rire dans les poumons. À voir sans chipoter.

 Christine Friedel

 Théâtre de l’Épée de bois, Cartoucherie de Vincennes,  jusqu’au 9 octobre. T: 01 48 08 39 74

Fumiers

Fumiers d’après un épisode de l’émission Strip Tease de Florence et Manolo d’Arthuys, adaptation et mise en scène de Thomas Blanchard

 

2016_01_28_FUMIERS_004Alain_Monot-2000x1331Le gros tas de fumier qui trône au milieu du plateau annonce la couleur. Autour du monticule majestueux se jouera, pendant une heure quinze, une comédie de la haine entre voisins. A Brioux Saint-Juire, une guerre de dix ans oppose Nicole Vaucher et les époux Dejousse, condamnés à partager une cour mitoyenne.

Nicole n’en démord pas, la cour lui appartient et, bien qu’elle perde procès sur procès, elle continue à déverser tous les jours des brouettées d’excréments à trois mètres de la résidence secondaire de ses voisins. Les villageois s’en mêlent, constitués en comité de soutien à Nicole, et mènent la vie dure aux « parigots-têtes de veaux ».

Les parties se connaissent de longue date mais la brouille s’envenime au jour le jour, sans autre issue que la violence. Ici, le ridicule irait jusqu’à tuer. Cet épisode rocambolesque est tiré de la mémorable série documentaire belge qui, dans les années quatre-vingt a fait les belles heures de la RTBF et de France 3, avant de tomber en disgrâce pour voyeurisme et atteinte à la vie privée des petites gens. La pièce suit au plus près l’intrigue mais n’en conserve pas la sobriété: les réalisateurs montraient les choses mais sans commentaires. Il appartenait aux téléspectateurs de se faire leur opinion. Mais ici tout est surjoué, démonstratif.

 Pour échapper au réalisme, le metteur en scène pousse les situations vers un grotesque débridé: les acteurs forcent le trait jusqu’à transformer leurs personnages en caricatures d’eux-mêmes. En monstres affublés de costumes de mauvais goût : trop clinquants pour Liliane Dejousse (Christine Pignet), laids ou sales pour les villageois. Nicole (Johanna Nizard)  particulièrement repoussante sous un empilement de hardes, a les mains rougies par le placenta d’une vache qu’on a entendu vêler derrière le tas de fumier.
Lutin ou sorcière, elle s’active, dure à la tâche, comme on le voit dans le documentaire d’origine diffusé dans le hall du théâtre. Du plus bel effet : montagne infranchissable, tour de guet, perchoir, ce fumier s’anime parfois étrangement grâce à des projections vidéo. Ce qui donne au spectacle une dimension onirique.

Le micro-drame social, réalisé par Florence et Manolo d’Arthuys, destiné à montrer la misère humaine, psychologique et sexuelle des protagonistes, et la naissance insidieuse d’un conflit irréversible, devient ici une farce trop énorme pour nous toucher ou nous renvoyer à un questionnement sur le violence quotidienne ou la discrimination. Les acteurs, aussi talentueux soient-ils, prennent plaisir à en faire des tonnes mais se trouvent entraînés dans la spirale d’un jeu outrancier qui ne fait même pas rire…

 Mireille Davidovici

 Théâtre du Rond-Point, Paris, jusqu’au 2 octobre. T: 01 44 95 98 21 www.theatredurondpoint.fr

 

 

 

 

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Le Grand Parquet fait peau neuve

Le Grand Parquet fait peau neuve

lieu-grand-parquet En 2014, au départ de son directeur, François Grosjean, et suite à l’agression d’une employée par un détraqué du quartier, on crut un moment à la fermeture de cet ancien parquet de bal, transformé en salle de spectacle de 364 m² au sol pour une capacité de 170 à 450 personnes.
Il avait ouvert ses portes en 2005, rue du Département, puis  migré il y a deux ans sur l’esplanade des jardins d’Éole. Situé au cœur des quartiers de La Chapelle et Flandre- Aubervilliers, à la limite des 18e et 19e arrondissements, ce théâtre avait pour ambition de croiser les publics, tout en favorisant le dialogue entre les cultures. Ce qui fut fait, malgré un contexte d’insécurité permanente. Car la demande était forte.

Sauvé in extremis, et après bien des rumeurs et polémiques, ce lieu atypique va revivre sous la houlette du Théâtre Paris-Villette et accueillir des créateurs en résidence. Il sera une « maison des artistes », tremplin pour de futurs projets, la plupart en lien avec des publics locaux. Tout au long de la saison, les équipes en création pourront y répéter et y  présenteront aussi des lectures, des travaux d’atelier, des maquettes et des formes brèves, annoncent ses nouveaux directeurs, Valérie Dassonville et Adrien de Van.

 En cette soirée de réouverture, élus et partenaires associatifs se pressent derrière de hauts grillages enfin installés autour du Grand Parquet, sécurité oblige. Après les discours officiels de rigueur, le public rencontre deux des vingt compagnies choisies parmi les 210 candidats de l’appel à projet. Chacune va improviser une petite forme, prélude à sa prochaine création…

 Que faites-vous dans la vie ? de Valérie Mréjen, dispositif de Julien Fišera

Une fois qu’on a décliné sa profession, on a droit à une série de questions souvent attendues. « Tu as lu beaucoup de livres ? » demande-t-on à une bibliothécaire ; à un éleveur de brebis : « Vous êtes pour ou contre l’ours dans le Pyrénées ? » ; à un ostéopathe : « Comment vous faites pour toucher autant de gens ? » ; ou encore à un poissonnier : « Vous mangez du poisson tous les jours ? » ; à un gendarme : « Est-ce que tu as une arme ? Est-ce que tu as déjà tué quelqu’un ? Et si tu n’es pas d’accord avec les ordres ? » Enfin, à une comédienne : « Est-ce que tu as déjà couché pour un rôle ? » Et à un comédien : « Comment tu fais pour apprendre ton texte ?» 

Valérie Mréjen a interrogé différents corps de métier et nous donne un échantillon des fantasmes que suscitent chez autrui nos diverses occupations. Le metteur en scène Julien Fišera appelle des spectateurs à rejoindre le plateau pour lire, à tour de rôle, ces questions stéréotypées. Ils s’acquittent tant bien que mal de cette tâche ce qui n’occulte en rien la saveur du texte.

Un impromptu sympathique concocté par une équipe artistique qu’on retrouvera au Paris-Villette avec Eaux Sauvages et, en résidence, au printemps au Grand Parquet, pour préparer un prochain spectacle.

 

Villes/Témoins de Stéphane Schoukroun

Le metteur en scène improvise, avec deux de ses complices, la présentation de son prochain spectacle documentaire, en avril 2017 au Grand Parquet :  issu d’un dialogue entre des élèves comédiens de l’École supérieure d’art dramatique de Paris et des femmes isolées habitant au Centre d’hébergement et de réinsertion sociale. Sans texte préalable, il s’agit de s’interroger sur la place de chacun dans la vie, dans la ville puis sur scène. De donner la parole à chacun pour y prendre cette place.

Depuis 2011,  Villes/Témoins se forge à travers le récit des habitants sur leur rapport à la ville et aux territoires: Alfortville, Guyancourt, Naves et Uzerche en Corrèze, l’échangeur autoroutier de Bagnolet et, en 2015, le Parc de la Villette, puis la Maison des métallos de l’automne 2015 à l’été 2016: autant d’étapes d’une recherche sur notre capacité à habiter l’endroit où nous nous trouvons.A suivre…

Mireille Davidovici

 

 

35, rue d’Aubervilliers ; T. 01 40 03 72 23 ; www.legrandparquet.fr

L’Invocation de l’Enchantement

Festival de la Mousson d’été:

L’Invocation de l’Enchantement, de Yannis Mavritsakis. Lecture dirigée par Véronique Bellegarde,  traduction de Michel Volkovich.

A l’Abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson, la 22ème édition du festival  a fait la part belle aux écritures d’Amérique du Sud. Créé en 1994, il occupe une place importante dans la découverte et la diffusion des écritures dramatiques contemporaines d’Europe et d’ailleurs. Les lectures ont permis à de nombreux textes d’aboutir à une mise en scène. 

 Yannis Mavritsakis, lui est grec; né à Montréal, il  vit à Athènes. D’abord comédien, il se consacre depuis 2004 à l’écriture et est invité ici pour la cinquième fois.Le Point Aveugle est sa première pièce mise en lecture à  La Mousson d’été ».  Puis, il y eut  en 2011, Boulot de merde,  et en 2013, Vitrioli,mis en scène par Olivier Py au Festival d’Avignon 2014, et en 2014 Décalage vers le rouge.

 La lecture de L’invocation de l’enchantement, dirigée finement par  Véronique Bellegarde, confirme une fois de plus, le talent et la modernité de l’écriture dramatique de cet auteur. L’univers de la pièce se partage entre raison et pressentiment, conscient et inconscient, réalité et fantasmes.… Rapports de séduction, de force, ensorcellement et perversité, fascination.  Ici, la tension dramatique progresse lentement  et donne ainsi avec l’usage d’une « parole-action » (selon les termes du  Michel Vinaver), corps à cette fiction théâtrale.Le rythme, souvent lent et répétitif de l’écriture, semblait agir de façon , envoûtante sur les spectateurs.

La structure  est classique. Mais l’agencement des séquences, indépendantes les unes des autres, finit par former une seule et même pièce. Les cinq tableaux  comportent tous deux personnages : Le passant et la mère  Le monsieur et la fille, la bête volante et le chien , Le dresseur et le père et La fille .Le public relève avec surprise et d’un tableau à l’autre, la présence d’un personnage présent déjà qui a juste changé de nom. Ainsi dans le tableau 2, Le Passant est devenu Le Monsieur et la situation dramatique où  il se situe, diffère. Ou bien encore, La Fille, dans le Tableau 2 que l’on retrouve  à la fin.

Au fil de la lecture, les séquences s’agencent comme dans un puzzle et à l’écoute, « plus que par la langue, la poésie se produit surtout par la composition dramatique ».La fin de chacune de ces fictions reste ouverte, comme dans le troisième Tableau où le personnage Chien s’adresse à  Bête :Chien : « Quelle image ? Montre-moi. Je veux voir.Silence.Rien de tout cela n’existe.Silence.Si cela existe, montre-moi. Je veux voir. A nous spectateurs, d’imaginer la suite; comme le remarque Dimitra Kandylaki ,traductrice et dramaturge, l’action est, et ici aussi « (…) statique, tout tarde, tout se passe « à l’intérieur » en laissant apparaître une situation où tout à l’air d’être comme avant, mais où rien n’est plus pareil » 

Loin  d’une écriture réaliste, ou du quotidien, ou bien du théâtre documentaire,  Yannis Matvritsakis se sent proche, de la tragédie antique (rares sont ses œuvres  à plus de deux personnages, petit clin d’œil du poète dramatique à Eschyle) : « Oui, dit-il, c’est la base de mon théâtre. Elle m’a influencé. Pourquoi ? Je ne peux pas rationaliser ce sentiment, au début dans mon œuvre, il était inconscient, et à présent, il devient de plus en plus conscient ».

Mais pour Yannis Matvritsàkis, rien de définitif, il a fait part de son projet, plus proche d’une écriture épique. Et si les dieux ont déserté l’Attique, comme l’exprime sublimement Friedrich Hölderlin, l’écriture théâtrale de cet écrivain ne cesse d’être un dialogue entre l’homme et ce qui le dépasse. L’écriture a, dit-il, « cette fonction, elle est une conversation avec « Dieu », entre guillemets. J’essaye de communiquer à la fois, avec ce que j’ai de plus profond en moi et avec ce qui est au-dessus . Je déteste systématiquement tout ce qui a attrait au quotidien, au concret, au tangible ».

Dans ses pièces, le genre de la tragédie n’est pas mort. L’invocation de l’enchantement, et l’ensemble de ses textes en témoignent. Avec Yannis Mavritsakis, la tragédie prend forme dans un contexte esthétique et éthique reflétant notre monde consumériste. En témoigne cette mise en lecture aboutie, tout en résonance avec une parole dramatique déconstruite où « Les personnages isolés, vulnérables, vacillants, cèdent l’un après l’autre à la séduction d’une forme polymorphe, issue de nulle part mais qui s’enracine dans leur présent et grandit en absorbant leur précieuse substance humaine ».

De temps à autre, une intervention musicale, jamais illustrative, renforce la tension dramatique de ces courts récits. Peu à peu prend forme un univers d’étrangeté, quelque peu angoissant, mais aussi teinté d’humour, et plusieurs éléments ou personnages appartiennent au monde du cirque : le dompteur, la cabine, l’action du dressage, le bestiaire, l’espace du vide aussi ! … et le titre , L’invocation de l’enchantement, se suffit à lui-même. Ici, ces deux espaces artistiques, la tragédie et le cirque, ne sont pas si éloignés l’un de l’autre et créent cette atmosphère décalée, hors du commun entre onirisme et réalité.

 Véronique Bellegarde et Marie Desgranges, Guillaume Durieux, Marcial Di Fonzo Bo, Philippe Fetun, Alain Fromager, Camille Garcia, Charlie Nelson et le musicien-compositeur Philippe Thibault, ont réussi cette  mise en voix d’un texte fort mais complexe de par sa construction dramaturgique et sa densité poétique et spirituelle. Cette écriture exige d’eux une écoute et un travail particulièrement subtils.

Cet écrivain, qui « n’aime pas cette vie, voilà pourquoi j’essaye d’en inventer d’autres… » s’inscrit  avec  sa sensibilité et son rapport au théâtre, dans un espace esthétique proche de celui d’Antonin Artaud pour qui « Le théâtre (…) doit être considéré comme le Double non pas de cette réalité quotidienne et directe dont il s’est peu à peu réduit à n’être que l’inerte copie, aussi vaine qu’édulcorée, mais d’une autre réalité dangereuse et typique « .

Malgré une chaleur accablante, le public fut surpris, dérangé, et très ému. Sans doute l’un des moments les plus forts de cette Mousson d’été 2016.

Elisabeth Naud

Festival de la Mousson d’été 2016, du 23 au 29 Août. A l’Abbaye des Prémontrés, Pont-à-Mousson. Région Lorraine.

Viktor une pièce de Pina Bausch

 

Viktor une pièce de Pina Bausch par le Tanztheater Wuppertal.

IMG_2552Raimund Hoghe, dramaturge de Viktor, écrit dans son Histoires de théâtre dansé à propos des répétitions à Rome : «Dans une indication de mise en scène pour son film Mama Roma, Pier Paolo Pasolini note : “Elle regarde dans le lointain pleine de nostalgique attente“. » Attente que connaît aussi le public du Tanztheater Wuppertal. Malgré les longueurs de certaines pièces de Pina Bausch —et celle-ci en contient beaucoup—, il reste fidèle car ses danseurs et ses images lui sont familières et nécessaires. De nombreux spectateurs ont vécu leurs premières émotions de théâtre avec ces artistes, et ils reviennent les voir inlassablement, tandis que les plus jeunes, curieux, découvrent la chorégraphe. Lors de la première, deux garçons d’une dizaine d’années, au premier rang, semblaient passionnés par les différents tableaux beaux et tristes, compréhensibles ou obscures qui se déroulaient devant eux.

La scénographie de Peter Pabst nous plonge dans ce qui pourrait être une carrière, une mine, ou des catacombes. Durant les trois heures quinze du spectacle, un homme, Andrey Berezin, lance des pelletés de terre sur le plateau tandis que les danseurs, en solo en duo ou en groupe, viennent nous prendre à témoin de leurs fêlures ou de leur instinct de survie. «Insatiable, je m’accroche à notre vie, car il n’y a qu’une seule chose au monde qui ne s’épuise jamais», écrit Pier Paolo Pasolini.

Des moments fulgurants du spectacle, nous retiendrons la lente procession des danseurs qui, en couples, traversent le parterre au milieu des spectateurs ; les trois avancées successives vers le public de la danseuse Breanna O’Mara, rythmées par l’ondulation de sa chevelure rousse ; la présence énigmatique de Dominique Mercy, sorte de démiurge accompagnant sur scène les actions de ses amis, ou encore les deux séquences de vente aux enchères publiques qui permettent toutes les excentricités. De belles parties dansées des femmes en robe longues et talons hauts se répètent pendant la pièce, elles témoignent du style de Pina Bausch que l’on retrouvera dans d’autres chorégraphies par la suite.

Certains solos sont trop longs comme la séquence du danseur, au souffle amplifié au micro; à ce propos, selon Raimund Hoghe, Pina Bausch disait en souriant : «Une chose avec votre souffle, c’est beau quand on voit vivre quelqu’un.» Trois allusions à la danse classique sont déclinées ici : l’avancée vers le public du corps sans bras de Julie Shanadan sur la musique de la Belle au bois dormant de Tchaïkovski, le solo d’une danseuse sur pointe qui applique avec précaution une escalope dans ses chaussons, et la leçon de danse décalée et drôle donnée par Cristiana Morganti. Deux séquences révèlent les multiples talents de ces artistes, impressionnants d’énergie : pour les hommes, leurs mouvements de bascule du torse et les arrondies des bras lorsqu’ils progressent vers l’avant-scène, ou leur maîtrise de l’espace dans la scène collective débridée où ils manipulent des planches de bois leur servant de guides ou de passerelles. Au début du spectacle une voix off fait dire à une danseuse, «Je m’appelle Viktor, je suis de nouveau là, et ce que je peux rester ici». De lui nous ne saurons rien de plus.

Les musiques de Lombardie, de Toscane, de Sardaigne ou d’Italie du Sud nous rappellent que cette pièce a été créée en mai 1986, après une résidence d’un mois au Teatro di Roma. Trois danseurs, présents à l’époque sont toujours là : Julie-Anne Stanzak, Dominique Mercy et Jean-Laurent Sasportes. Selon ce dernier, son personnage de vieille femme qui cherche à se débarrasser des morceaux de cœur transformés en pierre par les choses de la vie, est identique à celui de la création. Pour lui, les thèmes abordés dans la pièce, dont ceux de l’être humain en proie à ses désirs et à ses peurs, restent brûlants d’actualité. Il a aimé le travail de transmission de cette chorégraphie à de jeunes danseurs et s’apprête d’ailleurs à transmettre son propre rôle.
En cela, le Tanztheater Wuppertal a réussi son pari audacieux de passation artistique qui permet à un nouveau public de découvrir cette pièce telle qu’à son origine, avec ses défauts et ses qualités.

Jean Couturier

Au Théâtre du Châtelet avec le Théâtre de la Ville du 3 au 12 septembre.  

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La Reine de beauté de Leenane

 La Reine de beauté de Leenane de Martin Mcdonagh, traduction de Gildas Bourdet, mise en scène de Sophie Parel

 

DAK_4729Comédie noire, humour grinçant, cynisme cinglant, La Reine de beauté de Leenane de Martin Mcdonagh, dramaturge britannique d’origine irlandaise, propose sur la scène une danse vivante et virevoltante, mêlée d’amertume que mènent deux diablesses – une mère et sa fille - ; la traduction de Gildas Bourdet en accentue encore le propos trivial qui mime apparemment un parler rustique trop approximatif.

 

Deux démones font la pluie et le beau temps, plutôt le mauvais temps : deux sorcières, deux femmes insupportables, deux spécimens dégradés de la gent féminine, deux figures dépréciées de l’humanité : d’un côté, la mère désagréable, revêche, rabat-joie, cœur fermé, chaussettes de laine et chaussons aux pieds, assise sur son fauteuil roulant, et de l’autre, la fille, image exactement inversée de la première, impudique, glamour et sexualisée avec petite robe exagérément courte.

 « Trou du cul… » : les deux femmes s’invectivent, s’injurient et s’insultent sans répit.
Entre amour et haine, la plus âgée empêche la plus jeune de vivre et de s’épanouir. La fille sacrifiée, Maureen, incarnée avec un bel engagement par la metteuse en scène Sophie Parel, a atteint ses quarante ans, une victime dont la peine journalière est de soutenir les moindres instants tyranniques de son bourreau de mère, Mag, interprétée par la grande Catherine Salviat : « Tu crois qu’c’est quoi, mon bonheur ? De rester collée ici avec toi à sécher sur pied comme une vieille ? »

 Le contexte est celui d’une Irlande appauvrie et affamée où les paysans des campagnes et les ouvriers des villes n’ont pour planche de salut que l’émigration anglaise ou américaine. La vision idéalisée du pays des origines est partagée entre le mythe embelli et la dépréciation de l’ennui – une attirance et un rejet instinctif qu’il est difficile de contrôler et de raisonner quand il est l’espace de l’enfance de chacun.

 Ray Dooley, le jeune frère de Pat Dooley, l’homme dont est amoureuse Maureen, résume le regard porté sur son pays : « Ben vous avez qu’à r’garder par la fenêtre, pis vous la verrez l’Irlande. Et ça va pas être long à vous gonfler. Tiens un veau. » 

Décidément, rien ne va où l’on soit, ou bien tout va de travers, il faut quitter les lieux.

Ce sont finalement les jeunes gens – les hommes contre les femmes – qui sauvent la mise, se montrant plus nuancés, plus civilisés, moins triviaux dans cette vision naturaliste d’une humanité souffrante et douloureuse. Les frères sont capables d’émotions vraies et de sensibilité, tels Ray – Arnaud Dupont -, un peu balourd mais sincère, et Pat – Grégori Baquet -, l’amant séducteur à la force rentrée, plein de tact.

L’humour n’est pas absent de la représentation, les rires libérateurs fusent çà et là au milieu de l’horreur, la pièce réglée avec soin ménage son suspens, les attentes et les surprises. Le rythme dramatique est soutenu et le public ne s’ennuie pas.

Le spectacle reste caricatural en tranchant sans ambages dans le vif des chairs.

 

 

Véronique Hotte

 

Le Lucernaire, du 31 août au 16 octobre, du mardi au samedi à 19h, dimanche à 15h. Tél : 01 45 44 57 34.

 

Les Journées du matrimoine 2016

Les Journées du matrimoine 2016

 

Rue_PernelleUne manifestation festive, en forme de manifeste. Objectif : mettre en lumière les créatrices du passé et leurs œuvres, parallèlement aux Journées du patrimoine (voir Théâtre du Blog ).
L’égalité entre homme et femme sur le front intellectuel et artistique passe par la revalorisation de cet héritage trop absent des livres d’histoire. L’inégalité reste flagrante : même si depuis dix ans, à l’issue du rapport de Reine Prat, la tendance s’inverse lentement : 26% des femmes signent les mise en scène du réseau conventionnée contre 22% en 2006 ; 21% dirigent des Centres dramatiques nationaux, contre 16% en 2006. À quand la parité ? Quand les femmes constituent 60% des étudiant(e)s des enseignements artistiques supérieurs.

 Pour cette deuxième édition, les différentes branches de la fédération nationale H/F pour l’égalité dans les arts et la culture, mobilisent de nombreux partenaires : en Bretagne ( Rennes), en Normandie (Rouen) et surtout en Auvergne-Rhône-Alpes, avec pas moins de seize événements (expositions, parcours urbains et conférences), du Rhône à la Haute-Loire, de Lyon à Bourg-en-Bresse, en passant par Montluçon et Annecy.

 H/F Île-de-France, pour sa part propose de nombreux événements aux côtés de nouveaux partenaires : Les Éditions de Femmes-Antoinette Fouque qui ont entamé cette réflexion depuis 1973 et ont sorti récemment l’imposant Dictionnaire Universel des Créatrices : 5000 pages couvrant quarante siècles de création dans le monde et dans tous les domaines. La jeune et florissante association AWARE ( Archives of Women Artists, Research and Exhibitions ) fondée en 2014 pour la diffusion des artistes femmes dans les musées et les universités. Des compagnies de théâtre, des lieux de spectacle, des musées et des bars et des cafés les rejoignent pour une programmation étoffée et festive.
À la Maison des Métallos, une exposition interactive sur L’Étoffe des femmes nous attend, avec nos morceaux de tissus, tandis que sept musées ouvrent leur fond au féminin : Jeu de Paume, Musée d’Art Moderne de Paris, Musée Carnavalet, Centre Pompidou, Musée d’Orsay, Petit Palais, Mac/Val (le seul à respecter un parité dans ses acquisitions). Au gré de parcours urbains dans Paris, agrémentés de musiques et de lectures, on découvrira des femmes savantes brûlées comme sorcières, depuis Hypathie la mathématicienne d’Alexandrie au lVe siècle, jusqu’à Pernelle Flamel, l’alchimiste du XVlème siècle… Des interventions artistiques dans le tram T3, une promenade-lecture du restaurant de la Coupole au Cimetière Montparnasse, sur les lieux de prédilections de Simone de Beauvoir et de sa sœur Hélène peintre méconnue … Autant de rendez vous pour évoquer Communardes et compagnonnes, peintres et autrices, poétesses et «scandaleuses », militantes du mouvement de la paix et résistantes, toutes combattantes, inventrices ou créatrices qui ont fait l’histoire en y laissant si peu de traces.

 

Mireille Davidovici

 

17 et 18 septembre : programme complet sur les sites :

www.matrimoine.fr

http://hfauvergnerhonealpes.wixsite.com/matrimoine

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